Nous sommes le 19/01/2019 et il est 11h15 TU+2 - "L'Eglise attend de vous tous un puissant secours dans sa détresse" (Eugène de Mazenod, 1823)

Un regard de foi sur la vie
(Denyse Mostert)

Ce 19/01/2019, vous êtes chez Madame Denyse Mostert. Après une édifiante contribution intitulée "Méditation sur une méditation missionnaire" elle propose, sur cette page web, son regard de foi sur la vie. Il s’agit d'une expérience personnelle de foi, une foi qui se réfère à l’Évangile. Pour les disciples du Christ, "la foi n’est point foi morte, coupée de l’action, mais foi vivante, génératrice d’œuvres". Une foi active, qui sait s'exprimer: "Oui, l'Église m'est très chère, ce qui ne m'empêche pas de lui trouver comme on dit ici [au Québec] 'des coches mal taillées'", affirme Denyse, laïque associée aux missionnaires OMI. Ci-dessous ses articles de haut intéret spirituel.


  1. Ordination épiscopale
  2. Thomas l'incrédule courageux
  3. D'année en année: la Grande Semaine
  4. Engagement, un certain 17 février
  5. Marc 1,21-28: Jésus redonne espérance
    et joie de vivre
  6. Porter la Bonne Nouvelle
  7. "Jamais plus nous n'irons loin de toi"
  8. Marie, Immaculée Conception
  9. "Des pasteurs selon mon coeur"
  10. Demande de Pardon
  11. Vignerons malhonnêtes
  12. Serviteurs inutiles???
  13. Ouragan Harvey: Dieu et migrants
  14. Ces nouvelles qui nous font réfléchir
  15. À la recherche d'Amour
  16. Te dire MERCI
  17. Lutte contre la corruption
  18. Son nom est Charlie GARD
  19. Les grands voiliers
  20. Libération Omar Khadr
  21. Célébrations estivales
  22. Fête-Dieu
  23. Festivités
  24. Entre Ascension et Pentecôte
  25. "Quand viendra le Défenseur" (Jean 15)
  26. Vocation religieuse d'un enfant
  27. Inondations au Canada
  28. Pèlerins de tous les temps
  29. Aveugle de Siloé
  30. Une rencontre imprévue m’avait rendu la paix
  31. Lépreux guéri par Jésus (Marc 1, 40-45)
  32. Réflexion sur la fin d'un synode
  33. Foi et drames humains
  34. Encore Pierre et Paul
  35. Sainte Trinité
  36. Visitation de la Vierge Marie
  37. L'argent du Vatican
  38. Les Saints sans miracle
  39. Des rameaux au calvaire
  40. Repas de famille
  41. L’incroyable Passion
  42. Médaille
  43. Etre sel et lumière
  44. Pas de voix qui s'entende...
  45. Christ-Roi
  46. Un petit tour de toile
  47. "Vanité des vanités..."
  48. Les fils de Zébédée
  49. L’intelligence des Écritures
  50. L'homme seul
  51. À l’heure du triomphe
  52. Pardonner… Être pardonné…
  53. Réflexion d'avant Conclave
  54. Sur une Plage au bord d'un Lac
  55. Epiphanie: Qui sont ces mages d’Orient ?
  56. Jean Baptiste le Précurseur
  57. Le Christ Roi... Mais quel Roi?
  58. La veuve du temple
  59. Tradition
  60. Je te salue, Marie...
  61. Prophète dans son pays?
  62. Apôtre Thomas et Jésus ressuscité
  63. Carême de mon enfance... Je me souviens
  64. Question de guérison
  65. La brisure
  66. Les Martyrs de Pozuelo
  67. Espérance
  68. Pushing ball
  69. Matthieu 21:33-43
  70. Ces objets qui ont nourri notre prière
  71. Vers une foi active et responsable
  72. Quand la rencontre devient témoignage
  73. Le "miracle" d'Eugène de Mazenod
  74. La promesse qui rend vie
  75. Véritable Église Corps du Christ en laquelle je crois
  76. L'indispensable persévérance
  77. Faire connaître Jésus Christ... toute une entreprise!
  78. Église catholique et puissance… Mais, quelle puissance?

Adeline

Famille Denyse

Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap

Fleur champs Québec

Nature Canada

Fleur champs Québec


Je te salue, Marie...

Vitrail MarieDe par le monde, le 15 août, fête de l’Assomption,  est dédié à la Vierge. Au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap de Trois-Rivières, les neuf jours qui précèdent préparent à la célébration de ce mystère.

Au « Festival de l’Assomption » on  prie, des prédicateurs viennent nous parler de leur vie de foi, des prêtres se tiennent à la disposition des gens,  on y fait des rencontres inattendues parmi les milliers de pèlerins venus d’un peu partout… Et bien entendu, comme d’ailleurs à chaque jour de l’année, a  lieu la récitation du chapelet.

Pas jeune notre rosaire ! On le prie dès les 11ième – 12ième siècles. En lieu et place des psaumes de l’Office liturgiques pour les religieux ne comprenant pas le latin. Et je constate joyeusement en écrivant ces mots, que ni les années qui passent, ni les changements de mentalité n’ont eu raison de cet exercice de piété.

Le chapelet est né de la Charité. Celle qui fait attention aux autres. Celle qui désire que tous puissent se laisser guider vers Dieu en pénétrant avec Marie dans les mystères de la vie de Jésus.

Beaucoup qualifient de machinale la répétition des cinquante Ave d’un chapelet. C’est bien évident si les mots seuls franchissent nos lèvres… Si on n’y met le bonjour venu du cœur et la joie de rappeler à Marie son importance aux yeux de Dieu…

En fait la prière du chapelet, c’est le salut joyeux à la femme « comblée de grâce, bénie entre toutes » et mère d’un fils dont on se rappellera à jamais.

Une mère ne peut oublier son enfant. Qui mieux que Marie pourrait nous accompagner sur les pas de Jésus ?

Difficiles à comprendre les mystères joyeux, lumineux, douloureux et glorieux qui rythment nos Ave ?  Très simples au contraire si, comme Marie, nous les gardons dans notre cœur. Ils nous habiteront, reviendront à l’improviste occuper nos pensées et nous enseigneront petit à petit son grand « Magnificat ».

Denyse Mostert, 2012-08-11

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Prophète dans son pays?

On se presse. L’animateur vient d’ailleurs, on ne veut absolument rien manquer de la soirée intéressante qui se dessine. Inversement, si c’est quelqu’un de notre entourage qui prend la parole, tout devient du coup moins intéressant.

Le même phénomène semble se reproduire aussi dans la vie de tous les jours. Pourquoi souvent ce peu d’attention aux propos de quelqu’un qu’on connaît bien? Pourquoi cette quasi certitude qu’une de nos connaissances ne peut le plus souvent apporter que des choses insignifiantes? Ou encore?... Je ne m’aventurerai pas dans une étude aux mille facettes possibles.

Je remarquerai juste que, quand cela m’arrive, ma réaction est le plus souvent de rentrer dans ma coquille, sans récrimination d’aucune sorte. Attitude prudente, attitude du moindre mal et tout ce qu’on voudra… Il n’en reste pas moins que je reste un peu triste de cette impossibilité de communiquer une icône Marie et Enfant-Jésuschose qui me tient à cœur. Et un peu déçue de mon manque de combativité.

L’évangéliste Marc nous raconte une mésaventure de ce genre arrivée à Jésus [Marc 6:1-6]. Dans son propre pays, dans la synagogue où il se met à enseigner, ce qu’il fait et ce qu’il dit soulève un grand étonnement. «N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie…?» Et comme si ceci devait tout expliquer, les voici «profondément choqués à cause de lui».

Jésus ne peut ignorer cette attitude. Peut-être en éprouve-t-il même un peu d’amertume. Va-t-il pour autant se replier sur lui-même et s’arrêter longuement à un échec si apparent? Nullement. Venu pour faire le bien, il va reconnaître simplement la réalité, imposer la main à quelques malades et porter à d’autres son message.

