Nous sommes le 27/05/2017 et il est 13h40 TU+2 - "L'Eglise attend de vous tous un puissant secours dans sa détresse" (Eugène de Mazenod, 1823)

Un regard de foi sur la vie
(Denyse Mostert)

Ce 27/05/2017, vous êtes chez Madame Denyse Mostert. Après une édifiante contribution intitulée "Méditation sur une méditation missionnaire" elle propose, sur cette page web, son regard de foi sur la vie. Il s’agit d'une expérience personnelle de foi, une foi qui se réfère à l’Évangile. Pour les disciples du Christ, "la foi n’est point foi morte, coupée de l’action, mais foi vivante, génératrice d’œuvres". Une foi active, qui sait s'exprimer: "Oui, l'Église m'est très chère, ce qui ne m'empêche pas de lui trouver comme on dit ici [au Québec] 'des coches mal taillées'", affirme Denyse, laïque associée aux missionnaires OMI. Ci-dessous ses articles de haut intéret spirituel.


  1. "Quand viendra le Défenseur" (Jean 15)
  2. Vocation religieuse d'un enfant
  3. Inondations au Canada
  4. Pèlerins de tous les temps
  5. Aveugle de Siloé
  6. Une rencontre imprévue m’avait rendu la paix
  7. Lépreux guéri par Jésus (Marc 1, 40-45)
  8. Réflexion sur la fin d'un synode
  9. Foi et drames humains
  10. Encore Pierre et Paul
  11. Sainte Trinité
  12. Visitation de la Vierge Marie
  13. L'argent du Vatican
  14. Les Saints sans miracle
  15. Des rameaux au calvaire
  16. Repas de famille
  17. L’incroyable Passion
  18. Médaille
  19. Etre sel et lumière
  20. Pas de voix qui s'entende...
  21. Christ-Roi
  22. Un petit tour de toile
  23. "Vanité des vanités..."
  24. Les fils de Zébédée
  25. L’intelligence des Écritures
  26. L'homme seul
  27. À l’heure du triomphe
  28. Pardonner… Être pardonné…
  29. Réflexion d'avant Conclave
  30. Sur une Plage au bord d'un Lac
  31. Epiphanie: Qui sont ces mages d’Orient ?
  32. Jean Baptiste le Précurseur
  33. Le Christ Roi... Mais quel Roi?
  34. La veuve du temple
  35. Tradition
  36. Je te salue, Marie...
  37. Prophète dans son pays?
  38. Apôtre Thomas et Jésus ressuscité
  39. Carême de mon enfance... Je me souviens
  40. Question de guérison
  41. La brisure
  42. Les Martyrs de Pozuelo
  43. Espérance
  44. Pushing ball
  45. Matthieu 21:33-43
  46. Ces objets qui ont nourri notre prière
  47. Vers une foi active et responsable
  48. Quand la rencontre devient témoignage
  49. Le "miracle" d'Eugène de Mazenod
  50. La promesse qui rend vie
  51. Véritable Église Corps du Christ en laquelle je crois
  52. L'indispensable persévérance
  53. Faire connaître Jésus Christ... toute une entreprise!
  54. Église catholique et puissance… Mais, quelle puissance?

Adeline

Famille Denyse

Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap

Armee Canada


 

"Quand viendra le Défenseur"
(Jean 15)

« Quand viendra le Défenseur que je vous enverrai il vous rappellera toutes mes paroles. » (Cfr. Jean 15) En écrivant cela, quelques mots d’un psaume me viennent à l’esprit : Pas de paroles dans ce récit, pas de voix qui s’entendent mais sur toute la terre en paraît le message. » (Ps 18)

 Etoile« Ah !  Si Jésus revenait sur terre ! » entend-on fréquemment.  Aujourd’hui je me rends compte que le Christ n’a en fait jamais cessé d’être présent à ma vie.

Dès avant ma naissance, il me protégeait.  N’est-ce pas lui qui a donné à mes grands-parents assez d’amour pour m’offrir une enfance heureuse ?  N’était-il pas présent dans l’immense solidarité des gens du village lors de la 2ième guerre mondiale ? Dans l’éducation soignée que j’ai reçue malgré les faibles revenus des miens ?  Dans le grand amour de ma vie rencontré alors que j’avais 17 ans et qui dure encore alors que Pierre est décédé depuis des années ? Dans mes quatre fils et leurs familles tellement présents dans ma vie ?  Et dans l’immense faveur qui m’a été donnée de rencontrer les Oblats de Marie Immaculée, et dans mon engagement à vivre le charisme d’Eugène de Mazenod ?

Jésus et son Évangile étaient là aussi lors des moments difficiles.  Que de fois ses paroles ont apaisé mes mouvements de colère, de rancune, m’incitant à la patience et au pardon, me donnant aussi le courage d’avancer quand la morosité menaçait de m’envahir… Oui, je peux affirmer que sans cesse le Défenseur nous rappelle les paroles du Christ toujours vivant.

Denyse Mostert, 2017-05-22

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Vocation religieuse d’un enfant

Expérience vécue… J’ai entendu à plusieurs reprises des parents se désoler de la vocation religieuse d’un Eglise, Namibiaenfant.  – C’est malheureux, disaient-ils de le perdre après tous les efforts faits pour son éducation !  Comme si le fait de se consacrer au Seigneur signifiait entrer dans un monde spirituel où l’on plane au-dessus des problèmes bien concrets du reste des humains !

L’évangéliste Jean nous rapporte ces mots de Jésus : «Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et soyez  pour moi des disciples». (Jean 15)

Que de sagesse dans l’amour d’un Père qui nous rappelle la vocation missionnaire à laquelle nous sommes tous appelés ! Et quelle joie d’être à la fois enfants de Dieu, disciples du Christ et attentifs à la vie de nos frères et sœurs !

Denyse Mostert, 2017-05-17

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Inondations au Canada…

Peut-on vraiment évoquer le grand dérangement d’une pluie abondante ?  Petite catastrophe si on pense aux conflits de toutes sortes qui ravagent l’humanité aujourd’hui !  Mais toutes choses ont leur importance et cela ne minimise pas l’inconfort de ceux qui doivent quitter leurs maisons menacées.

Inondations au CanadaArmée au secours

Voici les images que nous font voir les médias ce matin [dimanche, 07 mai 2017]. Des villes du Canada les pieds dans l'eau et des militaires au secours des sinistrés... Ne voilà-t-il pas qui démontre que les forces armées sont aussi très importantes au point de vue pacifique ? Et que la vie serait bien plus belle si les puissants de ce monde le comprenaient et agissaient en conséquence. La force pourrait alors se mettre pleinement au service du bien ! Bien sûr, on peut appeler cela un rêve en couleur. Et pourquoi pas ? Si on y pensait chacun dans son milieu, cela pourrait changer bien des choses...

Une attitude qui rappellerait le Bon Samaritain de l’évangile !

Denyse Mostert, 2017-05-07

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Pèlerins de tous les temps...

Disciples d'EmmaüsCes hommes tristes sur le chemin d’Emmaüs (cf. Luc 24, 13-35), n’est-ce pas un peu nous ? Rien n’avait marché comme ils le pensaient. On avait mis à mort un jeune homme dont le seul crime avait de faire le bien et dénoncer l’injustice. Ils ont fait le chemin de Jérusalem à Emmaüs en compagnie d’un voyageur à qui ils ont dit leur désarroi. Celui-ci s’est mis à leur parler des Écritures et des prophètes. Il les a qualifiés « d’esprits lents à croire ».

Le soir tombé, leur compagnon de route est resté avec eux. C’en est fini des grands discours. Il se joint au repas, tout simplement. Les yeux des disciples s’ouvrent alors. "Ils reconnurent le Seigneur à la fraction du pain..." raconte alors l’évangéliste Luc.

Quelle leçon ! Un morceau de pain rompu et partagé a réalisé ce que les enseignements sur la route n’avaient pu faire ! Ils ont alors reconnu le jeune Galiléen et son message de s’aimer les uns les autres « en esprit et en vérité ». N’est-ce d’ailleurs pas à travers le partage quotidien que nous devenons témoins crédibles de Jésus ressuscité ?

Denyse Mostert, 2017-04-20

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Aveugle de Siloé
(Jean 9.1-41)

Piscine de Siloé
(Piscine de Siloé - Photos Google)

Ne sommes-nous pas tous cet homme à qui Jésus a rendu la vue? [Lire texte complet]. Dans cet épisode de Jean, il y a un mendiant aveugle de naissance.  Et une question des disciples à Jésus : « Qui a péché, lui ou ses parents pour qu’il soit né aveugle ? » (v2). Il s’agit ici d’une perception répandue qui veut que toute faute soit héréditaire. Qu’elle doit être expiée par le coupable ou l’un de ses descendants… 

Idée fausse que des prophètes de l’Ancien Testament ont récusée.  Ainsi le prophète Ézéchiel. (18.2) – « Pourquoi dites-vous ce proverbe dans le pays d'Israël: Les pères ont mangé des raisins verts, et les dents des enfants en ont été agacées? »  Poser la question, c’est déjà y répondre et Jésus à son tour ouvre les yeux de ses disciples : - « Ni lui, ni ses parents n’ont péché. » (v3),  « Cela dit, il cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue ; puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle » (v6), raconte Jean. Geste étonnant que nous ne tenterons pas d’expliquer parce que…

Parce que la suite est plus étonnante encore.  Probablement la rumeur accompagnant Jésus est-elle arrivée jusqu’à l’aveugle… Sur l’ordre de Jésus « Va te laver à la piscine de Siloé » (v7), on le voit alors se rendre docilement à la piscine de Siloé et s’y laver les yeux.    Mais tout de même !  Obéir ainsi à un ordre bizarre demande une certaine foi !   Et même une foi certaine dont je me demande si je l’aurais eue.  Car, comme bien du monde, j’aime généralement passer à l’action en toute connaissance de cause.

