Nous sommes le 12/12/2018 et il est 06h37 TU+2 - "L'Eglise attend de vous tous un puissant secours dans sa détresse" (Eugène de Mazenod, 1823)

La traversée africaine du XXIe siècle
(Godé Iwele, omi)

Ce 12/12/2018, voici le Panel de grands Penseurs africains animé par Godé Iwele, Oblat de Marie Immaculée. L'Institut saint Eugène de Mazenod a vibré au rythme d'une série de Conférences-dialogue sur "La traversée africaine du 21ème siècle". Cet événement qui a eu lieu à Kinshasa, du 11 au 14 juin 2001, demeure une référence fondamentale pour de nombreux cybernautes. Témoin privilégié, Ayaas reproduit ici l'argument présenté par l'initiateur ainsi que les mots d'ouverture et de clôture de la session.


Scolasticat omi

Mot d'ouverture

Par Jean-Pierre Bwalwel, OMI, Recteur de l'ISEM

Très Révérend Père Provincial des Missionnaire Oblats de Marie Immaculée,
Monseigneur, le Représentant du Nonce Apostolique,
Messieurs les Recteurs et les Directeurs des Universités et des Instituts Supérieurs,
Mesdames, Messieurs les Professeurs,
Chers étudiantes et étudiants,
Distingués invités,

L'institut Saint Eugène de Mazenod vous souhaite la bienvenue en son sein et vous remercie d'avoir si généreusement répondu à son invitation. L'événement scientifique auquel nous allons participer au cœur de l'Afrique se propose de refaire l'Afrique, d'inciter les fils et les filles de ce Continent à mettre ensemble leur énergie spirituelle et cognitive pour organiser et réussir la traversée du 21èmesiècle. Pour y parvenir, ce dialogue réunit autour d'une table des Grands Penseurs Africains et des éminentes personnalités que j'ai la joie de vous présenter et que je vous demanderai de saluer très chaleureusement.

Mr le Professeur Joseph KI-ZERBO et Mme Jacqueline KI-ZEBO son épouse; Mr le Professeur Yves Valentin MUDIMBE; Mr le Professeur Hippolyte MIMBU; Le Professeur Père Godé IWELE, omi (l'animateur principal de ce dialogue). Dans ce même registre de présentation, nous nous acquitterons aussi d'un agréable devoir de vous faire connaître une personne qui se trouve là du côté où vous êtes mais qui prend une part aussi active à ce symposium mais à un autre titre. Je laisserai à l'animateur le soin de vous parler d'elle. Mme Angèle BASSOLE.

Distingués invités,

La vocation première de notre Institut est la formation théologique des futurs pasteurs. Ceux-ci sont appelés à exercer leur ministère dans le monde entier où ils seront envoyés coMme missionnaires. Or de tout temps, les missionnaires se voient confrontés à toute forme de pensée et de philosophie, à toutes les interrogations des hoMmes de leur temps. C'est pourquoi, l'Institut Saint Eugène de Mazenod ne ménage aucun effort pour assurer une solide formation à ses étudiants et pour contribuer à la promotion intellectuelle et culturelle des hoMmes et des feMmes de notre société. C'est ainsi que cet Institut a organisé en 1994 un colloque international sur « Les nouveaux appels de la mission» et vingt et une sessions soit 44 conférences sur des thèmes très variés parmi lesquels je rappelle:

Ceci témoigne du souci que l'Institut Saint Eugène de Mazenod porte non seulement pour la solide formation des futurs agents pastoraux mais aussi d'ouvrir son cadre de recherche scientifique et d'échange intellectuel et culturel aux besoins de toute la société.

C'est pourquoi, la rencontre d'aujourd'hui, sous ce chapiteau qui devient notre arbre à palabre et notre lieu des fêtes scientifiques, nous voudrions, tous ensemble, coMme le dit l'un des Baobabs africains: «vivre un événement à la hauteur de l'histoire, un événement chargé de raison et de conscience…coMme repère, une bannière et un signal…pour sortir de la caverne préhistorique et pour coMmencer à grimper vers toutes les cimes de notre condition humaine», j'ai cité le Professeur KI-ZERBO.

La Traversée coMme dialogue sur l'existence, la pensée et la spiritualité en Afrique qui fera l'objet de nos échanges pendant ces quatre jours devra nous conduire, grâce à la présence de ces illustres professeurs, à affirmer haut et fort « qu'il est tout à fait possible de redonner une dignité nouvelle à l'Afrique » du21ème siècle.

