Nous sommes le 19/01/2019 et il est 11h13 TU+2 - "L'Eglise attend de vous tous un puissant secours dans sa détresse" (Eugène de Mazenod, 1823)

Méditation sur une méditation missionnaire
(Denyse Mostert)

Sur cette page, Madame Denyse Mostert, Province oblate Notre-Dame-du-Cap, Québec, propose quelques réflexions à partir de la Méditation missionnaire du Père Guillermo Steckling alors Supérieur général des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée. "La foi agissant par l'amour", la suite de cette fructueuse "méditation sur une méditation missionnaire" se développe harmonieusement en "un regard de foi sur la vie". Autant de thèmes qui, dans l’aujourd’hui du monde, peuvent faire réfléchir davantage et nourrir la vie spirituelle. "Si nous vivons par l'Esprit, marchons aussi sous l'impulsion de l'Esprit", dit l'Apôtre Paul aux Galates (chapitre 5, verset 25). Ensemble pour la mission.


  1. Tentations majeures et absence de Dieu
  2. Immense Espérance et Partenaires Oblats en Mission
  3. La Congrégation en pèlerinage
  4. Mission et Communauté
  5. Témoins sans frontières
  6. Parole de Dieu... Paroles venant de vous
  7. "Es-tu celui qui doit venir?" (Matthieu, 11:2-11)
  8. Au débit/crédit de nos vies: l’heure du bilan
  9. Pyramides...
  10. Transfiguration (Matthieu 17:1-9)
  11. Simplicité de l'Evangile
  12. "La vie en abondance...
  13. Le Bon Pasteur (Jean 10:1-10)
  14. Une si petite graine...
  15. Credo
  16. Sanctuaires
  17. Assomption: Montée vers Dieu
  18. Enfants de mon cœur
  19. Au commencement...
  20. Quand l’ordinaire se transforme en bon pain...
  21. "Parole éternelle du Dieu vivant"
  22. Indispensable confiance
  23. Leçons d'un Précurseur (Marc 1:7-11)
  24. L’Évangile demain…
  25. L'Occident en léthargie?
  26. Introïbo… J’entrerai…
  27. Dimanche de la Miséricorde de Dieu (Jean 20:19-31)
  28. Cette Résurrection qu'il nous faut proclamer
  29. Les petits pas vers le pardon
  30. «Vous n’êtes plus des étrangers…»
  31. Claude et l'Afrique
  32. A l'heure de la foi
  33. Le jeune homme riche (Marc 10:17-30)
  34. Réflexions pour une Année sacerdotale
  35. De l'avenir pour un grand continent
  36. Noël cosmique
  37. Une humanité de surcroît
  38. Une parole accomplie (Luc 4:21-30)
  39. Les mots pour le dire
  40. "Demandez et vous recevrez" (Matthieu 7:7-12)
  41. Ces événements qui interpellent
  42. Discrète résurrection
  43. Des portes qui s'ouvrent
  44. Une clé pour notre foi
  45. Rien n'est perdu de notre Espérance
  46. Marthe et Marie
  47. Préférer Jésus (Luc 14:25-33)
  48. Il y eut un homme... son nom était Jean

Denyse Mostert

Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap

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Une humanité de surcroît

«La Parole de Dieu se trouve de nouveaux chemins»affirme le P. Wilhelm Steckling, Supérieur général des Oblats de Marie Immaculée dans sa Méditation missionnaire de janvier 2010, au retour d’un séjour récent au Sri Lanka.

Sri Lanka, terre d’épreuves…

Les souffrances de ce pays que, ni les forces déchaînées de la nature ni une guerre meurtrière n’ont épargné, avec pour conséquences «une grande multitude, environ 100.000 personnes, [qui] vivent encore en des camps et doivent être réinstallées», a parfois laissé le P. Steckling sans voix. «Je dois dire qu’en visitant plusieurs lieux qui ont souffert, au Sri Lanka, dans chacune des deux Provinces, mais tout particulièrement au nord, et en écoutant les récits qui m’étaient faits, je me suis aussi trouvé incapable de dire quoi que ce soit. Je ne pouvais qu’offrir une oreille attentive.»

Les Oblats au Sri Lanka

Par ailleurs, le P. Steckling a pu constater la vitalité des 260 membres qui composent les deux Provinces oblates. «La plupart de nos confrères sont jeunes. L’énergie de la jeunesse ainsi que la sagesse des anciens sont très demandées dans la situation actuelle du pays, quelques mois à peine, après que les armes se soient tues.»

Au Sri Lanka, les Oblats ont à vivre l’article 8 des Constitutions qui est de rechercher «des voies nouvelles pour que le message du salut rejoigne tous les hommes» meurtis par le souvenir d’un passé douloureux, une réalité encore difficile à vivre et une confiance à reconquérir. Et le P. Steckling conclut: «Pendant ma visite j’ai découvert à nouveau le secret de tout travail missionnaire: il réside à devenir des intermédiaires, de telle sorte que les gens entrent en contact par eux-mêmes avec les vraies sources de vie.»

«Spendeur et misère» des pays riches

Cette expression empruntée à Honoré de Balzac me paraît tristement applicable à ce qui se vit dans nos pays industrialisés. Splendeur d’une vie où la technologie supplée de façon magistrale au ¨travail de nos mains¨, longévité accrue grâce à une recherche pharmaceutique de plus en plus efficace, études accessibles à ceux qui désirent se forger un bel avenir, assurances-santé, assurances-auto, assurance-chômage, assurance-voyage qui semblent bien devoir pallier tout imprévu dans nos vies… et bien d’autres avantages encore dont nous profitons distraitement, presque sans les voir.

Sous cet apparent bonheur-pour-tous , on trouve malheureusement bien des «pauvres aux multiples visages». Faut-il dresser l’inventaire des misères, des solitudes, des désespoirs vécus dans tous les groupes d’âge et de société des personnes de chez nous? Foyers désunis, enfants bousculés, jeunes désabusés avec le triste cortège de conséquences que nul ne peut nier, personnes dont les fins de vie connaissent parfois un grand dénuement autant affectif que spirituel …

On peut se demander si toute cette misère ne se trouve pas liée à la disparition du sens de Dieu, à la désespérance de ceux pour qui tout semble se terminer avec la mort. La perte du sens de l’amitié, de la fidélité dans l’amour, de l’entraide, de la fierté du travail accompli, ne vient-elle pas miner les bases mêmes de notre société?

Qu’avons-nous fait de notre Dieu?

Pas question de faire le procès de qui que ce soit devant ce Dieu occulté par ses enfants entre les mains desquels il s’est pourtant remis. Simplement nous demander comment nous en sommes arrivés à laisser s’estomper son visage à l’image duquel nous sommes pourtant créés.

Une humanité de surcroît

Comme le désirait si ardemment Élisabeth de la Trinité, ne devrions-nous pas donner à Dieu une humanité de surcroît? Une humanité où on le reconnaîtrait vraiment comme un des nôtres… Une humanité à apporter avec amour, simplicité et authenticité, partout où nous passons, au travail, à la maison, dans nos loisirs, dans nos rencontres.