Jésus et aveugleQuant à l’aveugle, continue l’évangéliste « quand il revint, il voyait » (v7). Pas besoin d’expert pour corroborer la guérison.  Il s’agit d’un mendiant bien connu de l’entourage.  Et les commentaires fusent de partout.  Il ne peut alors que raconter sa rencontre avec Jésus.  Jusqu’au moment, où, énervé par les questions insidieuses et insistantes des pharisiens, il leur demande avec un brin de malice : « Serait-ce que vous voulez, vous aussi, devenir ses disciples ? » (v27)  Et continue avec simplicité : - « Dieu, nous le savons, n’exauce pas les pécheurs, mais si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, il l’exauce… Il m’a ouvert les yeux.  Si lui n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. » (v31.33) Cela se passait aux abords du temple. Bouche cousue, les contestataires le jettent dehors.

De cet épisode tellement riche de l’évangile de Jean, je retiendrai particulièrement la tendresse de Jésus pour les plus pauvres.  Comment il porte attention au pauvre homme qui mendiait son pain. Et comment, alors que celui-ci guéri « revient au Temple » Jésus le cherche,  s’en fait reconnaître et l’amène ainsi à comprendre l’œuvre de Dieu dans ce qui vient de se passer.

Ce qui m’amène à trouver une certaine analogie entre cet épisode et nos propres vies...  À reconnaître que notre histoire n’aurait pas été la même sans la protection constante de Dieu-avec-nous. Dieu qui donne le courage d’un quotidien où il faut parfois lutter, parfois même pour survivre… Dieu sans qui tant de dénouements de situations, tant de pardons à prime abord impossibles ne pourraient se produire.  Dieu en qui nous avons, comme le mendiant de Siloé, de solides raisons de croire.

Denyse Mostert, 2017-04-18

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Une rencontre imprévue m’avait rendu la paix

Réflexion sur l’Évangile du 3e dimanche de Pâques, Année B : Luc 24, 35-48

Jésus ressuscité

(Denyse Mostert)

Pour les disciples d’Emmaüs, c’est un retour  pas comme les autres ! Ils sont Incroyablement tristes,  ils n’en finissent pas de discuter de ce qui vient d’arriver à Jérusalem.  Tout semblait fini et bien fini pour ce Jésus en qui ils avaient mis leur confiance.  Et pourtant tout allait changer.  Parce qu’un inconnu avait fait route avec eux, s’était mis à leur  parler des Écritures et, arrivés à Emmaüs, avait partagé avec eux le pain et le vin…  Et voilà qu’ils avaient reconnu celui qu’ils croyaient mort.

C’est là une chose qu’ils ne peuvent garder pour eux.  Aussi, sans attendre, ils retournent à Jérusalem, pour raconter l’événement aux apôtres et aux proches de Jésus.  Plus facile à dire qu’à croire ! Comment prendre au sérieux le discours de ces deux voyageurs ?  Ils sont pourtant au courant des derniers événements !  Ils ont vu le Maître qu’ils suivaient jugé, arrêté et condamné. D’ailleurs pourquoi ont-ils quitté la ville ? L’évangile n’en dit rien mais on peut penser que c’est la peur qui leur a fait fuir le lieu du drame, ou encore le désir de s’éloigner de l’endroit où a eu lieu une exécution incompréhensible à leurs yeux. À la place des apôtres, J’aurais été sceptique moi aussi au récit des deux hommes.

Il a fallu que le Maître s’en mêle !  Et même sa soudaine présence et son souhait de paix ne suffiront pas à convaincre ceux qui sont restés à Jérusalem. « Frappés de stupeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit. », raconte l’évangéliste Luc (Luc 24,37).  À leur place, il est fort probable que j’aurais eu une réaction semblable,  oubliant du même coup tout ce que Jésus avait révélé  de ce qui allait lui arriver.

Devant leur stupéfaction il leur a dit : « Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi.  Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os et vous constatez que j’en ai. Et il ajoutera : « Avez-vous quelque chose à manger ? » (Luc 24,41) Et  pour qu’aucun doute ne subsiste, il répètera le geste familier du repas qu’il a tant de fois pris avec eux.  Alors ils crurent, continue Luc.

Denyse Mostert Une telle scène ne risque pas de se répéter pour nous !  Enfin, pas de la même manière.  Mais en y regardant de plus près, l’attitude des disciples d’abord sceptiques n’est-elle pas aussi la nôtre ?  Comme eux, nous avons lu l’Évangile, les paroles de Jésus nous sont devenues familières. Nous avons cru à sa résurrection et qu’il demeurait toujours proche de nous.  Puis, un jour, on ne sait trop pourquoi, tout s’est occulté de l’intérieur.  Nos cœurs sont devenus secs, nous nous sentions abandonnés. 

C’est précisément mon histoire personnelle.  Alors qu’il faisait bien sombre dans mon cœur, quelqu’un s’est approché de moi. Un ami, rencontré ce jour-là par hasard. Il m’a écoutée, je lui ai parlé de mes doutes, il m’a rappelé les paroles de Jésus. Et, parce qu’il était à la bonne place, au bon moment, petit à petit la joie renaissait en moi. Comme la joie de Pâques dans le cœur des disciples de Jérusalem.  Parce que Jésus était arrivé dans mon quotidien… parce qu’une rencontre imprévue m’avait rendu la paix.  Chaque chose à son heure. Tout simplement.

Denyse Mostert, 2015-04-18

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Lépreux guéri par Jésus (Marc 1, 40-45)

Image Christ

C’est devenu sa vie de tous les jours.  Jésus marche, il rencontre les gens, il leur annonce  la Bonne Nouvelle.  « Le Royaume, dit-il, est déjà parmi nous. »  Sa popularité le précède.  On veut le voir, l’entendre dire que, chez son Père, les derniers passeront en premier, que le salut est offert à tous… Comme pour donner du poids à ses paroles,  il n’hésite pas à se pencher sur les misères qu’il rencontre, il les guérit même à l’occasion.

Mais voilà, il lui faut payer en quelque sorte la rançon de la gloire.  Probablement qu’Il aimerait, lui Jésus, délivrer son message sans se trouver pris dans une foule de plus en plus nombreuse.  Mais il lui faudrait pour cela fermer les yeux sur tant de misères autour de lui!  Et de cela, il est incapable.  Aussi, devant « un lépreux qui tombe à genoux et le supplie : « Si tu veux, tu peux me purifier! », Jésus « pris de pitié », raconte Marc, étend la main, le touche et le guérit. 

Il le guérit au risque de… voir arriver une foule encore plus nombreuse avec son lot de fatigue supplémentaire pour les disciples… avec la possibilité que l’Annonce du Royaume se trouve diluée dans la cohue.  D’où l’avertissement sévère : « Ne dis rien à personne, va te montrer au prêtre… » «Mais voilà.  Le lépreux ne peut pas se retenir.  Et il annonce à grands cris sa guérison.  Avec le résultat qu’on connaît. « Il n’était plus possible à Jésus d’entrer ouvertement dans une ville.  Il était obligé d’éviter les lieux habités…  mais de partout on venait à lui ».

À première vue, on serait tenté d’en vouloir à ce miraculé.  La reconnaissance ne lui imposait-elle pas  en effet d’obéir à la demande de Jésus ?  De la logique pure… mais « le cœur a ses raisons »…  On sait par expérience qu’une bonne nouvelle c’est difficile à garder pour soi, qu’un événement heureux ça se partage…  À la place de cet homme, aurait-on été plus discret?  Pas sûr du tout.  Alors ?

Les miracles retentissants se faisant rares de nos jours, il est peu probable qu’une telle situation nous arrive.  Pourtant notre foi ne nous dit-elle pas qu’il arrive d’autres guérisons, moins spectaculaires celles-là mais tout aussi radicales? On peut appeler cela des conversions. Ceux à qui cela arrive n’ont-ils pas également envie d’annoncer leur bonheur autour d’eux ?

C’est bien ici le moment de reconnaître le bon sens du conseil de Jésus au lépreux et de reconnaître qu’il peut aussi nous concerner.   À l’occasion,  il est en effet souhaitable de faire montre de discrétion, de ne confier certaines choses qu’à quelqu’un capable d’en discerner la valeur.  Le reste va alors de soi.  Il suffit de laisser Dieu être Dieu.  Il fera en sorte que notre vie transformée devienne par elle-même témoignage des grâces reçues.

