Les paraboles évangéliques me fascinent… Avec leurs situations bien concrètes et leur langage tout simple à la portée de tous. Vraiment, Jésus savait s'y prendre pour amener ses auditeurs à de profondes et combien logiques constatations !
Voici l'histoire d'un employeur[¤] comme il ne s'en rencontre guère… Et d'employés comme il n'y en a que trop…
Cet homme est-il riche ? Probablement puisqu'il est propriétaire d'un domaine sur lequel il plante une vigne… qu'il entoure de mille précautions. Puis qu'il la confie en fermage à des vignerons… et s'en va en voyage, l'esprit tranquille…
L'histoire pourrait se terminer par un retour heureux où le patron reçoit ce qui lui est dû, selon l'entente prise avec ses employés.
Ce qui n'est pas le cas… Car les travailleurs décident de garder pour eux seuls le produite d'une vigne tellement productive…
On connaît la suite. Les premiers envoyés du propriétaire sont frappés, tués, lapidés. Des renforts importants dépêchés sur la vigne, ne sont pas mieux reçus que les précédents. Dernière tentative du vigneron. « Ils respecteront mon fils. », se dit-il. Bien à tort d'ailleurs.
Cette parabole de Jésus n'illustre-t-elle pas bien l'histoire de l'humanité à laquelle nous appartenons ?
Première réaction. « Mais voyons, cela ne nous concerne en aucune façon. Nous n'avons jamais tenté de retenir en aucune façon le bien d'autrui ! »
Et pourtant… un regard en profondeur pourrait bien nous enlever un peu de notre belle assurance…
Parce que, à bien y penser, il nous faut admettre que tout nous est prêté, y compris notre vie terrestre et tout ce qui l'accompagne : le bonheur d'être né sous la bonne étoile, qui nous a permis de découvrir, dès notre tout jeune âge, Jésus Christ et son évangile… Jésus Christ et sa Bonne Nouvelle qui n'arrêtent pas de nous aider à découvrir et à vivre les valeurs sûres de la foi en Dieu, de l'amour et du respect des autres.
On peut se demander bien honnêtement… Ne nous arrive-t-il pas de vouloir retenir à notre profit certains de ces trésors destinés à tous ? Dans une course aux premières places, dans une tranquillité que nous refusons de voir dérangée, dans les belles paroles à la place de gestes bien concrets qui semblent s'imposer, dans nos jugements parfois si pleins de réticences qu'ils en deviennent accusateurs ? Et tant d'autres replis sur soi que nous justifions si facilement…
Non, non… ne vous y trompez pas. Ce n'est pas le procès général de l'humanité que je veux faire… C'est la simple prise de conscience que notre générosité de chrétiens comporte bien des lacunes… que nous retenons parfois pour nous seuls ces biens que Dieu nous a confiés… pour les traduire en générosité, en solidarité au nom de Jésus Christ… des biens que nous avons remettre à Dieu, parce qu'ils lui appartiennent.
Cela se passait déjà au temps du prophète Jérémie : « Je vous ai envoyé inlassablement tous mes serviteurs les prophètes… », écrivait-il… Et la situation se répète de nos jours… Prise de conscience qui pourrait être bien déprimante…
Mais il y a Jésus Christ, le fils bien-aimé du Père, et sa victoire sur la mort. Il y a « l'Esprit Saint qui poursuit son œuvre et achève toute sanctification ». (Rm 6.4) Et il y a notre désir sincère de vivre résolument la Bonne Nouvelle de l'Évangile.
(Denyse Mostert, 2011-09-21)
[¤] « Écoutez une autre parabole. Un homme était propriétaire, et il planta une vigne ; il l'entoura d'une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour ; puis il la loua à des vignerons et partit en voyage. Quand approcha le moment des fruits, il envoya ses serviteurs aux vignerons pour en recevoir les fruits. Mais les vignerons se saisirent de ses serviteurs, battirent l'un, tuèrent l'autre, en lapidèrent un troisième… » (Mt 21, 33s) - Bible de Jérusalem.