«Dieu est partout», lisait-on dans le petit Catéchisme. Pas seulement dans les églises, pas seulement dans nos belles célébrations. Oui, là il nous attend pour refaire nos forces dans une foi partagée en Église, à l’écoute de sa Parole toujours offerte, une Parole actuelle, à porter à tous sans distinction de race, de croyance, de rang ou de langue… Avons-nous compris que chaque Eucharistie nous envoie vers une mission toujours à réinventer?

C’est là où les gens vivent que nous avons à présenter le visage tellement humain de notre Dieu. Tout simplement tels que nous sommes, par notre présence, notre écoute et une manière d’être qui signifie «je t’aime». Et nous pourrions rester surpris de constater combien ces pauvres aux multiples visages peuvent aussi nous faire découvrir de nouveaux aspects d’un Dieu universel.

(Denyse Mostert, 2010-01-08)

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Une parole accomplie (Luc 4:21-30)

Pour nous situer dans le temps

D’abord, un petit retour sur les événements. Après le baptême où il reçoit confirmation de sa mission, après une longue retraite au désert, Jésus se consacre désormais à l’annonce de la Bonne Nouvelle du salut.

Un langage nouveau

Son langage nouveau parle d’un Dieu Père, d’un Dieu Miséricorde, d’un Dieu Amour venu offrir le bonheur à tous les hommes sans exception aucune. C’est en Galilée que cet enseignement retentit en premier, avec un succès qui fait dire à l’évangéliste Luc que tous disaient sa gloire.

À l’époque de Jésus, Nazareth est un village relativement isolé.

Avec une population d’à peu près deux cents habitants, c’est un endroit où chacun se connaît, où les nouvelles circulent d’une maison à l’autre, où des événements susceptibles de rompre un peu la monotonie de la vie sont accueillis avec empressement. C’est là que Jésus a grandi. C’est là qu’il est connu comme étant le fils du charpentier Joseph et de Marie. De condition modeste sans être dans la misère, la petite famille coule probablement une vie tranquille… jusqu’au jour…

L’étonnant commentaire d’un des leurs

… Jusqu’au jour où, après une absence de plusieurs semaines, Jésus est de retour dans son village. De retour aussi à la synagogue de Nazareth où il lit un passage du prophète Isaïe. Puis il déclare: cette parole que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit. Les mots qu’il emploie pour interpréter l’Écriture vont droit au cœur puisque, raconte Luc, tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient du message de grâce qui sortait de sa bouche. Au village, on semble donc prêt à accueillir ce langage nouveau, promesse de libération.

Une atmosphère qui change

Mais le cours des pensées de plusieurs prend une autre direction. Quand ils réalisent que cet homme qui sait si bien interpréter les Écritures n’est autre que le fils de Joseph le charpentier... Et que d’autres avant eux ont déjà bénéficié de son passage, que ressentent alors les Nazaréens? Se pourrait-il qu’une fierté territoriale mal comprise engendre chez eux un sentiment de frustration, comme si Jésus devait réserver son enseignement au seul village de sa jeunesse? Jésus ne va pas manquer de faire une bonne mise au point. On connaît la suite: colère des Nazaréens qui se traduit par une tentative de représailles contre Jésus.

Et si j’avais été là?

De prime abord, l’envie me prendrait de blâmer la conduite belliqueuse des contemporains de Jésus. Mais en y réfléchissant à deux fois, je me demande si je ne me conduis pas quelquefois comme eux. Parce que, selon le terme consacré je fais une bonne vie, je ne vole pas, je ne tue pas, je remplis au mieux la plupart de mes devoirs, est-ce qu’il ne m’arrive pas quelquefois comme une petite idée que Dieu me doit quelque chose à moi, personnellement, plus qu’aux autres? Est-ce que j’accepte totalement la réalité que le salut divin est pour tous, sans distinction de races ou de religions? Que des étrangers choisissent de recommencer leur vie dans le beau pays qui est le mien? Est-ce qu’il n’arrive pas que le succès mérité de certaines personnes me dérange assez pour que je le classe parfois comme réputation surfaite? Tout compte fait, est-ce que je suis tellement différente des Nazaréens frustrés?

Une Parole accomplie pour chacun de nous

Comme aux Nazaréens à la synagogue, Jésus continue à nous redire que la Parole est accomplie, qu’elle chemine à nos côtés, à chaque instant heureux ou triste de notre vie, qu’elle cherche à nous faire comprendre combien chacun de nous est singulièrement cher aux yeux de Dieu.

Le tout est d’écouter cette Bonne Nouvelle du Salut qui se trouve inscrite dans nos cœurs. Le tout est de la comprendre dans ce qu’elle a de contemporain, de la vivre dans les événements quotidiens. Le message de Jésus est de toujours à toujours. Il ne changera jamais. Nous aurons toujours besoin d’amour, nous aurons toujours besoin de pardon.

La solidarité, l’aide à l’échelle planétaire qu’on voit se lever après le terrible séisme qui vient de frapper Haïti ne sont-elles pas signes du Royaume? Parce que, sans effacer les drames de ce terrible tremblement de terre, elles signifient aux Haïtiens qu’ils ne sont pas laissés seuls avec leur douleur; que leurs frères et sœurs en humanité mettent tout en leur pouvoir pour les aider à continuer à vivre.

Jésus passant au milieu d’eux, allait son chemin

Jésus, nous dit encore Luc, passant au milieu d’eux, allait son chemin. Le Christ ne s’est pas sauvé à la manière d’un malfaiteur. Il est simplement passé au milieu de ses concitoyens pour annoncer plus loin le Royaume. De la même façon qu’il continue à passer au milieu de nous et nous invite à le suivre.

(Denyse Mostert, 2010-01-27)

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Les mots pour le dire

«Tout en célébrant le 184e anniversaire de notre approbation pontificale, nous sommes arrivés en 2010, l’année de notre 35e Chapitre général», nous rappelle le P. Wilhelm Steckling, o.m.i., Supérieur général des Oblats de Marie Immaculée.

Un mercredi des Cendres sur mesure …

Un début de Carême qui coïncide cette année avec ce 17 février, jour anniversaire de l’approbation de la Congrégation. Un début de Carême dont la liturgie rejoint on ne peut mieux le thème du 35ième Chapitre général: Conversion, conversion personnelle, conversion communautaire. Avec un accent spécial sur l’urgence de ce changement de cap en 2010.

«Tu es poussière et tu retourneras en poussière»

En écrivant ces mots, je me souviens de la façon dont ce temps de pénitence avant la fête de Pâques nous était jadis présenté. En même temps qu’il dessinait avec de la cendre une croix sur nos fronts, le célébrant nous rappelait notre fin dernière qui, si elle s’était limitée à cette seule phrase, aurait été bien décourageante. Je rectifie: qui a été décourageante pour moi à certaines périodes où j’étais encline à me laisser prendre par le mot à mot au point d’en oublier le reste. L’urgence de la conversion s’imposait à moi, comme un pare-feu qui m’éviterait de brûler «au feu éternel». Et le Carême m’apparaissait comme une condition sine qua non à travailler à ma sanctification, sinon…. Je dois bien le reconnaître, c’était la peur qui était à la base de mes efforts. J’essayais de remplir mes «devoirs» au point d’en oublier l’existence d’un Père rempli de miséricorde.

