Nous sommes le 17/08/2019 et il est 16h43 TU+2 - "L'Eglise attend de vous tous un puissant secours dans sa détresse" (Eugène de Mazenod, 1823)

Initier à la vie religieuse en Afrique
Une culture d'éducation ou de formation?
(Louise-Marie Diaw)

Ce 17/08/2019, Louise-Marie, Religieuse sénégalaise, invite les utilisateurs à réfléchir sur cette question importante: "Faut-il éduquer ou former à la vie consacrée?" Il serait opportun de se demander si, dans le contexte actuel de l'Afrique, il ne faut pas se pencher davantage sur la question de l'initiation à la vie religieuse; ouvrir des chemins nouveaux qui rendraient cette dernière plus significative. S'agirait-il toujours de former les jeunes ou plutôt de les éduquer à la vie religieuse? Mieux, ne s'agirait-il pas d'apporter une autre forme de réponse à la réalité actuelle de l'Afrique?.

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Eglise Dakar

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Après douze ans de vie religieuse, une vie à la suite de Jésus Sauveur, pleine d'embûches mais exaltante, "comment rendre au Seigneur tout le bien qu'il m'a fait?" (Psaume 115:12). Mon grand désir aujourd'hui est de voir tous les religieux et religieuses goûter la beauté de la suite du Christ, la grandeur et l'urgence de sa mission d'amour qu'il nous demande de poursuivre.

"Notre monde, dans lequel les traces de Dieu semblent souvent perdues de vue, éprouve l'urgent besoin d'un témoignage prophétique fort de la part des personnes consacrées" (Vita Consecrata, n° 85). Défiés par ce monde et spécialement par nos frères et sœurs de l'Afrique, j'ai choisi de réfléchir sur l'initiation à cette vie religieuse, étant convaincue que tout part de la base qu'est la formation. Ce travail ne constitue qu'une simple réflexion et un partage personnel en simplicité, de quelques éléments que je crois nécessaires pour que la vie religieuse devienne authentique et crédible dans cette Afrique d'aujourd'hui.

Introduction

Dans une Afrique blessée au plus profond d'elle-même et qui cherche des moyens adéquats pour s'élever davantage, la vie religieuse se trouve défiée par la population et est aujourd'hui confrontée à une perte d'identité éminente. Théologiens et experts en vie religieuse s'efforcent de clarifier les caractéristiques et fondements de cette vie; malgré tout, la crise s'accentue, d'où l'urgence de l'explorer en profondeur.

Il serait opportun de se demander si, dans le contexte actuel de l'Afrique, il ne faut pas se pencher davantage sur la question de l'initiation à la vie religieuse; ouvrir des chemins nouveaux qui rendraient cette dernière plus significative. S'agirait-il toujours de former les jeunes ou plutôt de les éduquer à la vie religieuse? Mieux, ne s'agirait-il pas d'apporter une autre forme de réponse à la réalité actuelle de l'Afrique?

Partant de l'exemple de l'éducation d'un enfant, Paul Osterrieth explique comment délibérément et inconsciemment, les adultes transmettent à l'enfant les usages, les techniques et les valeurs qu'ils possèdent en eux. "Nous leur enseignons à agir et à penser comme nous, … nous les enrichissons de nos façons de vivre, de réagir"(1). La crise de la vie religieuse viendrait peut-être du fait qu' un grand nombre de jeunes aujourd'hui, n'ont pas de référence. L'adulte, c'est-à-dire le formateur chargé de le conduire est davantage un professeur chargé d'enseigner les principes de la vie religieuse qu'un repère de vie. Or, actuellement le formateur est obligé de tenir compte de tous les facteurs environnementaux du processus de vie de la personne formée. C'est à partir de ce constat et après analyse que nous avons choisi d'explorer ce thème. Plusieurs ouvrages, textes et cours reçus, nous serviront d'appui afin de fournir une bribe de réponse nouvelle à cette "poussée de fièvre" dans la vie religieuse qui perd toute crédibilité.

En nous lançant dans cette étude, nous essaierons d'abord de définir la vie religieuse avec sa culture qui nécessite un comportement autre que le commun. Nous tenterons ensuite de clarifier l'ambiguïté des termes "éduquer" et "former" pour mieux pénétrer ce domaine de l'initiation. En dernier lieu nous aborderons les enjeux de cette initiation et le défi à relever en ce début du troisième millénaire.

