| Partage de l'Evangile du dimanche - 31 Janvier 2010 |
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Pour
nous situer dans le temps
D’abord,
un petit retour sur les événements. Après
le baptême où il reçoit confirmation de sa mission, après une longue
retraite au désert, Jésus se consacre désormais à l’annonce de la Bonne
Nouvelle du salut.
Un
langage nouveau
Son
langage nouveau parle d’un Dieu Père, d’un Dieu Miséricorde, d’un Dieu
Amour venu offrir le bonheur à tous les hommes sans exception aucune. C’est en Galilée que cet enseignement retentit en premier, avec un
succès qui fait dire à l’évangéliste Luc que tous disaient sa gloire.
À
l’époque de Jésus, Nazareth est
un village relativement isolé.
Avec
une population d’à peu près deux cents habitants, c’est un endroit où
chacun se connaît, où les nouvelles circulent d’une maison à l’autre, où
des événements susceptibles de rompre un peu la monotonie de la vie sont
accueillis avec empressement. C’est
là que Jésus a grandi. C’est là
qu’il est connu comme étant le fils du charpentier Joseph et de Marie. De condition modeste sans être dans la misère, la petite famille coule
probablement une vie tranquille… jusqu’au jour…
L’étonnant
commentaire d’un des leurs
…
Jusqu’au jour où, après une absence de plusieurs semaines, Jésus est de
retour dans son village. De retour aussi à la synagogue de Nazareth où il lit
un passage du prophète Isaïe. Puis
il déclare : cette parole que vous venez d’entendre, c’est
aujourd’hui qu’elle s’accomplit. Les
mots qu’il emploie pour interpréter l’Écriture vont droit au cœur
puisque, raconte Luc, tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient
du message de grâce qui sortait de sa bouche. Au village, on semble donc prêt
à accueillir ce langage nouveau, promesse de libération.
Une
atmosphère qui change
Mais
le cours des pensées de plusieurs prend une autre direction. Quand ils réalisent que cet
homme qui sait si bien interpréter les Écritures n’est autre que le fils de Joseph le charpentier... Et que d’autres avant eux ont déjà bénéficié de son passage, que
ressentent alors les Nazaréens ? Se
pourrait-il qu’une fierté territoriale mal comprise engendre chez eux un
sentiment de frustration, comme si Jésus devait réserver son enseignement au
seul village de sa jeunesse ? Jésus ne va pas manquer de faire une bonne mise
au point. On connaît la suite :
colère des Nazaréens qui se traduit par une tentative de représailles contre
Jésus.
Et
si j’avais été là ?
De
prime abord, l’envie me prendrait de
blâmer la conduite belliqueuse des contemporains de Jésus. Mais en y réfléchissant à deux fois, je me demande si je ne me conduis
pas quelquefois comme eux. Parce
que, selon le terme consacré je fais une bonne vie, je ne vole pas, je ne
tue pas, je remplis au mieux la plupart de mes devoirs, est-ce
qu’il ne m’arrive pas quelquefois comme une petite idée que Dieu me doit quelque chose à moi, personnellement, plus qu’aux
autres ? Est-ce que j’accepte
totalement la réalité que le salut divin est pour tous, sans distinction de
races ou de religions? Que des étrangers choisissent de recommencer leur vie
dans le beau pays qui est le mien ? Est-ce qu’il n’arrive pas que le succès
mérité de certaines personnes me dérange assez pour que je le classe parfois
comme réputation surfaite ? Tout compte fait, est-ce que je suis tellement différente des Nazaréens frustrés ?
Une
Parole accomplie pour chacun de nous
Comme
aux Nazaréens à la synagogue, Jésus continue
à nous redire que la Parole est
accomplie, qu’elle chemine à nos côtés, à chaque instant heureux ou triste
de notre vie, qu’elle cherche à nous faire comprendre combien chacun de nous
est singulièrement cher aux yeux de Dieu.
Le
tout est d’écouter cette Bonne Nouvelle du Salut qui se trouve inscrite
dans nos cœurs. Le tout est de la comprendre dans ce qu’elle a de
contemporain, de la vivre dans les événements quotidiens. Le message de Jésus est de toujours à toujours. Il ne changera jamais. Nous
aurons toujours besoin d’amour, nous aurons toujours besoin de pardon.
La
solidarité, l’aide à l’échelle planétaire qu’on voit se lever après
le terrible séisme qui vient de frapper Haïti ne sont-elles pas signes du
Royaume ? Parce que, sans effacer
les drames de ce terrible tremblement de terre, elles signifient aux Haïtiens qu’ils ne sont pas laissés seuls avec leur douleur; que leurs frères
et sœurs en humanité mettent tout en leur pouvoir pour les aider à continuer
à vivre.
Jésus
passant au milieu d’eux, allait son chemin
Jésus, nous
dit encore Luc, passant au milieu d’eux, allait son chemin. Le Christ ne s’est pas sauvé à la manière d’un malfaiteur. Il est simplement passé au milieu de ses concitoyens pour annoncer plus
loin le Royaume. De la même façon qu’il continue à passer au milieu de
nous et nous invite à le suivre.
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Province
Notre-Dame-du-Cap |
2010-01-27 |
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