Nous sommes le 17/08/2019 et il est 16h45 TU+2 - "L'Eglise attend de vous tous un puissant secours dans sa détresse" (Eugène de Mazenod, 1823)

Formation à la vie consacrée
(Baudouin Mubesala, omi)

Ce 17/08/2019, voici la pensée de Baudouin Lanza, Oblat de Marie Immaculée, sur la formation religieuse en Afrique. Il faut que le jeune s’initie à la vie de la famille, du clan et de la société, pour mieux assumer ses responsabilités. Il nous apparaît urgent que les responsables de la formation et les jeunes eux-mêmes se mettent en chemin et cherchent ensemble comment évoluer dans la joie et la confiance, en affrontant les défis que pose la société africaine aujourd’hui. Mais surtout, comment rendre cette formation adéquate de sorte qu’elle soit capable d’aider nos jeunes à assumer leur vocation religieuse, sacerdotale au sein de l’église et de la société.

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A. Une formation à la responsabilité
Attentes d'une Congrégation missionnaire

(Baudouin Mubesala Lanza - Cedara 2004)

Introduction

Chaque naissance dans nos familles, spécialement africaines, apporte un surcroît de joie et d'espérance. Les parents se félicitent et se réjouissent de leur devoir de donner la vie; ils espèrent la croissance de leur rejeton qui sera une présence signifiante pour la famille. Les enfants jouent un certain rôle ou assurent une certaine sécurité aux parents en plus d'être objet d'orgueil pour la vie donnée et continuée. Ces attentes et ces espérances ne concernent pas seulement sa famille immédiate mais aussi la grande famille, c'est-à-dire le clan et même la tribu.

Mais il ne suffit pas seulement que l'enfant soit né et que l'on fonde des espoirs sur lui, encore faut-il qu'il reçoive une éducation et une formation appropriées qui le rendent capable de répondre à ces attentes. Il lui faudra donc une éducation et une formation appropriées. Etant donné que l'enfant était l'enfant de tout le monde dans l'Afrique traditionnelle, chaque membre de famille ou clan était appelé à contribuer à l'éducation et à l'instruction de l'enfant.

Ainsi en est-il aussi d'une famille religieuse missionnaire qui veut voir son charisme et sa mission continués dans le temps et en plusieurs endroits. Il y faut un investissement en personnel et en finances en partant de la pastorale jeunesse et des vocations à la formation dans des maisons instituées. L'espérance d'un personnel de qualité capable de continuité est à ce prix. On accouche toujours dans la douleur, dit un adage populaire.

Le sujet qui m'a été demandé consistait à exprimer les attentes de la congrégation vis-à-vis de nos programmes de formation. Je dirai d'emblée que ces attentes ont déjà été formulées par le père Fernand JETTÉ, alors Supérieur Général, et elles restent d'actualité. Il disait attendre de la formation des hommes qui ont une consistance intérieure et maturité humaine, des hommes qui ont opté pour le Christ, qui ont compris et accepté les renoncements inhérents aux trois vœux, des hommes sensibles aux appels des pauvres, des hommes qui ont choisi un service des pauvres, des hommes qui, au plan philosophique et théologique possèdent une solide base doctrinale (F. Jetté, Le Missionnaire Oblat). Je n'hésiterai pas à vous y référer, car d'ailleurs elles restent aussi ma référence. Ce qui change c'est seulement les sociétés et le temps. Ce qui demande donc une adaptation conséquente.

Le monde entre dans une mutation (Spiritus, 130, février1993) de plus en plus grande et parfois pas souvent maîtrisée par l'homme. Le biologiste français, Jean Rostand disait: «il n'est nullement exclu que l'homme périsse de sa propre faute, soit par la guerre atomique ou bactériologique, soit par la conséquence d'une invention technique mal contrôlée» (Inquiétudes d'un biologiste, p. 44). La Congrégation attend aujourd'hui que la formation oblate prépare les Oblats à être levain dans la pâte dans ce monde en mutation. Nous sommes fils de notre société et en même temps appelés à aller au-delà de cette société. Mais comment?