Face à la cacophonie des conjectures, face à la crise qui semble atteindre son seuil critique et face au délabrement des valeurs fondamentales que cette crise génère, point n'est besoin de s'abîmer dans un défaitisme. On devra plutôt se charger de défendre ce Continent dont les vices seront certainement diagnostiqués par la contribution de chacun et de chacune durant ces assises. Ceci voudrait dire qu'il faut toujours prendre conscience que le problème préoccupant de l'Afrique ne peut pas nous laisser dans la neutralité. Nous n'aurions point raison de nous retrancher derrière une fatalité irresponsable. La tâche est à notre hauteur et relève de notre ressort. Même la pastorale a sa mission d'honneur. Sommée de faire peau neuve depuis l'avènement du Concile Vatican II, elle doit insister sans cesse sur les aspects constitutifs de la vie sociale, notaMment, le développement, la promotion humaine, la justice et la paix. Elle devra, plus que jamais, prêter une oreille attentive au contexte sociopolitique et au bien-être des hoMmes, des feMmes et des enfants de notre temps afin de mieux les accompagner dans leur démarche vers plus d'équilibre, vers plus de dignité, vers plus de démocratie.

Eminence, Excellence, …

L'Institut Saint Eugène de Mazenod, organisateur de ce grand forum scientifique se réjouit de vous accueillir et vous confirme qu'il restera toujours prompt dans ses engagements de recherche des voies de conscientisation de notre public à l'avènement d'une véritable culture, d'une société où chaque fille et chaque fils de ce Continent peut trouver son espace vital.

Pour terminer, laissez-moi vous exprimer, une fois encore, ma profonde gratitude d'avoir accepté de donner de votre temps à ce forum scientifique. Je vous remercie.

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Argument

Document de travail conçu et réalisé par Godé Iwele, omi
Editions Malaïka, 2001 - Canada

Nous voulons, à la charnière des siècles (...), vivre un événement à la hauteur de l'histoire; un événement chargé de raison et de conscience, émergeant vigoureusement du marais des faits divers, coMme un repère, une bannière et un signal... Une rupture et une refondation, un sursaut, une surrection morale par refus du statu quo, et par anticipation d'un monde désiré, annoncé, convoqué et déjà mis en chantier... Il s'agit de s'entendre pour sortir totalement de la caverne préhistorique et pour coMmencer à grimper vers toutes les cimes de notre condition humaine. (Joseph Ki-Zerbo)

La vie est un voyage. Un voyage en commun. Souvent, nous n'avons pour l'effectuer que quatre bagages: la science et la conscience, la loi et la foi. C'est munis de ce quadruple bagage que nous comptons, ici, organiser la traversée africaine du XXIe siècle.

La métaphore de la vie coMme voyage est récurrente dans l'histoire de l'humanité. En effet, depuis l'aube du temps, dans toutes les cultures du monde, on se représente la vie coMme une marche et une démarche. Le long de sentiers divers, des hoMmes, des feMmes se pressent et s'empressent coMme vers quelque rendez-vous à ne pas manquer. Tels des rameurs lancés à la poursuite du destin sur un rapide cours d'eau, ils négocient prudeMment chaque vague et chaque tournant en fouillant à coup d'aviron dans la mémoire des eaux. Les yeux rivés sur l'aval, ils sont, disent-ils, les dérivés de l'amont. L'être humain serait donc un perpétuel voyageur toujours en route, parfois en déroute, mais constaMment en quête. En quête du sens.

Il y a sous-jacente à cette métaphore du voyage, d'une part l'idée du devenir coMme modalité de l'être-dans-le-temps, de l'autre un refus à bon escient de la fixation et de la sédentarisation, synonymes de stagnation, de statu quo, voire de sclérose. Cela tient avant tout à la nature même de l'être humain. Agent mobile par définition, l'être humain est en constante mutation: il est un mutant, un viator, un nomade toujours à la recherche de son humanité. Exister, c'est, pour lui, sans cesse, franchir et (s') affranchir de nouveaux espaces, meubler et peupler le temps de mémoires et de projets, charger de signification et de signifiance son "séjour dans l'éclaircie de l'être" (Heidegger), bref marquer, par des actes capables de lui survivre, sa présence dans l'ici et le maintenant, dans le temps et l'espace. Car "l'hoMme n'a point de port, le temps n'a point de rive; il coule, et nous passons!", selon le mot du poète (Lamartine). Pressé par l'appel de l'être et l'appel à être, l'étant chemine. ConstaMment. Vers un ailleurs.

Chemin faisant, il crée des manières d'être. Et de ne pas être. Il ne se satisfait guère de réponses et solutions du passé. Aussi les réponses d'hier deviennent les questions d'aujourd'hui, en attendant que les solutions d'aujourd'hui deviennent à leur tour des problèmes pour demain. Et ainsi de suite. En fait, l'hoMme ne s'ébranle qu'en ébranlant les assises des certitudes acquises.

Et voilà qu'au voyage déjà trépidant de la vie, le XXe siècle —qu'on a dit non sans raison siècle de la vitesse— est venu imprimer l'allure d'une véritable course olympique, effrénée, compétitive et sans merci, où chaque pas compte, le moindre instant vaut son pesant d'or.

Mais où donc l'humanité va-t-elle de ce pas? Au fait, qui soMmes-nous? d'où venons-nous? et où allons-nous? Dans la cacophonie des conjectures, une seule chose semble sûre et certaine: le monde est en mouvement et nous soMmes en voyage.

