| Méditation
sur une méditation missionnaire - Avril 2008 |
| . |
La communauté serait-elle le thème favori du P. Steckling ? Voici ce qu’en écrit ce dernier dans sa Méditation Missionnaire d’avril 2008, consacrée justement à la Communauté apostolique : « La communauté est-ce mon thème favori, comme quelqu’un le disait ? Peut-être. Mais j’ai fait attention de ne pas écrire une lettre sur ce sujet avant d’en avoir écrite une sur la mission. Je crois fermement que les communautés oblates sont façonnées par la mission. » Au début de ma réflexion, je me suis sentie un peu mal à l’aise. J’ai beau être Partenaire Oblate en Mission, il n’en reste pas moins que la dénomination de « simple laïque » si longtemps employée, se niche encore un peu quelque part dans mon esprit. En fin de compte j’en suis arrivée à me dire que tout chrétien vit d’une manière ou d’une autre dans une « communauté apostolique»… Comme beaucoup d’enfants de ma génération, j’ai fait partie de la « Croisade eucharistique ». Nous portions fièrement le nom de « Croisés ». Cette appellation paraît bien belliqueuse aujourd’hui ! En effet, qui parmi nous penserait encore à s’identifier à ces Croisés du Moyen-Âge partis pourfendre « l’impie » pour lui reprendre le tombeau du Christ ? Si l’image ne colle plus à l’heureuse évolution de la pensée chrétienne, notre devise en tant que membres de la « Croisade eucharistique », « Prie, communie, sacrifie-toi, sois apôtre » me semble toujours avoir sa raison d’être. Phraséologie mise à part, le mot « sacrifice » ayant perdu ses lettres de noblesse, je pense que cette manière d’être disciple du Christ peut contribuer à « rendre plus vivantes nos communautés d’apôtres », comme le souhaitent le P. Steckling et bien d’autres Oblats. « Prie » : Selon les Constitutions, « les Oblats » [et les Partenaires Oblats en Mission] sont des passionnés de Jésus Christ. » Être passionné de quelqu’un, implique un lien très fort, une intimité étroite et du temps consacré à la personne qu’on aime. Tout comme notre relation personnelle à Jésus Christ, il est essentiel que nos rencontres communautaires reposent sur des bases solides. Temps d’intériorité, prières en commun, échanges, le tout sur fond évangélique ne peuvent que nous aider à retrouver un regain d’une vie parfois étouffée sous la pesanteur de l’habitude, la mentalité de l’époque, les dissensions et autres défections affectant notre Église. La vie de saint Eugène et celles de ces hommes qui nous ont révélé le charisme oblat peuvent aussi devenir source de prière et d’inspiration précieuses. « Communie » : « Faites ceci en mémoire de moi », nous a proposé Jésus lors de la dernière Cène. Loin de se limiter au simple geste de recevoir le Christ sous les espèces du pain et du vin, chaque Eucharistie nous conduit toujours un peu plus loin sur le chemin de la foi. Dernièrement, une phrase a fixé ma prière pour la durée d’une célébration et continue toujours à me parler : « En mangeant ce pain, en buvant ce vin, nous participons au mystère de la foi. » La foi ne se laisse pas saisir, seule la richesse du mystère se dévoile petit à petit à nos cœurs. Communier au corps et au sang du Christ, c’est renouveler notre adhésion à la Bonne Nouvelle qu’il est venu nous apporter, tout en acceptant humblement les « ratés » inévitables qui s’ensuivront dans nos agirs. C’est être rempli de reconnaissance pour ce don de « la Vie en abondance », une Vie déjà commencée et que nous avons la liberté d’expérimenter ou non. Communier, c’est aussi risquer l’authenticité entre nous. C’est, parfois à notre corps défendant, nous montrer tels que nous sommes, heureux ou malheureux selon les jours, charitables ou égocentriques, empathiques ou envahissants. C’est, à travers nos limites, nous découvrir un cœur capable d’écoute, une capacité à comprendre, une force pour pardonner. Communier, c’est nous efforcer de « voir les autres avec les yeux du Christ Sauveur ». Et nous retrouvons ici « le charisme de l’unité » dont parle le P. Steckling. « Sacrifie-toi»: Bien que l’idée de sacrifice fasse tache d’encre de nos jours, il est évident que rien ne s’acquiert sans effort, toute mission quelle qu’elle soit implique des renoncements. Pierre et moi, comme bien d’autres parents, pouvons nous dire heureux de ce que sont devenus nos quatre fils. Est-il besoin d’ajouter que, si nous avons vécu et vivons encore de belles joies familiales, certains sacrifices ont été et demeurent encore parfois nécessaires? Ne retrouvons-nous pas un peu là cette « foule, vêtue de blanc des martyrs » que mentionne notre Supérieur Général ? Ces renoncements ne nous conduisent certes pas à la mort radicale telle que ces martyrs l’ont acceptée. Il s’agit pourtant de petites morts successives à nous-mêmes qui peuvent être douloureuses et difficiles à accepter. Des petites morts, qui peuvent également se transformer en paix intérieure lorsque vécues dans l’optique évangélique … « Sois Apôtre » : dans le « Dictionnaire des Valeurs Oblates », Yvon Beaudoin, o.m.i. écrit : « Marcher sur les traces des Apôtres, telle est l’expression qui revient le plus souvent sous la plume du Fondateur. Elle signifie presque toujours l’imitation de leur vie d’union au Christ et leur mission. » Apôtres, nous sommes tous appelés à le devenir, selon notre personnalité et notre histoire de vie. Cette mission, nous avons à la rayonner autour de nous, avec ce que nous sommes et en référence constante à l’Évangile. Tout simplement, nous avons à être nous-mêmes, et à témoigner par nos paroles et notre vie toute entière que le Christ est vivant et que le banquet est pour tous. « Communautés d’Apôtres – Comment les rendre vivantes ? » La réponse à la question de cette Méditation Missionnaire ne peut-elle pas tout simplement se trouver dans les attitudes suivantes ? En
tout premier lieu, comme nous le rappelle le P. Steckling, fréquenter
assidûment le Jésus de l’Évangile dont «
[les] paroles et
[la] présence sacramentelle seulement, peuvent
nous conduire à une communion toujours plus profonde et faire
de nos communautés apostoliques des signes toujours plus brillants
d’espérance dans le monde. » Ensemble pour la Mission. |
Province
Notre-Dame-du-Cap |
2008-04-06 |