Denyse Mostert, 2015-02-11

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Réflexion sur la fin d’un synode

Peinture la Samaritaine

Nombreux étaient ceux (peut-être des naïfs dans mon genre…) qui en espéraient une avancée digne de l’Évangile. Ce n’était tout de même pas une invention que cette attitude de Jésus envers les exclus de la société ! Même Matthieu le sérieux avait trouvé bon de rapporter la question de pharisiens : "Pourquoi votre maître accepte-t-il des pécheurs à sa table?", et la réponse du Jésus - "Ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin de médecin mais les malades". (Mtt 9. 11,12,13)

Au synode, "les questions sensibles portant sur les divorcés-remariés et sur l'accueil des personnes homosexuelles n'ont pas trouvé la majorité des deux-tiers requis. »(1) Le Pape François a terminé par ce qui se veut une note d’espoir son « discours percutant » : « Nous avons encore un an pour mûrir, avec un vrai discernement spirituel, les idées proposées et trouver des solutions concrètes à tant de difficultés et d’innombrables défis que les familles doivent affronter, à donner des réponses à tant de découragements qui entourent et étouffent les familles.»(2)

Il nous reste à montrer par notre attitude combien nous nous sentons proches de tous ceux-là qui se voient refuser l’approche sacramentelle qu’ils sont nombreux à désirer.

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Denyse Mostert, 2014-10-19

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Foi et drames humains

Autour des drames du temps présent, chacun y va de son commentaire…  L’un va parler de « l'ignorance crasse [qui] fait partie de nos mœurs… outil par excellence pour faire des vassaux », tout cela dans une soif inextinguible de pouvoir et d’argent.  Un autre va exprimer le « grand sentiment d’impuissance » des gens ordinaires à changer quoi que ce soit à ces tristes réalités.   Et un troisième introduira une dimension différente dans l’échange : « Ne plus savoir, ne plus pouvoir, ne plus comprendre, c'est peut-être la seule attitude juste devant Dieu... ? C'est là que commence la foi. »

Peut-on parler de foi après avoir évoqué toutes les atrocités de notre époque ?  Je crois fermement que c’est la seule attitude propre à préserver ce qu’il y a d’humain, ce qu’il y a d’espérance en chacun de nous. Toutes proportions gardées, ne sommes-nous pas un jour ou l’autre appelés à réconforter l’un de nos semblables et n’avons-nous pas besoin à cet effet de conserver l’espérance que tout ce qui a été créé ne l’a pas été en vain ?  Ceci peut s’appeler altruisme ou encore foi en un Dieu qui nous a confié une part de responsabilité là où nous vivons.  Toutes croyances confondues, n’est-ce pas là que nous ferons notre part, si modeste soit-elle, pour adoucir la tragédie humaine ?  Qui sait ?  Peut-être bien qu’une étincelle d’humanité s’allumera petit à petit dans l’âme des puissants de la terre…

Denyse Mostert, 2014-07-20

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Encore Pierre et Paul

Rencontre Canada

ENCORE PIERRE ET PAUL… Décidément, depuis la célébration de leur fête, ils me hantent ces deux-là ! Voila que me touche maintenant l’évidence d'un milieu qui ne les destinait vraiment pas à se rencontrer. 

Voici Pierre,», rude pécheur galiléen aux émotions spontanées, qui a suivi Jésus durant toute sa vie publique et que le Christ fera chef de son Église. Et Saul de Tarse, né en Cilicie dans une famille assez aisée pour l’envoyer étudier, Juif entièrement dévoué à la religion de ses Pères, d’où la persécution des premiers chrétiens qu’il va mener avec ardeur. Pierre et Paul se rejoindront un jour au milieu de leur Histoire sainte. Et tous deux deviendront fervents défenseurs du Christ. Et tous deux y laisseront leur vie.

Rien n’est fortuit dans l’existence humaine et, avec Dieu les choses les plus improbables peuvent devenir réalité. Qui sait ce qui peut naître des rencontres qui parsèment nos vies ? Des choses en sortiront qu’on ne pourra contester. D’autres par contre seront d’une discrétion telle qu’elles nous resteront inconnues. Mais qui peut mesurer l’impact d’un sourire, d’un moment d’attention, d’un petit coup de main ou encore d’une profession de foi quand l’occasion s’en présente ? L’époque est loin où, selon une formule consacrée, on gardait pour soi « les secrets du roi ». Sans aller jusqu’à l’insupportable ostentation, n’est-il pas juste et bon de partager tout simplement l’action du Seigneur dans nos vies ? 

Dieu seul sait le bien qui peut jaillir de ces moments d’humanité partagée. Dieu seul peut tourner vers le même but des êtres en apparence inconciliables tels que Pierre et Paul... À se rappeler en cette période estivale aux multiples rencontres !

Canada

Denyse Mostert, 2014-06-30

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Sainte Trinité

Icône le moine Roublev1 + 1 + 1 = 1… Définition de la Sainte Trinité que nous avons tous apprise. Apprise, mais, pour ma part, jamais saisie… L’équation bizarre n’était pas seule en cause. Pour édifiantes qu’elles étaient, les images pieuses de mon enfance me laissaient un malaise, comme si un élément important avait été oublié de ce Dieu en trois personnes... 

Bien plus tard, le moine Roublev est venu résoudre pour moi le problème. Là aussi, Ils étaient trois bien distincts l’un de l’autre. Qui était le Père, le Fils et l’Esprit ? Aucune importance. Pour moi seuls comptaient cette attention des uns envers les autres, les regards d’où semblait jaillir un amour infini et la coupe proposant de le vivre à qui le désirait. 

D’autres parleront bien mieux de ce mystère trinitaire. Pour moi il a nom Amour.

Denyse Mostert, 2014-06-14

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Visitation de la Vierge Marie

Réflexion à retardement... Il y a des textes entendus depuis bien des années et qui, un beau jour, ont encore un message à livrer, un message tellement simple qu’on se demande comment n’en pas avoir pris conscience plus tôt. Voici bien qui vérifie que l’Esprit souffle quand il veut…

Icône Visitation Vierge MarieL’évangile de Luc avait encore une perle en réserve pour moi. Luc, qui sait si bien nous parler de Marie, de sa surprise, de ses hésitations, de la grande paix du fiat définitif et de la visite chez Élisabeth, du grand courant qui a circulé entre les deux cousines porteuses de révélations hors du commun ! Émerveillement, joie de la confidence, bonheur de se savoir comprise, Marie va exprimer tout cela dans le Magnificat.

Rien de neuf pour moi dans ces récits… sinon que la finale de chacun d’eux vient s’imposer à moi de façon toute particulière. « Alors l’ange la quitta » spécifie Luc. « Marie s’en retourna chez elle », prend-il soin de noter après le belle rencontre heureuse avec Élisabeth.

Deux départs successifs qui me semblent un peu trop rapides … Le messager céleste n’aurait-il pu prolonger sa présence auprès de la jeune femme bouleversée? Comme il paraît possible qu’après la ferveur du Magnificat, Marie aurait été heureuse de rester quelque temps encore auprès d’Élisabeth !

Mais la vie poursuit son cours et Marie se retrouve seule devant un futur hypothétique. Comme il nous arrive aussi de devoir nous arracher à des moments de grande ferveur pour retrouver grisaille et problèmes de la vie courante. Pourquoi ne pas laisser alors la mère du Christ nous rappeler les "merveilles du Tout-Puissant" et combien son amour "se répand d'âge en âge ?

Denyse Mostert, 2014-06-01

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L’Argent du Vatican

Vatican Saint Pierre Rome

On est loin de la projection des films bibliques à grand déploiement qu’on nous proposait jadis durant la période pascale !  Hier, Grand Reportage sur RDI : L’ARGENT DU VATICAN.

Y étaient dénoncées à grand renfort de détails les exactions commises par les « gérants malhonnêtes » en place.  De quoi faire monter en soi une sainte colère et peut-être aussi la tentation de se dissocier d’une Église aussi déviante.

Mais on y parlait aussi du Pape François.  Avec la détermination qu’on lui connaît de ramener l’intégrité dans un milieu dont la seule attitude devrait être le Christ et son Message, le Christ et son option préférentielle pour les pauvres.

Une image m’a frappée où François, tout de blanc vêtu, déambulait au milieu d’une cohorte en habits foncés.  « La vie du pape pourrait être menacée », a dit en principe le commentateur faisant allusion à la mafia et autres ayant abusé allègrement de l’argent du Vatican.  Un fait qui m’a fait réaliser l’ampleur de la lutte entreprise et surtout le risque total encouru par celui qui a décidé de lutter pour que l’Église retrouve sa vocation d’amour et de compassion.  Une attitude à travers laquelle se voit distinctement le miracle de la foi.

Denyse Mostert, 2014-04-23

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Les Saints sans miracle

Icône Pierre haranguant la foule

On parle beaucoup ces temps-ci de canonisations « sans miracles ».  Dans ma famille comme ailleurs, c’est devenu un sujet souvent abordé.  Ce sont des questions auxquelles mes enfants sont en droit d’obtenir une réponse de ma part.  Réponse personnelle bien sûr, avec les mots tout simples qui sont les miens.

La voici.   J’avoue que cette nouvelle disposition promulguée par le Pape François me plaît infiniment.  Parce qu’elle enlève la primauté reconnue jusque là au fait extra-ordinaire pour la donner désormais à ce qui, dans la vie du futur canonisé, a été témoignage sans équivoque de sa foi en Jésus Christ.