«Le Royaume de Dieu est tout proche; changez votre vie et croyez à l’Evangile» (Marc.1:15)

Sans rien changer à la réalité de notre besoin de conversion, la liturgie nous présente en d’autres mots la même invitation à entrer en Carême. Avec l’Église nous pouvons entendre le rappel plein de vie de Marc. Un rappel qui donne le goût de redresser la tête, de commencer à chercher, en nous et autour de nous, des signes de la proximité du Royaume de Dieu.

Des signes du Royaume de Dieu tout proche, ce n’est qu’en les lisant à la lumière de l’Évangile que nous arrivons à les discerner. Écoutons Marc nous raconter (Mc 4: 30,32) ce qu’en dit Jésus.

Et il disait: "Comment allons-nous comparer le Royaume de Dieu? C'est comme un grain de sénevé qui, lorsqu'on le sème sur la terre, est la plus petite de toutes les graines qui sont sur la terre; mais une fois semé, il monte et devient la plus grande de toutes les plantes potagères, et il pousse de grandes branches, au point que les oiseaux du ciel peuvent s'abriter sous son ombre."

Rien n’a changé sous le soleil! Le Royaume de Dieu si proche, nous avons besoin d’un cœur imprégné d’Évangile pour le déceler tout autour de nous.

«Changez de vie»…

Revenons au P. Steckling dans la présentation sans ambiguïté qu’il nous fait de l’orientation du 35ième Chapitre général et d’un l’appel urgent à nous convertir, à «changer de vie».

Chaque Chapitre général parle de la conversion à notre vocation originale, mais cette fois-ci, nous en avons fait le thème explicite. Il y a une certaine urgence. St. Eugène de Mazenod aussi a senti un appel urgent à la conversion au moment même où notre Congrégation était approuvée: «Au nom de Dieu, soyons des saints» écrit-il le 18 février 1826. Ressentons-nous cette même urgence?

Notre réponse à cet appel va donner coeur et esprit nouveaux à notre mission. Et ce n’est qu’en le vivant dans une orientation résolument contemporaine et ce, malgré les énormes changements qu’on peut pressentir, que nous répondrons, Oblats et Laïcs associés au vœu d’Eugène de Mazenod.

Peur de notre faiblesse? Avec raison. Nous savons que, livrés à nos seules forces humaines, il est possible que cette tâche de conversion nous apparaisse un jour bien difficile, voire impossible.

«Croyez en l’Évangile»

Comme l’Église en ce début de carême, le P. Steckling nous invite à "croire en l’Évangile".

Osons-le dire: il nous faut avoir accès à une force plus grande que la nôtre, si nous voulons avancer sur la route de la réforme de notre vie. St. Eugène était convaincu que ce surcroît de force nous était devenu disponible avec l’approbation de nos Règles. Le 18 février 1826 il écrivait: «elles ne sont plus de simples règlements... Ce sont des Règles approuvées par l’Eglise... elles ont été jugé saintes et éminemment aptes à conduire au but ceux qui les embrassent.

J’aime ici évoquer Yolande, Laïque associée décédée il y a quelques années. Yolande qui ne cessait de répéter comme un leitmotiv «Je veux être une sainte…», Yolande qui avait compris l’urgence de la conversion et n’avait nullement crainte d’annoncer ses couleurs parce qu’elle se reposait sur le Royaume de Dieu offert jour après jour.

Et avec Marie, si nous croyons vraiment que «rien n’est impossible à Dieu», nous devenons alors à même de prononcer avec confiance l’engagement proposé aux Oblats de Marie Immaculée et à leurs Partenaires oblats en mission:

«Centrés sur la personne de Jésus-Christ, la source de notre mission, nous nous engageons à une conversion profonde et communautaire» [Source].

(Denyse Mostert, 2010-02-7)

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"Demandez et vous recevrez" (Matthieu 7:7-12)

L’Évangile de ce jour (25.02.2010) me ramène au 5 novembre 1950. Mon arrière-grand-mère, celle avec qui j’ai connu l’exode de 1940, celle qui me racontait sa vie avec une ingénuité de femme simple, celle qui m’a appris à aimer nos grandes forêts ardennaises, celle que j’ai toujours appelée Mame, est mourante.

J’ai 14 ans, une jeunesse heureuse, entourée de Mame, de son fils Charles, de mes grands-parents. Et puis il y a l’accroc: Mame est opérée d’une hernie, à domicile comme cela se passe encore en ce temps-là. Angoisse vite disparue car elle semble se remettre à merveille. Mais ce n’est qu’une illusion; deux semaines plus tard, nous voici tous rassemblés autour du lit qu’on a monté pour elle dans la chambre en bas. Et nous prions.

En moi, ces mots de Mathieu l’évangéliste: «Demandez et vous recevrez». J’y crois de tout mon caractère d’une seule pièce. La guérison de Mame demandée avec tant de confiance ne peut m’être refusée.

Mais Mame va mourir. À 82 ans, et riche d’une vie d’amour pour les siens qui tous l’entourent en ces derniers moments. Elle semble avoir perdu conscience.Puis elle ouvre subitement les yeux, me regarde et me fait une demande surprenante: «Quand je ne serai plus là, tu n’oublieras pas de t’occuper des chaussettes de Charles…» M’a-t-elle confondue avec ma grand-mère Maria? Probablement, mais c’est à moi qu’elle a adressé cette demande remplie de sollicitude maternelle. Et j’ai répondu oui à travers mes larmes. Aujourd’hui encore, ses dernières paroles m’habitent parce qu’elles représentent une femme qui a consacré sa vie aux autres et dont la dernière pensée a été pour son fils Charles, resté célibataire par amour filial. Une chaîne d’amour sans grandes déclarations mais vécue en vérité…

Je reste quelque temps avec mes 14 ans outrés de n’avoir pas reçu la grâce de guérison que j’attendais avec tant de confiance. Puis le temps a fait son œuvre, j’ai commencé à comprendre. Chaque fois que reviennent ces paroles de Jésus je revis cet événement pour réaliser que, oui le Seigneur a exaucé ma demande… à sa façon à lui qui était de me faire découvrir en Mame la maman qui aime jusqu’au bout.

En 2008, Pierre, le compagnon de toute ma vie décédait des suites d’une très longue maladie dont nous savions qu’elle était irréversible. Là aussi nous avons demandé pour recevoir… Et nous avons été exaucés. Parce que nous demandions simplement «le pain quotidien» tel qu’enseigné par Jésus lui-même. Et ce pain de chaque jour, nous l’avons reçu sous forme de lucidité, sous forme de courage, sous forme surtout de chemin parfois douloureux mais parcouru ensemble, main dans la main. Et lorsque Pierre s’est endormi un jour d’octobre, ce fut encore une grâce que ce sommeil paisible duquel il ne s’est pas réveillé en ce monde. J’ai eu mal au-delà de toute expression. Aujourd’hui encore ma peine reste présente… mais autrement.

