Nous sommes le 15/11/2019 et il est 06h24 TU+2 - "L'Eglise attend de vous tous un puissant secours dans sa détresse" (Eugène de Mazenod, 1823)

RD Congo: une voix crie dans le désert
(Jean-Bedel Ndandula, omi)

Ce 15/11/2019, voici La maïeutique de Jean Bedel, omi, réflexions critiques partagées dans le cadre de la mission prophétique de la vie consacrée et de l’Eglise. Fruits de son expérience personnelle, ces articles proposés aux utilisateurs dans un but éducatif visent au changement de mentalité en République démocratique du Congo. Le témoignage prophétique «s’exprime aussi par la dénonciation de ce qui est contraire à la volonté divine et par l’exploration de voies nouvelles pour mettre en pratique l’Evangile dans l’histoire, en vue du Royaume de Dieu» (Vita Consecrata 84).

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Ville Kinshasa

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Réussites par compilation
dans des universités en RDC

(Kinshasa 13.01.2012) - La compilation est ce concept actuel en RDC depuis les élections présidentielles et législatives du 28 novembre 2011. Appliqué au contexte universitaire il signifie simplement magouille, corruption et cafouillage, manipulation des grilles des délibérations pour que même le tout dernier d’un auditoire passe de classe.

En RDC, les étudiants sont au début d’une année académique. Le constat est lamentable et vérifiable. Dans plusieurs universités, beaucoup d’étudiants ont «satisfaits» et passent dans la classe supérieure. Surtout n’allez pas leur demander comment se retrouvent-ils là. Même s’ils ne le disent pas, ils savent et certains assistants et chef des travaux aussi le savent. C’est par la magie de la compilation.

Comment expliquer la présence dans une classe supérieure des étudiants qui n’ont jamais participé à une séance de cours ou qui venaient passer leur temps dans des restaurants de fortune «malewa»? Comment expliquer la réussite des étudiants qui ne savent même pas écrire leur propre nom? Comment comprendre le succès de ces étudiantes qui ne jurent que par les notes sexuellement transmissibles, la corruption, l’achat des syllabus et les relations compromettantes avec surtout les assistants que par ailleurs on sait comment ils le deviennent.

Eu égard à ce qui précède, que peut-on attendre des futurs responsables de la RDC? Habitués dans des antivaleurs comme l’argent, la corruption, la facilité, la paresse, la malhonnêteté intellectuelle, attendons-nous, sans être pessimiste, à un Congo malade de ses hommes. Dire que le Congo est grand c’est bien beau mais qui habite ce grand Congo? Qui va le gouverner demain?

Le mal est criant et réel, vérifiable. Si personne ne prend le courage de dire non à cette léthargie macabre, le Congo perdra son sursaut d’orgueil comme grande nation au cœur de l’Afrique.

Ce qui blesse c’est quand les assistants, chefs des travaux et professeurs qui refusent de se compromettre sont marginalisés, découragés par les amateurs de la culture de la mort et de la médiocrité, «la population de la République du BMW», entendu Beer, Money and wife. Dans cette république on se moque de l’excellence, du sérieux, du respect de la dignité des personnes, on exalte la médiocratie, la perversion, l’indignité. La honte n’est pas le lot de ses habitants. On paye cher en argent et en dignité pour récolter le suicide intellectuel.

Pour remédier à ces «intellecides», il faudra qu’un jour les victimes sortent de leur silence en mettant à la disposition de la justice les amateurs de ces pratiques odieuses. Certains assistants et chef des travaux et quelques professeurs, ils se connaissent, devraient un jour comparaitre en justice pour servir de paradigme à ceux qui pensent qu’enseigner à l’université est une voie pour dégrader la dignité de la personne humaine, une occasion pour s’enrichir et bourrer l’université de la médiocratie. Ceci est un cynisme anticivique et mérite d’être sanctionné.