Juste à revenir sur la lecture des Actes des Apôtres où on voit Pierre, le peureux, celui qui a renié son Maître à trois mesures, haranguer la foule « d’une voix forte ».  Ce qui, humainement parlant, ne lui portera pas chance… 

Combien il y en a parmi nous des hommes et des femmes à avoir un jour pris,  quoi qu’il en coûte le parti de Jésus ! Au risque de… car la réponse de notre société moderne à ces professions de foi n’est pas toujours évidente, loin s’en faut !

C’était le point de vue d’une « simple laïque » et le merci au Pape François de nous montrer où se trouvent vraiment les « richesses d’en-haut ».

Denyse Mostert, 2014-04-22

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Des rameaux au calvaire

Un épisode du cours d’Histoire me revient nettement ce matin.  Cela se passe à la fin du 5ième siècle, Clovis roi des Francs, vient de se convertir.  Lors de son baptême, l’évêque de Reims aurait prononcé Entrée triomphale de Jésus à Jérusalemsolennellement : « Courbe la tête, fier sicambre, brûle ce que tu as adoré, adore ce que tu as brûlé… ».  Bien sûr c’était de bonne guerre pour un tel personnage embrassant la religion catholique devant tout un peuple.  Je me demandais cependant comment une volte-face de cette envergure pouvait vraiment se faire.

Même réflexion ce matin au sujet des derniers jours de la vie de Jésus de Nazareth. Il y a peu, l’évangile nous le montrait  qui entre à Jérusalem, aux cris de joie de la foule.  Pourtant, quelques heures plus tard,  les alléluias se sont changés en sentence de mort.  « Crucifiez-le, crucifiez-le… » Ceux qui l’adulaient à Jérusalem semblent ne plus être là pour prendre sa défense…

Les détracteurs de Jésus ont fait du bon travail.  Dénonciations, menaces en sous-main, manipulation ont bien dû être nécessaires pour en arriver à un tel retournement de situation.  La nature humaine à son plus bas.  Il n’y manque même pas la trahison de l’apôtre qui pourtant a suivi le Maître trois années durant !  On a beau ne pas vouloir juger. Il y a là quelque chose qui soulève l’indignation.

Aujourd’hui ma réflexion va plus loin. Je pense à tant de gestes qui font mal de la part de ceux-là à qui on faisait confiance, tant de compagnons disparus au moment d’une implication possible, tant de mots retenus alors qu’une opinion sincère serait de mise, tant de nonchalance alors qu’une voix intérieure m’envoie vers une action  dérangeante… La liste pourrait se continuer avec exemples douloureux à la clé.  

Si j’avais été présente à l’heure où Pilate donne à la foule de choisir entre Barrabas et Jésus, est-il bien certain que j’aurais risqué de prendre le parti de celui qui dérangeait tant les autorités ?  Ne me serai-je pas comme beaucoup d’autres laissé emporter par la crainte du qu’en-dira-t-on, les représailles éventuelles ?

Que ces quelques considérations, loin de nous conduire à une culpabilité stérile, fassent ressortir davantage l’amour du Juste sur la croix salvatrice.  Et la miséricorde du Père qui ne cesse d’attendre l’enfant qui un jour reviendra.

Denyse Mostert, 2014-04-16

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Repas de famille

Marie lave les pieds de JésusLes choses avancent rapidement autour de Jésus. La résurrection de Lazare a été le point d’orgue attisant les peurs des puissants. Et pourtant, Jésus continue comme si de rien n’était. 

On le retrouve à la table de Lazare et de ses sœurs. Repas de reconnaissance et rencontre d’une amitié solide que les rumeurs menaçantes n’ont pu ébranler. On peut s’étonner de la présence des apôtres … un peu comme s’ils étaient de trop. Aucun clivage chez Jésus. Ceux qui le suivent fidèlement depuis les débuts ont droit eux aussi à ce moment émouvant.

Et on s’imagine la conversation ! Bien sûr l’incroyable réveil de Lazare mais aussi le mécontentement croissant de ceux qui redoutent ce témoin gênant et n’auront de cesse de les faire disparaître, lui et le Nazaréen dont la renommée ne fait que croître. Le repas chez Lazare m’apparaît comme une cène un peu semblable à celle que vont vivre quelque temps plus tard Jésus et ses disciples. On y parle de mort, mais aussi d’amour. 

Il y a Marie et le parfum, « très cher » qu’elle verse sur les pieds de celui qu’elle aime. Et parce qu’il en est ainsi depuis toujours, il y aura une critique acerbe de ce geste sans prix. « Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum pour le donner aux pauvres ? », dira Juda. De sa réponse, Jésus fera d’une pierre d’un coup. « Laisse-la… » dira-t-il, prenant ainsi la défense de Marie… Puis il parlera de son « ensevelissement » signifiant qu’il sait le rôle que va jouer l’apôtre dans sa condamnation.

N’eut-ce pas été l’occasion pour le traître de revenir sur sa sinistre décision tant qu’il en était temps encore ? Quoi qu’il en soit, on sait que la trahison a été consommée. Dans quelles ténèbres intérieures Juda a-t-il vécu ces dernières heures ? Juger, condamner ? L’Histoire s’en est chargée. Je ne m’y risquerai pas. Surtout si je viens à penser aux avertissements intérieurs qui me sont adressés et auxquels il m’arrive parfois de faire la sourde oreille.

Denyse Mostert, 2014-04-15

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L’incroyable Passion

Image passion du Christ
Image source: www.allocine.fr/

La passion de Jésus, elle a commencé bien avant Gethsémani.  Elle habite l’homme jeune venu se faire baptiser au Jourdain en réponse à l’appel intérieur qui le lance sur les routes de Galilée. Pour y annoncer une incroyable Nouvelle. Une Nouvelle qui réconforte, qui soulage… mais aussi qui soulève le mécontentement des gens bien installés dans leur tranquillité.

Une passion vécue jusque dans la souffrance. Il y a ceux qui ont entendu Jésus, l’ont touché, qui ont été guéris et qui ont compris… et il y a les coups d’œil en coin, les déformations de ses propos et les pièges qu’essaient de lui tendre ceux qui ont tout intérêt à ce qu’il se taise.

Le repas de la Pâque juive qu’il prend avec ses amis ne ressemblera à nul autre. Les disciples sont mal à l’aise. Judas quittera furtivement la table. Et Jésus sait que l’heure est proche où il devra vivre son amour-passion jusqu’au bout. 

Ce repas deviendra un mémorial ineffaçable. « Prenez, mangez, ceci est mon corps… Prenez, buvez, ceci est mon sang, le sang de l'alliance… » Puis il y a l’annonce tragique : « Je ne boirai plus désormais de ce fruit de la vigne, jusqu'au jour où j'en boirai du nouveau avec vous dans le royaume de mon Père. » Stupeur, protestations… et, après avoir chanté les cantiques rituels, départ vers le Mont des Oliviers.

Alors Jésus leur dit : « Je serai pour vous une occasion de chute… » Eux ne peuvent le croire, mais lui il sait que bientôt, l’ami de jadis va amener les  soldats. Et que la peur fera fuir tous les autres… Et il souffre, il prie, et il implore son Père. Il va pourtant  accepter d’être pris, de se retrouver seul sous les questions, les quolibets, les coups de fouet. Il sera seul encore pour entendre la foule l’envoyer au gibet. Lors de la montée au calvaire, il faudra réquisitionner un étranger pour l’aider à porter sa croix,  pour qu’il ne s’épuise avant d’arriver au sommet. Celui qui a tant aimé va crier « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Et il rendra l’esprit.

Ceux l’ont connu et suivi apprendront bientôt que sa mission est accomplie, que, désormais, il demeure jusqu’à la fin des temps avec eux et avec tous ceux qui croiront  en son nom.

La vie a pris le pas sur la mort. Le gibet du Golgotha est devenu la croix glorieuse. C’est la belle et grande réalité d’une passion qui a changé la tragédie en allégresse. Et les disciples consacreront désormais leur existence à parler de lui à ceux qui avaient abandonné tout espoir. Héritage qui nous est laissé et qu’il nous reste à vivre en vrais témoins de Jésus de Nazareth.

Denyse Mostert, 2014-04-13

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Médaille…

Médaille d'orBien sûr, à la TV les olympiques sont à l'honneur. Je regardais distraitement en prenant mon café. Parmi tant d'autres images, un gros plan de la tant convoitée médaille d'or.

Devinez ce qui m'est passé dans l'esprit à ce moment ! Je me suis mise  à penser à une autre « médaille », toute blanche celle-là...  qui donne à tant de chrétiens la force de vivre la difficile épreuve d'une vie évangélique.

Oui, je pensais à l'hostie, cet humble petit morceau de pain sans levain qui n'en finit pas de s'offrir à nous. Celui que nous sommes invités à prendre "en mémoire du Christ". N'est-ce pas là ce Dieu caché qu’il nous arrive si souvent de chercher ?  Le Dieu qui est toujours présent et sait profiter de tout pour se rappeler à notre souvenir ?

Médaille d'argent

Denyse Mostert, 2014-02-08

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Être sel et lumière …
(Mathieu 5, 13-16)

Bougie alluméeAvez-vous remarqué ? Pour Jésus, tous les endroits sont bons quand il s’agit de parler du Royaume de Dieu. On le voit tantôt au Temple, sur les routes, sur les bords du lac ou encore, comme dans cet évangile de Mathieu, sur la montagne. Un dénominateur commun : que beaucoup puissent s’y rassembler. La Bonne Nouvelle n’est pas l’apanage de quelques privilégiés, pas besoin d’avoir une carte de membre d’un groupe ou l’autre pour y avoir droit, tous sont invités à venir l’entendre.

