| Méditation
- Janvier 2009 |
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Une leçon de communication.
Première réflexion qui me vient à l’esprit
en lisant ce récit de Marc : c’est donc bien court ! Le
baptême de Jésus, c’est tout de même un événement capital puisqu’il
marque le commencement de sa vie publique!
Après une deuxième lecture, ce texte tout
simple commence à me parler.
Et je découvre que Marc nous donne là une belle leçon de communication,
que quelques mots peuvent
être suffisants pour signifier bien des choses. Une leçon de foi.
Le Précurseur nous donne aussi un bel exemple
de foi. Marc commence par nous dire que Jean-Baptiste
proclamait dans le désert. Il
s’agit d’abord du désert physique de Judée, un endroit de désolation
bien réel. Mais le désert
peut aussi signifier quête spirituelle, à la recherche de ce qui pourrait
combler un vide profond.
On dit souvent que prêcher dans le désert
est synonyme de parler à vide, sans résultat concret.
Cela ne semble pas être le cas pour le cousin de Jésus…
En effet, au début de son récit, l’évangéliste prend le temps
de préciser que tout le pays de Judée et tous les
habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui ; ils se faisaient
baptiser par lui dans le Jourdain … D’où mon questionnement.
Est-ce que je peux vraiment savoir quelles
vont être les conséquences de mes paroles, de mes attitudes?
Est-ce que j’ai le droit de m’abstenir de témoigner du Christ
Sauveur en qui je crois sous prétexte que « cela ne donnera rien »,
que c’est inutile? Qui, à part Dieu, connaît le secret des cœurs ?
Lui seul peut savoir ce qui se cache derrière les indifférences
apparentes aussi bien que dans les fanfaronnades.
Suis-je en possession de la science infuse qui me permet de
préjuger de la façon dont les gens reçoivent ce que je peux leur dire
? Continuer de témoigner.
Est-ce qu’il ne faudrait pas plutôt, comme
Jean, continuer à témoigner de ma foi dans ce qui peut ressembler
à un désert, mais un désert habité où se cachent probablement des
manques qui n’attendent parfois qu’un mot pour trouver leur chemin
vers la lumière? Bien
sûr, prêcher dans le désert de nos églises aux neuf-dixièmes vides,
voilà qui n’est pas très encourageant pour le clergé !
Parler de notre foi avec des voisins volontiers ricaneurs,
voici qui demande une certaine audace! Partager le fond de nos cœurs
avec nos enfants, des enfants qui nous aiment et nous respectent…
mais qui font partie d’une génération qui ne sait plus trop où puiser
la force d’affronter les épreuves, de goûter au bonheur de la fidélité,
encore là il ne faut pas présumer des résultats.
Je pense qu’il est bon de dire la foi qui
est la nôtre. Proposer,
ne rien imposer en laissant le résultat entre les mains du Seigneur. Prophète dans son pays ?
Marc ensuite nous rapporte, en deux petites
phrases, comment Jean
se situe face à son cousin Jésus. « Voici
venir derrière moi celui qui est plus puissant que moi.
Je ne suis pas digne de me courber à ses pieds pour défaire
la courroie de ses sandales. Il est évident que les
deux cousins se connaissent depuis bien des années.
Juste à nous rappeler les liens très forts entre Marie et Élisabeth
!
« Nul n’est prophète dans son pays »
dit un proverbe. Et nous
pouvons constater combien cela se révèle vrai dans la vie courante.
En effet, nous n’éprouvons
le plus souvent aucune difficulté à identifier et à monter en épingle
les limites de nos proches. Par
contre, lorsqu’il s’agit de découvrir leurs qualités, il existe comme
un voile de l’habitude qui occulte souvent la beauté personnelle et
bien réelle de chacun. Et
vice-versa dans la façon qu’ils ont de nous percevoir…
Bien sûr, le langage imagé de Jean-Baptiste
ne convient ni à notre époque, ni dans la manière dont nous pouvons
dire à ceux qui nous entourent combien nous les apprécions.
(Je me vois mal expliquer à quelqu’un que je me sens indigne
de dénouer ses sandales !) Il y a par contre mille et une façons de
leur faire comprendre que nous les aimons, que nous reconnaissons
en eux les qualités qui sont les leurs.
On peut avec eux, admirer les dons reçus, on peut les écouter
lorsqu’ils nous parlent d’eux-mêmes, de leurs projets, on peut surtout
accepter nos différences sans arrière-pensée.
« Moi, je vous ai baptisés dans l’eau, lui vous baptisera dans
l’Esprit Saint. »
Comme Jean-Baptiste, nous pouvons aussi,
si cela s’avère opportun, redire aux nôtres la foi qui nous habite.
Comme Jean-Baptiste qui baptisait seulement dans l’eau,
nous ne pouvons apporter que le témoignage restreint permis
par nos limites. Comme
le Précurseur encore, nous pouvons cependant continuer à annoncer
cet Esprit Saint qui ne demande qu’à nous envahir et changer les cœurs,
les vies.
Et Marc termine son récit en disant :
Or,
à cette époque, Jésus vint de Nazareth, ville de Galilée, et se fit
baptiser par Jean dans le Jourdain…
une voix se fit entendre : c’est toi mon fils bien-aimé
; en toi j’ai mis tout mon amour. » Il est bon de prendre conscience que ses paroles sont aussi pour nous. Il est bon d’écouter le Seigneur nous redire : « Tu es mon enfant bien-aimé ; en toi j’ai mis tout mon amour.
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Province
Notre-Dame-du-Cap |
2009-01-07 |
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