=/ Réflexions Denyse - Méditation Steckling /= Précédent - Suivant
Préambule
Il y a Marie, elle est fiancée à Joseph. Elle vit un bonheur sans histoire jusqu’au jour où… Jusqu’au jour où le messager vient lui demander l’incroyable oui qui va bouleverser tant de vies.
Et il y a Élisabeth, trop âgée pour avoir un enfant et qui pourtant est enceinte. Tout est extraordinaire dans les événements qui précèdent la rencontre des deux futures mamans… Comme tout va aussi le devenir pour les bébés qui vont bientôt voir le jour !
La rencontre
Marie partit en hâte, raconte Luc, elle salua Élisabeth. C’est une rencontre remplie d’Esprit Saint qui a lieu entre les deux cousines. L’enfant d’Élisabeth tressaille dans le sein de sa mère, comme si sa mission de précurseur commençait dès maintenant.
C’est une rencontre dont l’intensité extraordinaire se traduit en action de grâce. Tu es bénie entre les femmes, dira Élisabeth. Et Marie va exprimer son immense bonheur dans le vibrant Magnificat.
En attendant le jour.
Nous connaissons quelques événements de la vie cachée de Jésus.
De Jean, Luc écrit qu’il grandissait et son esprit se fortifiait. Et qu’il fut au désert jusqu’au jour de sa manifestation à Israël.
Une belle amitié
Bien que les Évangiles ne le mentionnent pas, j’aime à croire que les deux cousins ont vécu une de ces amitiés très rares où l’on peut partager sans contrainte la foi qui nous habite et nos projets les plus chers. Sans doute ont-ils parlé de la mission hors mesure à laquelle ils se sentent appelés.
Le baptême au Jourdain vient montrer à quel point Jean et Jésus communient aux mêmes réalités de ce Royaume si proche qu’ils sont venus annoncer.
Je ne suis pas digne
Nul n’est prophète en son pays. Ce proverbe dont on sait la grande justesse, Jean va le déjouer ce jour-là. Du cousin, son cadet de quelques moi, il va dire : Moi, je vous baptise dans l’eau en vue de la conversion mais celui qui vient après moi est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de lui ôter ses sandales.
Alors, écrit Matthieu, Jésus … paraît sur les bords du Jourdain, et vient à Jean pour se faire baptiser par lui. Quelle confusion a dû alors s’emparer de Jean, lui qui connaît si intimement l’homme qui se tient devant lui. Un dialogue teinté d’émotivité s’engage. Conscient de la dignité de celui qui pénètre dans les eaux du Jourdain, Jean proteste : « C’est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi, et c’est toi qui viens à moi. »
Nous devons accomplir ce qui est juste
Réponse surprenante de Jésus : Pour le moment, laisse-moi faire, c’est de cette façon que nous devons accomplir parfaitement ce qui est juste. Sur ces paroles, termine Matthieu, Jean le laisse faire.
Le précurseur a-t-il saisi toute la portée de ces paroles ? Jean a-t-il compris que Jésus se voulait solidaire de tous ceux-là qui viennent au Jourdain pour y recevoir le baptême de l’eau, ce baptême qui va les préparer à accueillir la Bonne Nouvelle du Salut ?
Et Jésus précise : c’est ce cette façon que nous devons accomplir parfaitement ce qui est juste… À travers ce nous dans lequel il est inclus, Jean a-t-il découvert l’amour d’un Père qui demande notre coopération pour accomplir parfaitement ce qui est juste ?
Celui-ci est mon Fils bien-aimé
Alors une voix venant des cieux disait : Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j’ai mis tout mon amour. Comme il l’a fait jadis au sein d’Élisabeth, le cœur de Jean a-t-il tressailli en recevant l’éclatante confirmation de la foi qu’il met en Jésus ? Une chose est sûre. Il va aller jusqu’au don de sa vie, pour continuer à aplanir le chemin devant celui qui vient après lui.
Et pour nous ?
Avec Marie, avec Élisabeth et Jean, il nous est bon de prendre conscience que c’est une même foi que nous partageons. C’est notre foi en Jésus Christ, le Fils bien-aimé à qui le Père a donné tout son amour.
C’est une foi pour la vie de tous les jours. Elle est faite de lumière et d’ombre, de grandes joies et de moments difficiles.
C’est une foi qui nous dit l’amour Dieu et que nous devons nous aimer les uns les autres dans le respect de ce que nous sommes, avec nos richesses, mais aussi avec nos limites réciproques.
C’est une foi qui nourrit notre Espérance en nous rappelant que le Royaume est déjà là et qu’un grand amour nous attend quelque part, dans un lieu où il n’y aura plus ni pleurs, ni larmes.
C’est une foi qui nous invite à mettre les bras à la moisson, qui fait de nous des témoins de plus en plus crédibles de ce Jésus Christ que nous proclamons.
Magnificat
Avec Marie, Élisabeth et Jean enfin, nous partageons une même reconnaissance heureuse envers l‘enfant né de Marie, l’Emmanuel, le Dieu-avec-nous qui sans cesse nous sauve et nous relève.
(Denyse Mostert, 30-12-2010)