Tout le Royaume est dans ce geste de Jésus. Reconnaissance implicite de la liberté de ceux-là qui le rejettent, compassion envers les malades présents et volonté bien arrêtée d’annoncer ailleurs le message d’amour qui sauve du désespoir.

Nul n’est prophète dans son pays… Qui sait cependant ce qui va rester dans le cœur de ceux qui ont mal reçu nos propos? Et qui sait le bien que pourra faire à d’autre la petite graine que nous continuerons à semer? Qui sait?

Denyse Mostert, 2012-07-07

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Apôtre Thomas et Jésus ressuscité

Ces disciples qui ont peur

Bien sûr que les disciples ont peur des Juifs! On peut deviner toutes leurs questions alors qu’ils se cachent derrière des portes closes. Ils viennent de vivre une histoire d’amour. Et la voici qui devient une histoire de politique et finalement une mise à mort imméritée. Ils ont entendu Jésus parler d’un Royaume. Et voilà leur Maître au Golgotha.

Ont-ils vraiment compris quelque chose au message de Jésus? Certains d’entre eux ont été des arrivistes; ils voulaient la place de choix dans le Royaume. Et tous sont devenus très inquiets quand la situation s’est faite menaçante, quand leur Maître, au lieu d’écouter les conseils de prudence qu’ils lui donnaient, a continué à parler de justice pour tous.

À travers des portes verrouillées

Maintenant que Jésus est mort, ils ont peur pour leur propre vie. Pendant plusieurs années, ils ont suivi le Nazaréen et nul n’ignore qu’ils sont ses amis.

Et c’est là, derrière cette porte verrouillée par peur des Juifs, que Jésus vient au milieu d’eux. Et il faudra le souhait de paix qui rassure et la vue des plaies de la crucifixion pour reconnaître enfin Jésus et constater que la mort n’a pas eu de prise sur lui.

C’est au milieu de cette joie retrouvée que la miséricorde divine va une fois de plus se manifester. À ces amis qui l’avaient pourtant laissé tomber au moment crucial, Jésus va confirmer la mission qui dit la confiance qu’il continue à mettre en eux. N’en est-ce pas en effet la plus grande preuve quand il leur dit: «De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie.»

Thomas l’incrédule

Et puis Thomas qui était absent, est de retour. «Nous avons vu le Seigneur», lui disent les disciples. Thomas est incrédule. La parole de ses compagnons ne lui suffit pas. Il a besoin d’être lui aussi témoin visuel pour croire en Jésus revenu. Et Jésus revient se faire voir à lui comme aux autres. Et Thomas reconnaît son Seigneur.

Comment est-il possible que les disciples n’aient pas compris?

Bien franchement, il y a de quoi s’étonner… ces hommes qui ont suivi Jésus pendant plusieurs années, ils auraient dû le croire quand il parlait de sa mort et du 3ième jour qui suivrait, ils auraient dû le reconnaître quand il est venu à eux à travers les portes fermées… J’ai parfois pensé qu’à leur place, moi, je me serais immédiatement prosternée aux pieds du Ressuscité, sans demander de preuve d’aucune sorte…

Et aujourd’hui? Où voir Jésus dans notre monde bousculé?

Il est un fait que nous n’avons eu aucune apparition du Christ ressuscité semblable à celle des disciples. Jésus glorifiéFaut-il en conclure qu’il ne se montre jamais à nous? Ne pourrions-nous croire avec saint Paul que la sagesse de Dieu prend le pas sur cette déraison humaine qui fait tant de ravages?

Devant les guerres, les maladies, les famines et tant d’autres cataclysmes qui secouent notre planète, où peut-on voir Jésus Ressuscité? Nous reste-t-il simplement à baisser les bras en nous contentant de soupirer?

Notre foi au contraire ne nous permet-elle pas d’affirmer qu’il est toujours à l’œuvre? N’est-ce pas le Sauveur que l’on retrouve dans les efforts de paix des gouvernants, dans le secours aux victimes de catastrophes naturelles, dans l’action entreprise pour éradiquer faim, soif et maladies dans les pays pauvres du globe, aussi dans la science médicale qui soulage tant de maux et tant d’autres actions qui demeurent inconnues?

Nous croyons aussi que Jésus est vivant dans notre communion en Église, dans la solidarité qui se vit un peu partout en son nom, dans la force qui nous permet de traverser des souffrances difficiles, dans l’incroyable paix retrouvée des pardons donnés et reçus, et dans tous les instants d’une vie que nous nous efforçons de rendre cohérente avec l’Évangile que nous proclamons.

Et pourtant, il peut encore nous arriver de soupirer et de nous dire «Ah! Si nous avions vu le Seigneur comme les disciples!!! «C’est une réalité dont il faut tenir compte. Une réalité avec laquelle nous pouvons dire: "Je crois, Seigneur, mais augmente ma foi…"»

(Denyse Mostert, 2012-04-11)

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Carêmes de mon enfance... Je me souviens

«Souviens-toi, ô homme, que tu es poussière et que tu retourneras en poussière.» Mercredi des Cendres. Rappel catégorique de notre sort d’hommes mortels, rendu plus impressionnant encore du fait que Monsieur le Curé nous le sert en latin. On le reçoit avec le plus grand sérieux, sachant qu’il est le prélude de sacrifices indispensables à notre salut. Tout au long de ce jour, nous gardons sur le front la symbolique et disgracieuse trace de cendre.

Chapelle OMI GemmenichÀ l’école l’institutrice nous sensibilise au modus vivendi d’un Carême réussi. Temps de prière quotidienne plus longs que d’habitude et multiples recommandations à figure d’homélie prennent place à côté des matières académiques. «Faire des sacrifices» devient monnaie courante. Nous sommes tenus de noter le moindre de nos manquements sur un petit tableau préparé à cet effet. Tout un exercice de se les rappeler en détail une fois la journée finie! Mais au fond, n’est-ce pas là un exercice utile pour les incontournables examens de conscience de toute une vie? Quoiqu’il en soit, c’est un secours immédiat pour les confessions hebdomadaires… Et qui va se révéler indispensable pour la «confession générale» à la fin du Carême.

À la maison jeûne et abstinence sont scrupuleusement respectés. Enfants et personnes âgées en étant dispensés, ces temps de pénitence ne m’affecteraient nullement si ma grand-mère «n’oubliait» pendant six semaines de ramener de l’épicerie du village le bon chocolat belge et autres friandises. J’apprends ainsi à être sage gratuitement, sans attente de récompense autre que la paix de mon âme! L’humeur ambiante ne s’en ressent pas. C’est une étape qui va de soi. On l’accepte sans trop faire d’histoire… À bien y penser, ces journées de privation ne nous préparent-elles à tant d’autres sacrifices que la vie sait si bien réserver? Et, sur fond d’une foi solidement ancrée, nous vivons dans la tranquillité du devoir accompli, et dans le grand espoir d’arriver dignement à la grande fête de la Résurrection.

Aujourd’hui

Ces souvenirs peuvent faire sourire. On peut y voir l’expression d’une pratique religieuse tellement définie dans ses moindres détails qu’elle en perdait beaucoup de spontanéité, que la «lettre» omniprésente occupait une place parfois plus grande que «l’esprit» évangélique.

Il est cependant possible de se réjouir de l’expression actuelle de notre foi sans pour autant dénigrer les traditions de jadis. Parce que ces dernières mettaient l’emphase sur la puissance de Dieu mais savaient dire aussi l’amour de Jésus Christ allant librement à la mort du Golgotha pour faire de nous des sauvés.

La religion a-t-elle changé tellement comme on l’entend souvent dire? Je ne le crois pas. À bien y penser, la «porte étroite» de l’Évangile nous invite aujourd’hui encore à des renoncements de toutes sortes… Et il reste plus que jamais nécessaire de lutter contre le chacun-pour-soi qui fait tant de ravages.