Impossible de prendre toute la mesure des enjeux de ces interrogations si, d'une part, l'étant ne s'émeut pas devant le mystère de l'être; et si, d'autre part, le voyageur en commun qu'est l'être humain n'accueille pas ou ne se recueille pas devant le don de l'autre dans son altérité inaliénable. Car, ainsi que nous le disions plus haut, pour être un voyage, l'existence humaine est un voyage en commun. Bien plus, elle est une traversée. Et, souvent même, une traversée du désert!

Objectif

Que la vie soit une traversée du désert, les Africains ne le démentiront pas de sitôt. Encadrés au nord et au sud par deux grands déserts, le Sahara et le Kalahari, les Africains font chaque jour l'expérience de ce que l'un de leurs philosophes a appelé un désert "métaphysique". Il s'agit du rien qu'est devenue l'Afrique noire des suites des traumatismes de la traite des Noirs, de la colonisation, du néocolonialisme et du despotisme de la nouvelle bourgeoisie nègre. Ce "rien" constitue, à en croire Kä Mana, un «Sahara métaphysique", sorte de vacuité, de nuit de sens, de dérive et de distance épistémique qui, bien plus encore que le Sahara géographique, désarrimerait l'Afrique noire à l'Egypte antique dont elle se réclame et à l'Occident qu'elle acclame ou face auquel elle clame son identité et proclame sa différence. Ce dont il est ainsi question, c'est de cette sorte de tremblement de terre qui s'est produit au beau milieu de notre patrimoine culturel, intellectuel et moral, lequel a déstructuré de fond en comble et de manière durable sinon permanente nos attitudes d'être, nos pratiques théoriques et notre organisation socio-politique.

La crise, il serait de mauvaise foi de le nier, est partout perceptible. De part en part, l'Afrique noire est sens dessus dessous. Laissées-pour-compte, les populations sont aux abois, ne sachant plus où donner de la tête. Mais un peu partout aussi, heureusement —et c'est une chance inouïe souvent méconnue, hélas! — d'inquiets "cogitateurs" s'attellent avec courage et obstination, souvent dans l'indifférence générale, à trouver un sens à notre non-sens. Ils croient que ce qui nous arrive n'est pas une fatalité, qu'il est tout à fait possible de redonner une dignité nouvelle à ce vaste gâchis qu'est devenue l'Afrique à la face du monde. Parmi eux, nous avons repéré Joseph Ki-Zerbo du Burkina Faso, Jean-Marc Ela du Cameroun et Valentin Mudimbé du Congo. Ils seront les protagonistes de ce dialogue. Nous ferons asseoir ensemble ces trois savants "sous le baobab" ancestral et nous leur poserons simplement la question suivante: d'où venons-nous, nous autres africains? où (en) soMmes-nous? et où allons-nous? Pourquoi cette panne? Est-elle irréparable?

Au seuil du XXIe siècle et du troisième millénaire, nous voulons, ensemble, chercher la raison de nos déraisons. Nous voulons comprendre à fond coMment fut inventée l'Afrique actuelle et coMment elle pourrait être réinventée. Nous voulons organiser la traversée du XXIe siècle de telle sorte que l'histoire ne nous rie plus au nez. Pour ce faire, nous nous proposons de "mesurer le taux d'angoisse par citoyen" (C. Monga), afin de décider une fois pour toutes de ne plus rire de la misère de notre peuple et de ne plus étouffer "le cri de l'hoMme africain" (J.-M. Ela). Nous voulons suivre ce cri partout où il nous mènera. Nous voulons le faire retentir si fortement, qu'il puisse inciter tous les fils et les filles du continent à tendre à la Mère-Afrique les passerelles de la raison, de la conscience, de la foi et de la loi pour sa traversée du désert. Nous voulons mobiliser les énergies cognitives et spirituelles du continent en vue de la renaissance africaine.

Nous entendons, à cet effet, présenter un rapport sur l'Afrique. Ce ne sera pas un bilan sous forme d'un inventaire chiffré, mais sous forme d'une quête fondamentale du sens. Nous en avons la certitude, les idées dirigent le monde. Et, dans la géopolitique actuelle du monde, l'Afrique ne peut pas se contenter de vivre du "coMmerce des idées usagées" (B. Jewsiewicki). L'Afrique ne peut pas vivre non plus du seul trafic des pierres précieuses, aussi rentable soit-il, coMme si nous étions toujours à l'âge de la "pierre taillée". Cela dit, notre objectif n'est pas de faire de l'art pour l'art: nous voulons poser les conditions de possibilité d'une nouvelle configuration du savoir, du pouvoir, de l'avoir et du croire. Nous y voyons la clé de voûte d'un nouvel ordre des choses. Car ce que nous visons en dernier ressort et appelons de tous nos vœux, c'est un nouvel ordre africain. Celui-ci n'adviendra pas sans un nouvel ordre de la connaissance. L'un et l'autre ne serviront cependant à rien s'ils ne nous offraient la possibilité de vivre enfin dans des sociétés vraiment démocratiques. Or ce qui garantira, en Afrique, le bon fonctionnement et la pérennité de la démocratie coMme forme de gouvernement et de gestion de la res publica, c'est une culture démocratique justiciable à la fois de l'héritage culturel et politique authentiquement africain et de celui des autres peuples qui nous ont précédé sur ce chemin.