Je voudrais partager avec vous ces attentes et ces interrogations en répartissant mon entretien en trois points: a) la culture des vocations, b) une vocation ouverte sur le monde de notre temps, c) une culture de la responsabilité, avant de conclure en tirant quelques applications pratiques. Tout en parlant de la Congrégation dans son ensemble, je me situerai aussi dans la perspective de l'Afrique, la Région dans laquelle vous vous situez et exercez votre ministère. La mission, bien qu'universelle, est aussi incarnée. Cette Région nous pose des défis majeurs dans nos engagements. Plusieurs champs s'ouvrent et les réponses ne sont pas faciles à trouver.

Il y a un constat. Selon l'étude du professeur Botes, le changement démographique qui s'opère au niveau de notre congrégation place la Région Afrique-Madagascar comme une des plus prometteuses en personnel à cause du nombre croissant des jeunes en formation. La responsabilité de la Région n'est donc pas moindre vis-à-vis de la congrégation et de l'église. Et c'est à juste titre que la congrégation attend beaucoup de jeunes qui sont dans des maisons de formation de la Région. La responsabilité ne repose pas seulement sur les jeunes mais aussi sur leurs formateurs. C'est donc fort des a priori que je vous parle aujourd'hui.

1. La culture des vocations

Je voudrais commencer par un préalable: la vocation est d'abord un appel de Dieu, ensuite celui qui a entendu cet appel y répond. Personne d'autre ne peut répondre à sa place, car la réponse à un appel ne se fait pas par procuration. Elle est une réponse personnelle. Notre mission dans ce cas consiste à aider le candidat à percevoir l'appel et l'accompagner à y répondre généreusement. Et cet appel peut passer par des événements ou des faits anodins. Dieu se sert parfois des situations les plus banales pour appeler. Et nous pouvons être sujets de ces événements. Là, notre responsabilité devient encore beaucoup plus grande.

Dans la culture des vocations, notre exemple de vie et de travail, notre approche et notre présence au milieu des jeunes et dans la société jouent un rôle de grande importance. Il nous faut nous convaincre que nous pouvons aussi être la porte par laquelle un jeune veut entrer dans la maison de Dieu, ce messager qui suscite sa réponse positive et généreuse à l'appel de Dieu. C'est pourquoi, la congrégation attend des Oblats d'être des vrais témoins de l'évangile, de la présence de Dieu dans leur milieu de vie, dans la société. Notre communauté est interpellée par son style de vie et chacun en particulier.

Cette étape qui est la plus délicate et qui se situe au tout début de la démarche de la vie religieuse exige des maîtres dont les qualités éprouvées ont un impact sur les jeunes. Bien que toutes les communautés et tous les Oblats soient appelés à jouer un rôle dans la culture et la promotion des vocations, il est recommandé que chaque province ou Délégation ait un responsable chargé de ce ministère. Cela donnerait à la province ou Délégation d'avoir un membre qui va à la rencontre des jeunes, organise session et diverses rencontres avec eux. Un membre qui les connaisse après les avoir suivis et les présente en conséquence (avec le comité des vocations, là où il y en a) comme candidat à la vie religieuse à qui de droit (supérieur majeur). Ce qui nous fait manquer des vocations c'est parfois aussi le manque d'une personne attitrée pour ce ministère. Les jeunes ont besoin de voir quelqu'un qui s'occupe d'eux, se dévoue pour eux, un homme qui les connaisse et les comprenne, un homme qui sait discuter et partager avec eux.

Mais dans nos diverses Unités de la Région, le problème se situe-t-il au niveau de recrutement des vocations ou au niveau de la sélection des candidats? Il me semble que plusieurs Unités ont un nombre considérable de demandes des candidats qui veulent entrer chez les Oblats mais comment le recrutement se fait-il? Comme je l'ai dit, il s'agit d'un bon recrutement, une bonne sélection des candidats non pas qu'ils soient déjà des hommes parfaits mais au moins des hommes capables d'être formés.

Le discernement dans la sélection des candidats est d'importance selon la tradition de la congrégation. Il convient que le membre préposé au recrutement ou pastorale des vocations confère et travaille avec le comité des vocations ou de formation. Un travail en équipe et en collaboration permet une certaine complémentarité et une harmonie. L'ouverture de la mission de la congrégation à la société d'aujourd'hui nous demande aussi un personnel bien varié dans leurs talents. Je reste convaincu qu'une pastorale de vocations aujourd'hui ne sera efficace que dans la mesure où la province ou Délégation détache une personne qu'elle forme en vue de ce ministère. Il ne s'agit pas seulement de courir derrière les vocations, il s'agit d'abord de connaître les jeunes, de les comprendre et de leur donner du temps. Ils doivent voir qu'on les aime et qu'on les comprend, et pas seulement qu'on en fait la chasse pour remplir des maisons religieuses. Et la personne détachée devra apprendre à travailler en collaboration avec les autres. La part des laïcs est très important dans ce processus.

