| Méditation
- Mai 2009 |
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Comment ne pas établir un parallèle entre la Méditation missionnaire du P. Wilhelm Steckling, Supérieur général des Oblats de Marie Immaculée, et ce mois de juin traditionnellement consacré au Sacré Cœur pendant lequel l’inoubliable P. Victor Lelièvre, o.m.i. rassemblait les foules et leur parlait de Miséricorde, la Miséricorde de Dieu ! Un
questionnement dérangeant « Quelle
est notre position face à un monde et à un environnement marqués par
des tensions et conflits ouverts, où la paix semble toujours hors
de portée ? », interroge
le P. Steckling. Toutes ces tragédies à l’échelle
mondiale ne peuvent faire autrement que de nous toucher profondément.
Mais que faire devant toutes ces informations qui nous arrivent en
se bousculant à un point tel que la dernière catastrophe se retrouve
vite à l’arrière-plan de l’actualité, occultée par un nouveau conflit
tout aussi douloureux que le précédent ?
Une telle perspective, m’amène
à considérer d’un autre
œil tous ces petits accrochages que j’ai à vivre
et à qui je laisse parfois une place démesurée dans ma vie.
Les conflits planétaires aux innombrables victimes me rappellent que
pour moi aussi, la paix est toujours à construire et que cette construction
doit commencer avec tous ceux-là qui font partie de ma « vie
ordinaire ». Acteurs
et témoins Comme
le fait remarquer le P. Steckling,
« Bien que, personnellement ou en groupe, nous soyons des personnes
qui aiment la paix comme un bien précieux, il nous arrive souvent
de vivre au milieu des conflits » Il y a des moments dans notre
vie où nous sommes blessés par l’attitude d’autres personnes à notre
égard ; parfois c’est nous qui devenons la source de mésententes.
Dans les deux cas, une souffrance est vécue.
Et nous sentons bien que, non désamorcées, ces situations peuvent
devenir lourdes de conséquences malheureuses. L’offense
qui fait mal À côté de ces petits accrochages entre nous, il existe malheureusement
des situations qui blessent profondément.
Personne n’aime recevoir des coups ! Là où ils font doublement
mal, c’est lorsqu’ils atteignent quelqu’un que nous aimons profondément.
Nul besoin de départager les torts de tout un chacun ; comme
dans toute situation conflictuelle, ils sont le plus souvent à endosser
de part et d’autre. Surgit alors la question cruciale : comment
en arriver à vraiment pardonner ? La
foi à notre secours La réconciliation, une question
de foi, écrit encore le P. Steckling. « ll me semble
qu’une des réponses de la foi se trouve dans le mot « réconciliation .
Parfois il est bon de se retirer dans une haute montagne, en
cherchant Dieu dans la solitude, comme le Christ l’a fait selon les
évangiles, mais après il faut redescendre de la montagne et s’immerger
dans le mouvement de la vie ordinaire, où on peut aussi trouver Dieu. » Trouver
Dieu dans la vie ordinaire Justement ce matin, une parole
de Mgr Desmond Tutu, venait me faire un petit signe. « Dans l’acte
de pardonner, écrit-il, nous
affirmons notre foi en l’avenir d’une relation et en la capacité qu’a
le fautif de changer. Nous
disons qu’il est possible de prendre un nouveau départ. »[i]
Pardonner, une question de
patience, une question de risque … Je pense qu’il faut parfois
être patients, très patients avant de nous sentir prêts à
de vraies retrouvailles. Il peut exister mille et une raisons pour
retarder la démarche : l’orgueil qui empêche de faire les
premiers pas, la peur
de l’accueil qui nous sera réservé, la peur d’une réconciliation de
surface et le risque de souffrances nouvelles que ce manque de profondeur
pourrait engendrer... Ce sera peut-être le moment de se rappeler les
paroles de Paul aux Romains: (Rm
8,15)
« Vous n’avez pas reçu un Esprit qui vous rende esclave et vous
ramène à la peur… » Elles nous sont aussi adressées. Pardonner, une question d’authenticité. Pour moi, le vrai pardon ne
peut se vivre que dans l’authenticité.
Dans une rencontre, où tous pourront exprimer sans
ambages les éléments qui ont mené à la rupture. Une rencontre d’adultes
où chacun sera assez mature pour reconnaître ses propres responsabilités.
Une rencontre de confiance en « l’avenir d’une relation »
parce que nous aurons opté pour une démarche porteuse d’espoir. Une
rencontre qui se veut un pas vers une amitié qui ne demande peut-être
qu’à refleurir. Une rencontre
de paix enfin, parce qu’à travers chacun de nous se profilera la Miséricorde
divine. Le tout est de laisser un espace à l’Espérance, de garder vivante « la mèche qui fume encore ». [i]
Desmond Tutu, Dieu
fait un rêve, Éditions Novalis/Desclée de Brouwer, 2008. |
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Province
Notre-Dame-du-Cap |
2009-06-03 |
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