Bref, nous voulons nous donner les chances d'une nouvelle surrection morale, ainsi que l'exprimait si éloqueMment Joseph Ki-Zerbo un jour de juin 1996 lorsque, au cours d'un colloque à Laval, il se mit à rêver à haute voix de la traversée du siècle:

Nous voulons, à la charnière des siècles (...), vivre un événement à la hauteur de l'histoire; un événement chargé de raison et de conscience, émergeant vigoureusement du marais des faits divers, coMme un repère, une bannière et un signal.... Une rupture et une refondation, un sursaut, une surrection morale par refus du statu quo, et par anticipation d'un monde désiré, annoncé, convoqué et déjà mis en chantier; le monde d'aujourd'hui est un territoire hérissé de donjons érigés et constitués dans l'ordre du pouvoir, de l'avoir et du savoir, lesquels sont souvent alliés ou complices.... La multitude des peuples du Sud (80% de la population du globe) et les pauvres de plus en plus nombreux du Nord ne se reconnaissent pas dans les têtes des légistes et des économistes qui ont mis le bonheur en formules et en comprimés chiffrés (agrégats); cependant que la survie humaine se noie dans l'Océan sans rivages du marché...

Face à cette nouvelle configuration, la citoyenneté doit être constituée sur des bases nouvelles en termes d'espaces, de principes, de méthodes et de valeurs... Ce qui manque, c'est un acte fondateur, constituant et séminal qui cristallise ce sentiment diffus d'appartenance et d'engagement: une Alliance et un Serment... Il s'agit de s'entendre pour sortir totalement de la caverne préhistorique et pour coMmencer à grimper vers toutes les cimes de notre condition humaine.

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Les intervenants
Ceux et celles dont on parle

Les trois savants qui prendront part à ce dialogue public ont consacré leur carrière professionnelle à revisiter l'interface des savoirs sur l'Afrique. A partir d'horizons différents, ils ont contribué, chacun selon sa spécialité propre, à renouveler les racines de l'arbre africain de la connaissance.

Joseph Ki-Zerbo

Historien, hoMme de culture et humaniste, Joseph Ki-Zerbo est sans conteste l'un des esprits les plus encyclopédiques d'Afrique. La soMme de ses connaissances et l'étendue de sa culture générale et scientifique sont simplement époustouflantes. Historien, il a joué le rôle de pionnier en contribuant à déraciner, preuves à l'appui, le mythe, coriace parmi les historiens et historiographes occidentaux, d'une Afrique sans histoire parce que sans écriture. Ki-Zerbo a dirigé, à l'Unesco, le premier des huit volumes de l'opus magnum Histoire générale de l'Afrique. Déjà en 1972, son Histoire de l'Afrique d'hier à demain s'était imposée très vite coMme manuel de référence pour l'enseignement de l'histoire de l'Afrique. Si l'historien en lui revisite constaMment le passé humain, l'humaniste en lui le pousse à se soucier davantage de l'avenir de la planète et de l'espèce humaine. En témoigne ce véritable tour de force qu'est son anthologie Compagnons du soleil, qui rassemble les grands textes de toute l'humanité sur les rapports entre l'être humain et l'environnement (Paris, Unesco-La Découverte, 1992). Politicien et leader de l'opposition au parlement burkinabé, Ki-Zerbo sait bien de quoi est faite la politique africaine. Il nous aidera à ne pas avoir la mémoire courte et à mettre les choses en perspective. HoMme de culture, le directeur du Centre d'Etudes sur le Développement africain sait que le développement durable se fonde en définitive sur l'identité culturelle d'un peuple: il nous fera comprendre qu'on ne dort pas à son aise sur La natte des autres (Paris, Karthala, 1992). Son talent polyvalent et sa notoriété internationale font de lui un vrai maître à penser. Sommité mondiale, Ki-Zerbo a été en 1997 le lauréat du prestigieux "The Right Livelihood Award" du Parlement suédois. Mais son âge lui vaut déjà la respectabilité: il aura 80 ans l'année prochaine.