Le Carême d’aujourd’hui est toujours appel pressant à la conversion. Et n’est-il pas bon de savoir que cette transformation intérieure se réalise à l’écoute heureuse de la Bonne Nouvelle du Salut?

(Denyse Mostert, 2012-03-11)

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Question de guérison

À la manière d’un bon journaliste, Marc (chapitre 1) nous brosse un itinéraire assez précis des pas de Jésus après son baptême. Ce dernier se rend en Galilée en faisant savoir que «les temps sont accomplis», que «le Royaume de Dieu est proche» et qu’il faut se convertir et croire «à la Bonne Nouvelle» qu’il annonce. Et quelques-uns de ceux qui viennent l’entendre se feront adresser une invitation. «Viens et suis-moi» leur dira Jésus.

Le plus simplement du monde, l’évangéliste nous le montre qui entre dans la Synagogue de Capharnaüm et se met à enseigner. Comme si la chose allait de soi… Probablement, la nouvelle s’est-elle sue rapidement et y avait-il foule ce jour-là pour entendre cet étrange personnage dont Jean le Baptiste s’était reconnu indigne de «délier la courroie de ses sandales»

On peut dire qu’ils ne sont pas déçus: les voici «frappés d’un enseignement qui fait autorité…» Et même, l’autorité du jeune prophète ne va pas se limiter aux seules paroles. Il va guérir un homme de l’esprit impur qui l’habite… Comment réagissent-ils devant une guérison si extraordinaire? Peut-être par une frayeur bien légitime devant l’étrangeté de ce fait nouveau… En tout cas par le besoin de répandre l’incroyable nouvelle va se répandre à travers la Galilée.

Il est probable que les premiers ‘appelés’ de Jésus sont probablement témoins de cette guérison. Est-ce pour souffler un peu que Jésus se réfugie chez ses amis? Ou bien Pierre, après ce qu’il vient de voir a-t-il l’idée de demander une faveur? Quoiqu’il en soit, à la maison, on trouve sa belle-mère au lit, avec de la fièvre… Après ce qui vient de se passer à la Synagogue, il est comme normal d’en parler à Jésus.

AdelineRien de bien spectaculaire dans cette rencontre. Ce n’est pas la visite compassée et protocolaire d’un étranger à la famille. Jésus ne se tient pas à l’entrée de la chambre, il s’approche du lit … Il a un geste d’une infinie douceur. Il prend la main de la femme alitée et la fait se lever.

Nul ne saura les mots échangés avec la malade… Ils auront le poids de l’amour compatissant… Ils seront sûrement porteurs de cette Bonne Nouvelle à laquelle Jésus de Nazareth s’est voué… Il y sera probablement question de foi, de confiance… il y aura toute la tendresse de cette main tendue qui permet à la belle-mère de Pierre d’aller au-delà de la souffrance, de quitter son lit et de servir dans la joie ceux qui étaient là pour elle.

Il y a dans cet épisode de la vie de Jésus une réalité toujours présente et agissante. Lequel d’entre nous n’a pas connu des jours difficiles où les forces l’abandonnent? Où le moindre effort semble impossible? Où nous nous laissons enfermer dans des tourments en apparence sans solution? Où notre cœur se ferme à tout ce qui n’est pas notre souffrance?

Jusqu’à ce moment de grâce où quelqu’un s’approche et nous prend la main… C’est peut-être quelqu’un de notre famille, ou un ami, ou une rencontre inattendue dont rien ne laissait présager l’impact… C’est quelqu’un qui nous guide vers Jésus. Vers Jésus qui nous redonne la vie en abondance.

«La ville entière était rassemblée devant la porte», continue Marc. Et Jésus ne s’est pas fait prier… il a guéri tous ceux qui s’approchaient de lui avec confiance. Puis il a dit à ses amis: «Allons ailleurs, dans les bourgs voisins, afin que j'y prêche aussi, car c'est pour cela que je suis sorti.»

Que d’enseignement dans cet amour qui ne se laisse pas enfermer, qui va au-devant de tous ceux qui ont besoin d’espérance!

Tour nous sommes le malade et le visiteur. Chacun de nous n’est revenu à la vie que par la porte d’un grand amour. Et ce Dieu qui nous a guéri de nos blessures veut avoir besoin de nous pour proclamer à notre tour son message.

Oui, comme Jésus il nous faut «aller ailleurs» auprès de ceux dont l’avenir est bouché. Pour leur dire tout ce que le Seigneur a fait pour nous… Tout ce qu’il veut faire aussi eux et pour chacun de ses enfants.

(Denyse Mostert, 2012-01-20)

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La brisure

Peut-on appeler témoignage un récit de houles intérieures si courantes dans notre monde? Vue du dehors, c’est une petite histoire bien banale et bien triste. Intérieurement, c’est une souffrance difficile avec laquelle j’ai vécu en même temps que d’autres des années durant. C’est d’une brisure qu’il s’agit. Un de ces déchaînements irrésistibles de vieilles frustrations accumulées au cours des années et que tout un chacun a soigneusement dissimulées sous une apparence policée. Un calme factice sur lequel il a suffi d’un petit rien du tout, peut-être le petit mot mal placé ou le sourire équivoque pour déchaîner la tempête qui va secouer, pendant plusieurs années, trois générations d’une même famille, la mienne, où l’on se pensait à l’abri.

Marie Mère de DieuQue de beaux moments perdus, que de tristes lourdeurs pour chacun de nous pendant tout ce temps! Des mois et des mois à ressasser encore et encore les motifs qui ont engendré cette situation, à tenter de départager les torts et les bonnes raisons de chacun, de patauger sur place avec toujours la même amertume au cœur…

"Une mère oublie-t-elle son enfant?" (Isaïe 49:8-15) J’étais la plus directement impliquée. Eh bien non. Je ne l’oubliais pas cet enfant, ni aucun de tous ceux qui étaient blessés. Bien des misères profondes se vivaient en moi et autour de moi, faites de dureté, de rancune...

Le temps a fait son œuvre. Je me suis surprise à penser: alea jacta est, ainsi sont les choses, il va falloir vivre avec. Sans savoir au juste comment mes larmes ont fait place à une résignation, à l’effet de baume calmant sur tant de plaies à vif. Ouf! Je pouvais enfin recommencer à respirer librement! Ensuite, une sorte d’indifférence s’est installée. Bien commode l’indifférence. On n’a plus mal. Rien ne peut plus nous atteindre. Fin de l’histoire?

Mais non pas si simple. Curieusement, alors que je retrouvais une certaine sérénité, la prière dans laquelle jusqu’à ce jour je trouvais un certain refuge ne m’apportait plus cette paix que je venais chercher auprès de Seigneur dans les jours de grande affliction.

La liturgie était devenue pour moi un ensemble de belles maximes enrubannées de belles phrases… que j’écoutais machinalement… sauf la belle et terrible demande du Notre Père qui s’évertuait à me déranger: «Pardonnez-nous… comme nous pardonnons…». Réellement, cela ne passait pas. J’étais loin de pardonner… Alors je disais: «Pardonnez-nous… comme nous aimerions pardonner…» Même en la trafiquant un peu, cette phrase restait dans mon esprit comme la pierre d’achoppement qui empêche d’avancer. Parce que je n’avais même plus le désir du pardon. Je craignais qu’il ne devienne pour moi une source de dérangements futurs et peut-être même douloureux auxquels je ne voulais pas m’exposer.

Tout simplement, j’ai déclaré forfait et pris, une fois que je croyais pour toutes, la résolution de ne plus prêter attention à cette écharde quelque part côté cœur (2 Corinthiens 12:7-9).

C’était compter sans la Parole de Dieu que nous entendons mille et mille fois au cours de notre vie et qui tout à coup se fait vivante et agissante et «discerne les pensées et les intentions du cœur» (Hébreux 4:12)

Un jour, à la messe, il y a eu cet épisode de Matthieu qui se termine par la promesse à Pierre: «Je te donnerai les clés du Royaume. Tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux…» (Matthieu 16:19) On y a généralement vu le pouvoir de pardon donné par le prêtre dans le sacrement de la réconciliation.