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1. La culture de la vie religieuse

Parler de culture dans la vie religieuse nous amène à nous limiter à un domaine spécifique de cette notion. Nous parlerons donc de culture dans son sens de "l'organisation symbolique d'un groupe; de la transmission de cette organisation et de l'ensemble des valeurs étayant la représentation que le groupe se fait de lui-même, de ses rapports avec les autres groupes et de ses rapports avec l'univers naturel"(2). Nous spécifions davantage ce sens car la culture vue sous l'angle matériel, c'est-à-dire concernant la langue, les goûts esthétiques…, nous y restons ancrés. Ce rapport est bien sûr le lien qui nous attache à la culture matérielle d'un peuple, une culture qui, sans équivoque, nous suit partout. De plus, depuis les origines, "Dieu n'a pas voulu sanctifier et sauver les hommes individuellement et sans qu'aucun rapport n'intervienne entre eux" (Lumen Gentium, n° 9).

1.1 Fondement théologique

Le Christ dans l'évangile de saint Jean disait à ses disciples: "Vous n'appartenez pas au monde…". En affirmant cela, voulait-il spécifier la caractéristique de cette catégorie d'hommes qu'il a appelés à sa suite? Si avec l'avènement du salut, un nouvel ordre social s'est établi dans le monde, pourrait-on dire que la vie chrétienne, initiée avec le Christ, a fait surgir une nouvelle culture dans le monde? En effet, les disciples de Jésus étaient devenus étrangers à ce monde parce que nés de Dieu.

Or, un étranger est celui qui ne fait pas partie d'un groupe et par conséquent il ne partage pas la même culture. Ainsi avec les chrétiens, séparés du monde par le Père (Jean 17:6), s'initie une nouvelle culture, une culture christique. Le baptême est le fondement de cette vie chrétienne qui nous régénère comme fils de Dieu(3) et qui nous incorpore dans une nouvelle culture. Aussi l'alliance conclue avec le peuple choisi et l'instruction que Dieu lui-même lui donna graduellement fit de ce peuple un peuple à part. "Je mettrai ma loi au fond de leur être et je l'écrirai sur leur cœur. Alors je serai leur Dieu et eux seront mon peuple (…) oracle du Seigneur", est-il dit dans le livre de Jérémie (31:31-34). Plus tard, dans le Christ, le nouveau peuple de Dieu se constituera. Il aura pour loi un commandement nouveau, celui d'aimer comme le Christ lui-même a aimé (cf. Lumen Gentium, n° 9).

C'est au cours de l'histoire de ce peuple, que des hommes et des femmes ont voulu "librement suivre et imiter plus fidèlement ce Christ, chef du peuple choisi (… ) en menant une vie consacrée à Dieu" (Perfectae Caritatis, n° 1). Ces hommes et ces femmes, issus du peuple chrétien et de la culture chrétienne font le choix de se vouer d'une façon spéciale au Christ en suivant la voie de la charité que l'Esprit Saint répand dans leur cœur (cf. Colossiens 1:24). Ces derniers, pour vivre pleinement leur nouvelle culture sont envoyés dans le monde et expriment la consécration de leur baptême avec plus de plénitude (cf. Perfectae Caritatis, n° 5). Ils abandonnent tout pour le Christ, occupés de ce qui le concerne.

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1.2 Fondement humain

Raymond Balmes, en donnant la différence de ce qu'il y a de culturel et de naturel en l'homme dit ceci: "Ce qu'il y a de culturel en l'homme, c'est ce qui varie d'un groupe d'hommes à un autre groupe d'hommes. Ce qu'il y a de naturel en l'homme, c'est ce qui est commun à tous les hommes. Le naturel c'est l'universel; le culturel est le variable"(4).

A partir de cette définition, nous sentons combien la vie religieuse comme culture suppose une différenciation de la culture environnante. Si pour le monde, aimer c'est faire du bien à ses amis et ignorer ses ennemis, la culture du Christ elle, demande d'aimer ses ennemis; de faire du bien à ceux qui te haïssent; de faire deux mille pas avec celui qui en demande mille; de tendre la joue gauche à celui qui te gifle sur la joue droite etc. Cette culture étant la marque que l'homme s'écarte de la nature, impose de lutter contre la nature et devient la source des valeurs humaines les plus hautes. C'est Lévi-Strauss qui dira encore que la culture est l'épanouissement de la nature humaine; "Plus on approfondit la culture, plus on épanouit la nature, fût-ce au prix de quelques sacrifices"(5). Cette assertion vient confirmer cette culture chrétienne, culture de ceux et celles qui ont choisi de suivre le Christ.