Valentin Y. Mudimbé

Depuis près de vingt ans, Valentin Yves Mudimbé, avec une discipline de travail très monastique, s'attelle à monter et à démonter les mécanismes qui ont présidé à ce qu'il appelle "l'invention de l'Afrique". Ce travail de déconstruction s'accompagne, heureusement, d'une iMmense et ambitieuse entreprise de reconstruction visant à mettre au point un nouvel ordre africain de la connaissance. Véritable travail de fourmi, où l'expertise se conjugue avec l'érudition et le génie, cette recherche a coMmencé à livrer ses secrets dans la trilogie débutée en français, en Afrique, avec L'autre face du royaume ou la critique des langages en folie, et achevée, par la force des choses, en anglais, en Amérique, avec les œuvres jumelles que sont The Invention of Africa et The Idea of Africa. Dans sa vingtaine d'ouvrages publiés, Mudimbé pose et repose sans cesse le problème d'un outil épistémologique nouveau coMme condition de possibilité d'une science africaine par laquelle l'Afrique noire pourra enfin assumer ses propres écarts. En 1990, à la veille d'accomplir cinquante ans d'âge, Mudimbé, retraçant son improbable généalogie intellectuelle, préféra se tourner vers la postérité à laquelle il confia son rêve de réinvention de l'Afrique à travers ces paroles qui tiennent presque du testament spirituel: «JE me remets à vous, mes anciens élèves et, à présent, amis, collègues, mes égaux. Il y a une foi à transmettre à la génération qui monte. Un esprit aussi. Je vous sais sevrés de naïvetés à propos des "traditions africaines". Je sais, aussi, que vous avez épuisé tous les secrets de la patience pour croire encore qu'il y a une limite aux coups de vos colères et à ceux de vos espoirs pour une meilleure Afrique. Vous avez raison d'espérer, malgré la bêtise générale qui nous entoure. Je sais, également, que vous avez parfois des doutes. Que des fois n'ai-je entendu ce propos effrayant: "La générosité ne paie pas...surtout en Afrique aujourd'hui." Pourquoi, bon Dieu, aimeriez-vous être payés pour votre foi? Demeurez ce que vous êtes: croyez en vous mêmes, en vos actions. Vous n'êtes pas seuls. Votre foi est, pour reprendre une métaphore venue d'un livre dont j'ai oublié tout, un anneau important et solide. Croyez-moi, vous êtes, nous soMmes nombreux. Liés, entrelacés les uns dans les autres, nous finirons bien, un jour, par nous transformer en un câble capable de déplacer fleuves et montagnes, et de refaire l'Afrique du tout au tout" (Les corps glorieux..., 197-198). Tout un prograMme! Cet hoMme, que l'on dit écartelé, mais que je dis toujours en débat, se dit agnostique. Pourtant, depuis qu'il m'a été donné de le connaître, j'ai constaMment été fasciné par sa vaste culture religieuse, de sorte que je n'ai cessé de m'inquiéter de son inquiétude, laquelle gravite autour de cette quête plutôt insolite pour un agnostique: susciter de l'immonde un monde "des sans-pouvoir et des saints". Mudimbé aura 60 ans le 8 décembre de cette année.

Fabien Eboussi Boulaga

En plus de ces trois principaux interlocuteurs, nous bénéficierons de l'apport de deux autres intervenants non moins remarquables: Mme Jacqueline Ki-Zerbo et M. Hyppolite Mimbu.

Jacqueline Ki-Zerbo

Educatrice, Jacqueline Ki-Zerbo apportera sans aucun doute au dialogue la voix et le souci des feMmes africaines dont elle accompagne le combat et guide les pas vers le développement intégral, intégré et endogène depuis plusieurs décennies. Son engagement non démenti en faveur de l'éducation et de la promotion des œuvres sociales font d'elle une référence. En tant que feMme, elle est à recherche d'un nouveau partenariat entre l'hoMme et la feMme. Il y a quelques années, elle expliquait en ces termes le paradoxe d'une Afrique riche mais pauvre tout ensemble:"L'Afrique est peut-être le continent le plus riche en ressources naturelles, mais elle demeure emprisonnée dans le cercle vicieux du sous-développement pour deux raisons majeures: 1) la non valorisation de ses ressources humaines 2) le manque d'emprise de l'Afrique sur un ordre économique mondial générateur d'endettement et de pauvreté" ("Promotion des feMmes africaines: partenariat hoMmes/feMmes pour le développement en Afrique", 1997).

Avec la promotion de la feMme africaine, ce double défi, celui de la valorisation de la personne humaine en tant que matière première par excellence dans tout pays et celui de la maîtrise d'un ordre mondial distribuant le bonheur avec parcimonie, est au cœur du combat intellectuel de madame Ki-Zerbo.

Hippolyte Mimbu Kilol, Docteur en philologie romane

Esprit prodigieux et épris d'excellence, Hippolyte Mimbu allie la passion pour l'Afrique, pour les Belles Lettres et pour les humanités latines à la recherche exigeante d'une foi chrétienne authentiquement africaine. De laborieuses reconstructions des structures thématiques de l'Ane d'or d'Apulée à ses recherches actuelles sur l'inculturation du christianisme en Afrique en passant par le rapprochement des arétalogies d'Isis et des rites initiatiques du Lyangombe, c'est à un mariage véritablement hétéroclite que le secrétaire académique de l'Institut De Mazenod et rédacteur en chef de la Revue africaine des sciences de la mission convie ceux et celles qui acceptent de partager son projet de l'enseignement coMme une « éducation aux valeurs ». Mais c'est surtout la question de la diversité culturelle, comprise coMme fondement de l'identité individuelle et collective et coMme fenêtre sur l'altérité, qui constitue le socle sur lequel Mimbu entend fonder en raison sa reprise critique du dialogue des cultures et des religions. Sa connaissance du monde intellectuel, littéraire et politique gréco-romain nous aidera à comprendre coMment naissent et meurent les grands empires et les civilisations. Né en 1956, Hippolyte Mimbu représente la génération qui vient immédiatement après celle d'Ela et de Mudimbe. En effet, Mimbu a été initié aux arcanes de la philologie romaine et à la rigueur scientifique par Valentin Mudimbe de 1976 à 1980 à l'Université de Lubumbashi.