Le prédicateur qui a fait l’homélie ce jour-là ne se doutait aucunement de l’impact qu’allait avoir pour moi le développement de cette parole de Jésus. «Nous avons tous, disait-il, le pouvoir de lier et de délier, nous avons tous le pouvoir de faire vivre et de faire mourir…» Je n’ai pas entendu la suite… À la fin de l’Eucharistie, j’avais compris que la situation de conflit qui prévalait depuis tant d’années parmi les miens, j’avais le pouvoir de la délier, d’ouvrir un espace d’accueil où chacun pourrait se sentir invité à répondre librement.

Dès ce jour le pas était fait. On s’est revus. D’abord un peu gênés mais un éclat de joie dans les yeux qui disait grand le soulagement de se retrouver enfin au terme d’une montée si difficile.

Non, ce ne sera jamais un «miracle» au sens habituel de ceux qu’on appelle couramment des faits extraordinaires. Mais il s’agit sans conteste d’un grand miracle. Celui de l’amour d’un Dieu tellement patient, tellement discret mais tellement fort qu’il finit par gruger des carapaces que nous pensions invincibles.

Le miracle toujours offert qui fait qu’on s’interroge: «Qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi?»

(Denyse Mostert, 2012-01-13)

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Les Martyrs de Pozuelo

Tableau martys PozueloLa lettre de ce 06 décembre 2011 du P. Louis Lougen, Supérieur général des Oblats de Marie Immaculée est un vibrant Magnificat pour cette Béatification des Martyrs d’Espagne qui va être célébrée le 17 décembre 2011 dans la cathédrale de Madrid.

Qui sont ces 22 religieux sinon des Oblats comme bien d’autres qui vivent jour après jour la fidélité à leurs voeux? Sauf qu’ils ont vécu dans les années 1936-1939 si «sanglantes et douloureuses pour l'Église d'Espagne»

Que s’est-il donc passé à Pozuelo? Depuis 1929, les Oblats de Marie Immaculée sont établis dans le quartier de la gare. Et voici qu’un jour leur apostolat inquiète sérieusement socialistes, communistes, syndicalistes, et autres laïcs radicaux. Une inquiétude qui ne va pas tarder à les pousser à l’action.

Tout commence le 20 juillet 1936 par des manifestations et de violents incendies qui ravagent églises et couvents. Sans autre forme de procès, 38 Oblats sont faits prisonniers. À partir du 22 juillet, «sans interrogatoire, sans accusation, sans jugement, sans défense», les exécutions de 22 Martyrs vont se suivre pour se terminer le 28 novembre.

Nul besoin d’épiloguer sur les angoisses de toutes sortes qu’ont vécues ces hommes dont le seul crime a été de demeurer fidèles à leur vocation! (Peut-être se souvenir de ce beau film «Des dieux et des hommes», qui fait si magistralement revivre le calvaire des moines de Thibirine…)

Oui, le P. Louis Lougen a raison d’ajouter: «Saint Eugène est tout sourire pour cette célébration.» Et nous tous, membres de la grande famille mazenodienne souscrivons de tout cœur «à la fierté et à la joie» du Supérieur général et de l’Église tout entière.

NB: Les écrits du Postulateur général, le P. Joaquin Martinez Vego, o.m.i. ont inspiré cet article.

(Denyse Mostert, 2011-12-15)

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Espérance

Au Québec, le changement d’heure aidant, l’automne devient robuste. Dès 16 heures il fait noir. L’automne, disait un optimiste, est le printemps de l’hiver. Pour beaucoup, ce serait plutôt le temps de l’éclosion des «syndromes» d’une tristesse mise sur le compte de la brièveté de la lumière.

Et pourtant, on ne peut nier que le onzième mois de l’année fait tout son possible pour contrer ces sentiments anesthésiants!

La liturgie du 1er novembre nous livre un message des plus réconfortants. À lui seul, le répons du psaume 23 nous invite à la liesse. «Voici la foule immense de ceux qui t’ont cherché», chantons-nous ce jour-là. Ces mots ne confèrent-ils pas à l’état de sainteté un caractère d’heureuse accessibilité et que point n’est besoin d’ascèse héroïque pour voir s’ouvrir les portes du Royaume. Ne voilà-t-il pas là une espérance qui s’ouvre à nous de retrouver un jour dans la joie tous ceux qui nous ont précédés, des hommes et des femmes qui ont été des chercheurs de Dieu infatigables, certains ignorant d’ailleurs que leur vie tournée vers les autres était la plus belle des quêtes.

Cimetière Québec11 novembre, Jour du Souvenir… À mesure que les arbres se dépouillent de leurs feuilles, le coquelicot écarlate fleurit aux boutonnières. Bien sûr, toutes les célébrations à travers le monde ne pourront enlever la douleur de ceux qui pleurent l’un des leurs mort pour sa patrie. Pourtant, ne peut-on voir un signe d’espérance dans ce désir unanime d’un monde sans guerre et une solidarité en éveil envers ceux qui en reviennent porteurs de graves blessures?

Souvenirs, souvenirs… Dernièrement, une personne me faisait le procès de tout rappel du passé qui, disait-elle, volait inutilement du temps au présent. Je n’ai pu m’empêcher de lui confier tout ce que ces parcelles de vie continuent encore à m’apporter. Je lui disais le courage de mes grands-parents dans des moments difficiles, la patiente fidélité avec laquelle ils s’attelaient jour après jour aux tâches à accomplir, les privations qu’ils savaient s’imposer pour que leurs petits ne manquent pas de l’essentiel. J’ai évoqué la tendresse dont ils ont tapissé mon enfance, et comment je garde précieusement le souvenir de tous ces gestes qui peuvent devenir tour à tour balise ou réconfort. Ainsi que d’autres épisodes de ma vie avec Pierre que je suis à mon tour heureuse de faire connaître à mes enfants.

Journal intime… Le temps est passé de ce journal intime confident de tant d’émois, de joies, de chagrin des jeunes filles d’un autre siècle. Il n’en reste pas moins qu’il est bon de nous arrêter quelquefois sur notre propre vie. Pour y découvrir l’étonnante continuité d’événements si bien imbriqués les uns dans les autres qu’ils excluent jusqu’à l’idée d’un hasard qui nous aurait dirigés à sa guise. D’aucuns nomment cela le destin. J’aime y voir la main d’un Père attentif à conduire ses enfants là ils pourront devenir ce qu’ils sont, des hommes et des femmes qui se savent aimés et veulent faire de leur vie entière le signe de ce grand amour.

Dieu soit loué pour tous ces souvenirs. Ne sont-ils pas les tremplins qui nous permettent d’avancer résolument vers notre réalisation d’enfants de Dieu?

(Denyse Mostert, 2011-11-15)

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Pushing ball

(Denyse Mostert, 2011-09-24)

Un peu partout dans le monde, les enfants sont rentrés à l'école. Avec des crayons neufs et le reste à l'avenant. Tout préparés à découvrir de nouveaux amis et des choses intéressantes… Du moins, voici la description rêvée de l'élève modèle. Faut tout de même se dire que certains sont moins enthousiastes au départ! Et que, pour respecter une vérité tout de même réconfortante, on constate qu'ils vont se faire petit à petit à ce grand changement. Expérience plus d'une fois vécue…

Et voici le sujet lancé. Qui aime le changement, à part celui qu'on planifie de longue date et qu'on a hâte de voir arriver?

Bien sûr il y a des bouleversements tragiques. Comme celui de cette Mexicaine vivant au Canada et renvoyée chez elle pour cause de statut illégal alors que père et enfants, citoyens canadiens en bonne et due forme, vont demeurer chez nous.

