Home

Enfants de mon cœur

Méditation sur une méditation missionnaire - Août 2008
.

Dernièrement, je regardais à la TV l’ouverture des Jeux Olympiques de Pékin, commençant comme de raison par l’hymne national chinois. Très beau chœur d’où émanait une impression de force, de puissance et aussi de beauté. Je devinais à travers cette interprétation les longues heures de pratique, de patience, d’efforts autant de la part des choristes que de ceux qui les ont préparés à cette performance. Mais, bien au-delà de l’appréciation musicale, c’est une délicieuse petite Chinoise tout de rouge vêtue qui m’a rejointe. Elle chantait en solo avec une aisance remarquable et un sourire pétillant dans les yeux… Et cette image de ma petite Chinoise en rouge m’a renvoyée directement à la Méditation Missionnaire du P. Steckling, Supérieur Général des Oblats de Marie Immaculée, méditation consacrée aux jeunes d’aujourd’hui.

Le P. Steckling nous y parle de trois rencontres: Les JMJ 2008 de Sydney, la Rencontre Internationale de la Jeunesse oblate à Melbourne et le Congrès oblat sur la pastorale de la jeunesse, tenu également en Australie.

«Témoigner du Christ», affirme le P. Steckling, a été l’accent commun aux deux [premiers] événements: «Témoigner devant le monde» à la rencontre oblate; et aux JMJ: «Vous recevrez une force, celle du Saint Esprit qui viendra sur vous et vous serez mes témoins.» (Ac.1, 8). Les Jeunes ne sont pas appelés seulement à écouter des choses sur le Christ, mais ils sont invités à le proclamer à leur tour, comme de vrais missionnaires…»

Quand je pense aux personnes à la foi solide qui ont guidé mon enfance aussi bien que l’âge critique de mon adolescence, je retrouve un souvenir d’encadrement, un peu sévère diront certains, mais dont le chemin balisé me convenait parfaitement. Des rébellions lors de cette période qu’on appelle «l’âge ingrat», j’en ai eues bien entendu. Vite apaisées cependant, car je sentais autour de moi une cohérence entre paroles et vie concrète. Et je me pose la question: combien de jeunes d’aujourd’hui peuvent encore se targuer de vivre dans une atmosphère qui les aide à grandir? Certainement pas la majorité.

Combien d’entre eux appartiennent à des familles éclatées, ont assisté à la mésentente des parents, sont atteints d’un grand sentiment d’insécurité lorsqu’un divorce devient effectif? Combien ont dû, seuls avec eux-mêmes, s’inventer de nouvelles raisons d’exister? Combien se sont laissés prendre aux pièges de toutes sortes qui leur étaient tendus?

Cette semaine, venant rendre visite à mon mari hospitalisé, tous mes fils et leurs enfants ont envahi la maison. Échelonnés de 21 à 1 an, issus de trois couples différents, ces petits-enfants de mon cœur représentent à eux seuls une panoplie presque complète de la jeunesse d’aujourd’hui.

Que d’apartés ont eu lieu ces derniers jours! Que de confidences j’ai reçues de ces jeunes à la recherche d’une orientation aimante, à l’affût de réflexions qui ne sont surtout pas des conseils, de témoignages de vie à travers lesquels ils peuvent discerner un Christ Sauveur qu’ils n’arrivent pas à nommer, mais dont ils découvrent, sans la reconnaître, une trace à travers les cheminements personnels de ceux qui les entourent!

Oui, quoique blessés, ils sont beaux les enfants de 2008! Beaux par leur désir d’intensité de vie, beaux par la solidarité qu’ils pratiquent entre eux, beaux surtout par leur authenticité et par le bonheur qu’ils irradient lorsque nous, les aînés, leur sommes tout à fait présents, simplement pour écouter ce qu’ils ont à nous dire. Ils sont beaux surtout par les «je t’aime» qu’ils n’ont aucune fausse honte à prodiguer. Oui, la recherche de vérité et la soif d’amour de ces jeunes sont en elles-mêmes une recherche spirituelle. Sans le savoir, que de valeurs évangéliques ne véhiculent-ils pas?

«Le Congrès oblat de Sydney, nous dit encore le P. Steckling, a été une occasion unique pour échanger sur ce qui se fait déjà dans la Congrégation».

Tout comme les Oblats au Congrès de Sydney ont fait le point sur les actions missionnaires posées par la Congrégation en regard de la jeunesse, nous avons également, nous parents et grands-parents, à nous interroger sur notre attitude envers nos descendants.

Ceci m’a amenée à scruter longuement mon attitude personnelle face à cette jeunesse qui fait partie de mon univers. Leur ai-je suffisamment témoigné la tendresse qu’ils sont en droit d’attendre de moi? Ai-je pu retenir les critiques face à des situations pour moi difficilement acceptables? Est-ce que je les ai laissés développer jusqu’au bout leurs arguments face à ces situations? Ai-je accepté de leur partager l’histoire de ma jeunesse et de toute une vie qui est pour eux source d’étonnement, une vie qu’ils sont tellement avides de comprendre?

Ont-ils appris de mes attitudes que le «je-me-moi» conduit à la tristesse, à des désirs toujours nouveaux et jamais satisfaits? Leur ai-je parlé d’un amour qui rend profondément heureux lorsqu’il est semeur de joie, de paix, de dépassement parfois? Ai-je eu la franchise de reconnaître devant mes enfants que la foi qui m’habite parle droit à mon cœur, que toutes les réponses ne me sont pas données, que j’accepte les zones d’ombre incompréhensibles pour ma raison, mais que «rien n’est perdu de mon Espérance»?

«Témoigner du Christ», nous dit encore le P. Steckling… Ai-je eu l’audace de nommer Jésus en acceptant le risque de questions, ironiques un peu, piégées souvent, mais grâce auxquelles une réponse sincère peut croître dans le cœur de ces jeunes comme le grain semé de la parabole, et s’épanouir «en temps voulu». Suis-je enfin, particulièrement dans les moments difficiles de la vie, un témoin crédible de ce Christ dont je me réclame? Comme les organisateurs des J.O. de Pékin ont fait confiance à cette petite fille en rouge pour interpréter leur hymne national, suis-je capable de croire vraiment aux potentialités immenses qui habitent cette jeunesse d’aujourd’hui?

«Cependant, il faut reconnaître que l’engagement auprès des jeunes n’est pas un chemin facile», avoue notre Supérieur Général. Comme pour les Oblats de Marie Immaculée, notre mission de parents et de grands-parents s’avère elle aussi difficile. En effet, rejoindre certains de nos enfants et/ou petits-enfants est une entreprise ardue devant laquelle nous serions parfois tentés de baisser les bras. Ce fameux «fossé entre les générations» n’est pas un mythe, il est toujours bien là, plus présent que jamais.

Mais, avec la Congrégation des Oblats dont nous partageons le charisme, nous pouvons être forts de cette promesse: «Vous recevrez une force, celle du Saint Esprit qui viendra sur vous et vous serez mes témoins.» (Ac.1, 8.) Avec cette force nous pourrons nous donner au maximum pour le combler ce fameux fossé, en devenant les «entraîneurs», les «éclaireurs» de ces enfants pour lesquels nous désirons tellement une vie de bonheur? Ce même Esprit qui nous anime ne pourrait-il pas, à travers nous, rejoindre cette jeunesse et lui tracer «le Chemin» qui mène à «la Vérité», à «la Vie»?

Province Notre-Dame-du-Cap
2008-08-12

Home

© ayaas.net, 24 août 2007 - Site perso de jbmusumbi, o.m.i. - Merci de vos précieuses suggestions