En effet, la mission du Christ dans ce monde fut de rehausser l'homme à sa dignité d'homme et de fils de Dieu; de lui donner la vie en plénitude et au prix d'un grand sacrifice, celui de la croix. Par ce salut, le Christ a élevé l'homme à son plus haut niveau d'épanouissement, il a ainsi initié la plus haute culture, la culture éternelle, une culture divine. Les hommes et les femmes qui choisissent de consacrer leur vie au Seigneur devraient donc être en perpétuelle tension vers des valeurs supérieures. Dans ce monde dont la culture ambiante est la recherche effrénée du pouvoir, de la possession et de la sexualité, la culture de la vie religieuse quant à elle prône le service, la solidarité et la fraternité.

Quel est le pays qui, aujourd'hui, ne cherche pas à dominer son voisin, à l'écraser même sans scrupule aucune. C'est la réalité que vit l'Afrique en ce moment et qui dans un cadre général, vit depuis prés de cinq siècles, tenaillée par les continents voisins. C'est le cas de tous ces hommes et femmes qui ne se rassasient pas d'accumuler incessamment des richesses au détriment de celui qui en a peu et qui doit encore souffrir de se voir dépouillé progressivement. C'est encore l'apanage de tous ceux qui, réduits à l'état animal, ne vivent que poussés par le marché du sexe. En fait, ces temps modernes qui ont développé l'individualisme et la globalisation, ont aussi peu à peu réduit l'humanité de la personne humaine. A partir du moment où chacun vit pour soi, c'est alors la loi de la jungle qui s'impose. Or quand l'homme arrête de penser à l'autre, il cesse sans aucun doute d'être homme car l'humain se caractérise par le social c'est-à-dire par la vie en groupe; Cela fait partie de sa nature. Cet homme qui cesse de penser à son semblable, cesse conséquemment de penser à son Dieu, principe de tout ce qui existe. Il n'est donc plus un être spirituel, il n'est plus que matériel, il a perdu son humanité.

La culture religieuse dans ce contexte devrait être le phare qui attire l'attention et qui indique en permanence la voie des valeurs supérieures et celle du vrai épanouissement de l'homme. Avec saint François d'Assise, disons également que l'objectif de cette culture serait de mettre l'amour là où est la haine, la joie là où est la tristesse, le pardon là où est la discorde…; une culture qui promeut la dignité de tout homme quel qu'il soit, riche ou pauvre, noir ou blanc, d'une ethnie ou d'une autre. En somme c'est la culture humanitariste et non narcissique.

Considérer ainsi la vie religieuse dans son aspect culturel, nous conduit à examiner la méthode de transmission et d'intégration de cette culture d'autant plus que nous avons bien vu que la culture ne tient pas des phénomènes biologiques mais plutôt de l'apprentissage. Deux termes bien usités qui font partie du champ sémantique de la culture, c'est-à-dire l' "éducation" et la "formation", nous servirons de base pour traiter ce thème de transmission.

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2. Eduquer ou former?

Soeur Louise-Marie DiawUne expression bien en vogue dans les rapports entre adultes et jeunes est celle-ci: "il est bien éduqué ou mal éduqué." Le plus souvent, ces expressions sont dites pour définir le rapport du jeune avec son entourage, c'est-à-dire s'il vit une relation intégrée ou non à la façon de vivre de ces semblables. Par contre, dire de quelqu'un qu'il est "bien formé ou mal formé" renvoie le plus souvent à une performance quant à une activité professionnelle. La personne est façonnée selon une certaine direction, certaines habitudes, pour remplir une fonction particulière.

Or, la vie religieuse n'est pas une profession, elle est une VIE. Elle exige donc tout un processus d'intégration. Cela nous oblige à nous poser la question de savoir s'il ne serait pas plus adéquat aujourd'hui de parler d'éducation plutôt que de formation puisqu'il ne s'agit pas, dans la vie religieuse, de "répéter les informations reçues", mais de vivre.

2.1. Visée culturelle de l'éducation à la vie religieuse

Quand Paul Osterrieth définit l'éducation comme un "processus d'intégration des jeunes dans une société en leur proposant les modalités comportementales propres à celle-ci"(6), il explique comment progressivement le petit de l'homme s'adapte à une culture donnée. La culture, en effet, s'acquiert par l'éducation. C'est donc à juste titre que nous parlerons d'éducation dans la vie religieuse. Il s'agira de faire du jeune aspirant, un adulte dans la vie qu'il choisit librement d'intégrer. Or, devenir adulte, c'est acquérir une certaine maturité dans de nombreux domaines de la vie.