Nous connaissons des étudiantes qui ne savent pas la signification du concept ludique, mais elles sont en dernière année des études supérieures. Une inculture orchestrée chaque année préparant un avenir intellectuel morbide pour la RDC.

Le ministre de l’enseignement supérieur et universitaire s’efforce de mettre de l’ordre dans le secteur pour élever les universités au standard international, mais comment y arrivera-t-il si sur terrain le but est d’avoir un diplôme avec tête vide et qui, en réalité, ne servira à rien.

Intellectuels congolais, réveillez vous, les universités se meurent. Disons non au suicide collectif en décourageant les passages de classe par compilation, les plagiats lors des travaux, les articles (comme celui orchestré par une étudiante sur notre article «La corruption dans des universités en RDC» publié par ayaas.net).

Chers étudiants, les diplômes vous pouvez les avoir par toutes les voies, mais pour quel avenir professionnel dans un monde devenu trop compétitif? Réfléchissez.

(Jean Bedel Ndandula)

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Le 8 mars: fête du pagne ou de la femme en RDC?

Il est de vieille coutume que l'humanité reserve une journée pour honorer cet être merveilleux qu'est la femme. Plusieurs associations féminines, les sociétés et les familles en profitent pour réfléchir sur la situation de la femme dans le monde, son implication dans l'édification d'une société à l'heure de la mondialisation. La RDC avec ses universités n'est pas restée en marge. Les préparatifs vont bon train. Au menu du jour se trouvent les défilés, des repas, des verres d'amitié. Ce qui est une très bonne chose pour des personnes qui s'aiment. C'est bien normal que de manger et de boire ensemble le jour de la fête.

Je m'interroge cependant que vient faire le port obligatoire du pagne dans les manifestations du 8 mars? Les femmes, les filles, même les fillettes sont mobilisées, toutes doivent et par tous les moyens s’habiller en pagne. Pourquoi? Simplement parce que c'est le 8 mars. Mais qui peut donner l'historique, le chemin parcouru et les objectifs du 8 mars? Les femmes elles-mêmes semblent ne pas savoir s'expliquer. On se contente d’exalter au milieu d'un peuple pauvre la culture de la danse, de l'habillement et de la vanité!

Bien pire encore, dans certaines universités locales, au lieu de la réflexion et de la formation de l'élite, ces pagnes feront objet d'un concours. La femme congolaise, surtout l'universitaire ne peut-elle pas exceller en réflexion le 8 mars au lieu de tomber dans une culture hédoniste qui ne respecte pas en réalité la dignité de la femme tant chantée. La dignité n'est pas un slogan. Elle est une vie, une réalité. On sait qu'après ces défilés, beaucoup des femmes ne finiront pas leurs journées dans les salles de conférences et des clubs de réflexion, mais plutôt dans les débits des boissons et des restaurants. Pour certaines femmes, c'est le jour où elles peuvent prendre le large, demandant à leurs époux de faire la cuisine et de s'occuper du foyer.

Cette extravagance contredit les objectifs de cette journée du 8 mars que les femmes, universitaires ou non doivent connaitre. Chez mon peuple, ce n'est pas seulement le 08 mars qui préoccupe la femme, c'et tout le mois de mars. Pour quel bilan? Les universitaires devraient bien réfléchir sur l'orientation à donner à cette fête du 8 mars dans une nation comme la nôtre où le peuple a plus besoin de paix, de bien-être, de justice. La femme peut contribuer positivement à l'éclosion d'un Congo merveilleux. Du reste, bonne fête à toutes les mères de la planète!

(Jean Bedel Ndandula)

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Les médias se coupent en RDC

Le coupage

S'il existe un phénomène en vogue aujourd'hui dans l'univers médiatique de la RDC, c'est celui du "coupage". Le coupage est une collation généralement en argent, conférée aux journalistes après un reportage. Après son travail, le journaliste demande en terme voilé le transport. Si ce travail est réalisé chez les autorités politiques, l'enveloppe est beaucoup plus consistante.

Pourquoi le coupage?