Pour la comprendre, nul besoin non plus d’études poussées. Ses exemples, Jésus les prend dans la vie quotidienne. J’ai à la maison un merveilleux petit livre intitulé « Les Histoires de Jésus ».  Cela n’a pas été long pour ma petite-fille Adeline (6 ans) de saisir le sens du Bon Samaritain, ni du berger qui part à la recherche de la brebis perdue, ni non plus celui du fils qui vient demander pardon à son père…

Les choses les plus simples, celles dont on s’attendrait le moins à tirer des leçons de vie, Jésus les emploie. Tout peut servir d’exemple à Jésus de tout ce qui meuble le quotidien. Ainsi le sel. Qu’y a-t-il de plus commun que du sel ? Qui penserait à s’en servir comme exemple ? Rien n’est insignifiant pour Jésus. En fait, plus important qu’il n’y paraît à première vue, le sel ! On sait que, dans  certaines parties du globe « partager le pain et le sel » est un gage d’hospitalité. Et qu’un peu de sel donne de la saveur à nos préparations culinaires.

« Vous êtes le sel de la terre », dit Jésus aux foules rassemblées. Et de leur faire comprendre combien chacun d’eux est important pour le bonheur de tous… combien la nonchalance et le repli sur soi peuvent créer une atmosphère morose… dénuée d’espérance…  comment on peut se retrouver seul, séparés de tous ceux-là qui ont besoin d’enthousiasme.      

La suite du discours s’adresse à tous ces grands timides qui n’osent s’avancer, parce qu’ils sont aux prises avec une humilité mal placée.  Je l’ai vécue… et bien d’autres avant moi. J’ai eu peur, et cela m’arrive encore à l’occasion, de voir poindre ce péché d’orgueil contre lequel on nous mettait tellement en garde. De ce fait, bien des gestes de valeur n’ont hélas jamais vu le jour…

« N’ayez pas peur, nous dit Jésus, allez de l’avant… »  Et il donne alors des exemples inattaquables dans leur évidence… « Une ville situés sur une montagne ne peut être cachée ». Il dit aussi : « on n’allume pas une lampe pour la mettre sur le boisseau… »

Voici donc tracée notre ligne de conduite. À nous d’y avancer avec mesure. Trop de sel en effet peut rendre immangeable la nourriture et on sait qu’une lumière aveuglante nous empêche de voir ce qui nous entoure… A nous aussi d’y avancer avec vérité, en enfants de Dieu conscients que tout ce que nous sommes, c’est de Dieu que l’avons reçu.

Et si par hasard, nous trouvions notre lumière trop terne, trop faible pour véhiculer la Parole de Dieu ? Tout dernièrement, je lisais ces paroles de Benoît XVI : « Le nouveau pape, disait-il,  sait bien que sa tâche est de faire en sorte que la lumière du Christ brille devant les hommes et les femmes du monde – non pas sa propre lumière, mais celle du Christ.  »

Voilà qui résume admirablement la manière évangélique d’être sel et lumière. Alors pourra se réaliser la parole de Jésus.  Voyant le bien accompli, les gens ne pourront que rendre « gloire à [notre] Père qui est aux cieux ».

Denyse Mostert, 2014-02-04

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Pas de voix qui s’entende…
(Psaume 18, 4)

Denyse MostertC’est en effet une histoire sans parole que je veux vous confier.  C’est un de ces moments où tout nous semble enchevêtré, où on ne sait trop comment composer avec les remous qui nous agitent tout à coup. Le motif ?  Un incident anodin parfois mais qui s’en vient nous perturber sérieusement. Dieu ? Nous avons beau tenter de le rejoindre, prière sur prière, rien n’y fait rien. Que de la sécheresse!

Et puis, de guerre lasse, comme à court de moyens, on se tasse, on s’immobilise. Beaucoup d’entre nous ont vécu de tels moments. Comme moi ils ont baissé les bras, se contentant de vivre au mieux avec le peu d’énergie intérieure qui leur restait.

C’est ici qu’est apparue pour moi une lumière, une toute petite lumière arrivée comme cela à un moment inattendu. «Ne brisez pas l’élan de votre générosité, disait-elle, laissez jaillir l’Esprit».  (Cor 12) Sa netteté était telle que je m’y suis arrêtée.  J’ai décidé de donner à l’Esprit le temps de jaillir.  Et c’en a été fini de l’apathie paralysante, je retrouvais l’élan d’avancer dans la confiance en ce Dieu qui n’attendait que mon assentiment pour agir en moi.

Je vous assure, c’est ainsi que ça c’est passé.  Comme le dit le psaume 18 «Pas de paroles dans ce récit» autre que celle de Dieu.  Une parole que nous avons apprise dès notre enfance, répétée et répétée sans cesse, la plupart du temps sans y faire trop attention… et puis tout à coup, une parole qui nous touche en plein cœur et nous fait reprendre avec élan le chemin un instant suspendu.

Une Parole dont on peut dire qu’elle est vivante!

Denyse Mostert, 2013-12-17

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Christ-Roi

Image Christ-Roi de l'Univers
(Source image: facebook.com/denyse.mostert)

« Vrai roi, tu l’es par ta naissance… » disait un cantique de ma jeunesse. Dans un mois on fêtera la naissance d’un bébé, « né dans une étable parce qu’il n’y avait plus de place dans l’hôtellerie… ». Marie et Joseph ont-ils pressenti le Christ Roi dans ce petit enfant ? On peut dire en tout cas que leur vie témoigne éloquemment de leur foi en la parole de l'ange.

« Vrai roi, tu l’es par ton Église… », continuait le chant. Pas toujours évident de reconnaître dans notre Sainte Mère la « splendeur » qu’on lui attribuait ! Nous connaissons tous combien est grande la fragilité de cette Église, remise en nos mains humaines.

Pourtant elle est toujours là et le Christ continue à en être Roi ! C’est à travers une foi purifiée, éclairée que nous pouvons le reconnaître. Dans tous ceux, innombrables, qui contribuent à garder vivant son Message… Dans tant actes d’amour, la plupart ignorés, qui font que l'amitié continue à être présente, que la miséricorde vient adoucir des vies si souvent bousculées et que l’espérance est pour tous.

Denyse Mostert, 2013-11-24

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Un petit tour de toile

Fleur champs QuébecOuf ! On en découvre des choses quand on fait un petit, tout petit tour d'horizon sur le Net ! De toutes les sortes, des difficiles, d'autres teintées d'espérance, certaines qui nous touchent de près ou encore ce qui se passe en-dehors de notre petite sphère à nous… 

Au fond, nul ne peut dire quels événements heureux ou tristes nous réserve le jour qui est là... On pourrait se retrouver craintif voire affolé devant ce futur impossible à appréhender.

Les caractères heureux vont arriver à s’en accommoder en cultivant le culte du temps présent… J’ai essayé, sans résultat bien probant parce qu’un petit coin de mon esprit n’arrêtait pas de me rappeler la fugacité du moment. Il me parlait aussi de la vie, cette équation aux multiples inconnues.

Pessimiste, moi ? Réaliste plutôt. Et parfois un peu inquiète…comme tout le monde. Désespérée ? Non. 

Aucun mode d’emploi précis… Simplement la vie qui est là. Et puis cette chaleur en moi que chaque contact humain vient fortifier… et cette conviction que celui que saint Grégoire de Nazianze nomme « l’Au-delà de tout » nous réserve un destin qui dépasse la mort. Et qu’enfin, cet Au-delà dont personne ne peut rien dire avec certitude, quelqu'un est venu nous en donner le goût. Il s’appelait Jésus de Nazareth. Il parlait d’Amour. D’un Au-delà déjà présent chaque fois qu’un être humain acceptait d’ouvrir son cœur… Il parlait de l’aujourd’hui vécu dans la confiance. « Demain prendra soin de lui-même », disait-il.

Denyse Mostert, 2013-11-09

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« Vanité des vanités… »

Vous connaissez l’Ecclésiaste ? « Vanité des vanités, tout est vanité » (1,2). Et encore : « J’ai appliqué mon cœur à connaître la sagesse… j’ai compris que cela aussi c’est la poursuite du vent » (1,17). Tellement déprimantes ces paroles  et tellement conformes à mes craintes diffuses  que je ne me suis pas risquée au-delà du premier chapitre.

Il a raison l’Ecclésiaste, l’inutilité de la vie peut paraître tragiquement réelle ! Est-il vanité plus ‘vaine’ que de vouloir saisir le temps ? Il m’arrive souvent de prendre un moment d’arrêt pendant lequel je regarde les nuages qui glissent dans le ciel, les feuilles des arbres qui se laissent bercer par la brise, un oiseau qui fend l’air à toute vitesse et parfois les cris des enfants qui jouent dans la rue… Le crépuscule fait aussi partie de ces moments privilégiés que je voudrais voir durer encore et encore… Bien sûr, il me faut quitter bientôt tout cela… le temps a passé à mon insu… d’autres choses m’attendent. 

