| Méditation
- Février 2009 |
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« Ce 17 février,
les Missionnaires Oblats de Marie Immaculée fêtent leur 183e anniversaire. » Dans sa lettre
de vœux aux Oblats, le P.
Wilhelm Steckling, o.m.i. Supérieur
général, mentionne une « conférence
[de]
l’historien Andrea Riccardi, fondateur de la communauté laïque
de Sant’Egidio … [sur]
le passé et l’avenir de la vie religieuse… Écouter
quelqu’un du dehors nous
parler de nous [remarque le P. Steckling]
a été tout à fait éclairant. » Deux questionnements en émergent
: « Quelle est la situation de la vie religieuse aujourd’hui ? et,
de quelle façon doit-elle aborder l’avenir ? » Il
est bien évident que cette problématique ne se limite pas aux seules
congrégations religieuses et que, nous tous qui nous réclamons de
l’Évangile, sommes invités à en faire un sujet de méditation. Dernièrement,
j’écoutais distraitement un programme de télévision lorsque deux petites
phrases sont venues prendre pour moi un relief saisissant ;
elles faisaient partie d’un de ces messages publicitaires dont
nous sommes submergés. « La crise de confiance est grave, la
prise de conscience est brave », affichait l’écran. Ces
paroles se sont nichées dans un coin de mon esprit ; ce
matin encore, elles présidaient à mon réveil.
Parce qu’elles me semblaient résumer une réflexion qui peut
s’avérer opportune face
aux remous qui secouent notre société contemporaine dans toutes ses
composantes. Oui, « la crise de confiance est grave».
Point n’est besoin de grand discours pour décrire le marasme qui se
vit à l’échelle planétaire. Partout, la confiance est ébranlée: défiance
envers les gouvernants, scandales de toutes sortes, valeurs sur lesquelles
il devient difficile de mettre un nom, méfiance les uns envers les
autres, manque de clarté entre nous …. Et que dire d’autres régions
de notre terre où l’on n’en peut plus d’attendre les fins des guerres,
l’avènement de la paix, les secours vitaux qu’on appelle « aide
humanitaire »… ? Notre vie spirituelle n’est pas, elle non
plus, à l’abri du chaos général. « La
religion a changé! », entend-on parfois dire. Et certains de
rêver à ce « bon vieux temps » où la voie nous était tracée
par les incontournables « commandements » et leurs nombreux
corollaires. Oui, effectivement
la vie paraissait plus simple !
Des balises bien concrètes nous gardaient dans ce qui était
considéré comme le droit chemin. Il suffisait de les suivre ! Et d’accepter
l’ascèse obligée par toutes ces règles strictes !
Présentement, existent aussi, à l’intérieur
même de notre Église, des situations malheureuses et soudain mises
à jour qui nous touchent profondément.
Nous devons nous interroger, non pas sur la survie du message
évangélique, mais plutôt sur la forme que devront revêtir nos témoignages
pour que renaisse l’espérance dans un monde où elle fait si cruellement
défaut. « La prise de conscience est brave »,
continuait le message publicitaire devenu tout à coup prophétique.
La prise de conscience est brave parce qu’elle nous amène à
ouvrir grands nos yeux, à remarquer bien des choses que, pour
notre tranquillité personnelle, nous aurions souhaité laisser
dans l’ombre ; prendre conscience c’est constater que « nous
vivons une drôle d’époque », une époque où le culte du bien-être
à tout prix, du paraître, du « moi d’abord » est à l’honneur,
une époque où il est difficile de départager bien et mal, valeurs
et laisser-aller. Là où la prise de conscience devient encore plus brave, c’est lorsqu’elle nous incite à sortir de nos jugements faciles, à risquer
notre petit train-train bien douillet et à nous interroger sur ce
que nous pourrions faire, là où nous vivons, pour redonner un peu
de cette confiance si nécessaire au bonheur de l’être humain. Des pistes à découvrir.
Tous ceux-là, ceux que l’on nomme « le monde ordinaire »,
ont besoin d’être soutenus, comme il nous arrive à nous aussi d’avoir
besoin des autres.
Quelle attitude adopter ?
Quelles formes revêtiront demain la vie
religieuse et cette Église souffrante dont nous sommes les membres
? Comment aborder un avenir
qui nous concerne tous ? Et
voici que, dans
sa lettre pour le 17 février 2009, le Supérieur général nous ouvre
une avenue promesse d’espérance, une avenue ouverte à tous, sans exception
aucune, une avenue dans laquelle on ne s’engage qu’en acceptant de
vivre une conversion. « Si nous suivons l’Évangile, [écrit-il]
il devient assez clair que notre
conversion recevra sa force d’une lecture adéquate des signes des
temps. Devenons des veilleurs, disons ce que nous
voyons ! Seule la claire reconnaissance du temps présent peut nous
entraîner dans une conversion personnelle et communautaire qui stimulera
en nous un zèle prophétique et missionnaire tout nouveau. Nous sommes
envoyés comme prophètes en ce monde, un monde aimé de Dieu mais qui
a grand besoin de manières alternatives de vivre. » Saint Eugène de Mazenod a su mettre en oeuvre ces« manières alternatives de vivre » pour rejoindre les pauvres
aux multiples visages de son époque.
Et si nous lui demandions de nous communiquer l’audacieuse
créativité au service de l’Évangile qui fut la sienne ? |
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Province
Notre-Dame-du-Cap |
2009-02-07 |
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24 août 2007 - Site perso de jbmusumbi, o.m.i. - Merci de vos
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