Le phénomène coupage devient de plus en plus une réalité en RDC, un phénomène presque normal chez beaucoup de journalistes. Ne pas le pratiquer parait sortir de l'ordinaire. Les journalistes eux-mêmes sont conscients de l'incommodité de cette pratique mais ils le justifient par la précarité de la vie et la modicité des moyens, et pourtant, la déontologie du métier interdit toute récompense en espèces ou en nature après un service rendu.

Les conséquences du coupage sont néfastes sur la qualité de la production médiatique. Il faudra citer en premier le tableau sombre de la presse et la naissance des médias-navets. La subjectivité de l'information vient prolonger la liste. L'information se taille à la mesure du donateur. Une forme de désinformation du public qui attend des médias une objectivité et un traitement équilibré de l'information.

Le coupage devient de plus en plus une forme de mendicité qui diminue la dignité du journaliste congolais, car la main qui donne a le monopole sur celle qui reçoit. Même les pauvres ont une dignité. Inscrire des noms sur une liste, attendre devant des bureaux et services après un reportage pour recevoir de quoi survivre parait plus ridicule que jamais.

La collecte, le traitement et la diffusion de l'information objective étaient autrefois les catalyseurs du métier du journaliste. Aujourd'hui la recherche effrénée de l'argent motive ou démotive les professionnels des médias en RDC. C'est vrai que l'ouvrier vit des fruits de son travail, mais ce qui se passe à travers le phénomène coupage ne dit plus la vérité sur ce que l'on peut attendre d'un journaliste. Le coupage est une forme de corruption que le journaliste devrait réprimer pour gagner en liberté d'exercice de son métier et en objectivité.

Un reportage réalisé sans coupage a peu de chance de trouver place dans un conducteur. Les conseils de rédaction se transforment si souvent en agora où le "coupeur" doit nécessairement défendre son sujet pour lequel il a déjà reçu de quoi vivre. Conséquences: il arrive de lire, de voir et d'écouter des informations institutionnelles de façon interminable!

Le journaliste n'a pas besoin d'un prophète pour comprendre que sa dignité est sacrée, son métier noble. Alors, courage aux médias qui honorent leurs journalistes en réprimant sévèrement le "coupage".

(Jean Bedel Ndandula)

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Quand la raison cède à la passion chez les professeurs en RDC

Il est un mauvais vent qui souffle depuis peu dans des universités de la RDC. Quelques professeurs se battent. Il n'est de secret pour personne qu'à l'université de Kisangani, dans la province orientale et à l'université de Kinshasa, des professeurs sont allés à l'échelle la plus basse de la passion: se battre. Si des intellectuels, des parents intellectuels, des élites arrivent à ce point, en plus en public, les antivaleurs ne sont plus à redouter dans ces lieux d'excellence. Ceci peut s'expliquer par le fait que chez mon peuple, c'est tout le monde qui veut devenir professeur. On le devient sans tenir compte des aspects moraux, maturité, savoir-vivre...

Chose drôle, les autorités académiques ont voulu considérer ces actes immoraux comme des faits divers. Fort heureusement, le ministre de l'enseignement supérieur et universitaire, le professeur Léonard Mashako Mamba est sorti de son silence. Il a sanctionné tout le comité de gestion de l'université de Kisangani qui pensait minimiser l’affaire. D'autres mésures semblables sont en cours.

Lettre aux professeurs

Chers professeurs, comment pouvez vous vous battre devant vos étudiants et après avoir le courage de leur transmettre la science? Ils vous appellent professeurs. Ceux qui professent sont capables de maîtrise, d'élégance et de savoir vivre. Ne pouvez-vous pas maîtriser vos passions? Quel héritage leguez-vous à la jeunesse que vous éduquez? La nation a besoin de votre compétence, votre force musculaire servira mieux à la prison du cinquantenaire de Bandundu.