Et en avant les idées grises ! Vanité ces instants où je me suis laissée aller à goûter simplement la vie ?  Vanité les amitiés, les belles rencontres, les petits voyages à la  découverte de mon pays, les lectures captivantes et toutes ces découvertes de la technologie qui permettent d’élargir à l’infini nos horizons et de pouvoir partager avec d’autres nos pensées ?

On ne va pas loin avec de telles réflexions ! Heureusement il y a quelque part un Dieu qui prend soin de moi. Il y a Jésus Christ qui a tout risqué pour nous faire comprendre que les idées sombres ne peuvent rien contre un sourire, qu’une main amicale tendue et le « plus petit verre d’eau donné en son nom » prennent saveur d’éternité. « Notre cœur ne devient-il pas brûlant » comme celui des disciples d’Emmaüs en entendant tout cela ?

Aucun raisonnement, aucune démonstration stricte ne viendront corroborer ces propos. Et pourtant, ce sont les sentiments qui m’habitent.  La certitude de n’être jamais seule pour traverser les tempêtes. La chance d’avoir reçu la vie et de pouvoir à mon tour la donner selon mes possibilités. Cela peut s’appeler la foi, cela surtout peut avoir nom l’amour.

Denyse Mostert, 2013-08-04

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Les fils de Zébédée

«Voilà mes deux fils, disait à Jésus la mère de Jacques et Jean. Ordonne qu'ils siègent, l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, dans ton Royaume.» Et Matthieu nous montre «les dix autres qui avaient entendu, et s'indignaient contre les deux frères». (Matthieu 20,20-22)

Hier, en relisant ce texte, je me suis indignée, comme d’habitude. Pas très joli la demande de la maman, pas plus d’ailleurs que celle  des apôtres! Moi, à leur place… À ce moment-là j’ai marqué un temps d’arrêt… et mon jugement est ‘’tombé à l’eau’’.

Je ne pouvais plus accuser. Parce que «moi, à leur place», je n’aurais pas agi autrement. Parce que moi aussi, je voudrais une vie réussie avec tout ce qu’elle comporte de ‘’hourras’’ et que je m’efforce de dissimuler les signes de faiblesse susceptibles de diminuer l’admiration d’autrui… Et enfin, comme la mère de l’évangile j’aimerais voir les miens remporter des succès que d’autres méritent probablement tout autant et parfois plus qu’eux…

Je ne pouvais plus accuser les apôtres jaloux et je ne voulais pas m’accabler à la découverte de mon orgueil bien réel. Il ne me restait qu’une solution. J’ai choisi de m’émerveiller pour cet Évangile qui n’a jamais fini de nous amener à la vérité. Pour Jésus Christ qui nous a appris à prier «notre Père». Et pour l’amour d’un Dieu qui nous connaît mieux que nous-mêmes et n’en finit pas de nous aimer.

Denyse Mostert, 2013-07-25

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L’intelligence des Écritures

Il y a dans l’évangile de Luc, un passage qui me suit depuis des années.  Il y est dit que Jésus ouvre l’esprit des apôtres   à « l’intelligence des Écritures »  (cf. Luc 24 :35-48).

Bible ouverteLes  disciples  qui rentraient  d’Emmaüs  racontaient  aux onze apôtres et à leurs compagnons ce qui s’était passé sur la route.  Ils connaissaient bien Jésus.  Ils l’avaient  suivi assidûment, ils avaient assisté à des guérisons extraordinaires, ils avaient ressenti la force de sa Parole et, malgré les avertissements que leur Maître leur avait donnés, ils l’avaient cru invincible… Puis ce furent les jours sombres de la crucifixion et pour les disciples la déprime…Lorsqu’un inconnu se joint à eux sur la route et les interroge  sur leur tristesse, les disciples ne le reconnaîtront pas.  Il leur faudra les gestes du dernier repas pour reconnaître  celui qu’ils appellent leur Maître.   Alors qu’ils font ce récit, Jésus se trouve de nouveau parmi eux.  À ce moment, les apôtres et leurs compagnons  seront prêts à leur tour.  Et Jésus ouvrira également leur cœur  « à l’intelligence des Écritures ».

Chaque fois que j’entends cet Évangile, je repense à ce temps lointain où j’ai subitement compris  que ces mots s’adressaient aussi à moi.  Une invitation à laquelle j’ai répondu avec la fougue de ma jeunesse et le caractère entier qui est le mien.  Sessions de toutes sortes, lectures théologiques, grands auteurs mystiques, je n’ai rien négligé balayant volontairement tout ce qui s’éloignait tant soi peu du domaine spirituel. 

Jusqu’au jour où – le trop nuisant en tout – ces choses ont commencé à me peser.  Petit à petit j’ai refermé cette période d’acquisitions à tout rompre, attirée de nouveau par des pensées plus légères c'est-à-dire plus humaines. 

Bien m’en a pris.  C’était une nouvelle étape de ma vie que j’entamais dans laquelle le bagage accumulé demeurait présent tout en m’ouvrant à une autre dimension de l’amour de Dieu.

Comme pour les disciples,  le Christ ressuscité m’ouvrait l’esprit à « l’intelligence des Écritures ».  Une intelligence faite d’amour, de simplicité, de joie sur laquelle sont venues se greffer des paroles de Paul aux Romains.  « En effet, tous ceux qui se laissent conduire par l'Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu » (Romains 8:14).

L’Esprit de Dieu j’ai appris à le découvrir parmi mes proches, dans les grands et petits événements du quotidien.  J’ai expérimenté que se laisser conduire par lui implique parfois des détachements difficiles mais est aussi source d’une « joie que nul ne peut nous enlever » (Jean 17 :13).

Les inquiétudes n’en n’ont pas disparu pas pour autant de ma vie.  Petit à petit, il m’est  cependant devenu possible d’éloigner toute peur paralysante.  Aux heures de noirceur, ce sont encore des mots de Paul qui viennent me réconforter. « L'Esprit que vous avez reçu, dit-il,  ne fait pas de vous des esclaves, des gens qui ont encore peur ; c'est un Esprit qui fait de vous des fils ; poussés par cet Esprit, nous crions vers le Père en l'appelant : Abba » (Romains 8 :14-15).

N’est-ce pas le même Esprit que nous avons reçu ? Ne sommes-nous pas tous enfants du même Père ?  N’est-ce pas ensemble, en Église que nous pouvons avancer dans la certitude que rien n’est perdu de notre Espérance et être, dans la joie, les témoins du Ressuscité ?

Denyse Mostert, 2013-04-05

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L'homme seul

À Jérusalem, les rameaux se sont flétris, les alléluias se sont tus. Les apôtres, obnubilés par la fête, ont une fois de plus repoussé les avertissements de leur Maître bien loin dans leur esprit. Celui-ci se retrouve seul devant la menace qu’il sait de plus en plus proche.

Dans un moment de détresse peut-être Jésus, vrai Dieu mais aussi vrai homme, a-t-il repris pour lui les paroles d’Isaïe : « Je me suis fatigué pour rien, c'est pour le néant, c'est en pure perte que j'ai usé mes forces » 

Cependant s’il sait où sa préférence pour les petits, sa lutte pour la justice et le bon droit vont le conduire, il sait aussi que, derrière l’échec apparent de sa mission, « son droit subsiste aux yeux du Seigneur, sa récompense auprès de son Dieu ». (Isaïe 49,1-6)

La détresse et l’humiliation, il va les goûter jusqu’au bout. À l’injuste condamnation qui l’attend, va se joindre la trahison de l’un des siens. C’est « bouleversé au plus profond de lui-même » qu’il prend avec les Douze le repas pascal. « L’un de vous me livrera », dit Jésus à ses amis rassemblés. 

Lorsque le geste du pain partagé va désigner le délateur aux apôtres, Judas sera invité par le Maître à s’en aller vers son destin. « Ce que tu as à faire, fais-le vite ». (Jean 13,21-33.36-38)

Et les apôtres une fois de plus n’ont pas compris « le sens de cette parole ». Jésus une fois de plus reste seul avec sa souffrance. 

Solitude douloureuse mais féconde où l'Amour trouvera son compte !

Denyse Mostert, 2013-03-26

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À l’heure du triomphe

La Pâque approche. Depuis quelque temps déjà, Jésus a compris ce qui va lui arriver. Il sait qu’un piège se referme et qu’il va y laisser sa vie s’il s’obstine dans le même discours. Et il sait que rien ne changera dans ses paroles ni dans ses attitudes parce qu’il ne pourra renier son Père. Et cela ne le fera pas dévier de son parcours. Et cela ne l’arrêtera pas de monter à Jérusalem pour la fête. Et ceux qui ne savent pas l’acclameront de tout leur cœur. Et ceux qui désirent sa mort tenteront de faire taire les gens…

À quelques-uns de ses amis, Jésus a parlé de sa mort prochaine. Comment ceux-ci vont-ils réagir devant les transports d’une foule enthousiaste? Il se peut qu’ils se laissent enivrer par ce moment de célébrité et arrivent même à se convaincre que rien de ce que leur Maître leur a annoncé n’arrivera… Réaction aussi humaine qu’éphémère. On sait la triste suite: tous, sauf un abandonneront Jésus au temps du Calvaire…

Pouvons-nous leur jeter la pierre? «On t’applaudit car tout va bien chez toi», dit le psaume 48. Rares sont ceux qui n’ont pas expérimenté cette parole à leur dépens. Le succès, la popularité n’attirent-ils pas généralement une cour «d’amis» qui s’empressent de disparaître dès la première difficulté! Personnellement, ai-je toujours fait preuve d’une loyauté parfaite lorsqu’un nuage planait au-dessus de quelqu’un de mon entourage?

