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Préférer Jésus (Luc 14, 25-33)

Méditation - Partage sur l'Evangile de dimanche

Des contradictions ?

Il y a certaines paroles de Jésus qui m’ont toujours laissé un malaise… comme celles-ci rapportées par Luc : « Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs et même à sa propre vie… il ne peut pas être mon disciple… »

Pourquoi un malaise ?  Parce que je pense  à un commandements de Dieu remis à Moïse au Sinaï : « Honore ton père et ta mère… » Tout cela m’apparaît un peu contradictoire.  Peut-on en même temps honorer ses parents et leur préférer quelqu’un d’autre ?

Et si j’essayais d’écouter …

Oui, si je prenais le temps d’écouter vraiment, de chercher à  comprendre le vrai sens de ces paroles de Jésus à ses contemporains…  des paroles qui nous concernent tous…  À l’école, l’institutrice nous répétait souvent que  quelques mots pris hors contexte pouvaient être facilement mal interprétés, voire dénaturés.  Et voici qu’en remettant la phrase de Jésus dans son contexte, la signification en devient différente.

D’abord il s’agit de gros projets

En guise d’explication,  Jésus donne en exemple un bâtisseur de gros projet, puis un roi qui se demande s’il est en mesure de répondre aux attaques d’un ennemi menaçant. Dans les deux cas il est question d’actions d’envergure à étudier sérieusement avant de passer à l’action car les conséquences peuvent en être énormes, aussi bien pour celui qui décide que pour ceux qui l’entourent.

Deux décisions lourdes de conséquences…

Ceci me ramène à deux décisions importantes de ma vie. D’abord mon mariage : pas tellement difficile de « quitter son père et sa mère » pour s’attacher à la personne qu’on aime quand on est amoureux !  Il y a bien quelques petits pincements au cœur à l’idée d’un changement de vie radical… Mais, finalement on ne les quitte pas tant que cela nos parents en se mariant… Et s’il est difficile pour eux de voir les oiseaux s’envoler du nid, le bonheur de savoir leur enfant heureux prend vite le dessus.

Un autre grand projet de notre vie de couple a été de laisser notre Belgique natale pour nous établir au Québec. Là on peut vraiment parler de préférence, la coupure allait être grande, un océan allait nous séparer des nôtres. Nous aurions à nous adapter à des façons de vivre différentes.

Pas de décision à l’aveuglette

Alors, comme le bâtisseur de tour de l’évangile et comme le roi dont parle Jésus, nous avons pris le temps de nous « asseoir pour calculer la dépense et voir (si nous pouvions) aller jusqu’au bout ? » Notre réflexion a duré des mois… La suite ? Nous avons débarqué au Québec par un beau jour de juillet…  et j’y vis  toujours, heureuse avec les miens.

Pour concrétiser ces deux projets, il nous a fallu faire des choix difficiles, faire de la peine à nos proches… préférer nos projets de vie à  notre famille, à nos amis, à nos habitudes, et finalement à notre pays. De la tristesse ? Bien entendu. Mais aucun remords. Comme on dit chez nous « le jeu en valait la chandelle. »

Revenons à l’évangile de Luc

« Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs et même à sa propre vie… il ne peut pas être mon disciple… »  Ces paroles de Jésus ne parlent-elles pas d’un enjeu important, d’un choix à envergure d’éternité ?  Car c’est de vie qu’il s’agit, c’est de bonheur dont il parle, c’est un amour sans compromission à vivre dès ici-bas qui nous est proposé...  C’est un projet pour devenir solidaires les uns des autres, où le moindre geste d’amitié va revêtir son importance, où nous pourrons vivre la confiance en un Dieu pour qui tout est possible.

Le fruit de toute une vie…

Le projet-Jésus n’est pas une recette instantanée.  Toute une existence ne suffira pas à nous le dévoiler au complet. Nous pourrons juste le deviner à travers les événements et la vie de tous ceux-là qui vivent en témoins crédibles le message évangélique. 

Un projet où la croix est présente

Il faut bien le reconnaître, préférer Jésus comporte des  dépassements… suivre Jésus, cela ne va pas toujours de soi. C’est un projet qui nous entraîne sur des chemins d’où l’on ne sait pas toujours bien où il vont...  Un projet pour lequel nous pouvons parfois dire comme Marie « Comment va-t-il se faire ? » 

Pourquoi préférer Jésus ?

Un discernement dans la prière va nous révéler que « préférer Jésus à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs et même à sa propre vie… » ne prend plus des allures d’abandon. Il devient le choix du bonheur. Préférer Jésus, c’est opter pour l’amour qui donne tout son sens à la vie.

(Denyse Mostert, 25 août 2010)

 

Etole
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