CoMme on peut le constater, ces intervenants représentent pratiquement trois générations. Ce qui constitue une vraie richesse et une grande diversité de points de vue.

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La mémoire de nos illustres disparus

Le rendez-vous de Kinshasa veut saluer et honorer d'une manière spéciale la mémoire de trois personnalités phares, figures emblématiques de la lutte des peuples africains et des peuples noirs pour une place - la leur - sous le soleil de Dieu.

C'est donc aussi en mémoire de ces illustres disparus que nous donnerons cette fête scientifique.

Patrice Lumumba

Le quarantième anniversaire de l'assassinat de Patrice Emery Lumumba tombait le 17 janvier. Par un malheureux concours de circonstances, cet anniversaire a coïncidé avec l'assassinat du président congolais Laurent Désiré Kabila.

Premier Premier Ministre du Congo-Kinshasa et leader du MNC, Patrice Lumumba est cet apprenti politicien que dévora le zèle de la nation congolaise. Avant son assassinat le 17 janvier 1961, sachant que ses jours étaient désormais comptés, Lumumba, dans une lettre-testament à sa feMme Pauline, griffonna coMme un murmure ces paroles qui coupent le souffle: "L'histoire dira un jour son mot, et ce ne sera pas l'histoire qu'on enseignera aux Nations-Unies, Washington, Paris ou Bruxelles, mais celle qu'on enseignera dans les pays affranchis du colonialisme et ses fantoches. L'Afrique écrira sa propre histoire et elle sera, du nord au sud du Sahara, une histoire de gloire et de dignité." Le poète Tchicaya U Tam'si, du Congo-Brazzaville, celui-là même qui, en août 1960, avait traversé le fleuve Congo et s'était mis au service de Lumumba, dont il reçut la direction du quotidien Congo, compara le héros national du Congo au Joseph de la Bible, "vendu par ses frères pour quelques deniers" (Le ventre, Paris, Présence Africaine, 1964, 19). Ce Lumumba, dont les missionnaires passionnistes ont voulu naguère faire un catéchiste, Jean-Paul Sartre a dit qu'il demeurera dans la conscience africaine "coMme une exigence qu'ils ne peuvent ni remplir ni écarter". C'est cette stature d'un personnage-symbole que soulignait également le philosophe français lorsqu'il affirmait que par sa mort, Lumumba a cessé "d'être une personne pour devenir l'Afrique tout entière". La force d'un symbole est dans ce qu'il donne à penser. Pour Jean-Paul Sartre, Lumumba "représentait, vivant, le refus rigoureux de la solution néocolonialiste" ("Préface" à La pensée politique de Patrice Lumumba, Paris, Présence Africaine, 1963).

Frantz Fanon

Cet "eMmerdeur" fut essentiellement un prophète du tiers-mondisme. Son illustre compatriote, le poète Aimé Césaire, a peut-être capté mieux que quiconque l'énergie vitale qui coulait dans les veines de ce révolutionnaire, lorsqu'il a dit de lui que "Fanon est celui qui vous empêche de vous boucher les yeux et de vous endormir au ronron de la bonne conscience" (Césaire, Afrique Action). C'est que Fanon interrogeait tout, questionnait tous. Croyant profondément en "la révolution africaine", il a cherché la force libératrice partout où il pouvait la trouver. Martiniquais, il avait épousé presque irrémédiablement la condition existentielle de ceux qu'il a appelés, dans une formule percutante et désormais célèbre, les "damnés de la terre". Il se sentait "concerné", c'est-à-dire coMme-cerné par la misère des peuples ployant sous le joug colonial et impérial. Il avait fait son credo que "chaque fois que la liberté est en question, nous soMmes tous concernés." Le même Sartre a vu en Fanon et en Lumumba "deux grands morts (qui) représentent l'Afrique. Non pas leur nation: tout le continent". Le hasard avait tellement lié ensemble leurs destins, que, nés en la même année (1925), Lumumba et Fanon sont morts aussi en la même année (1961), l'un en janvier, l'autre en décembre, l'un en Afrique, l'autre parmi la diaspora noire des Etats-Unis d'Amérique, à l'âge de 36 ans!