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2. Une vocation ouverte sur notre temps

a. Paradygm shift

Qu'on le veuille ou non, on assiste de plus en plus aujourd'hui à un changement de modèle d'église et de mission. Une nouvelle façon de voir l'église, une nouvelle façon de considérer la mission. C'est ce que Bosch appelait déjà le Paradygm shift. L'église dans sa conception de famille des enfants de Dieu, selon Vatican II, demande que les responsables en deviennent les véritables serviteurs et quittent le trône seigneurial. Il s'agit de retrouver l'intuition du Christ lui-même.

De l'église pyramidale on est passé à l'église-famille d'enfants de Dieu. Ce n'est pas qu'il n'y ait plus d'autorité, mais on cherche plutôt à arriver aussi à une conception nouvelle de l'autorité comme service. L'autorité devient un frère-aîné, une sœur-aînée dont la mission est de guider, d'accompagner. Saint Pierre nous conseille bien de paître avec cœur le troupeau de Dieu qui nous est confié…( )

Avec cette nouvelle façon de voir et de concevoir, la mission se conçoit comme un élan vers les autres en tout respect, dans un esprit de dialogue, de partage de foi et d'expérience. Il faut, par conséquent y être éduqué. La société aujourd'hui exige des Oblats compétents, capables de parler le langage d'aujourd'hui sans pour autant oublier le message fondamental de l'évangile.

Notre dernier Chapitre général de 1998, dans son document final, recommandait: «Le monde est ainsi fait qu'il exige la qualité. L'Evangile mérite d'être servi avec un niveau de professionnalisme qui fasse donner toute leur mesure à nos talents. Le Chapitre demande que les Provinces révisent leur parcours de formation, aussi bien des frères que des pères, sous ce rapport. Sommes-nous exigeants sur les contenus? Evaluons-nous correctement les besoins en compétences de nos provinces, et y pourvoyons-nous adéquatement?» Il me semble qu'il y a là non seulement un appel mais aussi une exigence pour chaque Unité de la congrégation.

Il y a d'abord l'Oblat, homme de Dieu et de prière, car la vie spirituelle est une base importante pour toute action missionnaire; cette action missionnaire est nourrie, en plus de la prière, par une qualité d'être et de savoir. Et le savoir est une vaste étendue. Le savoir que nous recherchons, comme Oblats, n'est pas un savoir pour le savoir, un académisme invétéré mais un savoir pour mieux servir la mission.

b. Nos programmes

Les programmes d'études aujourd'hui, dans nos maisons et aussi dans des institutions universitaires ecclésiales, devront intégrer d'autres données qui sont entre autres la réalité sociale et culturelle concrète. Il ne devra plus simplement être un programme, par trop, académique et simplement ecclésiastique, mais un programme qui prend en considération les nouvelles émergences. L'aspect existentiel devient de plus en plus important dans le programme de formation que les formateurs sont appelés à y donner un peu plus d'attention.

Pour aider les jeunes Oblats dans le parcours de cette formation, la congrégation favorise, en plus des cours de philosophie et de théologie, des ouvertures dans d'autres domaines qui servent la mission, par exemple les sciences auxiliaires, et aussi des expériences missionnaires qui permettent d'acquérir cette capacité de proximité avec le peuple de Dieu et d'apprendre aussi d'eux. Comment un missionnaire pourrait-il se passer aujourd'hui d'une analyse sociologique, de notions d'anthropologie ou de psychologie étant donné qu'il va travailler avec des gens qui vivent dans un milieu donné et ont une façon de penser propre à eux? Un dialogue n'est fructueux que dans la mesure où les interlocuteurs se connaissent, se comprennent et s'apprécient. Dans le cas contraire, on tombe dans l'unilatéralité.

Il est apparu aussi dans beaucoup de congrégations missionnaires que les finances qui jouent une part importante dans la mission ne recevaient pas une grande audience, un grand intérêt, et pourtant, il s'avère d'une grande nécessité d'y préparer aussi nos jeunes, au moins en diffusant l'information et en encourageant ceux qui en ont le talent d'apprendre plus pour le service et la cause de la mission.