Une voix crie dans le désert: ne faites plus honte à la nation. Si vous voulez discuter, allez dans la salle des professeurs, parlez français, tenez-vous à une bonne distance l'un de l'autre et réglez vos désaccords en professeurs. Que ceux qui veulent réediter cet exploit pensent à leur carrière. Courage à ceux qui ont le bon sens, ils honorent leur titre de professeurs.

(Jean Bedel Ndandula)

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Vente des syllabus dans des universités: un commerce de la honte

Beaucoup de professeurs dans des universités de la RDC vendent des syllabus aux étudiants, c’est-à-dire les notes de leurs cours, de fois leurs propres publications. Ce qui torture les consciences, c'est quand cessyllabus contiennent des travaux pratiques et des interrogations. La réussite aux examens et à d'utres exercices intellectuels dépendent de l'achat de ces syllabus.

Pour certains professeurs, c'est un véritable commerce, mais qui devrait faire honte aux intellectuels. Ils vendent des syllabus à 5, 10, 20 et même à 50 USD. "Celui qui n'achète pas mon syllabus avant une semaine de la session ne réussira pas à mon cours", disent-ils. Ce qu'ils disent c'est ce qu'ils font. Pourquoi la vente des syllabus doit-elle être liée à la réussite? De ce fait la compétence est foulée aux pieds au profit des intérêts matériels des professeurs. Une espèce de torture morale qui devrait être sanctionnée par le ministre de l'enseignement supérieur et universitaire.

En RDC, plusieurs parents qui envoient leurs enfants à l'université sont pauvres ou demeurent impayés. Par crainte d'échouer, les étudiants se livrent à la mendicité et les étudiantes à la prostitution. Inimaginable mais vrai. Pourquoi les professeurs doivent-ils envoyer leurs étudiants sur le chemin de la mort et de la honte?

Lettre aux professeurs de la RDC

Chers professeurs, vous êtes payés par l'Etat congolais, vous menacez même d'aller en grève lorsque votre salaire traîne à venir. Les primes de vos universités respectives vous les avez. Vous enseignez dans plusieurs universités du pays, ce qui diminue votre efficacité et vous empêche de préparer convenablement vos cours. De fois vous n'allez même pas au cours, vous envoyez vos assistants et chef de travaux.

Une voix crie dans le désert et vous pose cette question: au juste que faites-vous avec l'argent? Vous vendez même des interrogations et des travaux pratiques, n'est-ce pas votre dignité que vous vendez aussi? Pourquoi torturez-vous la conscience de vos étudiants et bafouez leur dignité? Certains d'entre vous font étudier leurs enfants en dehors du pays. Prenez conscience de ce que vous êtes: des parents, des humains, une élite, piliers de la nation congolaise. Ayez un peu de tendresse. Ne voyez-vous pas que vous exagerez?

Vous savez ce que vous faites de vos étudiants et étudiantes lors des examens et délibérations. Savez-vous que vous avez des comptes à rendre à l'Etre Premier que les traditions religieuses appellent Dieu? L'argent sale ne profite à rien, voilà pourquoi beaucoup se promènent encore dans des taxis de fortune. Que devez-vous faire professeurs? Convertissez-vous, aimez le véritable Dieu, vous aurez un cœur tendre. Vendez vos syllabus, mais pensez aussi à votre dignité de professeur. Courage aux professeurs qui ont encore une conscience droite!

(Jean Bedel Ndandula)

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Viabilité des auditoires des universités en RD Congo

Le topo dans lequel évoluent les étudiants congolais laisse à désire. Beaucoup d'universités ne savent plus contenir leurs étudiants. Leur nombre étant croissant à chaque rentrée académique. Ce malgré le teste d'admission en vigueur depuis septembre 2009. Aujourd'hui, des auditoires initialement construits pour 500 étudiants en comptent plus de 1.000. Même si l'étudiant est un super intélligent, il ne faut pas attendre de lui une excellence dans ces conditions de précarité.