S'il me fallait proposer à la jeunesse africaine un leitmotiv tiré de la vie et de la pensée de Fanon, ce serait sans doute ce murmure qu'il souffla à la fin de Peau noire, masques blancs, qu'il désigna lui-même coMme sa "prière ultime". La voici: "O mon corps, fais de moi toujours un hoMme qui interroge". N'est-ce pas cela la philosophie de la traversée, cette quête perpétuelle coMme refus de la sédentarisation repue?

Simon Kimbangu

Fondateur de "l'Eglise du Christ sur la Terre par le Prophète Simon Kimbangu" (plus connue sous l'appellation d'Eglise kimbanguiste), Simon Kimbangu est un symbole de la lutte du peuple noir pour sa foi. Son église fut la première du tiers-monde à avoir été agréée au sein du Conseil Œcuménique des Eglises. Au bout de trente années de prison et de sévices, il mourut (en prison), martyr de sa foi. C'était en 1951. Le Congo, son pays, était alors sous le régime colonial belge. Le "péché" mortel de ce prophète noir fut d'avoir cru fermement que Dieu voulait sauver ces noirs que des occidentaux disaient "sans âme".

C'est donc à la mémoire et aux mânes de ces "ancêtres" de la lutte africaine pour la libération et la promotion humaine, politique, intellectuelle et spirituelle du continent que sera dédiée cette "fête scientifique". Ils connaissent eux-mêmes la trame de l'histoire que nous allons raconter, qu'ils veuillent nous servir à la fois d'étais, de surveillants et de garants, coMme disent les conteurs dans la savane africaine.

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Résultats escomptés

L'événement sera précédé, du 9 au 10 juin, de deux conférences publiques de Godé Iwele sur le thème "CoMment renouveler la civilisation africaine. Repères pour arpenter le XXIe siècle". Données à l'Institut De Mazenod, dans le cadre de la Chaire Cardinal Malula, ces conférences serviront de préparation immédiate et d'une sorte d'introduction générale au dialogue dont elles traceront le cadre épistémologique. Une opportunité aussi de faire la publicité du dialogue. Toutefois, les deux événements relèvent d'organisations différentes.

Stratégies

Le dialogue proprement dit aura lieu sous forme d'interview et de causerie publique à la Bernard Pivot, les intervenants sont priés de soumettre par écrit, à partir du présent argument une série de questions qu'ils jugent pertinentes et dignes d'intérêt. Elles seront incorporées au questionnaire et au schéma qui leur seront remis par la suite. Le présent document ne servant que de lineamenta, il est attendu que les intervenants y apportent les modifications et corrections qui s'imposent.

Les intervenants auront soin de faire parvenir à l'animateur principal du dialogue leur curriculum vitae (avant fin avril). Dans la mesure du possible, les intervenants sont priés d'apporter des échantillons de leurs ouvrages disponibles (soit pour la vente, soit pour fins de publicité).

Tous les entretiens seront enregistrés sur bandes vidéo et audio. Chaque matin, les intervenants recevront une copie de la transcription des entretiens de la veille. Ils la liront, la corrigeront et pourront s'en servir éventuellement pour préciser, étayer davantage leurs propos et leurs arguments.

Les textes ainsi transcrits, corrigés, édités et révisés par les auteurs constitueront l'essentiel d'un ouvrage collectif à publier aux Editions Malaïka au Canada. Ces dernières se chargeront de la diffusion et de la promotion du livre.

En guise d'évocation du combat des illustres disparus dont on honorera la mémoire, le long métrage «Lumumba", lauréat du prix Paul-Robeson de la diaspora noire au Fespaco 2001, sera projeté lors de la séance d'ouverture. Ce film est l'œuvre du cinéaste haïtien Raoûl Peck. Des dispositions seront prises afin que ce film fasse l'objet d'échanges et de discussions dans les salles de classe; les étudiants seront aussi invités à écrire des essais à partir du film et du dialogue lui-même.

Toujours dans le but de vulgariser et de sensibiliser la plus large portion du public possible, on prévoit des interventions des participants au dialogue dans des émissions radiophoniques ou télévisées en langue vernaculaire ou en français, de même que des entrevues dans la presse écrite.

Résultats escomptés

Le dialogue est ouvert au grand public instruit. Sont spécialement invités étudiants, enseignants, professeurs, fonctionnaires, écrivains, gens des lettres et friands de la culture, journalistes, prêtres, pasteurs, religieux et religieuses et membres du corps diplomatique. Des ententes sont prises pour que les professeurs reprennent dans les salles de cours certains thèmes de discussion qui auront été abordés durant le dialogue. On espère ainsi répercuter le débat, le prolonger, le populariser et le vulgariser. C'est aussi afin de populariser et de vulgariser le message des entretiens que la participation d'artistes musiciens a été prévue. L'expérience apprend qu'au Congo, tout ce qui a de l'impact sur la masse passe par la musique. D'autre part, la large couverture médiatique (tv, radio, presse écrite) est destinée également à sensibiliser davantage la population à tous les niveaux.