Il en est d'autres, plus coutumiers ceux-là mais qui n'en sont pas pour autant acceptés de gaieté de cœur. Il me semble encore entendre mon mari après une journée de travail fertile en surprises. «Je n'ai rien fait aujourd'hui», disait-il d'un ton mécontent. Traduisons qu'il avait dû s'adonner à des tâches autres que celles prévues à son calendrier d'homme d'affaires…

Et encore ces petits imprévus qui nous prennent par surprise. Certains auxquels il est impossible d'échapper comme le coup de fil d'un correspondant habituellement très prolixe. Ou la voisine qui offre une pause-café au cours de laquelle elle pourra partager ses états d'âmes… Et tant d'autres…

À ce sujet, quelqu'un me disait dernièrement: «Je ne suis pas une ‘pushing ball. J'aime bien cette expression pour ce qu'elle évoque, une petite balle qu'un enfant pousse dans un coin, puis envoie dans un autre, pour ensuite parfois l'oublier… Je crois me souvenir que la petite Thérèse de Lisieux avait Balleemployé cette image pour traduire sa disponibilité totale à la volonté de Dieu.

Pour ce qui est de moi, il me faut reconnaître que je suis seulement une sainte «en devenir», avec des vues bien personnelles sur l'emploi d'un temps que je juge de plus en plus précieux au fur et à mesure que passent les années… Et une impatience certaine lorsque des plans de travail solidement établis doivent en passer par des ajustements qui ne sont pas de ma volonté.

Au temps du Carême, la liturgie nous rappelle un commandement de Dieu à Moïse: «Tu ne te déroberas à ton prochain…» (Exode 20/15).

Sans être la «pushing ball» de la vie qui va, une petite voix au fond de moi me dit de faire la part des choses. Une part à peser à l'aune d'un amour qui sait tenir compte de ma liberté d'action dûment établie en même temps que le besoin de l'autre.

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Matthieu 21. 33-43

(Denyse Mostert)

Les paraboles évangéliques me fascinent… Avec leurs situations bien concrètes et leur langage tout simple à la portée de tous. Vraiment, Jésus savait s'y prendre pour amener ses auditeurs à de profondes et combien logiques constatations !

VigneVoici l'histoire d'un employeur[i] comme il ne s'en rencontre guère… Et d'employés comme il n'y en a que trop…

Cet homme est-il riche ? Probablement puisqu'il est propriétaire d'un domaine sur lequel il plante une vigne… qu'il entoure de mille précautions. Puis qu'il la confie en fermage à des vignerons… et s'en va en voyage, l'esprit tranquille…

L'histoire pourrait se terminer par un retour heureux où le patron reçoit ce qui lui est dû, selon l'entente prise avec ses employés.

Ce qui n'est pas le cas… Car les travailleurs décident de garder pour eux seuls le produite d'une vigne tellement productive…

On connaît la suite. Les premiers envoyés du propriétaire sont frappés, tués, lapidés. Des renforts importants dépêchés sur la vigne, ne sont pas mieux reçus que les précédents. Dernière tentative du vigneron. « Ils respecteront mon fils. », se dit-il. Bien à tort d'ailleurs.

Cette parabole de Jésus n'illustre-t-elle pas bien l'histoire de l'humanité à laquelle nous appartenons ?

Première réaction. « Mais voyons, cela ne nous concerne en aucune façon. Nous n'avons jamais tenté de retenir en aucune façon le bien d'autrui ! » Et pourtant… un regard en profondeur pourrait bien nous enlever un peu de notre belle assurance…

Parce que, à bien y penser, il nous faut admettre que tout nous est prêté, y compris notre vie terrestre et tout ce qui l'accompagne : le bonheur d'être né sous la bonne étoile, qui nous a permis de découvrir, dès notre tout jeune âge, Jésus Christ et son évangile… Jésus Christ et sa Bonne Nouvelle qui n'arrêtent pas de nous aider à découvrir et à vivre les valeurs sûres de la foi en Dieu, de l'amour et du respect des autres.

On peut se demander bien honnêtement… Ne nous arrive-t-il pas de vouloir retenir à notre profit certains de ces trésors destinés à tous ? Dans une course aux premières places, dans une tranquillité que nous refusons de voir dérangée, dans les belles paroles à la place de gestes bien concrets qui semblent s'imposer, dans nos jugements parfois si pleins de réticences qu'ils en deviennent accusateurs ? Et tant d'autres replis sur soi que nous justifions si facilement…

Non, non… ne vous y trompez pas. Ce n'est pas le procès général de l'humanité que je veux faire… C'est la simple prise de conscience que notre générosité de chrétiens comporte bien des lacunes… que nous retenons parfois pour nous seuls ces biens que Dieu nous a confiés… pour les traduire en générosité, en solidarité au nom de Jésus Christ… des biens que nous avons remettre à Dieu, parce qu'ils lui appartiennent.

Cela se passait déjà au temps du prophète Jérémie : « Je vous ai envoyé inlassablement tous mes serviteurs les prophètes… », écrivait-il… Et la situation se répète de nos jours… Prise de conscience qui pourrait être bien déprimante…

Mais il y a Jésus Christ, le fils bien-aimé du Père, et sa victoire sur la mort. Il y a « l'Esprit Saint qui poursuit son œuvre et achève toute sanctification ». (Rm 6.4) Et il y a notre désir sincère de vivre résolument la Bonne Nouvelle de l'Évangile.

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Ces objets qui ont nourri notre prière

(Denyse Mostert)

Il faut être de son époque. Et je crois bien en être. Tout au moins je m'efforce de faire preuve d'écoute et j'essaie de comprendre plutôt que de condamner. Malgré cela, certaines choses me font littéralement bondir d'indignation, «sortir de mes gonds» comme on dit chez nous.

Photo objets de piétéLa photo [ci-contre] prise par un de mes fils dans un 'marché-aux-puces' comme il en existe tant chez nous en est une. On y voit un 'Sacré-cœur' sans mains, un saint Joseph et ses incontournables lys contemplant tristement le chaos de crucifix pêle-mêle à côté d'une statuette de Marie ou encore une forme indéfinie ayant peut-être exercé la fonction de bénitier. Et cette boîte de chandelles multicolores, compagnes fidèles de nos prières, gages de reconnaissance et parfois espoir plus grand de voir les faveurs exaucées... [Cliquez sur cette photo pour l'agrandir à 640 x 480]

Cette image a fait naître en moi des sentiments d'une tristesse profonde mêlée de colère devant le sort réservé à tous ces objets envers lesquels nos ancêtres et beaucoup de gens de ma génération ont attaché beaucoup de prix.

Ce serait jouer à l'autruche que de refuser de voir la désaffection que vit actuellement ce que d'aucuns nomment avec dédain la religion et tout ce qui s'y rapporte. À une époque qui se dit éclairée, on peut comprendre à la rigueur que des objets de piété puissent susciter moins, voire chez certains plus du tout, de la dévotion que jadis. Va pour la compréhension la plus concrète...

Est-il nécessaire pour autant de bafouer ce qui était considéré comme digne de respect par ceux qui nous ont précédés? Que les objets en eux-mêmes aient perdu leur importance pour nos contemporains peut encore se comprendre. Mais ce qui me devient intolérable c'est lorsque la notion même de respect n'existe plus. Respect du symbole mais surtout respect de ceux qui ont eu recours à ces images pour nourrir leur vie spirituelle. Une ordonnance soignée de tous ces articles mis en vente, serait au moins le gage de l'importance qu'ils peuvent encore revêtir pour les acheteurs éventuels.

«Objets inanimés, avez-vous donc une âme?» s'interrogeait Lamartine. Pour moi, ils sont effectivement doués d'une faculté «qui s'attache à notre âme et la force d'aimer». Ainsi en est-il de ces portraits d'ancêtres soigneusement conservés dans certains foyers. Ainsi en est-il de ces anneaux d'or échangés avec Pierre le jour de notre mariage et réunis à mon doigt depuis le décès de mon mari. Ainsi en est-il également des objets dont la contemplation sereine a contribué au recueillement et à la prière du croyant.

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Vers une foi active et responsable

(Denyse Mostert)

Très inspirant pour moi cet article du P. Musumbi concernant une obéissance responsable et active qu'il trouve désirable dans les communautés religieuses !