Les auditoires sont exigus et les séances des cours ressemblent à un meeting populaire malgré la sonorisation. On mange, on boit, on téléphone, on chahute. T'en pis pour les professeurs formés dans de grandes écoles de la rigueur. C'est l'apprentissage au rabais. Si l'on ne veut pas escroquer ses parents et tuteurs, il faut sortir tôt pour se taper une place assise ou simplement se payer une chaise en plastique. Les salles étant généralement sans vraie aération, la chaleur est au rendez-vous. Quelle incommodité! Quelle promiscuité! En cas d'épidémie, se sauver serait un coup de chance. Afin d’éviter la tricherie, dans certaines universités, les interrogations et les examens se passent à plusieurs tours et par série. Une solution inadéquate.

Lors des enquêtes de viabilité des universités et instituts supérieurs en RDC, initiées par le ministre de l'enseignement supérieur et universitaire, le professeur Léonard Mashako Mamba, en septembre 2009, certaines de ces institutions ont été simplement fermées parce que non viables. D'autres ont reçu des cotes médiocres, d'autres encore ont été proclamées les meilleures.

Le président de la République Joseph Kabila Kabange tient au secteur ‘éducation’ et promet de changer la situation. Le ton est déjà donné à l'Institut des bâtiments (IBTP), Kinshasa où les salles des cours, bureaux, toilettes et chambres pour étudiants ont été réfectionnés. Nous souhaitons voir l'action s'étendre à toutes les institutions universitaires du pays. De son côté, après plus de 30 ans de son existence, l'Institut facultaire des Sciences de l'Information et de la communication (IFASIC) a enfin pris conscience et est en train de construire des auditoires viables en utilisant les frais académiques des étudiants.

Tout le monde veut aller à l'université. Mais comment peut-on inscrire autant d'étudiants sans pour autant leur assurer la dignité des infrastructures! Une véritable question de droit de l'homme. Dans cette saturation des auditoires universitaires, la question pécuniaire joue considérablement. En effet, certains responsables de ces institutions ne jurent que sur l'argent. Ne pas confiner les étudiants dans des "auditoires-niches" est la moindre de leurs préoccupations. Une voix crie encore dans le désert, construisez des auditoires respectant la dignité de vos étudiants.

(Jean Bedel Ndandula)

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Collation des grades académiques en RDC pourquoi faire?

Un phénomène drôle

Bientôt la fin d'une année académique en République Démocratique du Congo. Il va se vivre un phénomène drôle, celui de collation des grades académiques. Les étudiants et les étudiantes des classes terminales, après les défenses des travaux de fin de cycle et des mémoires vont recevoir des titres académiques de gradués et de licenciés... Ce qui est une bonne chose pour toute la nation congolaise.

Ce qui étonne, c'est la façon dont ces collations se déroulent. Un véritable carnaval avec pour infraction non assistance des personnes en danger. Ces intellectuels qui viennent de finir l'université s'érigent en agresseurs de la quiétude des malades et des nouveaux-nés. Perchés comme des oiseaux sur des portières des véhicules loués non sans peine, ils font plus que des tintamarres, chantant, criant, sifflotant comme dans un stade de football. Ils sillonnent des grandes artères de la ville et finissent souvent leurs journées dans les débits de boissons, des boites de nuit et d'autres lieux d’hédonisme. Ils sont rares ceux qui remercient le bon Dieu sinon pour une raison protocolaire une semaine ou deux après l'extravagance. Ces tours de véhicules exposent beaucoup d'entre eux aux accidents et à la mort. L'autorité politique a interdit ces genres de pratiques.

Ce qui étonne aussi, c'est quand les mêmes choses se répètent chaque année devant la police routière. Encore marrant, les collations des grades académiques se passent même chez les enfants de l'école maternelle. Une véritable culture de réjouissance et des fêtes, expression généralement d'une superficialité qui ne dit pas son nom. Dans ces choses, la crise financière internationale est oubliée. Comment peut-on penser organiser une réjouissance avec les moyens financiers des autres. Ils appellent cela opération "faire part". Une forme de mendicité qui s'installe et qui lie la liberté de beaucoup de ces futurs élites du pays. Pas plus loin que ce 19 février 2010, il y avait des collations des grades académiques dans une institution de Kinshasa. Et pourtant le ministre de l'enseignement supérieur et universitaire a interdit ces genres de manifestations à la deuxième session.