Le pain quotidien est devenu pour moi action de grâce pour mes 51 années de vie avec Pierre. J’ai reçu en héritage son désir d’être motivateur, comme il disait lorsqu’il parlait de son engagement de Laïc associé aux Oblats de Marie Immaculée. Cette motivation, il la vivait par une attitude d’écoute des autres et un grand désir de les encourager à aller de l’avant.

Oui, j’ai demandé et je continue à recevoir. Je continue à recevoir la force, la sérénité et la joie de continuer à partager avec d’autres la Bonne Nouvelle du Salut.

(Denyse Mostert, 2010-02-25)

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Ces événements qui interpellent

Ce mois-ci, le P. Wilhelm Steckling, Supérieur général des Oblats de Marie immaculée nous partage un «événement centré sur un projet de coopération entre les villes de Rome et de Kinshasa pour développer le centre de santé …» Au programme:

de la «musique africaine, des poèmes, des témoignages» et «l’exposé d’un médecin … sur les différentes formes de malnutrition, son traitement et sa prévention. La conférence a débordé le cadre nécessaire à la compréhension du sujet … Il devint clair que le médecin ne voulait pas simplement expliquer une situation médicale, il voulait toucher nos cœurs.

Quand la terre se met à trembler

Le 12 janvier dernier, un séisme d’une magnitude de 7,0 à 7,3 ravageait Haïti. Nous avons pu suivre à la télévision cette catastrophe qui a fauché des milliers de vie dans un pays qui a déjà eu plus que sa part de situations difficiles. Un S.O.S. à l’échelle planétaire a été lancé.

Et le 27 février, c’était au tour du Chili d’être secoué par un tremblement de terre de force 8.8. Le même schéma de désolation nous a été présenté; la situation, jugée de prime abord moins dévastatrice qu’en Haïti, se découvre plus grave de jour en jour. Un tsunami survient; des répliques importantes continuent de semer la panique. Le Chili s’est vu contraint lui aussi de demander l’aide internationale.

Des images douloureuses

Par les médias omniprésents, la planète entière est informée des catastrophes qui frappent ces deux pays. -"Trop d’informations…" diront certains. -"Des scoops à sensation…" insinueront d’autres. -"Que font tous ces journalistes sur les lieux ravagés sinon encombrer le travail des sauveteurs…? entend-on encore dire.

L’information qui réveille

Toutes ces images d’une détresse à son paroxysme en même temps que la progression de l’aide qui s’organise nous sont présentées"en temps réel". Parfois considérés comme chaotiques et dérisoires à leurs débuts, la ténacité et le courage de tous ces "humanitaires" qui se portent au secours de leurs frères sinistrés allument petit à petit des lueurs d’espoir. L’empathie nous envahit. Chez nous, des personnes se regroupent pour vivre ensemble l’insupportable attente de nouvelles des leurs restés dans ces pays ravagés… L’humain en nous se réveille et devient geste concret. Nos contributions personnelles mises ensemble peuvent alors «faire boule de neige» pour devenir instrument de soulagement.

Des événements qu’il nous faut apprendre «à écouter et à voir autrement»

Concernant le projet de coopération entre Rome et Kinshasa, le P. Steckling fait remarquer que:

Dans tout cet ensemble il n’a pas été question de religion, sauf peut-être dans les chansons, mais à un certain point, j’ai réalisé que tout correspondait parfaitement au Carême ... Le mystère pascal était évidemment présent, durant l’exposé sur la malnutrition, et il semblait que ce ne fut pas un médecin, mais le Dieu et Père de Jésus Christ, qui semblait nous parler, essayant de nous communiquer, non seulement des informations mais son propre Esprit, l’Esprit de compassion, d’amour et de solidarité.

Ces informations médiatiques qui nous montrent la misère de par le monde ne seraient-elles pas elles aussi porteuses d’un appel divin? «Un temps pendant lequel nous apprenons à écouter et à voir autrement»? Un appel à ouvrir notre cœur, nos bras et nos portefeuilles quand la chose est possible?

Un temps pour agir "en esprit et en vérité"?

(Denyse Mostert, 2010-03-06)

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Discrète résurrection

Tout est accompli!

Et voilà! Jésus de Nazareth est mort sur une croix, comme un malfaiteur. Son corps a été déposé dans un tombeau.

Nous sommes au premier jour de la semaine. Jean nous raconte Marie-Madeleine qui se rend au tombeau «de bon matin, alors qu’il fait encore sombre». Marie-Madeleine doit être elle aussi plongée dans une grande obscurité… Son Maître est mort! Où est le Royaume qu’il annonçait? Et le Père que Jésus décrivait si bon, si puissant, comment a-t-il pu laisser s’accomplir cette criante injustice? Oui, Marie-Madeleine commence vraiment ce premier jour de la semaine avec des ténèbres dans le cœur. Il lui reste un dernier service à offrir à celui qu’elle a tant aimé; elle se rend au tombeau , avec des aromates.

La pierre enlevée

Là, une incroyable surprise: la pierre du tombeau est enlevée. Affolée, Marie-Madeleine court chercher «Simon-Pierre et l’autre disciple que Jésus aimait». Elle leur annonce qu’«on a enlevé le Seigneur ….»
L’«autre disciple» arrive le premier… mais il laisse à Simon-Pierre le soin d’entrer avant lui.

Je me suis souvent demandé pourquoi ce geste de Jean. À cause d’une émotion trop forte? Ou par un respect retrouvé envers ce compagnon qui a renié par trois fois leur Maître? J’aime voir dans ce mouvement le geste de pardon qui invite Pierre à reprendre sa place dans le groupe de ceux qui ont suivi Jésus.

«Il vit et il crut»…

Et lorsque cet «autre disciple» entre à son tour, toute incertitude est balayée. L’Évangile dit: «Il vit et il crut». Tout simplement. Sans autre démonstration qu’une tombe vide et un linceul soigneusement plié. Comme une harmonie qui rappelle que, selon les paroles de Jésus, «tout est accompli».

La conclusion de cet épisode est éloquente: «Jusque là en effet, les disciples n’avaient pas vu que «d’après l’Écriture… il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts»

Réflexions pour aujourd’hui

Des gens si différents…

Nous voyons là trois personnes très différentes les unes des autres. Avec pour trait d’union leur amour envers celui qu’ils nomment le Messie. Et je me demande si cette diversité ne voudrait pas nous signifier que les disciples du Christ ne sont pas enfermés dans une uniformité anesthésiante? Qu’il nous est demandé au contraire de conserver notre propre singularité et de la vivre dans une communion des plus authentiques avec nos frères humains?

Les deuils qu’il nous faut vivre

Je veux une fois encore parler du départ de Pierre, mon compagnon de vie. Un deuil à vivre, c’est d’abord une absence physique bien concrète. Ce sont des questionnements à n’en plus finir sur le pourquoi, le comment… Ce sont des moments de désespoir, de révolte… Comme Marie-Madeleine, nous avons un besoin criant des autres pour pleurer, essayer de comprendre, pour essayer de survivre…

Cependant, nos deuils vont se faire plus doux au fur et à mesure du temps qui passe, au fur et à mesure des amitiés qui nous entourent. Un jour, nous allons évoquer avec un sourire encore mouillé des épisodes de la vie de celui ou celle qui nous a quittés. Et un «matin de Pâques», vont nous envahir dans la prière les belles choses que nous avons vécues ensemble. Comme les disciples renvoyés aux Écritures, nous découvrirons alors «le fil conducteur» du projet de Dieu sur nous. Il sera si beau et si vrai ce «fil conducteur» que nous pourrons nous aussi dire en vérité: «j’ai vu et j’ai cru».

