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Une si petite graine...

Méditation sur une méditation missionnaire - Mai 2008
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«À la lumière de Pâques»… Le titre de la Méditation missionnaire du P. Steckling nous parle de vérité, de paix, de joie…

Et pourtant, les premiers mots de cette réflexion, «le temps de Pâques est un temps approprié pour méditer sur la vie et la mort», m’ont tout d’abord fait l’effet d’une douche froide ! Car si j’aime évoquer les moments heureux de mon existence, j’ai une tendance à laisser dans l’ombre ceux qui d’une façon ou d’une autre me blessent.

«Méditer sur la vie», pour moi, c’est chercher à découvrir le bon, le beau derrière les apparences, qu’il s’agisse de personnes ou d’événements. Je pense que cette propension à la bienveillance, à la recherche de paix « en dépit de… » m’a grandement aidée à traverser les diverses réalités de ma vie. Dès lors, il me devient plus facile de laisser monter du fond de mon cœur une prière de louange.

Aujourd’hui, je veux dire merci au P. Steckling de nous rappeler que, s’il est bon de «méditer sur la vie», il l’est tout autant de «méditer sur la mort», non pour nous complaire dans la tristesse, mais pour demeurer le cœur ouvert à la Parole et demander avec confiance à notre Père de nous donner « aujourd’hui notre pain de ce jour… »

«Nous pouvons bien sûr méditer sur notre existence personnelle, mais je vous suggérerais de considérer maintenant les cycles de la vie, à l’intérieur de notre famille missionnaire. Ici à Rome, nous confie le Supérieur général, au Centre de la Congrégation, toutes sortes de dossiers arrivent sur nos tables ; ils parlent à leur façon de mort et de vie.»

Comme Partenaires oblats en mission, nous avons nous aussi à garder les yeux ouverts sur cette réalité bien concrète de 2008, où nous voyons les choses se transformer à la Xième puissance. De la société dont nous faisons partie, nous ne pouvons ignorer les diverses attitudes devenues monnaie courante : face à la vie dans ce qu’on appelle les interruptions de grossesse, face aux enfants à qui on a volé leur innocence, face à la vieillesse où le respect des aînés est trop souvent foulé aux pieds, face à ces famines décimant des populations entières, face à ces guerres meurtrières dont les victimes tombent sans discernement aucun… Le règne de l’individualisme et toutes ces situations de mort ne manquent pas d’atteindre notre Église et ses Congrégations tout autant que l’ensemble des chrétiens. Nous sommes tous témoins de ces événements bouleversants ; nous avons aussi à vivre nous-mêmes des situations déstabilisantes ; et finalement il y a cette mort inévitable pour chacun de nous et dont on se demande parfois vers quel rivage inconnu elle va nous entraîner… Devant cet état de choses, il me paraît humainement normal que notre espérance semble parfois se heurter à un mur. Et c’est la ronde des « pourquoi ?», des «comment ? », voire des «à quoi bon ? » ouvrant une voie insidieuse au découragement.

Et c’est ici que «la lumière de Pâques» intervient. Le P. Steckling nous rappelle que : «Dans notre contemplation du mystère pascal nous verrons la gloire de Dieu percer les ténèbres aussi bien dans les moments de croissance que dans les diminutions. Pâques a rapproché la mort et la vie et toutes deux brillent de la même lumière ; le Christ ressuscité qui montre encore ses plaies en est le symbole et la réalité.»

En ce dimanche encore tout proche où nous avons fait mémoire de l’Ascension du Seigneur, voici que les paroles de Jésus rapportées par Matthieu viennent affermir avec force notre espérance parfois si fragile.

«Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre... Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples… Et moi je suis avec vous tous les jours… jusqu’à la fin du monde.»

Ce message qui nous confirme dans notre vocation missionnaire ne nous incite-t-il pas à continuer à travailler à la moisson, alors que nous n’en discernons pas souvent les fruits pourtant bien réels. Croire au Christ Sauveur, tout est là! Et nous pourrons continuer à semer ces graines d’amour, d’espérance, de persévérance si minuscules à nos yeux mais que Jésus, qui a reçu «tout pouvoir… au ciel et sur la terre», saura bien faire fructifier «en temps voulu».

Province Notre-Dame-du-Cap
2008-05-06