Héritage d’ne culture de la danse

Comment mon peuple comprend-il le port des toges? Un prestige? Une valorisation? L'utile se mêle à l'agréable. Pour avoir fini son cursus universitaire est-il nécessaire de faire des bruits en brisant la quiétude des innocents et des inconnus de la ville? Beaucoup de ces "universitaires de la onzième heure" n'attendent que les collations des grades académiques; ce qui précède et ce qui suit leur importe peu. Réussir ou pas aux épreuves et à la défense de son travail de fin de cycle n'est pas une préoccupation. Etre compétent sur le terrain professionnel c'est le dernier de soucis. Il n'est donc pas impossible de trouver dans le domaine qui est le mien des journalistes qui parlent mal, écrivent mal, lisent mal. Sur des chaînes de télévision et des stations de radios, ils commencent une réflexion en français pour la finir en Lingala (une des langues nationales de la RDC). Ridicule comme phénomène.

Comment expliquer cette culture des fêtes en RDC? Mon peuple jubile même pour un rien! Il est vrai que l'Africain communie avec le cosmos, mais ce qui se passe chez l’intellectuel congolais est à expliquer au-delà du cosmos. La culture de la loi du moindre effort et de l'attentisme prend forme. C'est certainement l'explosion de l'héritage d'une culture de la danse, "animation politique". Pendant 30 ans, mon peuple n'a fait que danser. Comme le régime a changé et on ne danse plus, les énergies accumulées doivent être évacuées par des pratiques qui ne disent pas la vérité sur ceux qui sont censés eclairer le reste du peuple: les jeunes intellectuels.

Ce qui se passe lors des collations des grades académiques est une véritable escroquerie des parents par leurs enfants. C'est tout simplement frustrant. Ce qui étonne, c'est quand l'on considère ces bombes à retardement comme normal dans une nation en crise qui doit assurer sa reconstruction.

Notre souhait

Collations des grades académiques pourquoi faire? Avant même d'avoir redigé une seule ligne de leurs travaux de fin de cycle, les finalistes se cotisent pour la collation, comme si celle-ci était plus importante que la réussite et la compétence! Pourquoi l’intellectuel deviendrait-il un suiviste, un praticien des antivaleurs et de la culture de la médiocrité, un danger public pour la nation? Intellectuel, tu es capable d’agir comme un civilisé devant la pratique abusive de collations des grades.

Nous nous posons la question sur la compétence et le respect des valeurs de ceux qui remplaceront les vieux fonctionnaires de l'Etat bientôt en retraite. La république est en danger. Un seul souhait est que cette année soit exceptionnelle! Les autorités politiques et militaires sont en train de mettre de l'ordre dans d'autres secteurs. Qu'elles se penchent aussi sur la question de collations des grades académiques pour que l'on n’assiste plus à des journées infernales.

Une voix crie dans le désert du Congo. Si nous aimons notre nation et respectons notre Dieu, distinguons l'essentiel du contingent. Le plus important c'est la recherche de l'excellence et la compétence, chacun dans son domaine.

(Jean Bedel Ndandula)

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Les réalités académiques en RD Congo

«Étudier pour comprendre, coopérer pour réussir: le couloir est ouvert, adieu l'excellence.»

Cette phrase syntagmatiquement correcte est le credo qui mène les universitaires congolais, à la mutilation cognitive. Coopérer veut dire simplement corrompre. Le couloir c'est la la pratique même de la corruption, la voie par laquelle passe la vermine corruption. Ce slogan faciliste a pris racine dans l'univers intellectuel congolais, au point où ne pas le pratiquer parait comme une trahison d'un système "normal". La corruption fait partie des réalités académiques en RDC. Adieu la compétence et l'excellence.