Une formation inculturée et missionnaire. Une formation, pour être solide et efficace, ne devra jamais se passer des éléments ou de la réalité du milieu, elle devra aider les jeunes à s'approprier leurs propres histoires et cultures en vue d'un partage au sein de la communauté. Cette appropriation de sa propre histoire et de sa culture donne une certaine sécurité à l'Oblat pour une ouverture missionnaire. Quand il n'est pas rassuré en lui-même et pense qu'il ne peut rien porter aux autres, cela crée dans le candidat un sentiment d'insécurité. Et l'insécurité personnelle est génératrice de déséquilibre sur plusieurs registres, principalement des complexes. Le peuple de Dieu n'a pas besoin d'un homme hésitant, d'un homme qui n'a pas d'abord une certaine consistance en lui-même.

La dimension missionnaire de notre formation consiste à l'ouverture aux autres en vue de donner et de recevoir. Ce partage nous garde éveillés sur nos propres valeurs et sur celles des autres. Et c'est d'ailleurs en se confrontant aux valeurs des autres que l'on se découvre ou que l'on cherche aussi à approfondir les siennes en vue d'un échangé équilibré. Le monde est un marché «de donner et de recevoir». Le dialogue n'est possible qu'à ce point. Celui qui se refuse à donner ou à recevoir ne grandit pas. Les stages missionnaires, l'étude des langues… sont des instruments pour favoriser et promouvoir cette dimension missionnaire de notre vocation.

C'est en vue de prendre en compte ces valeurs locales que les Directoires provinciaux de formation sont importants, car ils font un mariage harmonieux entre nos constitutions et Règles, nos Normes générales de formation et les aspects concrets de la vie vécue dans le milieu.

Tous ces éléments aideront la Région, j'en suis sûr, à façonner une vision commune de la formation pour que les Oblats de la Région se retrouvent quand ils parlent formation et cela pourra aussi faciliter le mouvement du personnel, que ce soit au niveau de la formation ou au niveau d'autres ministères.

Mais, comme nous l'avons dit, si le savoir est une vaste étendue, il n'est pas toujours possible qu'un individu renferme en lui toutes ces possibilités et potentialités. Il faut l'apport des autres. C'est pourquoi pour nous, Oblats, la vie de communauté nous aide à devenir complémentaire les uns des autres. Il a déjà été longuement disserté dans plusieurs documents le sens de la vie communautaire chez les Oblats, ce que je voudrais souligner ici est sa capacité de nous aider les uns les autres à nous compléter en partageant notre savoir en vue de la mission. Pour partager son savoir avec les autres, il faut d'abord avoir une bonne relation avec ces autres. L'accueil dépend de l'ouverture de l'individu.

c. Les défis

Les mutations profondes actuelles de la société ne laissent pas l'Eglise indifférente, par voie de conséquence ceux qui se préparent à servir et à travailler pour cette Eglise dans la société de notre temps. Les mutations de la société affectent l'Eglise et l'homme de notre temps. Et dans le cas concret de l'Afrique, il nous faut identifier les mutations sociales, politiques et religieuses qu'elle subit. La connaissance des défis aide à mieux se préparer pour les affronter et à mieux servir cette portion de l'Eglise en Afrique.

Depuis une bonne vingtaine d'années, beaucoup d'autres nouveaux champs d'apostolats se sont ouverts appelant notre attention: malades du sida, les enfants de la rue, lutte pour la justice et la paix, etc. Il s'agit donc de former des Oblats à prendre conscience de cette situation actuelle, de prendre en compte les traditionnels et nouveaux champs d'apostolat.

