(Jean
20, 19-31) |
| Méditation
- Avril 2009 |
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Avez-vous
remarqué comme saint Jean sait choisir des mots qui en disent long
? Chacun d’eux est porteur d’une histoire dont il vient éclairer les
circonstances pour nous en faire découvrir le sens profond. L’évangile
de ce dimanche en est un superbe exemple. Voici un texte somme toute
pas très grand, mais tellement dense dans sa signification ! Les disciples, écrit
Jean, avaient peur des Juifs. C’est
après la mort de Jésus. Les
disciples ont peur. Et on les comprend.
Les événements qui ont conduit Jésus à la mort sont encore
tout proches. Ils ont perdu un maître qu’ils aimaient. Et les voici
soudain comme perdus, laissés à eux-mêmes. Ils se sentent seuls et
pourtant Jésus leur avait bien dit « Je ne vous laisserai pas
orphelins, je viens à vous. » (Jean 14.18)
Ils avaient entendu Jésus leur parler de l’amour de son Père
qui était aussi leur Père, ils avaient reçu la promesse du Royaume
des Cieux, et voici que Jésus est mort, une mort d’une violence inouïe.
Alors, des craintes ont vu le jour dans l’esprit des disciples :
« Et si eux-mêmes, en tant qu’amis du supplicié, étaient recherchés
par les Juifs ? » Ils ont peur des représailles possibles.…
Les
disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient. Ils
se retranchent ensemble derrière des portes fermées. À quel endroit
? Jean ne le dit pas ; il se
contente de parler du « lieu » où ils étaient. Je
me reconnais tellement dans les réactions de ces hommes effrayés !
Ne pourrait-on pas dire qu’il y a un peu de nous tous dans cette attitude
d’effroi ? Lorsque quelque chose nous fait peur, n’avons-nous pas
tendance à quitter le lieu de nos craintes, à essayer de penser, le
plus souvent sans succès, à autre chose ? Ce qui finalement ne fait
que nous enfermer de plus en plus derrière des portes où nous espérons
nous trouver en sécurité ! Une sécurité bien précaire ! Car, dès que
nous nous retrouvons face à nous-mêmes l’objet de nos craintes revient
nous envahir de plus belle… Oui, les disciples ont peur et ils se tiennent ensemble. Comme nous savons tous que la peur, l’anxiété, la peine, toute situation difficile peuvent devenir plus supportables si elles sont partagées. Nous nous « supportons » les uns les autres ; on pourrait dire autrement : « nous devenons les supports les uns des autres ». Jésus
vint, nous
dit saint Jean… L’évangéliste
ne donne aucun détail sur le chemin parcouru par Jésus pour rejoindre
ses disciples. Simplement, il vient.
Comme
il continue de nous rejoindre, nous aussi.
Sans annoncer sa visite, il
est là, au beau milieu de notre quotidien, bien souvent au moment
où on s’y attend le moins… Son arrivée est toujours discrète :
elle peut se manifester par un coup de téléphone, le passage d’un
ami, un arrêt subit au milieu de notre travail alors que des mots
se forment dans notre esprit, des mots que nous découvrons porteurs
d’un sens, des mots qui nous arrivent parfois comme une réponse intérieure
à une question que nous nous sommes posée fréquemment. Ou encore Jésus
va être là en nous rappelant soudain que quelqu’un a besoin d’un peu
d’attention, d’un peu de notre temps. Jésus…
était là au milieu d’eux. Oui,
comme pour les disciples, Jésus continue à nous rejoindre, derrière
nos portes intérieures parfois verrouillées, dans « le lieu »
où nous sommes, dans le quotidien de nos vies. Comme pour les disciples
encore, il se tient au milieu de nous. Au milieu de nous, pour déverrouiller
les portes de nos peurs et nous faire prendre le large à sa suite.
Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. C’est
d’abord par un souhait de paix que Jésus se fait reconnaître des disciples.
Avant de leur montrer ses mains et son côté percés. Parce que c’est
seulement en nous arrêtant pour accueillir en nous la paix du Seigneur
que nous devenons capables d’apercevoir les signes pourtant évidents
de sa présence, des signes que nous sommes bien souvent trop occupés
pour percevoir. Comme mon Père m’a envoyé, je vous envoie. Alors
ce sera l’envoi en mission pour chacun de nous, une mission le plus
souvent inattendue, une mission à laquelle nous pouvons adhérer en
toute confiance, fort de cette parole de Jésus : « Recevez
l’Esprit Saint ! » Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau
dans la maison, et Thomas était avec eux.
Seigneur
! Que de fois, en Le même scénario se répète, comme si Jésus ne voulait
pas pénaliser le disciple qui était absent
lors de sa précédente manifestation. Il va même offrir à Thomas
l’opportunité de le reconnaître sans aucun doute possible. Après le
même souhait de paix, Jésus « dit à Thomas : « Avance
ton doigt ici, et vois mes mains; avance ta main et mets-la dans mon
côté : cesse d’être incrédule, mais croyant. » Il se
peut que Thomas ait vécu alors un moment de confusion, un moment de
gêne. Mais comme il a dû accepter le cœur soudain léger le conseil
que Jésus lui donne : « Cesse d’être incrédule, mais
croyant. » Cher
Thomas ! Que de fois nous lui ressemblons ! Que de fois nous manquons
une rencontre avec le ce siècle de haute technologie, nous réclamons
des preuves ! Et si, désormais, comme Thomas, nous répétions d’un
cœur sincère : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »,
sans chercher à tout comprendre, juste en écoutant au fond de nous,
la voix de Jésus Ressuscité qui nous parle du Père.
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Notre-Dame-du-Cap |
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