Dans ces bosquets initiatiques de la science, certains professeurs, assistants et chefs de travaux vont jusqu'à décliner leurs responsabilités en faisant corriger les copies des examens et interrogations par certaines étudiantes qui réjouissent leurs coeurs. Dans cet état de choses, l'objectivité devient morbide. Ces dames, généralement peu cultivées, soucieuses de la vaine gloire des diplômes sans souci de compétence, prennent la part du lion au détriment de certaines consciences droites qui pensent que la corruption est un crime qu'il faut éradiquer.

Il n'est pas impossible de retrouver au début d'une nouvelle année académique dans la classe supérieure ceux et celles qui n'ont jamais participé à une seule séance des enseignements, mais qui viennent juste pour les interrogations et des examens. Il est aussi possible dans ce processus de mort, de retrouver dans la salle d'examen, des "mercenaires" (des jeunes garçons et filles qui viennent présenter des examens en lieu et place des étudiants régulièrement inscrits, mais qui estiment ne pas réussir à l'épreuve). Les mercenaires sont payés au comptant après leur forfait. Inimaginable, mais vrai. La tricherie lors des examens et d'autres épreuves se simplifie en terme de vérification.

Quand la conscience du mal s'obscurcit dans une société, l'âme se voit ruinée. Comment s'étonner de l'émergence de la culture du ventre chez mon peuple si, on n’a jamais appris que l'honnêteté est le catalyseur de la naissance d'une société excellente. Jusqu'où ira cette mort à pas de tortue dans le chef de l'intellectuel congolais? Comment l'éradiquer?

La thérapie n'est pas d'abord l'affaire de ceux qui gèrent la Res publica. Il suffit que professeurs et étudiants prennent conscience de la honte qu'engendre ces pratiques douteuses, d'aimer le sens de l'honneur personnel, de prôner l'amour de la patrie et du prochain, bannir l'égoïsme et la culture de la banalisation de la vie de l'autre et du gain immodéré pour qu'une lueur d'espoir se pointe à l'horizon. Alors, que se lèvent toutes les consciences droites pour léguer à l'histoire de l'intellectuel congolais le goût de l'excellence et l'horreur et la honte de la médiocrité. Trop c'est trop.

(Jean Bedel Ndandula)

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La corruption dans les universités en RD Congo

Les universités de la RDC connaissent des phénomènes suicidaires qui trahissent la noblesse de l'activité intellectuelle. On citerait, la corruption, les notes sexuellement transmissibles, la vente des syllabus de façon cupide par les professeurs et leurs acolytes, la tricherie, la paresse intellectuelle, pour ne citer que cela.

Il n'est de secret pour personne, aujourd'hui dans des universités de la RDC, la corruption a pris des formes diversifiées, elle s'habille des concepts qui ne disent pas la vérité comme: le branchement, le couloir. Il est question de glisser à chaque interrogation, travail pratique et examen, une maudite somme de 5, 10, 20 dollars américains. Pour les étudiantes, l'équation est plus compliquée, elles sont blessées dans leur amour propre avec les "NST", entendues, notes sexuellement transmissibles, réalité triste mais vraie. Ici la responsabilité est partagée, si certains professeurs n'exposent pas leur immoralité devant la position de faiblesse des étudiantes, ce sont des faibles étudiantes qui s'exposent elles-mêmes à ces pratiques, peu importe les moyens utilisés, pourvu que l'on passe de classe.

A la corruption et aux notes sexuellement transmissibles s'ajoute le commerce cupide des supports de cours des professeurs, une véritable exploitation des parents par des professeurs qui sont eux aussi parents. Le plus tragique dans cette logique de la mort c'est quand l'achat de ces supports est lié à la réussite aux examens et aux interrogations. Ne sont reconnus par le professeur que les étudiants qui ont payé la marchandise du professeur. Un véritable commerce de la honte. En dépit des librairies, les étudiants payent le prix de publication des professeurs. Il existe des syllabus qui vont jusqu'à 50 dollars américains, à payer par les étudiants dont les parents n'ont pour salaire mensuel que des regards pensifs et la promiscuité.