Quels sont nos points concrets, nos nouveaux champs d'apostolat aujourd'hui en Afrique qui demandent notre attention et notre compétence? Il nous faut les identifier si nous voulons y donner une réponse appropriée. A quoi devons-nous être formés pour relever ces nouveaux défis? A beaucoup de choses. Sans être exhaustif, je soulignerai d'abord

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3. Une culture de la responsabilité

La croissance est un processus que tous les parents désirent se réaliser pour leurs enfants et ces derniers aussi le souhaitent en l'appelant de tous leurs vœux. Mais quand vient cette croissance, les parents ont parfois de la peine à l'accepter puisqu'ils craignent que les enfants leur échappent. Ils auraient plutôt voulu les garder toujours sous leur parapluie. Les enfants, de leur côté, en même temps qu'ils sont heureux de devenir adultes, autonomes et sortir du joug de leurs parents, ont peur des responsabilités qui sont les leur. Ainsi, ils tombent dans une sorte d'ambiguïté où d'un côté, ils voudraient que les parents prennent des responsabilités et s'occupent de tout et de l'autre ils veulent gérer leur propre liberté, leur indépendance. La croissance mène à la maturité et à la responsabilité, mais en même temps la responsabilité effraie.

Pourquoi la responsabilité effraie-t-elle? C'est puisqu'elle exige le courage de se porter soi-même et de porter les autres, le courage de risquer jusqu'à sa propre vie pour une cause. Et honnêtement, personne n'est prêt à vendre sa peau. Chacun tient à sa vie. Les prophètes ne sont plus légion, malheureusement. Donner sa vie ne signifie pas seulement mourir physiquement, mais c'est aussi recevoir tous les (mauvais) coups, la dérision…vivre la solitude, etc. Charles De Gaulle disait «toujours le chef est seul en face du mauvais destin». Ceux qui voient la situation anticipativement ne veulent pas trop s'engager et préfèrent laisser la charge aux autres. C'est toujours mieux d'avoir quelqu'un d'autre à qui envoyer des observations et des coups plutôt que de les recevoir soi-même.

Il y a aussi du côté des aînés parfois ce manque de volonté ou mieux de transparence, cette capacité de vouloir initier les jeunes aux responsabilités futures, car on a peur, peut-être pas de se voir remplacé mais surtout de l'incertitude de ce que l'on sera soi-même par après, ce que l'on deviendra. Dans tout ce processus, il faudra qu'il y ait un élan de confiance, de compréhension et de support mutuel.

La crise de modèles ou mieux de références certaines est aussi une interpellation pour nous comme missionnaires. Nous sommes tous appelés à prendre part dans l'organisation de la cité, chacun à son niveau et selon ses capacités. Et comment nous situons-nous, nous-mêmes dans cette église qui a un rôle important dans la vie de la cité? Cela commence déjà au niveau de nos communautés locales. Une personne ne sera capable de porter les autres que dans la mesure où il sait se porter lui-même d'abord. Il ne fera confiance aux autres que dans la mesure où il se fait confiance. Ces hommes nouveaux qu'il nous faut former ce sont ceux qui assumeront des responsabilités dans un avenir assez proche.

Qui seront les dirigeants de l'église? Comment sont-ils préparés? Ce sont ces questions de R. Schrieter qui me permettent de réfléchir sur cette culture de la responsabilité, car ceux qui seront appelés au service de l'autorité dans l'avenir devront l'assumer dans cette société qui est la nôtre. Ces nouveaux dirigeants sont déjà parmi nous. Certains encore en formation. Leur expérience de jeunesse, de formation forment déjà leur vision de l'avenir. Ils ne fermeront pas l'œil sur le passé, car ils doivent puiser dans l'histoire et dans la tradition, ils auront l'œil fixé sur l'avenir pour formuler des nouvelles approches missionnaires. C'est ce que nous appelons la fidélité créatrice. Ils seront ouverts aux diverses cultures qui font l'internationalité de notre congrégation. Mais ceci n'est pas un allant de soi. Il faut une grande capacité d'intelligence pour percevoir, une bonne dose de grâce et suffisamment de courage pour prendre le risque d'oser. On se forme à la responsabilité.

Nos leaders seront des leaders religieux. Et nous savons bien le portrait que Jésus brosse de ces leaders: «Les chefs des nations commandent en maître, mais pour vous, il ne doit pas en être de même». Panikulam disait, un leader religieux est un homme spirituel avec des attitudes d'une personne en quête de conseil, un disciple et un prophète; un homme véritablement humain, capable de comprendre l'humain et non un homme perdu dans une spiritualité ou dans des principes qui n'ont aucune prise avec la réalité; un homme prêt pour le dialogue et le discernement, un homme qui a une vision, et un homme qui sait comment porter le pouvoir non pas comme une puissance qui domine mais comme un instrument pour le service (Panikulam, portrait of a Religious Leader).

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