=/ Réflexions Denyse - Méditation Steckling /= Précédent - Suivant
Tout est accompli !
Et voilà ! Jésus de Nazareth est mort sur une croix, comme un malfaiteur. Son corps a été déposé dans un tombeau.
Nous sommes au premier jour de la semaine. Jean nous raconte Marie-Madeleine qui se rend au tombeau « de bon matin, alors qu’il fait encore sombre ». Marie-Madeleine doit être elle aussi plongée dans une grande obscurité… Son Maître est mort ! Où est le Royaume qu’il annonçait ? Et le Père que Jésus décrivait si bon, si puissant, comment a-t-il pu laisser s’accomplir cette criante injustice ? Oui, Marie-Madeleine commence vraiment ce premier jour de la semaine avec des ténèbres dans le cœur. Il lui reste un dernier service à offrir à celui qu’elle a tant aimé ; elle se rend au tombeau , avec des aromates.
La pierre enlevée
Là, une incroyable surprise : la pierre du tombeau est enlevée. Affolée, Marie-Madeleine court chercher « Simon-Pierre et l’autre disciple que Jésus aimait ». Elle leur annonce qu’« on a enlevé le Seigneur ….»
L’« autre disciple » arrive le premier… mais il laisse à Simon-Pierre le soin d’entrer avant lui.
Je me suis souvent demandé pourquoi ce geste de Jean. À cause d’une émotion trop forte ? Ou par un respect retrouvé envers ce compagnon qui a renié par trois fois leur Maître ? J’aime voir dans ce mouvement le geste de pardon qui invite Pierre à reprendre sa place dans le groupe de ceux qui ont suivi Jésus.
« Il vit et il crut »…
Et lorsque cet « autre disciple » entre à son tour, toute incertitude est balayée. L’Évangile dit : « Il vit et il crut ». Tout simplement. Sans autre démonstration qu’une tombe vide et un linceul soigneusement plié. Comme une harmonie qui rappelle que, selon les paroles de Jésus, « tout est accompli ».
La conclusion de cet épisode est éloquente : « Jusque là en effet, les disciples n’avaient pas vu que « d’après l’Écriture… il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts »
Des gens si différents…
Nous voyons là trois personnes très différentes les unes des autres. Avec pour trait d’union leur amour envers celui qu’ils nomment le Messie. Et je me demande si cette diversité ne voudrait pas nous signifier que les disciples du Christ ne sont pas enfermés dans une uniformité anesthésiante ? Qu’il nous est demandé au contraire de conserver notre propre singularité et de la vivre dans une communion des plus authentiques avec nos frères humains?
Les deuils qu’il nous faut vivre
Je veux une fois encore parler du départ de Pierre, mon compagnon de vie. Un deuil à vivre, c’est d’abord une absence physique bien concrète. Ce sont des questionnements à n’en plus finir sur le pourquoi, le comment… Ce sont des moments de désespoir, de révolte… Comme Marie-Madeleine, nous avons un besoin criant des autres pour pleurer, essayer de comprendre, pour essayer de survivre…
Cependant, nos deuils vont se faire plus doux au fur et à mesure du temps qui passe, au fur et à mesure des amitiés qui nous entourent. Un jour, nous allons évoquer avec un sourire encore mouillé des épisodes de la vie de celui ou celle qui nous a quittés. Et un « matin de Pâques », vont nous envahir dans la prière les belles choses que nous avons vécues ensemble. Comme les disciples renvoyés aux Écritures, nous découvrirons alors « le fil conducteur » du projet de Dieu sur nous. Il sera si beau et si vrai ce « fil conducteur » que nous pourrons nous aussi dire en vérité : « j’ai vu et j’ai cru ».
Et la résurrection de Jésus prendra alors tout son sens !
(Denyse Mostert, Pâques 2010)