Et la résurrection de Jésus prendra alors tout son sens!

(Denyse Mostert, Pâques 2010)

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Des portes qui s'ouvrent

Je viens de relire la Méditation missionnaire du P. Steckling, o.m.i. Supérieur général des Oblats de Marie Immaculée. C’est là une réflexion toute de clarté, de simplicité, de vérité. Les faits y sont rapportés sans aucune indulgence, aucune parole lénifiante ne vient en tempérer la gravité. Tout abus sexuel y est reconnu comme un acte inacceptable. Lorsque des personnes consacrées en sont les auteurs, il s’y ajoute une incommensurable dimension de scandale, de tristesse et aussi de tentations, pour certains chrétiens désabusés, de tout laisser tomber des enseignements dispensés par une institution dont des membres ont agi en contradiction avec la parole qu’ils annonçaient.Dans cette Méditation missionnaireconcernant la situation de notre Église en 2010, le P. Steckling commence par mettre trois points en relief.

En ce qui suit, je parlerai en qualité de ce que je suis: prêtre et religieux missionnaire. Trois choses me viennent à l’esprit et me tiennent à cœur…

En premier lieu, je reconnais avec douleur que les abus sexuels et physiques, contre des personnes dépendantes, sont des actes criminels, d’autant plus graves qu’il s’agit de mineurs. De telles agressions peuvent perturber profondément une personne, toute une vie durant (…).

Comme deuxième point, je dois observer qu’en beaucoup de ces accusations, il y a de la partialité… Nous constatons donc qu’en ces campagnes d’opinion publique, tout n’est pas juste et équilibré, et que restent des questions (…).

Il reste encore un point, le troisième. Je dois admettre que, dans un certain sens, l’opinion publique a raison de fouiller avec plus d’attention dans les affaires du clergé et des religieux… Dans le cas des ministres de l’Eglise, c’est naturel qu’ils [que les médias] soient encore plus sévères, car l’Eglise se veut une instance publique, crédible et de vie intègre.

Ce Vendredi-Saint 2010 que nous venons de vivre m’a vraiment dérangée. En même temps que vers la Passion du Christ, mes pensées se tournaient vers notre Église au banc des accusés. Je pensais à la souffrance de Benoît XVI, à celle de tous ces prêtres vivant depuis tant d’années avec un sentiment de culpabilité auquel se greffe maintenant la honte de voir leurs actes devenus chose publique. Et je pensais surtout à toutes ces jeunes victimes innocentes pour qui la luminosité de l’enfance a fait place à la peur, à l’insécurité, aux questionnements…

Je portais aussi devant le Christ souffrant tous ces hommes qui, demeurés fidèles à leur Sacerdoce, sont cependant devenus pour un grand nombre de personnes sujets à caution. J’ai pensé aux moqueries faciles, aux quolibets qu’on nous dispense au quotidien, à nous qui voulons demeurer disciples de Jésus. J’ai prié pour que "notre foi ne vacille", pour que notre vie tout entière demeure simplement et lumineusement évangélique.

"Il ouvrit leur cœur à l’intelligence des Écritures. "

Le récit des disciples d’Emmaüs (Luc 24, 13-35) s’impose à mon esprit. J’y découvre des similitudes avec notre situation actuelle, devant un avenir qui peut sembler bouché, mais aussi une invitation à l’Espérance qui nous appelle à continuer… ensemble pour la Mission.

Comme nous, les disciples d’Emmaüs sont en pleine tourmente, en plein désarroi, en pleine dépression dirait-on aujourd’hui. Les faits sont là dans toute leur réalité. Jésus, celui qui savait si bien leur parler du Royaume de son Père déjà parmi nous, celui qui "guérissait de toute maladie ", celui qui accueillait, pardonnait, partageait l’amitié, celui qu’ils appelaient leur Maître a été crucifié comme un simple malfaiteur. L’apparente défaite semble dévorer toutes les énergies de ces hommes qui avaient tout misé sur lui.

Il faudra alors l’intimité d’Emmaüs où Jésus lui-même se fait reconnaître et ouvre leur cœur à l’intelligence des Écritures.

Et si nous laissions les portes de notre cœur s’ouvrir à l’intelligence des événements?

"Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire?" Cette parole aux disciples n’est-elle pas aussi pour nous qui nous sentons solidaires des souffrances de notre monde?

Ne fallait-il pas cette purification douloureuse de notre Église pour que l’institution puissante et triomphaliste que nous avons connue laisse la place au vrai visage du Christ qu’elle proclame?

Pour que s’ouvrent toutes grandes les portes à l’Esprit de vérité, à la simplicité évangélique, à un Dieu qui " a pris notre condition humaine " et sait si bien comprendre et relever les pécheurs que nous sommes tous?

(Denyse Mostert, 7 avril 2010)

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Une clé pour notre foi

Dans sa Méditation missionnaire de mai 2010, le P. Steckling, Supérieur général des Oblats de Marie Immaculée, nous parle d’une foi semblable à «un récit [qui] peut rester énigmatique, tant qu’on n’en a pas trouvé la clé d’interprétation».

Voici une entrée en demeure qui m’invite à "réfléchir ma foi". En effet, à tous ceux de ma génération, il a été enseigné de cultiver ce qu’on appelait de façon un peu méprisante "la foi du charbonnier". Il nous fallait croire tout ce qui nous était proposé… À bien y penser, c’était très simple de suivre les directives ecclésiales sans avoir à nous poser de questions! C’était aussi tellement plus facile de faire face aux propos de ceux-là qui disaient ne pas croire, les réponses toutes faites constituant pour nous un excellent paravent.

Il faut pourtant reconnaître que la voix de notre conscience, considérée aujourd’hui comme importante sinon essentielle, et notre réflexion personnelle ne nous enlèvent pas complètement une certaine difficulté à cheminer dans le domaine de la foi. Car nous avons maintenant à chercher activement une «clé d’interprétation» qui ne se laisse pas saisir de façon évidente.

La clé de notre foi

Et voici que le P. Steckling nous présente Marie comme étant celle qui détient la clé de notre foi. Une clé à découvrir en contemplant la femme de Galilée que nous présentent les Évangiles.

Humaine, Marie l’a été. Elle ne comprend pas: "Comment cela se fera-t-il?" A-t-elle assimilé immédiatement la réponse du messager? Quoi qu’il en soit, elle n’a eu qu’une réponse: "Je suis la servante du Seigneur ".

"Et l’ange la quitt" nous rapporte l’évangéliste Luc, (1,38). Marie va dès lors assumer au quotidien une foi qui la dépasse et l’émerveille en même temps. Une foi qui va mettre à l’épreuve tant la mère que la croyante.