Denyse MostertÀ notre époque où la réflexion se veut de plus en plus en marche vers la maturité, une obéissance semblable s'impose vis-à-vis de la foi chrétienne pour tout membre de l'Église, de la plus haute hiérarchie au simple laïc.

L'obéissance à ceux qui ont charge d'âmes comme on disait jadis est toujours pertinente si et seulement si on retrouve dans leur attitude le souci des aspirations fondamentales de l'être humain. Il me semble par ailleurs exclus qu'une telle foi puisse être vécue à la manière 'du charbonnier'.

Je pense ici à la formation judéo-chrétienne dans laquelle nous avons plus ou moins allègrement cheminé. J'y ai grandi paisiblement malgré les questions-réponses sûres d'elles du petit catéchisme, reflet d'une morale tellement stricte que le résultat était plus souvent qu'autrement l'éclosion de scrupules inconfortables.

Comment expliquer cette contradiction entre mon attitude qu'on peut dire sereine et le panorama ambiant des années de ma jeunesse? Simplement par ce fait que les personnes chargées de mon éducation ont su, à travers une saturation d'interdictions de toutes sortes, faire resplendir la miséricorde de Jésus Christ toujours prêt à nous accueillir.

Notre Église porte l'incroyable fardeau d'une recherche tenant compte de la mutation profonde de l'humanité. J'ai pleine conscience que les ajustements à apporter doivent demeurer en conformité parfaite avec l'Évangile. Je sais aussi que les vérités en relation avec Jésus Christ lui-même ne peuvent être transformées.

Seule une foi à toute épreuve peut permettre à nos responsables ecclésiaux de faire face aux mille et un commentaires fusant de toutes parts. Et c'est de notre prière et de notre patience qu'ils ont aussi besoin pour que l'annonce du Royaume de Dieu se révèle cohérente pour les hommes et les femmes de notre temps.

Quel message pourra mieux dire Jésus Christ qu'une vie où l'on reconnaît une foi enfin devenue active et responsable?

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Quand la rencontre devient témoignage

(Denyse Mostert)

Voici l'été. Le temps des retrouvailles en famille, entre amis, des petites décisions impromptues, des grands ou petits voyages, des pèlerinages aussi où l'on peut assister à de belles célébrations et profiter d'enseignements enrichissants... Des enseignements qualifiés jadis de sermons, mieux connus aujourd'hui sous le doux nom d'homélie.

Chapelle OMI de BarvauxJe lisais ce matin [mardi 7 juin 2011] un passage de la Règle de 1826 à l'usage des Oblats de Marie Immaculée soulignant avec force l'importance pour tous les missionnaires d'avoir à se préparer par la prière à une bonne prédication. Et le commentateur ajoutait: de nos jours, ayant à notre disposition autant d'outils pour prêcher et catéchiser, il est facile d'oublier la nécessité d'être le porte-voix de Jésus Christ et de préparer nos homélies «à genoux».

Nous savons tous que l'«homélie» (au vrai sens du terme) n'est permise qu'aux seuls ministres accrédités. Ceci étant posé, je me questionnais sur la pertinence de ma réflexion de simple laïque sur le sujet. C'est alors que les mots de l'apôtre Pierre sont venus me rappeler que nous sommes tous appelés «à rendre compte de l'Espérance qui est en nous» et que, quel que soit le nom qu'on lui donne, un témoignage authentique ne peut se préparer en-dehors d'un temps de 'retrouvailles' avec Jésus Christ.

Que ce soit donc avant une homélie, une rencontre, un service d'animation ou tout simplement dans la vie courante, n'est-il pas normal de s'imprégner de la présence de Celui-là dont on désire être le témoin? De se 're-cueillir', disait quelqu'un, signifiant par là que nous avons à cueillir à nouveau tous les morceaux de notre être, éparpillés un peu partout, et de les re-centrer sur Jésus Christ dont nous voulons témoigner.

À chacun appartient de découvrir la manière de re-cueillir les paroles et les gestes évangéliques qui l'aideront au mieux à «rendre compte» de sa foi en Jésus Christ. Ils feront de lui l'instrument capable de traduire en notes justes la miséricorde divine... parce qu'il aura pris conscience de l'avoir personnellement expérimentée.

Bon été plein de rencontres significatives au cours desquelles nous pourrons dire Jésus Christ «avec une douceur et un respect» qui viendront donner à d'autres le goût de le connaître plus intimement!

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Le "miracle" d'Eugène de Mazenod

(Denyse Mostert)

Un brin d'histoire personnelle

Il y a plus de quarante ans, la Basilique Notre-Dame-du-Cap entrait dans l‘environnement' religieux de ma famille. Marie et sa toute nouvelle basilique nous attiraient bien sûr mais aussi la solide et concrète pastorale des Oblats de Marie Immaculée avec son ouverture sur l'époque pré et post-conciliaire... et cet accueil chaleureux qui faisait qu'on se sentait chez soi... et l'attention avec laquelle les Pères accueillaient nos différentes réflexions...

La canonisation d'Eugène de Mazenod (Fondateur) en 1995 a donné le coup d'envoi à une belle aventure qui dure toujours. Personnellement, j'avais le goût d'apprendre comment ce noble Français à la particule bien réelle avait bien pu donner naissance à une Congrégation au charisme centré sur «les pauvres aux multiples visages». La création d'un premier groupe de Laïcs associés Oblats de Marie Immaculée est alors venue répondre à mon besoin de savoir.

À la formation première, j'ai voulu joindre le plus de renseignements possibles sur le Fondateur. J'ai questionné autour de moi et dévoré tout ce que je trouvais sur Eugène de Mazenod y compris l'impressionnante biographie écrite par Jean Leflon.

«Eugène de Mazenod nous parle»

Et voici que l'année dernière, un blog voit le jour sur l'incontournable Internet. Depuis août 2010 en effet, «Eugène de Mazenod nous parle» chaque jour, en respectant toutefois un repos dominical bien nécessaire pour assimiler tant de réflexions suscitées par les écrits proposés.

Ses paroles sont celles d'un homme au cœur d'une grande sensibilité bien souvent agité par de tumultueux sentiments. On y découvre avec étonnement comment, avec son ascendance noble et un tempérament bouillant que certains qualifient de «mauvais caractère», Eugène a si bien compris les besoins des humbles, des oubliés et tout mis en œuvre pour leur apprendre Jésus Christ. Et on reste muet d'admiration devant le lent cheminement qui a conduit le jeune homme avide de plaisirs à la prise de conscience du Vendredi Saint 1807 qui va tracer définitivement sa voie.

Un "miracle" que cette révélation vive
de l'amour du Christ en croix?

Chambre Chapelle Eugène de MazenodSans nier le caractère extraordinaire de la 'secousse extérieure' du Vendredi Saint 1807, on peut considérer que le "miracle" est présent à chaque étape de la vie d'Eugène de Mazenod. N'est-il pas amorcé déjà pour le fils du Président attentif dès son plus jeune âge aux besoins des domestiques de la maison paternelle? Dans les amis de choix qui vont jalonner les années d'exil? Dans le mortel ennui suscité par les plaisirs mondains dans lesquels Eugène se plonge dès son retour à Aix? Dans l'urgence aigue qui le saisit de s'arracher à la vanité et au gaspillage d'une vie de dissipation?

Ce "miracle" ne se poursuit-il pas aussi dans la difficile décision de recevoir le Sacerdoce alors que l'amour enveloppant d'une mère, l'espoir de contribuer à réunir les parents séparés, la déférence accordée au jeune de Mazenod menacée de disparaître dans l'anonymat du séminaire, toutes ces choses à prendre en considération n'ont pu empêcher le choix définitif d'Eugène?

Et le reste de la vie du prêtre se poursuit sur le même registre. Rien ne lui sera offert sur un plateau d'argent. Il va lutter contre vents et marées pour que d'autres vivent avec lui son grand projet d'évangélisation. Il va lutter, il va traverser des moments de grande faiblesse mais jamais il ne va lâcher. Le vœu de persévérance demandé à ses Oblats atteste combien son chemin a été parsemé d'autant d'épines que de roses.