À Jérusalem, monté sur l’ânon, Jésus, accepte royalement les justes acclamations célébrant un Dieu d’Amour tout-puissant. «Je vous le dis, répond-il aux pharisiens, si eux se taisent, les pierres crieront!» (Luc 19-40)

Denyse Mostert, 2013-03-24

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Pardonner… Être pardonné…

Comme tout le monde, j’ai à pardonner et à recevoir le pardon de certaines personnes. Il m’a fallu bien des années pour comprendre qu’on pardonne rarement une fois pour toutes. 

Il y a bien sûr le moment initial qu'on n'oubliera jamais. Celui qui prend du temps. Celui auquel on ne se résout qu'après toute une gamme d'émotions et d'hésitations. Il y a les retrouvailles qui éclatent et sont alors comme un merveilleux feu d'artifice. Mais c'est un feu dont on sait qu'il peut s'éteindre une fois que le quotidien reprend ses droits.

Alors peuvent refaire surface des griefs qu’on pensait oublier pour toujours. Alors, peuvent resurgir des habitudes de froideur du temps de la rancune… Alors on commence à douter… Avons-nous agi sous l’influence d’une trop forte émotion ou répondu à un véritable désir de voir se renouer des contacts parfois interrompus depuis longtemps ? Et les questions n’en finissent devant l’intimité-d’avant qu’on ne retrouve pas vraiment…

En fait, pardonner ne signifie pas devenir amnésique. Difficile de rayer de notre mémoire des attitudes qui nous ont vraiment blessés ! Et être pardonné ne veut pas dire non plus changer radicalement, devenir une autre personne aimable sous tous rapports.

Ceci implique souvent bien des petits irritants à ne pas prendre en compte… Et bien des petits pardons à envisager… Qui n’ont d’ailleurs de petits que le nom… Parce qu’il nous faut encore et toujours écouter notre cœur et puiser dans nos forces vives pour que continue à grandir le début enfin établi d’une nouvelle entente.

Denyse Mostert, 2013-03-10

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Réflexion d'avant Conclave

Cet après-midi, bien installée dans le fauteuil du dentiste, je pouvais laisser mes pensées vagabonder. 

Pape Benoît XVITout naturellement il y avait Benoît XVI et sa difficile décision de passer à d’autres le gouvernail. Il y avait tous les commentaires qui ont suivi ce geste inhabituel. Et les questionnements, et les inquiétudes au sujet de l’Église… Rien que de très naturel d’ailleurs en la circonstance.

Ensuite c’est à l’évangile du jour que je me suis mise à penser. Jésus et son annonce aux Douze. Il sera livré, condamné, moqué et finalement mis à mort. Puis il ressuscitera. J’ai pensé à la mère de Jacques et Jean avec sa demande importune d'une place de choix pour ses fils, puis aux disciples indignés contre les deux frères. (Matthieu 20,17-28)

Triste triste cette histoire où personne ne semble prendre en compte les souffrances qui vont s’abattre sur leur Maître. Où chacun ne s’occupe que de son propre sort. Là encore Jésus va leur servir la plus belle des leçons : « Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur… Ainsi, le Fils de l’Homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir…»

À ce moment-là, les destinées de Jésus de Nazareth et de Benoît XVI me sont apparues comme semblables dans leur dépassement. Le Pape ne veut-il pas comme le Christ, être celui qui veut servir jusqu’au bout… ? N’est-il pas le Pasteur conscient de sa santé chancelante qui s’efface devant celui qui redonnera à l'Église sa vitalité pascale ?

Et notre rôle dans tout cela ?

Il faudrait peut-être s'arrêter de gémir sur le manque de vocation, la désaffection de pratique religieuse et d’autres déplorables événements que nous connaissons tous… 

Peut-être comprendrions-nous enfin que nous sommes l’Église et que, si obscur qu’il paraisse, le service qui est demandé à chacun de nous peut changer bien des choses.

Denyse Mostert, 2013-02-27

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Sur une Plage au bord d’un Lac
(Luc 5,1-11)

Ce matin-là, il y a foule sur les bords du lac de Génésareth. Tant de propos circulent au sujet d’un jeune Nazaréen, que chacun veut bien entendu vérifier par Barque malgachelui-même ! 

Un peu plus loin, des pêcheurs rentrent d’une pêche de nuit complètement désastreuse. Un dernier effort pour laver les filets, et ils auront enfin le loisir d’oublier pour un moment dans le repos … avant de reprendre tristement la mer un peu plus tard. 

Comme je les comprends ces hommes ! Des efforts infructueux, moi aussi je connais… Il m’est arrivé de me donner entièrement à la réalisation d’un projet qui n’a pas abouti, à une réconciliation qui semble ne vouloir jamais venir et à tant d’autres choses encore pour lesquelles je pense avoir fait de mon mieux… Ma réaction alors: déclarer forfait et rentrer dans ma tanière. 

Sauf que, la vie et ses exigences me disent qu’il me faudra le lendemain me retrouver à pied-d’oeuvre ! Sauf surtout qu’il y a Simon-Pierre et ses compagnons qui, sur la parole de Jésus, vont s’en retourner au large et jeter de nouveau leurs filets. Avec le résultat que l’on connaît. 

Tout cela parce qu’ils ont écouté, avec étonnement peut-être, cette leçon de persévérance que leur donnait celui qu’ils allaient suivre désormais. Parce que, laissant derrière l’expérience décevante de la nuit, ils s’en sont retournés bravement jeter leurs filets dans le petit matin. Sans souci de leur fatigue ni des sourires en coin de la foule amassée… 

N’y a-t-il pas là de quoi trouver la force de remettre encore et encore les bras à la moisson ? N’est-ce pas une invitation à écouter Jésus qui nous pousse à dépasser échecs et craintes pour « avancer en eau profonde » et de nouveau y « jeter nos filets » ?

Denyse Mostert, 2013-02-10

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Epiphanie: Qui sont ces mages d’Orient ?

Etoile de BethléemQui sont ces mages d’Orient suivant un mystérieux chemin à l’étoile ?  Des savants, des chercheurs au cœur assez ouvert pour engager l’aventure qui doit les mener au Messie annoncé. Cœur ouvert et esprit un peu fou pourrait-on dire. Trouver un enfant nouveau-né ne se révèle pas plus facile que découvrir l’aiguille dans la botte de foin !  Et pas question de passer inaperçu alors qu’on n’arrête pas de clamer tout au long du chemin qu’il est né « un chef qui sera le berger d’Israël »

Quand on veut trouver ce qu’on cherche, on se renseigne, on questionne encore et encore… Sans tenir compte des regards obliques et vaguement moqueurs.  En oubliant que cette quête d’un enfant sauveur est bien propre à inquiéter des puissants de ce monde !

Doivent-ils être heureux ces mages aux détails précis fournis par le roi Hérode !  Effectivement, ils vont trouver celui qu’ils cherchent… La pauvreté du décor ne les abuse pas.  Il est là, celui en qui repose tout l’espoir du peuple.  Les mages savants enfin se prosternent.  Ils ont trouvé l’enfant.  Ils lui offrent des présents, sans trop se demander à quoi ils serviront… Dieu saura y pourvoir… Et Marie, et Joseph vivent intensément ce moment qu’ils garderont dans leur cœur.

À l’instar des mages de Bethléem, ne sommes-nous pas un peu tous des marcheurs à l’étoile ?  Se trouvait-elle là depuis le début de nos vies ? En quelles circonstances l’avons-nous aperçue ?  L’avons-nous reconnue avec joie ou avons-nous été pris d’inquiétude à l’idée de la suivre ?  Avons-nous hésité avant d’avancer, et de nous arrêter parfois avec l’envie de ne plus regarder dans sa direction ? 

Qu’importe !  À travers les orages de nos vies, elle brille toujours l’étoile…  Dans sa lumière, nous pouvons toujours apercevoir l’enfant et Marie, et Joseph.  Comme eux, nous pouvons accepter, simplement et dans une grande foi qu’il faut qu’il en soit ainsi.  Que l’Amour qui sauve notre humanité aura toujours les traits d’un enfant vulnérable et de parents qui accepteront de vivre avec leur fils devenu grand le sacrifice de sa Vie pour que d’autres puissent vivre.

Cette Vie née de la lumière que nous recevons n’est-elle pas là pour « briller devant tous les hommes » ? Pour qu’ils découvrent  que, si dures que soient parfois nos existences, «  rien ne peut nous séparer de l’Amour de Dieu »… (Romains 8:31-39)

Denyse Mostert, 2013-01-06

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Jean Baptiste le Précurseur

Jean le BaptisteQui était-il ce cousin de Jésus surgi un beau jour du désert pour y annoncer un temps nouveau? [Image: lusile17.centerblog.net]

En fait, ce qu’on connaît de Jean, n’est-ce pas d’abord sa soif d’un monde différent, où la justice sera reine? Qu’importent les détails en fait? Cet homme réfléchi sait la misère des petits, les exactions des puissants et tout ce qui se trame pour écraser les faibles au profit des puissants.

