| Méditation
sur une méditation missionnaire - Juin 2008 |
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Le
P. Steckling, Oblat de Marie Immaculée, faisant référence
à son dernier voyage en Ukraine, nous propose une réflexion
dont le titre déjà m’interpelle de la belle façon:
«Parmi ceux qui ne croient pas…»
«Incroyance» ne paraît pas signifier nécessairement «non catholique» pour le P. Steckling car il souligne que «… dans les pays musulmans, j’ai toujours été impressionné par l’appel à la prière, tôt le matin. Cela questionne ma foi chrétienne: pour les gens en ces pays, à l’exception d’une bien petite minorité, Jésus-Christ n’est pas ce qu’il est pour moi. Cependant, Dieu est invoqué et cru, et les gens s’efforcent d’en faire le centre de leur vie personnelle et de la société.» Une réflexion profonde s’amorce dans cette Méditation missionnaire! Une réflexion suivie de questions aussi difficiles qu’incontournables! «Dieu existe-t-Il? Qu’est-ce qui conduit à l’incroyance? Qu’est-ce que tout cela veut dire pour notre mission? Est-ce que Dieu devient vraiment crédible à travers nous?» Cette fin de semaine, un de mes fils me demandait: «Maman, crois-tu au créationnisme ou à l’évolutionnisme?» Je lui ai simplement cité une opinion scientifique couramment répandue. «La science nous parle d’une évolution lente où des éléments surgis du chaos se seraient développés, croisés, puis enfin unis les uns aux autres déclenchant ainsi le processus qui aurait conduit à la formation de notre planète telle que nous la connaissons dans son règne minéral, végétal et animal, et puis, comme en apothéose, serait née la première pensée humaine, point de départ de ce que nous sommes aujourd’hui. Cette façon d’envisager la formation de l’univers me paraît plausible. Par contre, le chaos signifiant confusion, désordre, incohérence, comment peut-on imaginer que ce processus qui a conduit à la vie se soit mis en place comme cela, tout seul, par hasard? C’est là où ma foi en un Dieu créateur intervient. Non pas un magicien qui a fait surgir le tout d’un coup de baguette magique, mais un Amour désireux d’aimer, de partager, donc de créer des êtres à son image, des êtres libres, des hommes et des femmes capables de vivre un cheminement ascendant et avec qui établir une relation amoureuse, car l’Amour ne peut s’aimer uniquement lui-même sans être taxé d’égocentrisme; par le fait même il perdrait toute son identité.» « Alors, en a conclu Dominique, on peut dire que tu crois en une Force créatrice suprême que tu nommes Dieu!» J’abonde dans le sens de cette conclusion en y ajoutant que pour moi, cet Amour est le Dieu de Jésus Christ, Celui que nul ne peut saisir et qu’on nomme aussi l’Inconnaissable. «Qui donc est Dieu, pour nous aimer ainsi, fils de la terre?» interroge un chant dont les paroles me suivent depuis bien des années. Oui, je peux dire en vérité: «Je crois en Dieu», un Dieu qui, un jour, s’est fait l’un de nous en la personne de Jésus, là-bas, en Galilée. Aujourd’hui en 2008, croire en Dieu, proclamer le Christ Sauveur fait incontestablement de nous une minorité. L’incroyance n’épargne ni pays, ni milieux et nous devenons la cible facile de sarcasmes à peine voilés quand ils ne nous sont pas assénés en direct par certains media et autres humoristes proches de la vulgarité, voire même par des personnes que nous côtoyons tous les jours. Les attaques se font amples et faciles devant une Église paraissant se trouver en perte de vitesse. Nous pouvons faire nôtres les questions soulevées par le P. Steckling. «Est-ce que Dieu devient vraiment crédible à travers nous?... Est-ce que la présence de Dieu en nous peut être ressentie par les autres, peut-elle être ressentie dans la qualité et la beauté de nos vies?» Ce questionnement m’amène à un examen de conscience pour essayer de mieux cerner les caractéristiques de ce regard qu’il me faut prendre le temps de jeter sur moi-même. Se pourrait-il qu’il m’arrive de me retrouver de temps à autre, par ma façon d’être, «parmi ceux qui ne croient pas»? Suis-je toujours un témoin crédible de l’Évangile dans le milieu où je vis? Peut-on voir, à travers ma vie, rayonner la beauté du Royaume? Ai-je à cœur de fréquenter ce Jésus des Évangiles aux paroles de Vie, de lui consacrer du temps pour écouter ce qu’il a à me dire par les personnes, les événements? Est-ce que je m’efforce de retenir les paroles négatives qui peuvent faire si mal, les rumeurs portant atteinte à la réputation d’autrui? Mon coeur est-il suffisamment ouvert pour, non seulement tolérer, mais accueillir en vérité des personnes dont les opinions diffèrent des miennes? Suis-je prête à écouter, visiter, secourir ceux-là qui ont besoin d’un peu d’attention? Le risque que comporte tout engagement, ai-je toujours l’audace de le prendre ou est-ce que je préfère me blottir frileusement dans mon petit cocon personnel? «Quand tu veux prier, tu diras: donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour…» nous a enseigné Jésus. Ai-je suffisamment confiance en ce Père de Jésus Christ et notre Père qui nous offre le pain quotidien nécessaire pour lutter contre la morosité ambiante et poser des gestes d’amour là où il le faut? Et si nous demandions avec foi la grâce de «ne pas succomber à la tentation», se pourrait-il que nous devenions assez forts pour garder bien vivante notre foi, assez «christifiés» pour devenir des témoins crédibles et assez joyeux pour donner à nos proches le désir de découvrir à leur tour la Joie du Christ Sauveur, «une Joie que nul ne peut nous enlever»? |
Province
Notre-Dame-du-Cap |
2008-06-08 |