Tout cela, Eugène l'a vécu dans une grande fidélité à lui-même. Loin d'être ‘saint dès le sein de sa mère', c'est aussi à réfréner les exagérations de sa nature qu'il devra travailler toute sa vie. Et la grâce aura le dernier mot. Parce qu'il a connu des difficultés comparables à celles de notre monde de 2011, Eugène demeure «un saint pour notre temps». Et parce qu'il est demeuré fidèle jusqu'à son dernier souffle, il nous rappelle combien, d'une vie donnée, le Seigneur peut faire le plus beau des miracles.

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La promesse qui rend vie

(Denyse Mostert)

On a beaucoup parlé d'un chanteur français condamné à huit ans de prison pour avoir battu à mort la femme avec qui il vivait. Depuis lors, il a comme on dit couramment «purgé sa peine, payé sa dette». Aujourd'hui il cherche à se «réinsérer» dans la société.

Croix de jeunesse oblateMais voilà! Cette dernière ne semble pas disposée à lui fournir quittance totale puisque sa participation au festival d'Avignon n'est pas encore acceptée. Après avoir ému les Français, voici que le dilemme se transporte au Québec. Une ministre refuse de prendre position, un autre s'oppose fermement à la perspective de voir le musicien, reconnu coupable d'homicide involontaire, poser le pied au Québec.

Suite à tout cela, je m'interroge sur la conduite que j'adopterais si j'avais le pouvoir de décider en la matière. Force m'est de reconnaître que j'aurais peur. Peur que l'inhabituel de la situation apporte une perturbation supplémentaire à un public déjà soumis à tant d'influences... Mais, il faut bien le reconnaître, je craindrais aussi le risque qu'un tel cautionnement pourrait faire courir à ma réputation. Cela, en ayant conscience que tant de cette frilosité pourrait contribuer à saper l'espoir d'un homme qui essaie de retrouver la place perdue.

J'aurais peur en fait d'un avenir que seul Dieu connaît. Cela ne pourrait-il pas s'appeler un magistral manque de confiance? Tout cela ne serait-il pas une piste de conversion qu'il me serait bon de considérer pour arriver au matin de Pâques.

Une fois de plus, l'Évangile vient répondre à mes hésitations. «Aujourd'hui, tu seras avec moi dans le paradis» a promis Jésus au bandit crucifié à ses côtés (Luc 23:43).

Cette «réinsertion» totale et inconditionnelle de celui qu'on nomme «le bon larron» n'est-elle pas un appel à la miséricorde, à la confiance que j'ai à vivre pour être témoin véritable du Christ Sauveur?

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Véritable Église Corps du Christ
en laquelle je crois

(Denyse Mostert)

Clocher d'église la SalleRécemment je terminais une petite réflexion où il était question de l'Église, celle en laquelle nous redisons notre foi dans le Credo.

Tout au long de la journée j'ai vécu un malaise dont je n'arrivais pas à détecter l'origine. Jusqu'au moment où il m'est venu l'idée de relire ce que j'avais écrit. Cela se terminait par un passage de l'Épître aux Éphésiens où Paul dit de l'Église qu'elle est «le Corps du Christ et sa plénitude» (Eph., 1, 22-23).

Ça été pour moi une prise de conscience. Que ces quelques mots, et combien d'autres qui font partie de notre culture chrétienne, sont lettres mortes pour beaucoup de nos contemporains.

Oui, la réalité demeure. L'Église «est le Corps du Christ et sa plénitude». Mais c'est une réalité qu'il faut apprendre à dire de façon à ce qu'elle soit comprise. Je ressens le besoin de trouver les mots simples et authentiques capables d'exprimer vraiment ce qu'est, pour moi, l'Église catholique dont je fais partie et pourquoi je demeure attachée à une institution dont on connaît le parcours chaotique. Pour cela, un retour dans mon 'histoire sainte' s'impose.

J'ai grandi dans un village où la vie prenait sa couleur tout autant de l'année liturgique que des saisons du calendrier. Comme tous ceux de mon époque, j'ai entendu parler de péché, de ciel, d'enfer. J'ai connu ces fameuses inquiétudes qu'on appelait scrupules. J'ai éprouvé de la fatigue devant un «état de grâce» toujours menacé, dont seul le «tribunal de pénitence» pouvait me guérir… jusqu'à la prochaine chute.

Mais on nous présentait aussi l'Évangile. On y parlait d'amour, de miséricorde. Il nous rappelait les paroles de Jésus en croix: «Père, pardonne-leur…» Il nous parlait de Marie, la mère toujours prête à intercéder pour nous. Et puis, il y avait ma grand-mère avec sa foi équilibrée et confiante

Il y a eu aussi les gens simples au milieu desquels je vivais. Ils priaient à leur façon, ils s'efforçaient de vivre autant que possible en bonne entente. Pas des hommes et des femmes parfaits, mais des gens qui faisaient leur possible. Des gens courageux qui savaient 'se retrousser les manches' après un coup dur. Des êtres humains qui savaient ce que la solidarité voulait dire. Des personnes qui aimaient davantage en actes qu'en paroles. Bref, des gens 'ordinaires'.

Parmi ceux-là, il y a eu un prêtre, fidèle à sa paroisse avec qui il a partagé les horreurs de la guerre et les difficiles années de pacification qui ont suivi. Qui prenait en considération les laissés-pour-compte et leur offrait un endroit où demeurer. Un pasteur parfois redouté pour ses prises de position du haut de la «chaire de vérité». Un homme assez humble pour être capable de présenter des excuses, publiques s'il le fallait, à ceux-là dont il se rendait compte par après qu'il les avait traités injustement. Seule une cécité envahissante l'a contraint à quitter la paroisse où il vivait, depuis plus de trente ans, un ministère houleux mais empreint d'authenticité.

Je pensais parler de l'Église de Rome d'où l'on s'efforce de garder le troupeau dans le droit chemin… Et voici que ce sont des gens ordinaires, dont un simple curé de campagne qui sont venus alimenter ma réflexion.

Finalement voici la véritable Église en laquelle je crois, celle que nous formons ensemble. Ceux qui constituent l'indispensable hiérarchie de l'institution tout comme le peuple de Dieu composé du commun des mortels. Parce qu'ils ont en commun leur foi en Jésus Christ. Et qu'ils croient en leur Église qui est le summum de la confiance de Dieu alors qu'il remet en nos mains la formidable mission de garder vivant son Message. C'est cette Église en laquelle je continue à croire en dépit de toute ses faiblesses, confiante que ce qu'il manque à nos moyens humains, «Dieu y pourvoira».

C'est dans cette Église que nous avons à être lumière, de toutes petites lumières chaudes et discrètes qui vont donner à d'autres le goût de l'amitié, le goût de Jésus Christ.

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L'indispensable persévérance

(Denyse Mostert)

Dans sa lettre pour le 17 février, le P. Louis Lougen, Supérieur général des Oblats de Marie Immaculée, nous invite à célébrer «tant d'années de travail, de luttes, d'énergies dépensées sans compter, de tant de déceptions, mais aussi de joies du Père de Mazenod [qui] s'est sacrifié pour voir enfin son groupe missionnaire approuvé par le Saint Père, et c'est avec une foi persévérante qu'il y est parvenu.»