Marie, femme d’épreuves

Épreuves que l’annonce du vieux Syméon, la recherche inquiète de l’adolescent perdu, épreuve la réponse de ce fils à sa mère: "Pourquoi me cherchiez-vous?".

Plus tard à la noce à Cana, nous découvrons une femme attentive à ce qui ce passe autour d’elle, désireuse de pallier le manque de vin qui pourrait plonger les hôtes dans l’embarras. Épreuve aussi que la réponse ambiguë de Jésus. Pourtant Marie n’hésitera pas à recommander aux serviteurs: "Quoi qu’il vous dise, faites-le." (Jean 2.5)

Épreuves encore que les critiques de sa famille face à la mission de Jésus et ces mots de son fils qu’elle tente d’approcher parmi la foule «Qui sont ma mère et mes frères?» (Marc 3,33).

Épreuve suprême enfin au Calvaire, où nous la retrouvons avec Jean, le disciple que Jésus aimait. Elle se tient debout, immobile, souffrante, comme impuissante devant l’injustice sans nom qui condamne l’innocent. Un passage presque insoutenable du film de Zefirelli "Jésus de Nazareth" nous la montre hurlant sa peine aux pieds de son enfant agonisant. C’est pourtant cette femme qui va répondre sans hésiter au vœu de Jésus, et accueillir Jean pour fils devenant en même temps mère de l’Église, mère de l’humanité.

«Je dois dire que cette année particulièrement, en présidant la liturgie du Vendredi Saint, j’ai ressenti beaucoup l’opacité de la croix.» Ne peut-on penser que toutes ces épreuves ont parfois revêtu la foi de Marie de cette opacité dont parle le P. Steckling?

Et après le Vendredi Saint?

Et après le Calvaire, «une fois passé le Vendredi Saint, Marie et Jean auront-ils une clé pour déchiffrer les faits, à notre intention?»

Mais Marie est différente des autres mères, répond le P. Stecling; un ange ne lui a-t-il pas expliqué que son fils venait de l’Esprit Saint de Dieu? Et comme Jean, elle a pu vérifier, dans la vie publique de Jésus, que Dieu était avec son fils; que par lui, c’est le Dieu même des Pères qui parlait et agissait; qu’il allait racheter Israël, et plutôt, qu’il était déjà en train de le faire… Quand, le dimanche de Pâques, Jean revient de sa course au tombeau vide, la foi de Marie s’ouvre à la lumière du jour. La foi de ces deux êtres, au Dieu et Père de Jésus, au Dieu qui tient ses promesses, devient la clé qui résout l’énigme de la croix.

Il nous est bon de conclure avec lui qu’ «une bonne manière d’entretenir la foi, est de se mettre à la vivre avec Marie, comme l’a fait l’apôtre Jean lorsqu’il la " prit chez lui "», et d’écouter cette femme qui conservait toutes choses dans un cœur entièrement tourné vers son Seigneur.

(Denyse Mostert, 7 mai 2010)

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Rien n'est perdu de notre Espérance

La rareté des vocations dans le monde occidental fait l’objet de la «Méditation missionnaire» du Supérieur général des Oblats de Marie Immaculée. Je pense que l’interrogation du P. Wilhelm Steckling nous concerne tous. «Que devons-nous faire, comme religieux et comme Oblats, pour attirer des vocations, dans le monde occidental?»

Des pistes

Le P. Steckling souligne trois «pistes valables» qu’il qualifie «de grandes chances que nous offre l’Esprit Saint».

La première piste, ce sont les laïcs associés: il y a toujours plus de chrétiens qui adoptent avec enthousiasme le charisme et la mission oblate. Le deuxième point souligne que l’appel, adressé à un jeune, vise non seulement, un engagement avec Dieu, mais aussi avec une communauté, située dans l’Eglise. Troisièmement: il s’agit de convier à participer à un tel projet avec insistance, avec beaucoup de foi, de patience et de prière.

Réponse à un appel

«Aujourd’hui plus que jamais, il est important de parler de l’appel de fond qui nous invite à vivre en disciples du Christ parce que c’est la foi elle-même qui se trouve être en crise.» Un «appel de fond» qui fait des marginaux de ceux qui y répondent. Un appel à la foi qui est don. Un appel à la foi sans laquelle nous ne pourrons tenir le coup dans notre monde laïcisé. Un appel à la foi qui vient donner sens et cohérence à la vie. Un appel à la foi qui nous fait solidaires de nos frères et sœurs en humanité. Et surtout un appel qui, loin de se limiter aux seules personnes dites consacrées, s’adresse à tous les baptisés.

Laïcs associés

«La première piste, ce sont les laïcs associés…» écrit le P. Steckling. Ceci m’invite à revenir sur le parcours qui a fait de nous des Laïcs associés aux Oblats de Marie Immaculée.

Au commencement, nous avons répondu à un «appel de fond» venant de personnes dont le témoignage de vie nous a invités à découvrir l’esprit qui les animait. Ces Oblats nous ont dit saint Eugène, ce méridional au tempérament et à la foi de feu. Cet original qui n’a pas craint de marcher hors des sentiers battus. Qui a osé innover et a traversé bien des tourmentes auxquelles, en dépit d’un cœur parfois blessé, sa persévérance a résisté. Un homme qui nous a légué tous «les pauvres aux multiples visages» à aimer «en paroles et en vérité».

Cette audace, nous a séduits. Notre engagement continue à dire notre désir de proclamer Jésus Christ par une cohérence entre paroles et vie.

Les pauvres aux multiples visages

Inutile d’énumérer ici toutes les détresses du monde d’aujourd’hui. Dans nos familles aussi nous retrouvons des jeunes qui nous interpellent à travers leurs extravagances, des adultes qui se noient dans l’inutile course à l’avoir, au paraître, au plaisir à tout prix, des personnes âgées qui oublient que le moment est venu pour elles de transmettre l’expérience d’une longue vie.

Chacun de nous porte en lui des blessures. Nous avons tous des moments difficiles à vivre, des deuils à faire. Vivre avec Jésus Christ, c’est refuser de nous enfermer sur nous-mêmes. C’est nous faire présents à toutes ces personnes en quête souvent du petit geste qui leur fera reprendre cœur.

À tous ceux-là, nous avons à prodiguer l’attention qui va dire Jésus Christ. Comme Eugène s’adressant aux gens de Provence, nous avons à le dire dans le langage simple et authentique de notre quotidien. Un langage qu’ils vont, non seulement comprendre, mais encore accepter parce qu’ils y découvriront une cohérence entre paroles et manière d’être.

Rien n’est perdu de notre Espérance.

Une expérience inoubliable fut celle des dernières années de la vie de mon mari. Une situation sans issue apparente qui me fait un peu penser à la situation de notre Église aujourd’hui.

Pour Pierre et moi, il a été dur le moment de regarder en face la maladie qui progressait et d’accepter qu’il en soit ainsi. Nous avons pleuré ensemble. Nos larmes étaient-elles prière? Puis, petit à petit, nous avons revu nos 51 ans de vie commune, nos joies, nos difficultés, les enfants que nous avons conduits à l’âge adulte, notre amour demeuré solide et confiant… Pour réaliser que «c’était bon», que notre foi au Christ Sauveur nous avait permis de dépasser ensemble les moments difficiles. Nous avons pu rendre grâce. Nous avons pu vivre dans la paix la perspective d’une séparation qui se faisait de plus en plus proche.

