Home

Témoins sans frontières

Méditation sur une Méditation missionnaire

Novembre 2007 

« Témoignage et qualité de vie. » Sous ce titre, le P. Wilhelm Steckling nous parle de ce « pèlerinage » en Afrique qu'a été l'interchapitre.

« Au début d'octobre en Afrique du Sud, la Congrégation des Oblats de Marie Immaculée était représentée dans son ensemble, par les 29 Provinciaux, réunis avec le Gouvernement central, pour la rencontre intercapitulaire. «  Nous devions nous interroger sur les trois questions suivantes  : Ayant été appelés par le Chapitre de 2004 à “Témoigner de l'Espérance”, avons-nous suivi cette invitation de l'Esprit? Que manque-t-il encore à notre réponse? A quoi devrions-nous être attentifs dans la préparation du prochain Chapitre général, en 2010? »

Voici une Congrégation comme je les aime ! Une Congrégation qui, par la voix de son Supérieur général, accepte de s'interroger sur la réponse apportée à l'invitation de l'Esprit. J'y décèle la liberté offerte à tous, soit de répondre à cet appel, soit de faire la sourde oreille.

Les sourds ne semblent pas nombreux, parmi les Oblats de Marie Immaculée ! En effet, une «Immense Espérance » se dessine à travers cette réflexion du P. Steckling :

« Pour moi, l'une des surprises de cet exercice de vérification et de planification, fut de constater que bon nombre des multiples demandes, plutôt exigeantes du dernier Chapitre avaient été acceptées assez facilement ! »

Et je m'interroge. Ne serait-il pas bon pour nous aussi, Partenaires Oblats en mission, de faire un retour sur notre vécu de ces trois dernières années ? Avons-nous conscience d'avoir su « témoigner de l'Espérance » comme nous le demandait le Chapitre général de 2004 ? Avons-nous fait de notre mieux pour répondre à l'appel de l'Esprit ?

L'invitation de l'Esprit est pour tous et pour chacun en particulier. Ai-je vraiment voulu l'entendre? Me suis-je donné du temps pour l'entendre ? L'ai-je entendu ? Ai-je été capable de passer par delà mes hésitations, mes peurs même, pour oser aller de l'avant, dire oui à l'une ou l'autre invitation qui m'était destinée?

Lors de la première rencontre des Partenaires Oblats en mission de Trois-Rivières, la responsable locale nous invitait «  à réfléchir à ce que nous pourrions faire pour le groupe  ». Ne devenait-elle pas à ce moment l'écho de la voix de l'Esprit ? À l'heure actuelle, je pressens que plusieurs d'entre nous, non seulement se sont sentis interpellés par la question de Suzanne, mais ont, par la même occasion, découvert en eux des richesses, des audaces insoupçonnées…

De retour à la Méditation Missionnaire , nous pouvons lire :

« Durant notre rencontre, j'ai donné une conférence sur Internationalité et franchissement des frontières, depuis que le dernier Chapitre avait désigné cette question comme « cause commune ». Pendant le débat qui a suivi mon exposé, l'internationalité était formellement reconnue comme sujet important, ce qui fut sanctionné par un vote, et en même temps, ce n'était déjà plus quelque chose qui demandait de longues discussions. »

Ces paroles du P. Steckling témoignent que « l'Immense Espérance » , bien loin de se réduire à une simple formule, est devenue l'élan qui pousse les fils d'Eugène vers un apostolat sans frontières, là où les besoins se font les plus pressants. Option lourde de conséquences que les Oblats acceptent dans la foi !

Aux Partenaires Oblats en mission, un champ d'action élargi s'ouvre également. Nous sommes invités à aller au-delà de l'émotion de nos belles célébrations qui refont l'âme, au-delà des rencontres où il fait si bon partager notre vie intérieure avec ceux-là qui vivent des réalités similaires aux nôtres. Ces moments de grâce existent pour nous orienter vers une « internationalité » , certes différente de celle des Oblats, mais tout aussi réelle.

L'« internationalité » qui nous est demandée ne serait-elle pas en tout premier lieu d'apprendre à regarder bien en face notre société en mouvement, une société dont les si brusques changements évoquent un peu un tremblement de terre ? Si peu de temps et tant de choses changées ! « On nous a changé la religion… » entend-on souvent dire autour de nous. « La religion… bof ! » pourrait maintenant ressembler au slogan de beaucoup de nos contemporains. C'est vers ce milieu en mutation profonde qu'il nous faut oser nous diriger. C'est à des personnes qui vont peut-être nous considérer comme des dinosaures (!) que nous avons à rendre compte de notre foi. C'est à des situations plus ou moins scabreuses que nous devons savoir dire non, au risque de devenir la cible des moqueries faciles. C'est dans une société vivant souvent « au ras du sol » que nous avons à faire connaître les valeurs évangéliques qui sont les fondements même de notre Espérance. C'est à des gens désespérés qu'il nous faut témoigner par toute notre vie que l'Amour est le seul chemin possible vers le Bonheur.

Il faut bien convenir qu'il n'est pas facile de se démarquer de la majorité, de savoir proclamer quand il le faut, la foi qui nous habite. Pas facile surtout de faire en sorte que notre vie soit le reflet de nos paroles…

« Que manque-t-il à notre réponse ? » À chacun d'y répondre pour soi. Il lui manque peut-être de fréquenter encore plus assidûment le Christ Sauveur « qui passait en faisant le bien » , pour en arriver à découvrir parmi notre monde de 2007 «  des pauvres aux multiples visages  » à aimer, même et peut-être surtout, s'ils ne sont pas tout à fait « de notre bord ».

Et le Chapitre général de 2010 ? Si notre réponse à l'invitation de l'Esprit devient de plus en plus effective, si le zèle de saint Eugène trouve un écho de plus en plus fort en nos vies, si notre sentiment d'appartenance à la grande famille oblate continue de grandir, le Chapitre général sera pour nous Oblats et Partenaires Oblats, le tremplin qui nous propulsera « Ensemble pour la Mission ».

Denyse Mostert

Partenaire Oblate en mission
Province Notre-Dame-du-Cap
2007-11-08