Les Oblats à Aix-en-ProvenceLes difficultés n'ont pas manqué aux premiers Missionnaires de Provence qui sont «touchés de la situation déplorable des petites villes et villages…» et s'en vont vers eux annoncer Jésus Christ. Ils vont devoir composer avec «l'endurcissement, l'indifférence, l'abrutissement» qui ont saisi les gens de la période postrévolutionnaire.[ii]

Ceci me fait penser aux années de la 2ième guerre mondiale. J'étais très jeune à l'époque, mais tout de même assez grande pour ressentir combien l'atmosphère était devenue étouffante. Que de récits j'ai entendus par la suite! Ils disaient combien le seul fait d'assurer la vie de tous les jours était devenu une lutte incessante, comment la crainte d'un bombardement était toujours présente, qu'il fallait savoir se taire pour éviter les dénonciations pénibles entre citoyens et bien d'autres situations malheureuses… Ne fallait-il pas se créer une solide carapace, s'endurcir en quelque sorte pour survivre à tout cela? Les conflits une fois terminés n'en est-il pas resté une espèce de fatigue tant physique que morale, une sorte d'indifférence qu'il a fallu du temps à évacuer? Ce retour en arrière me permet de mieux comprendre la situation à laquelle ont fait face les premiers Missionnaires de Provence.

Plus ça va, plus c'est pareil, entend-on parfois dire. Sans pour autant nous abandonner à un pessimisme débilitant, force nous est de constater que les Oblats de Marie Immaculée, ces missionnaires de 2011, ont eux aussi à affronter une réalité difficile.

Et nous revoici à la persévérance dont parle le P. Louis Lougen au début de sa lettre. «Je crois que le vœu de persévérance nous engage à ce parcours: grandir comme personnes humaines, comme chrétiens et comme saints». Persévérer! Tout est là. Tant pour les Oblats de Marie Immaculée que pour leurs Associés et en fait pour toute personne désireuse de faire connaître Jésus Christ.

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Faire connaître Jésus Christ...
toute une entreprise

(Denyse Mostert)

«Le vent souffle où il veut...» Voici un verset de Jean (3.8) qui vient de se vérifier ce matin encore pour moi... et nul doute qu’il s’agisse là d’un vent d’Esprit Saint. Vous connaissez bien sûr la page OMIWORLD sur Facebook. Et si vous avez fait une recherche préalable, vous avez vu qu’on la décrivait comme étant une «entreprise locale».

Je sais bien qu’«à Rome il faut vivre comme les Romains» et que sur Facebook il faut cumuler authenticité et langage résolument moderne. Je ne sais vraiment pas pourquoi, ce matin particulièrement, le mot «entreprise» m’a paru comme un peu inconvenant pour une Congrégation religieuse. Quoiqu’il en soit, ma réflexion était enclenchée...

Saint Eugène de MazenodAu bout d’un moment, la femme au jugement trop prompt a cédé le pas à l’épouse de Pierre. Mon mari fut un chef d’entreprise fonceur, entreprenant et doué d’une ténacité pour laquelle je le comparais souvent au roc de Gibraltar. Pierre n’était pas chrétien à moitié. En lui, j’ai aimé son souci de justice.

Et puis voici qu’Eugène de Mazenod lui-même s’est mis de la partie pour me rappeler que le service à la suite de Jésus Christ s’exerce souvent au prix de rudes empoignades avec le concret de la vie. Je pensais particulièrement aux difficultés qu’il a rencontrées dans les débuts de la fondation. Des soucis bien matériels tels que de l’argent à rembourser, la possibilité de perdre la bâtisse où vit la Société naissante, ou encore un recrutement qui s’annonce ardu... et combien d’autres.

Eugène de Mazenod, Pierre... voici deux hommes qui ont su allier vie spirituelle et exigences matérielles. Du coup la définition de la page OMIWORLD m’est apparue plus pertinente.

Plus tard, quelqu’un m’écrivait:

«Je suis impliqué en pastorale à la paroisse oblate Saint-Pierre-Apôtre que vous connaissez sûrement puisque vous connaissez Eugène de Mazenod. S.P.A. est ma communauté d’appartenance. Une pastorale d’inclusivité totale dans le Village Gai et le Centre Sud de Montréal est pratiquée depuis 1996. Deux cents personnes du grand Montréal sont inscrites à notre communauté. Les dimanches, nous nous retrouvons autour de cent cinquante personnes. Je suis aussi Associé aux Recluses Missionnaires pour développer les dimensions adoration-louange-intercession de ma vie de foi, en lien avec la Recluse de Ville-Marie... Jeanne le Ber».

Ce témoignage achevait de me faire réaliser de façon magistrale que ce Royaume de Dieu déjà parmi nous, c’est sur un terrain bien concret qu’il nous faut le proclamer... Que tout travail missionnaire c’est dans une action où le bon sens prend aussi sa place que nous avons à l’accomplir... Que notre vie tout entière se doit de toujours refléter cette Bonne Nouvelle dont nous nous disons les messagers... Et que c’est notre foi en Jésus Christ qui fera de nous des chrétiens persévérants.

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Église catholique et puissance...
Mais quelle puissance?

(Denyse Mostert)

On dirait que chaque Épiphanie réveille les mêmes commentaires souvent tendancieux sur la puissance de l’Église catholique.

Il y a quelques jours je regardais un reportage sur le sujet. Un film de facture soignée qui nous faisait pénétrer dans les fastes de Rome. De Pie XII à ses successeurs, le scénario était le même: cérémonies en grande pompe où la pourpre cardinalice le disputait aux richesses architecturales du Vatican, avec quelques échappées sur les foules de la Place Saint-Pierre. Je regardais ce documentaire avec un certain plaisir jusqu’au moment où quelque chose est venu comme troubler ma satisfaction, un malaise qu’il m’a fallu quelques minutes a identifier.

Ce «quelque chose», c’était l’apparition fugitive de la croix et son Crucifié dépouillé, bafoué, sur laquelle était signifié l’échec apparent de la mission de Jésus.

Notre-Dame-du-CapCe malaise continuant à m’habiter, j’ai repris sur Internet la question de l’heure: «Benoît XVI arrivera-t-il à restaurer la puissance de l’Église catholique?». Une personne a répondu: «Si c'était la puissance de la fragilité et de l'humilité, j'en serais fière... Il nous faut habiter notre Église dans ces attitudes qui peuvent rendre accueillant, je pense, pour un dialogue fécond avec le monde…»

L’homélie de l’Épiphanie prononcée par le P. Louis Lougen, Supérieur général des Oblats de Marie Immaculée, sur fond de puissance elle aussi, nous parle de personnages royaux qui suivent le signe annonciateur d’un messie. Quel message cohérent ces riches venus d’un autre âge peuvent-ils nous laisser à nous citoyens de 2011? Voici la réponse du Père Lougen:

«Dans l’esprit de l’invitation du Chapitre à entrer en conversion, à tous les niveaux de la vie et de la mission oblates (…) la célébration de l’Épiphanie offre diverses considérations pour le nouveau leadership et pour tous les Oblats. Des mages nous apprenons qu’ils…

étaient assez humbles pour poser des questions et admettre qu’ils ne connaissaient pas tout; …ont surmonté la crainte, ont quitté leur terrain familier, leur ‘petits royaumes’ et se sont jetés dans l’aventure pour aller au-delà des frontières; …ont cherché, suivi, demandé leur chemin et regardé le ciel, sans être freinés par la crainte d’essayer, d’échouer, d’être moqués ou rejetés; …ont laissé leurs cœurs bondir de joie en voyant l’Enfant et sa mère, laissant de côté une attitude blasée et cynique du «déjà vu, déjà fait»; …se sont prosternés eux-mêmes en adoration, tout leur être abandonné dans l’amour, oblation;…ont offert des dons dans la joie et la gratitude de leurs cœurs généreux, parce qu’ils ont été capables de voir.

À travers ces différents propos, la croix avec son Jésus crucifié vient de reprendre toute sa place et la puissance de l’Église, toute sa signification.

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Notes:

[i] « Écoutez une autre parabole. Un homme était propriétaire, et il planta une vigne ; il l'entoura d'une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour ; puis il la loua à des vignerons et partit en voyage. Quand approcha le moment des fruits, il envoya ses serviteurs aux vignerons pour en recevoir les fruits. Mais les vignerons se saisirent de ses serviteurs, battirent l'un, tuèrent l'autre, en lapidèrent un troisième… » (Mt 21, 33s) - Bible de Jérusalem.

[ii] Demande d'autorisation. 25 janvier 1816.

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