L'objectif premier de ce dialogue est la conscientisation du grand public, de même que de l'élite africaine du pouvoir, du savoir, de l'avoir et de la conscience à la nécessité de conjuguer leurs efforts et de s'engager résolument, en ce début de siècle, pour l'avènement, en Afrique, d'une véritable culture de la démocratie, d'un Etat de droit et d'une société plus respectueuse des droits humains et des libertés fondamentales.

En outre, nous voulons, par cet événement, donner l'occasion aux fils et aux filles de l'Afrique vivant en diaspora de fouler de nouveau la terre de leurs ancêtres et d'apporter leur contribution au débat en cours sur les grandes questions qui affectent le devenir de l'Afrique.

Si l'expérience s'avère concluante, elle pourra être rééditée dans l'avenir dans d'autres régions d'Afrique. Pour l'heure, nous avons symboliquement choisi de coMmencer en Afrique centrale et en Afrique des Grands Lacs, devenue le théâtre de la première "guerre africaine". On espère que ce dialogue pourra déboucher sur la mise sur pied d'un vaste prograMme d'une université d'été, où les cerveaux africains qui, pour une raison ou une autre, ont dû émigrer à l'étranger, pourront aller dispenser des enseignements en Afrique durant l'été sur des thématiques bien précises. Par ce moyen, l'Afrique pourra encore bénéficier de l'expertise et du savoir-faire de ses filles et de ses fils qui ont dû prendre le chemin de l'exil. L'on sait que, pour des raisons de sécurité ou à cause de contrats de travail, certains d'entre eux ne peuvent prendre le chemin du retour définitif au pays natal. A travers cette initiative de l'université d'été, d'aucuns, même s'ils ne peuvent retourner dans leur pays d'origine, pourront néanmoins retourner et aider, pour un temps très limité, dans un autre pays. De la sorte, l'Afrique tout entière ne sera pas privée de leurs compétences. Cette initiative veut être un moyen de minimiser les méfaits de l'épineux fléau de l'exode de la matière grise africaine. Le but final de tout voyage, enseigne la sagesse africaine, c'est de rentrer chez soi.

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Mot de clôture

Par Paul Manessa, OMI, Provincial des Oblats de Marie Immaculée

Leurs Excellences, Messeigneurs les Evêques,
Son Excellence Monsieur le Ministre des Droits Humains,
Révérend Père Recteur de l'Institut Saint Eugène de Mazenod,
Messieurs et Mesdames les Professeurs,
Révérends Pères, Révérends Abbés,
Révérends Frères, Révérendes Sœurs,
Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,
Chers étudiants et étudiantes, Distingués invités,

Nous voici au terme de notre rendez-vous scientifique. A la fin de cette marche, mieux de cette Traversée, il est logique que nous nous posions la question de savoir si la réponse à la grande interrogation d'où venons-nous? a été donnée à travers les contributions et débats qui ont eu lieu durant ces quatre jours.

Nous pensons qu'une réponse a été donnée pour la traversée et le décollage de l'Afrique en tant que communauté. En effet, le Dialogue sur la traversée nous a aidés à prendre conscience de nos responsabilités, à refuser le statu quo et à renouveler notre pensée de l'existence par rapport à l'afro-pessimisme afin de nous engager résolument à répondre aux préoccupations liées aux besoins de notre monde. Dans cette quête fondamentale du sens de notre identité, nous devons nous armer non seulement de la loi et de la foi, mais aussi de la science et de la conscience coMme moyens efficaces de la conquête de notre existence coMme peuple.

A ce titre, au nom de l'espérance qui fait vivre, nous n'avons pas le droit de nous laisser abattre par la misère, la pauvreté et l'angoisse d'une Afrique essoufflée. Désormais la mission de la conscientisation nous incombe, conscientisation qui implique la conjugaison de nos efforts qui nous propulsent inévitablement à l'aube de ce siècle vers la réalisation d'une société respectueuse et respectable.

C'est ainsi que nous remercions, à juste titre, les pionniers de cette Afrique nouvelle, les sages qui nous ont partagé leur optimisme. Nous saluons leur courage et leur audace qui ont secoué nos somnolences. Une fois de plus, soyez remerciés, éminents professeurs, vous qui avez franchi les horizons, en dépit de vos charges multiples, pour nous partager votre rêve et votre espérance.

Nos regards se tournent aussi vers les organisateurs de cette fête scientifique qui n'ont ménagé aucun effort, malgré la conjoncture difficile de rendre possible ce symposiuM.

L'auguste assemblée y trouve aussi son compte. Soyez remerciés, vous qui êtes venus très nombreux pour participer avec un grand intérêt au partage de cette utopie. C'est parce que vous avez répondu à l'invitation que les conférenciers ont parlé.

En souhaitant à nos illustres conférenciers un bon retour et à l'assemblée une bonne mission dans son combat de l'existence, j'invoque sur chacun d'entre vous la grâce du Très Haut en Jésus-Christ notre Seigneur et Marie Immaculée. Je vous remercie.

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