De cette situation qu’on peut dire «de crise» est sortie une grande Espérance. Et l’Espérance est faite pour être partagée…

En Église

Examiner lucidement le chemin parcouru par l’Église, c’est entrer dans une grande reconnaissance pour tous ces témoins du passé et pour tout le bien qu’ils ont fait. C’est dire merci pour tous les chrétiens demeurés debout au milieu de la tourmente. C’est porter dans nos prières ceux des nôtres montrés du doigt sur la place publique, c’est demander pour eux la foi en la Miséricorde de notre Dieu qui pardonne et convie à un nouveau départ.

Une réflexion authentique ne serait-elle pas la porte par laquelle l’Espérance pourrait entrer dans l’Église d’aujourd’hui? Et si cette authenticité conduisait à changer des attitudes séculaires pour risquer des sentiers nouveaux?

Nous avons tous à dire Jésus Christ en Église. Et si notre Église ouvrait pleinement la porte du «Sacerdoce royal» à tous les baptisé(e)s, n’y aurait-il pas là un grand pas vers le Royaume, une belle invitation à vivre vraiment «ensemble pour la Mission»?

(Denyse Mostert, 9 juin 2010)

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Marthe et Marie

Dernière «Méditation missionnaire» du P. Wilhelm Steckling comme Supérieur général des Oblats de Marie Immaculée … Une vraie synthèse de ce que doit être la vie des Oblats, de leurs Laïcs associés et en somme de tout chrétien engagé à la suite de Jésus Christ.

Des Haïtiens, victimes de ce séisme du 12 janvier dernier, on peut dire qu’ils représentent une partie de ces «pauvres aux multiples visages» si chers à saint Eugène de Mazenod. Les Constitutions oblates nous rappellent: «Notre mission est d'aller d'abord vers ceux dont la condition réclame à grands cris une espérance et un salut que seul le Christ peut apporter en plénitude.»

«Voyant les foules, il fut pris de pitié pour elles, parce qu'elles étaient harassées et prostrées comme des brebis qui n'ont pas de berger.» (Matthieu 9:36). Comme au temps de Jésus, comme au temps de notre Fondateur, il existe toujours parmi nous des pauvres qui ont désespérément besoin du secours …

Certes, nous nous devons d’aller vers les plus démunis pour donner toute l’aide possible, mais aussi pour accueillir avec reconnaissance ce qu’ils ont à nous offrir en retour… De son voyage sur les lieux du désastre, le P. Steckling revient avec trois messages.

«En premier lieu… un message de détachement»... Devant une telle tragédie «tout ce que nous pouvons posséder ou avoir perdu devient assez relatif…. / «Deuxièmement… le sens de l'Église comme grande famille. Laïcs, clergé et religieux - tous travaillent ensemble pour servir ceux qui se trouvent dans le besoin… / Et finalement, déclare le P. Steckling aux Haïtiens, vous nous enrichissez par votre témoignage de force de la foi que j'ai senti bien vigoureux parmi vous».

La deuxième partie de la «Méditation missionnaire» se termine par ce que j’appellerais un résumé magistral de l’Évangile et des Constitutions des Oblats de Marie Immaculée.

«Le missionnaire doit être un contemplatif en action. La réponse aux problèmes, il la trouve à la lumière de la parole divine et dans la prière personnelle et communautaire.»

Il a fallu au P. Steckling un «second regard» pour discerner, derrière les situations affolantes, les pertes de vie, la douleur des familles endeuillées, les destructions matérielles etc… toutes les richesses intérieures vécues par le peuple haïtien si durement éprouvé mais toujours debout. Il lui a fallu en quelque sorte «contempler» dans une perspective de foi cet immense champ de ruines pour y découvrir de belles fleurs d’espérance.

Le travail du missionnaire en a été «divinisé» selon une expression chère à Teilhard de Chardin. Comme l’est toute notre vie lorsque nous prenons le temps de nous arrêter. Afin de redécouvrir Jésus Christ et réinscrire notre travail dans la perspective évangélique.

Marthe ou Marie? L’une ne peut se dissocier de l’autre. Il nous reste à être des «contemplatifs en action» pour mieux vivre Dieu et servir comme lui.

Je veux terminer cette «Méditation sur une Méditation Missionnaire» par un merci sincère au P. Wilhelm Stecking qui a bien voulu, de mois en mois, accueillir mes réflexions de Laïque associée aux Oblats de Marie Immaculée.

Continuons donc vers des engagements nouveaux, toujours ensemble pour la Mission.

(Denyse Mostert, 9 août 2010)

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Préférer Jésus (Luc 14:25-33)

Des contradictions?

Il y a certaines paroles de Jésus qui m’ont toujours laissé un malaise… comme celles-ci rapportées par Luc: «Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs et même à sa propre vie… il ne peut pas être mon disciple…».

Pourquoi un malaise? Parce que je pense à un commandements de Dieu remis à Moïse au Sinaï: «Honore ton père et ta mère…» Tout cela m’apparaît un peu contradictoire. Peut-on en même temps honorer ses parents et leur préférer quelqu’un d’autre?

Et si j’essayais d’écouter

Oui, si je prenais le temps d’écouter vraiment, de chercher à comprendre le vrai sens de ces paroles de Jésus à ses contemporains… des paroles qui nous concernent tous… À l’école, l’institutrice nous répétait souvent que quelques mots pris hors contexte pouvaient être facilement mal interprétés, voire dénaturés. Et voici qu’en remettant la phrase de Jésus dans son contexte, la signification en devient différente.

D’abord il s’agit de gros projets

En guise d’explication, Jésus donne en exemple un bâtisseur de gros projet, puis un roi qui se demande s’il est en mesure de répondre aux attaques d’un ennemi menaçant. Dans les deux cas il est question d’actions d’envergure à étudier sérieusement avant de passer à l’action car les conséquences peuvent en être énormes, aussi bien pour celui qui décide que pour ceux qui l’entourent.

Deux décisions lourdes de conséquences

Ceci me ramène à deux décisions importantes de ma vie. D’abord mon mariage: pas tellement difficile de «quitter son père et sa mère» pour s’attacher à la personne qu’on aime quand on est amoureux! Il y a bien quelques petits pincements au cœur à l’idée d’un changement de vie radical… Mais, finalement on ne les quitte pas tant que cela nos parents en se mariant… Et s’il est difficile pour eux de voir les oiseaux s’envoler du nid, le bonheur de savoir leur enfant heureux prend vite le dessus.

Un autre grand projet de notre vie de couple a été de laisser notre Belgique natale pour nous établir au Québec. Là on peut vraiment parler de préférence, la coupure allait être grande, un océan allait nous séparer des nôtres. Nous aurions à nous adapter à des façons de vivre différentes.

Pas de décision à l’aveuglette

Alors, comme le bâtisseur de tour de l’évangile et comme le roi dont parle Jésus, nous avons pris le temps de nous «asseoir pour calculer la dépense et voir (si nous pouvions) aller jusqu’au bout?» Notre réflexion a duré des mois… La suite? Nous avons débarqué au Québec par un beau jour de juillet… et j’y vis toujours, heureuse avec les miens.