Réussir ou échouer au Congo n'est pas seulement synonyme d'intelligence, les "réalités académiques" interviennent de fois quand on les attend de moins. Les délibérations sont interminables, elles se font par recommandation, il faut avoir un parrain intellectuel de peur de se retrouver avec ce que l'on appelle dans le jargon des étudiants "cases vides", des choses faites à dessein pour nuire aux étudiants ou les exploiter financièrement. La conséquence logique de ces pratiques est la médiocratie intellecuelle en RDC. Réussir ou pas, les étudiants savent qu'ils passeront de classe. La tricherie lors des épreuves ne peut qu'être la sève qui alimente une élite au rabais, brillant par l'incompétence professionnelle et l'amateurisme. Il n'ya pas que la République qui est en danger mais aussi l'Eglise dont les membres ne sont que l'étiquette de cette société courante. Doit-on croiser tous les bras et assister passivement à un suicide collectif?

Les voix se lèvent pour dénoncer la corruption. Le chef de l'Etat congolais, Joseph Kabila Kabange, a lancé un mot d'ordre, tolérance zéro, exécuté jusqu'ici avec succès par le Ministre de la justice Luzolo Bambi, mais les effets ne sont pas encore ressentis dans le milieu universitaire. Aucune sanction contre le corrompu et le corrupteur. De son côté, le ministre de l'enseignement supérieur et universitaire s'est investi depuis septembre dernier à assainir son secteur. Les enquêtes de viabilité des institutions publiques et privées ont été diligentées, mais il faudra qu'il arrive à éradiquer " le fléau corruption" qui ruine nos universités.

Cette léthargie va jusqu'à l'expression orale et écrite des étudiants, futurs élites du pays. En face des étudiants aujourd'hui, les enseignants du Congo-Belge parlent et écrivent mieux et pourtant ils n'ont pas fait l'université. Si la sonnette d'alarme n'est pas tirée à temps, la RDC risque d'assister à la mort de son arsenal intellectuel. Aller à l'université aujourd'hui en RDC parait comme une expédition punitive. Si les auditoires sont hypersaturés, la corruption monnaie courante. Quelle élite pour le Congo de demain?

(Jean Bedel Ndandula)

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La Maïeutique: non au suicide collectif de l'intellectuel congolais

(Kinshasa 18.02.2010) - La Maïeutique est une émission de la radio télévision catholique Elikya (Kinshasa, Congo) qui vient de voir le jour et se confirme de plus en plus dans l'univers médiatique congolais. La Maïeutique se livre à un combat noble contre la corruption, les antivaleurs et la médiocratie dans des universités et instituts supérieurs de la RDC. Nous partons d'un constat: chez mon peuple, la médiocrité devient la règle et l'excellence l'exception. Allons-nous tous croiser les bras et accepter passivement ce suicide collectif de l'intellectuel congolais?

Comme fils d'Eugène de Mazenod, nous disons qu'il faut oser et savoir dire non à la mort de l'intellect en RDC. Mais comment mettre fin à la corruption, aux antivaleurs et à la médiocratie qui ruinent notre pays à la manière d'une vermine? Les médias sont pour nous un nouvel aréopage qui nous aide à rencontrer même les corrupteurs et les corrompus. Si La Maïeutique n'en sauve pas deux, un seul ne se dérobera pas d'abandonner ce chemin de la mort. Et nous aurons gagné.

Dans une société où les hommes et les femmes souffrent d'un défaut de courage pour écouter la vérité et la regarder en face, comme le sage Socrate, la Maïeutique semble la meilleure méthode pour nous adresser à nos contemporains. Allons-nous réussir? Certes oui. Un fils d'Eugène de Mazenod ne désespère jamais. Lire les détails sur la corruption...

(Jean Bedel Ndandula)

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