Il me vient à l’idée qu’il ait pu être l’objet de tergiversations… Pouvait-il accepter de but en blanc le fait que Jésus, fils de Marie et de Joseph le charpentier qu’il connaIt depuis toujours soit le Sauveur attendu depuis tant et tant de temps? «Nul n’est prophète dans son pays», n’est-ce-pas…

Dans la solitude, Jean a pu revivre les échanges vécus avec son cousin. Une question a pu surgir maintes et maintes fois: «Est-il celui qui doit venir»? (Matthieu 11). Jusqu’à l’impérative décision: Jean sera celui «qui va ouvrir la route». (Luc 3)

Au Jourdain, il va donner à ceux qui l’interrogent des réponses d’une simplicité messianique: «Celui qui a deux vêtements, qu'il partage avec celui qui n'en a pas; et celui qui a de quoi manger, qu'il fasse de même … N'exigez rien de plus que ce qui vous est fixé…» Et aux soldats: « «Ne faites ni violence ni tort à personne; et contentez-vous de votre solde.»

Pour qu’aucun doute ne subsiste, Jean proclame: «Moi, je vous baptise avec de l'eau ; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi…»

Jean, c’est l’homme qui a cherché, qui a traversé des déserts de doute pour enfin accepter, à ses risques et périls, sa mission de Précurseur du Royaume de Dieu.

Jean, c’est celui à qui nous référer quand des décisions sont à prendre dont nous présumons qu’elles peuvent bousculer nos vies.

Denyse Mostert, 2012-12-16

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Le Christ Roi… Mais quel Roi ?
(Jean 18, 33)

Christ crucifiéMa première pensée au réveil a été pour un très ancien chant qui soulignait la fête du Christ Roi. « Parle, commande, règne… », disait le refrain. Et je me suis dit que c’étaient là des mots to ut à fait inadaptés à une époque où la liberté tous azimuts est proclamée haut et fort. Bien sûr il y a liberté et liberté. Celle à laquelle j’essaie d’adhérer ne trouve son sens que dans le respect de celle des autres.

Le chant continuait… « et ceux qui bravent ta puissance, Jésus, sont l’œuvre de tes mains ». En avons-nous entendu parler de ces démons, cornus ou non, en bataille ouverte contre le Royaume de Dieu ! La description qu’on en faisait ne semblait avoir d’autre issue que les flammes de l’enfer.

Aujourd’hui comme hier, le mal existe. Nous en avons des exemples probants auxquels il est impossible de trouver des motifs atténuants et qu’il est encore plus difficile de pardonner. Mais aujourd’hui comme hier aussi, chaque être humain est un livre clos dont Dieu seul a la connaissance. Et il faut bien nous dire que nous ne sommes pas nous-mêmes exempts d’imperfections !

Jésus Christ est venu pour tous sans exception. C’est de tout ce monde aux mille visages qu’il est le Roi. Le mal n’a rien pu contre sa volonté d’annoncer jusqu’au bout le Royaume de Justice et d’Amour de son Père. Dans tous ceux-là « qui bravent la puissance de Dieu », il a reconnu des êtres blessés, engagés parfois malgré eux sur les chemins du mal.

Se pourrait-il que leur bravade se situe dans une course effrénée vers un bien-être dont nul ne leur a jamais exposé les incontournables conditions pour devenir Bonheur ?

Roi, le Christ l’a été jusqu’à son dernier souffle. Qu’on se rappelle sa dernière demande sur la croix : « Père, pardonne-leur, ils ne savent ce qu’ils font ». Une Royauté qui nous invite à demeurer ouverts à la compassion tout en laissant au Roi, le soin de scruter le cœur des autres.

Denyse Mostert, 2012-11-25

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La veuve du temple
(
Marc 12, 41-44)

Quand on prend sur son nécessaire…

C’est curieux comme les scènes de l’évangile peuvent coller à notre quotidien !  Et combien elles nous font souvent voir et comprendre mieux des choses qui généralement passent inaperçues.  N’est-ce pas là une des façons de vérifier qu’elle « est vivante la Parole de Dieu » ? (He 4 :12)  

En Galilée, on est habitué à voir  Jésus le plus souvent entouré d’une foule nombreuse.  Là,  il parle de son Père et il guérit. Il accepte des invitations qui deviennent autant d’enseignements.  Et on peut lire dans l’évangile qu’il se retire aussi pour prier.   Il est d’autres moments où il semble ne rien faire.  Il se contente d’observer.  Et parce qu’il voit au-delà des apparences, ce qu’il découvre se transforme en leçon de vie. 

Par exemple, ce passage où Marc nous  le montre simplement assis sur le parvis du Temple.  Il regarde les gens  qui déposent leur offrande dans le tronc.  Il est facile d’y reconnaître les riches sûrs d’eux, qui offrent de grosses sommes.  Et puis tous ceux-là, qui, peut-être gênés de la petitesse de leur don, apportent discrètement quelques piécettes.    Parmi eux, une pauvre veuve. Ce jour-là, elle sera au cœur de l’enseignement du Maître.

Bel exemple d’une générosité qui, sans lui,  serait probablement passée inaperçue !  Belle incitation à ne pas louer à grands cris les riches mécènes et leurs dons faciles !  Et belle occasion pour moi de penser à Sophie… 

Sophie, était une célibataire endurcie, une « vieille fille », comme on disait ironiquement en ce temps-là. Ses seuls contacts avec les gens du village se limitaient à un bonjour distant. 

En 1963, Pierre et moi avons décidé de nous installer au Canada avec nos trois enfants.  Expédition considérée à l’époque, sinon à haut risque, pour le moins assez risquée !  Et voici que,  quelques jours avant le grand départ, ma voisine Sophie, en plus du bonjour habituel, me fait signe de m’approcher d’elle.  Puis, à ma grande stupéfaction, la voilà qui me glisse discrètement mais fermement un billet de 100 francs dans la main. 

Et de me dire : « Ce sera pour nourrir tes petits quand vous serez là-bas.  J’aimerais t’en donner plus mais je n’ai que ma petite pension pour vivre ! » Puis elle a ajouté : « Je prierai pour vous autres ». Et elle est rentrée dans sa maison…

Cent francs belges

Je n’ai jamais oublié ce geste de ma voisine.  Près de 50 ans plus tard, je conserve encore le billet de 100 francs qui m’en a tant appris. 

Il m’a appris que la distante Sophie possédait un cœur généreux.  Il m’a  appris à voir plus loin que  la seule attitude extérieure de quelqu’un.  J’ai compris que les pratiques religieuses de celle qu’on nommait parfois « la grenouille de bénitier » prenaient leurs racines dans le cœur même de l’évangile.

La pauvre veuve qui dépose deux piécettes dans le tronc du temple,  Sophie et ses cent francs qui vont peser lourd sur son budget ce mois-là, n’est-ce pas cela la véritable charité ?

« Amen, amen, disait Jésus. Je vous le dis, cette pauvre veuve a mis dans le tronc plus que tout le monde.  Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence. »

Ces paroles ne concernent-elles pas tout autant la pauvre veuve du Temple que toutes les Sophie au cœur généreux à travers les siècles !

N’y a-t-il pas là une invitation à vérifier notre propre générosité ?

Denyse Mostert, 2012-11-05

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Tradition

Qu’on y reste attaché ou qu’on se tourne résolument vers du neuf, la tradition suscite des réflexions nombreuses.

Il est certain que notre éducation a fait de nous des catholiques arrimés à la tradition.  Pendant bien des années, somme toutes pas tellement lointaines, il n’était aucunement question de s’en éloigner. 

Aujourd’hui, tout le monde en a sa petite idée… Qu’on soit pour ou contre, elle laisse rarement indifférent.

Il ne faudrait tout de même pas oublier qu’il y a tradition et tradition… Celle qui rappelle de belles choses, des événements qu’on aime fêter, celle qui est porteuse de valeurs qui font vivre… Et celle qui nous enferme dans un carcan de peurs de toutes sortes dont nous n’osons pas nous libérer. 

Repas omi Maison Yves PlumeyIl y a la tradition qui fait vivre et celle qui fait mourir. Paradoxe étrange: il semble parfois plus simple de se laisser tout doucement engourdir que d’interroger ce qui se passe autour de nous et d’y décerner les «signes des temps» qui sont autant d’appels au changement vers un plus.

Rien de nouveau sous le soleil. La question était déjà débattue entre Jésus et les Pharisiens. (Cf. Marc 7, 1-8.14-15.21-23) 

Il va sans dire que certaines de ses paroles nous concernent nous autres aussi. La tentation peut être forte de nous en tenir sagement à ce qui s’est fait jusque là.  Ainsi, finies les craintes de nous tromper dès lors que  nous obéissons scrupuleusement à la loi.  Envolée aussi la peur de déplaire à quelqu’un si on emprunte une voie nouvelle. Une certaine quiétude est ainsi assurée.

Finalement, c’est dans un discernement potentiellement dérangeant que nous sommes invités à choisir entre «commandement de Dieu» et «tradition humaine».

Avec pour seul phare le commandement de l’amour envers Dieu et envers le prochain.

Denyse Mostert, 2012-09-08

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