Pour concrétiser ces deux projets, il nous a fallu faire des choix difficiles, faire de la peine à nos proches… préférer nos projets de vie à notre famille, à nos amis, à nos habitudes, et finalement à notre pays. De la tristesse? Bien entendu. Mais aucun remords. Comme on dit chez nous «le jeu en valait la chandelle.»

Revenons à l’évangile de Luc

«Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs et même à sa propre vie… il ne peut pas être mon disciple…» Ces paroles de Jésus ne parlent-elles pas d’un enjeu important, d’un choix à envergure d’éternité? Car c’est de vie qu’il s’agit, c’est de bonheur dont il parle, c’est un amour sans compromission à vivre dès ici-bas qui nous est proposé... C’est un projet pour devenir solidaires les uns des autres, où le moindre geste d’amitié va revêtir son importance, où nous pourrons vivre la confiance en un Dieu pour qui tout est possible.

Le fruit de toute une vie

Le projet-Jésus n’est pas une recette instantanée. Toute une existence ne suffira pas à nous le dévoiler au complet. Nous pourrons juste le deviner à travers les événements et la vie de tous ceux-là qui vivent en témoins crédibles le message évangélique.

Un projet où la croix est présente

Il faut bien le reconnaître, préférer Jésus comporte des dépassements… suivre Jésus, cela ne va pas toujours de soi. C’est un projet qui nous entraîne sur des chemins d’où l’on ne sait pas toujours bien où il vont... Un projet pour lequel nous pouvons parfois dire comme Marie «Comment va-t-il se faire?»

Pourquoi préférer Jésus?

Un discernement dans la prière va nous révéler que «préférer Jésus à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs et même à sa propre vie…» ne prend plus des allures d’abandon. Il devient le choix du bonheur. Préférer Jésus, c’est opter pour l’amour qui donne tout son sens à la vie.

(Denyse Mostert, 25 août 2010)

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Il y eut un homme... son nom était Jean

Préambule

Il y a Marie, elle est fiancée à Joseph. Elle vit un bonheur sans histoire jusqu’au jour où… Jusqu’au jour où le messager vient lui demander l’incroyable oui qui va bouleverser tant de vies.

Et il y a Élisabeth, trop âgée pour avoir un enfant et qui pourtant est enceinte. Tout est extraordinaire dans les événements qui précèdent la rencontre des deux futures mamans… Comme tout va aussi le devenir pour les bébés qui vont bientôt voir le jour!

La rencontre

Marie partit en hâte, raconte Luc, elle salua Élisabeth. C’est une rencontre remplie d’Esprit Saint qui a lieu entre les deux cousines. L’enfant d’Élisabeth tressaille dans le sein de sa mère, comme si sa mission de précurseur commençait dès maintenant.

C’est une rencontre dont l’intensité extraordinaire se traduit en action de grâce. Tu es bénie entre les femmes, dira Élisabeth. Et Marie va exprimer son immense bonheur dans le vibrant Magnificat.

En attendant le jour

Nous connaissons quelques événements de la vie cachée de Jésus. De Jean, Luc écrit qu’il grandissait et son esprit se fortifiait. Et qu’il fut au désert jusqu’au jour de sa manifestation à Israël.

Une belle amitié

Bien que les Évangiles ne le mentionnent pas, j’aime à croire que les deux cousins ont vécu une de ces amitiés très rares où l’on peut partager sans contrainte la foi qui nous habite et nos projets les plus chers. Sans doute ont-ils parlé de la mission hors mesure à laquelle ils se sentent appelés.

Le baptême au Jourdain vient montrer à quel point Jean et Jésus communient aux mêmes réalités de ce Royaume si proche qu’ils sont venus annoncer.

Je ne suis pas digne

Nul n’est prophète en son pays. Ce proverbe dont on sait la grande justesse, Jean va le déjouer ce jour-là. Du cousin, son cadet de quelques moi, il va dire: Moi, je vous baptise dans l’eau en vue de la conversion mais celui qui vient après moi est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de lui ôter ses sandales.

Alors, écrit Matthieu, Jésus … paraît sur les bords du Jourdain, et vient à Jean pour se faire baptiser par lui. Quelle confusion a dû alors s’emparer de Jean, lui qui connaît si intimement l’homme qui se tient devant lui. Un dialogue teinté d’émotivité s’engage. Conscient de la dignité de celui qui pénètre dans les eaux du Jourdain, Jean proteste: «C’est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi, et c’est toi qui viens à moi.»

Nous devons accomplir ce qui est juste

Réponse surprenante de Jésus: Pour le moment, laisse-moi faire, c’est de cette façon que nous devons accomplir parfaitement ce qui est juste. Sur ces paroles, termine Matthieu, Jean le laisse faire.

Le précurseur a-t-il saisi toute la portée de ces paroles? Jean a-t-il compris que Jésus se voulait solidaire de tous ceux-là qui viennent au Jourdain pour y recevoir le baptême de l’eau, ce baptême qui va les préparer à accueillir la Bonne Nouvelle du Salut?

Et Jésus précise: c’est ce cette façon que nous devons accomplir parfaitement ce qui est juste… À travers ce nous dans lequel il est inclus, Jean a-t-il découvert l’amour d’un Père qui demande notre coopération pour accomplir parfaitement ce qui est juste?

Celui-ci est mon Fils bien-aimé

Alors une voix venant des cieux disait: Celui-ci est mon Fils bien-aimé; en lui j’ai mis tout mon amour. Comme il l’a fait jadis au sein d’Élisabeth, le cœur de Jean a-t-il tressailli en recevant l’éclatante confirmation de la foi qu’il met en Jésus? Une chose est sûre. Il va aller jusqu’au don de sa vie, pour continuer à aplanir le chemin devant celui qui vient après lui.

Et pour nous?

Avec Marie, avec Élisabeth et Jean, il nous est bon de prendre conscience que c’est une même foi que nous partageons. C’est notre foi en Jésus Christ, le Fils bien-aimé à qui le Père a donné tout son amour.
C’est une foi pour la vie de tous les jours. Elle est faite de lumière et d’ombre, de grandes joies et de moments difficiles.

C’est une foi qui nous dit l’amour Dieu et que nous devons nous aimer les uns les autres dans le respect de ce que nous sommes, avec nos richesses, mais aussi avec nos limites réciproques.

C’est une foi qui nourrit notre Espérance en nous rappelant que le Royaume est déjà là et qu’un grand amour nous attend quelque part, dans un lieu où il n’y aura plus ni pleurs, ni larmes.

C’est une foi qui nous invite à mettre les bras à la moisson, qui fait de nous des témoins de plus en plus crédibles de ce Jésus Christ que nous proclamons.

Magnificat

Avec Marie, Élisabeth et Jean enfin, nous partageons une même reconnaissance heureuse envers l‘enfant né de Marie, l’Emmanuel, le Dieu-avec-nous qui sans cesse nous sauve et nous relève.

(Denyse Mostert, 30-12-2010)

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