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Mission et Communauté

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Méditation sur une Méditation missionnaire

Octobre 2007 

Cela se passait à Johannesburg. Des Oblats, dont le Supérieur général, ont eu la joie de vivre ce que d'aucuns appelleraient une « réunion d'anciens ».  

Précision du P. Steckling : « Nous avons 12 évêques dans cette partie du continent et la moitié d'entre eux, représentant la Namibie et la République de l'Afrique du Sud, ont pu participer. »

Je me plais à imaginer une rencontre pleine de vie, de souvenirs, d'anecdotes car, nous dit le P. Steckling,  « J 'ai connu ces six confrères dès avant leur ordination épiscopale ; je les avais rencontrés dans leurs missions, comme Provincial, ou maître des novice, ou économe provincial ».

Ce fut aussi un beau partage durant lequel les évêques ont exprimé sans ambages ce qui leur tenait à coeur. « De cette conversation , écrit le Supérieur général , je retiens deux points, deux défis auxquels ces confrères essayent de faire face, et desquels ils ont parlé à partir de leur identité comme Oblats et comme évêques. Il s'agit de la mission et de la communauté  : ils en ont parlé avec franchise. »

« En ce qui concerne la mission , ils ont dit que nous, en tant qu'Oblats, devrions nous dédier davantage aux zones les plus pauvres de nos diocèses. Il comprennent qu'une province a besoin d'avoir une stratégie, que les paroisses nous aident à trouver des vocations ou à financer notre travail, mais en même temps il se peut que certains d'entre nous soient trop heureux d'être dans des zones confortables. »

Ces propos s'adressent également à nous, Partenaires Oblats en mission. Les pauvres premiers servis ! Voici le cœur même de la spiritualité héritée de saint Eugène. Voici ce qui doit nous guider dans notre vie de tous les jours! En est-il toujours ainsi ? Je laisse à chacun le soin de s'interroger là-dessus comme je le fais pour moi-même…  

« Nos évêques, continue le P. Steckling, ressentent qu'il serait beaucoup mieux, pour différentes raisons, si même leur clergé diocésain vivait ensemble en communauté . « Nous aimerions – ont-ils ajouté – pouvoir leur dire : regardez les Oblats, qui vivent ensemble et travaillent bien. »

Un passage des Actes des Apôtres m'est particulièrement cher, celui où l'on dit des premiers chrétiens « [qu'] ils mettaient tout en commun ».

Ce rêve un peu fou, je l'ai caressé, tout au moins concernant le plan spirituel et affectif, pour nos groupes de Laïques associés. Maman me disait parfois, avec un reproche sous-jacent dans la voix : « Toi, tu prends toujours tes désirs pour la réalité ! »  Et elle avait raison, maman ! J'ai toujours eu une forte propension à projeter sur les gens et les événements les désirs qui m'habitaient. Idéaliste j'étais, idéaliste je demeure... Sauf que, la sagesse acquise avec les années aidant, je crois pouvoir faire maintenant la différence entre idéal et perfection. S'il est toujours valorisant de poursuivre un idéal, il s'avère souvent très décevant de rechercher à tout prix la perfection…   Du moins en ce monde!

Je souhaite toujours que nos groupes deviennent le reflet de ces premières communautés chrétiennes. J'aimerais tellement qu'on dise aussi de nous : « ils mettaient tout en commun».  Sauf qu'aujourd'hui j'en arrive à tenir compte des limites inhérentes à notre nature humaine, de la spécificité de chaque personne, et de nos   choix de vie qui nous ramènent tous vers le chantier particulier où s'exerce notre mission de Partenaires Oblats.

Ces jalons une fois posés, il reste que nous pouvons mettre bien des choses en commun.   Tout d'abord notre foi ; nous pouvons nous dire les uns aux autres les multiples aspects qu'elle revêt… Nous pouvons partager nos joies, nous soutenir dans les moments difficiles… Ensemble, nous pouvons consolider notre sentiment d'appartenance à la grande famille oblate en maintenant bien vivants nos rapports avec les membres de la Congrégation… Ensemble, nous pouvons prier, réfléchir, bâtir, oser, innover…  

Il nous faut pour cela la nette conscience du cheminement que nous avons choisi de vivre à la suite de saint Eugène… Il nous faut avoir toujours présente dans le cœur cette « option préférentielle pour les pauvres », une option déterminée, concrète, attentive et qui, plus souvent qu'à son tour, s'exerce dans l'ombre… Il nous faut nous rapprocher de ces moins aimés souvent laissés à l'écart… Il nous faut apprendre à découvrir, pour ensuite l'admirer, l'œuvre que le Seigneur accomplit en chacun de nous… Il nous faut savoir nous taire, il nous faut oser parler quand le temps en est venu…

Tout un programme, pour les membres de notre famille Oblate ! Mais un programme bien réalisable si on croit fermement que saint Eugène, Marie l'Immaculée et l'Esprit Saint sont pour nous des Partenaires à part entière, des Guides avec lesquels nous pouvons être sûr de marcher sur les pas du Christ Sauveur.

Denyse Mostert

Partenaire Oblate en mission
Province Notre-Dame-du-Cap
2007-10-07