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Quand l’ordinaire se transforme en bon pain...

Méditation sur une méditation missionnaire - Octobre 2008
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Dans sa « Méditation missionnaire » du mois d’octobre, le P. Steckling évoque le séjour du Conseil général de la Congrégation des Oblats de Marie Immaculée « au Brésil pour rencontrer les Supérieurs et représentants de l’Amérique latine. La semaine qui a précédé la rencontre [précise-t-il] nous a permis de visiter quelques missions dans le sous-continent ».

Le Supérieur général s’interroge : «Y a-t-il quelque chose de spécial à propos de ces nouveaux efforts missionnaires ? », ce qui l’amène à la réflexion suivante :

« On pourrait dire que non, rien de spécial, il ne s’agit que de travail ordinaire… Le travail d’évangélisation, dans cette région du monde, accompli par une douzaine d’Oblats, n’a vraiment rien pour faire les grands titres des journaux »… « Et j’ai trouvé les communautés oblates en Amazonie assez spéciales. Ce type de ministère qui existe aussi en bien d’autres pays, met en relief le meilleur de notre charisme… L’engagement dans ces quartiers suppose une option courageuse de servir les pauvres. C’est encourageant de voir ce type d’évangélisation en acte, tellement ordinaire et en même temps si spécial, mis en pratique par des Oblats expatriés et locaux, jeunes et anciens. »

Ce travail « ordinaire » me fait penser à la parabole du petit grain enfoui dans la terre et qui cependant va donner du fruit, ou encore à cette belle image du levain bien caché faisant se lever la pâte qui va devenir un bon pain. Ce matin, une parole rapportée par Matthieu (14,16) venait rappeler que là est bien la voie dans laquelle nous avons à nous engager. « Donnez-leur vous-même à manger ! », disait Jésus aux siens.

Ces « pauvres aux multiples visages », ils sont là tout autour de nous ; ils attendent le petit geste souvent bien « ordinaire », qui passera le plus souvent inaperçu, mais qui viendra redonner sens à leur vie.

Mon amie Lise, célibataire, fille unique et sans autre parenté que des cousins éloignés, souvent me disait sa peine de se trouver sans famille. Lise vient de rejoindre la maison du Père, après une longue et douloureuse maladie. Et cette femme qui avait tellement peur de la solitude a été entourée de façon extraordinaire par des amis qui l’ont accompagnée jusqu’à la fin. Lise faisait partie du groupe de Laïques associés de Trois-Rivières. C’est en présence d’une de nos compagnes qu’elle a murmuré son dernier « Salut Marie » et qu’elle est montée vers le Royaume du Père. Toutes ces personnes qui ont visité, écouté et accompagné Lise par leur présence toute « ordinaire » n’ont-elles pas été à leur tour « levain dans la pâte » ?

Une autre amie, veuve depuis longtemps et grand-maman de nombreux petits-enfants, n’hésite pas à donner régulièrement de son temps pour seconder l’un de ses fils dans l’éducation de ses petits… même s’il lui faut pour cela accomplir un long trajet en auto. Travail dont on ne parlera pas non plus dans les journaux… Semence de bonheur offerte à plein cœur…

Il y a aussi ce projet du diocèse de Trois-Rivières, projet devenu réalité en l’an 2000. Depuis cette date, la messe célébrée au Carmel est diffusée en direct chaque matin par la télévision communautaire. Une petite équipe de bénévoles a dû pour cela s’initier au contrôle des caméras. Aucun sondage n’est jamais venu corroborer la cote d’écoute. Mais les personnes engagées dans cet apostolat travaillent dans la confiance. C’est de tout leur cœur qu’elles rejoignent, jour après jour, le petit studio bien discret aménagé dans un coin de la chapelle. Un travail bien « ordinaire » s’il en est ! Un petit grain semé quotidiennement pour partager ce Pain eucharistique venu combler une faim que seul le Christ Sauveur peut apaiser.

Le P. Steckling conclut sa Méditation par des mots empreints d’une grande foi :

« En servant les pauvres comme ceux de l’Amazone, nous ne savons pas combien « efficaces » nos efforts seront dans le court terme, bien que nous donnions le meilleur de nous-mêmes et essayions de rendre proches des gens, les horizons de l’espérance. D’une chose cependant nous pouvons être sûrs : nous participons dans la mission même de Dieu. « Contemplons » donc ce fait et trouvons ensuite la paix pour nos vies occupées, sachant que l’Esprit de Dieu est sur nous ; personne d’autre ne nous a envoyés si ce n’est notre Dieu uni-trinitaire pour évangéliser les pauvres, comme ceux des villes et des campagnes de l’Amazone. »

Des mots également pour nous, Partenaires oblats en mission, qui nous sommes engagés à vivre le charisme de saint Eugène.

Province Notre-Dame-du-Cap
2008-10-06

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