Comment s'acquiert cette maturité? Traditionnellement, les jeunes aspirants qui désirent intégrer la vie religieuse, suivent un cheminement minimum de trois ans. Aujourd'hui ce temps compte plus ou moins cinq ans dans certains instituts pour la première étape, avant de compter encore cinq à neuf ans pour la dernière étape. C'est donc après un maximum de quatorze ans que les jeunes sont supposés avoir acquis un certain degré de maturité pour vivre en adulte dans cette nouvelle culture. Malheureusement, ce temps est pratiquement considéré comme un pont étroit et tortueux qui mène à une nouvelle étape de la vie, en quelque sorte comme un "arrivisme".

Or, du fait que la culture ne se transmet pas biologiquement mais s'apprend, ce temps devrait constituer le processus d'apprentissage désigné par la "socialisation" et l' "enculturation" en termes anthropologiques. Ces deux termes constituent deux aspects d'une même réalité; la socialisation indiquant l'insertion d'un individu dans les relations entre les membres de son groupe. Elle désigne aussi l'adaptation de ceux-ci les uns aux autres dans les limites d'un modèle de comportement préexistant spécifique au groupe et sanctionné par lui, c'est-à-dire l'intériorisation des modèles de vie proposés par le groupe. L'enculturation par contre, désignerait spécialement la dimension humaine de la socialisation. Elle se réfère au processus d'apprentissage par lequel l'homme assimile les modèles de vie spécifiques à son groupe, de l'enfance à l'âge adulte (7). C'est cette enculturation que nous voudrions approprier à l'éducation dans la vie religieuse, c'est-à-dire le processus d'apprentissage que devrait suivre tout individu désireux de s'engager dans cette vie.

La complexité de ce processus viendra du fait que le futur religieux se présente déjà adulte et ne pense plus avoir besoin d'éducation. Il est déjà "bien éduqué" comme dit l'adage, et il lui suffirait de passer le pont. Alors que dans la culture du Christ, le premier pas à faire est celui de mourir et de renaître (cf. Jean 3:1-7). C'est ainsi que nous constatons qu'aujourd'hui encore nous agissons comme des "Nicodème" se demandant comment un individu peut-il renaître étant déjà vieux (verset 4)? Jésus répondra: "En vérité en vérité je te le dis, à moins de naître d'eau et d'Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu" (verset 5). Jésus révélera également: "Si vous ne devenez pas comme des petits enfants vous n'entrerez pas dans le Royaume" (Matthieu 18:3). Cela prouve combien cette nouvelle culture se situe sur un plan autrement spirituel. Elle suppose pour l'individu appelé à cette vie un "commencement de vie spirituelle". C'est Sainte Thérèse de l'enfant Jésus qui disait: "Au commencement de ma vie spirituelle, vers l'âge de treize à quatorze ans…", pour exprimer la prise de conscience de la responsabilité de sa vie spirituelle (voir une expérience du Christ).

Il est pourtant évident qu'à cet âge elle était déjà baptisée et avait aussi fait sa première communion! C'est cette prise de conscience qui mettra à jour le contraste de la nouvelle culture à laquelle l'individu est appelé d'avec la culture d'où il vient(8). Il lui faut renaître et donc accepter le nouveau processus d'intégration. Faisons remarquer que dans la société d'aujourd'hui, malgré le grand nombre de baptisés supposé avoir acquis une autre culture, la culture profane porte largement le pas sur la culture chrétienne. Nous ne pouvons imaginer combien cette société de globalisation, globalise aussi les esprits et les comportements et de la sorte "fabrique volontairement ou non, un nombre considérable de non adultes"(9). Tout est globalisé et globalisant. Le monde est devenu responsable de l'homme. Or, l'adulte est celui qui "s'accepte responsable de lui-même, il n'attend pas des autres la satisfaction ou la réalisation de ses objectifs".

Notons bien que parler d'éducation, c'est aussi et surtout parler d'éducateur. En effet, pour conduire à l'état adulte, il faut des adultes. Ceux-ci devraient être cohérents avec eux-mêmes car dit Jean Vanier, "l'enfant agit le plus souvent en imitant l'adulte en qui il a confiance. S'il y a discordance entre vie et paroles, l'enfant entre dans la confusion, il ne peut avancer"(10). D'aucun dira qu'il n'existe pas d'enfants dans la vie religieuse, mais le processus est le même car il s'agit de renaître à une nouvelle culture. Dans cette initiation, l'initiateur devrait en conséquence être adulte, acquérir une certaine maturité pour gagner la confiance des jeunes car cette vertu est capitale dans l'éducation. L'éduqué doit trouver un modèle dans la personne de l'éducateur. C'est ce que nous avons spécifié plus haut en parlant de l'enculturation comme "le processus d'apprentissage qui fournit des modèles de vie spécifique à un groupe". Ces modèles, bien sûr, devraient être vécus auparavant par l'adulte éducateur.

C'est ainsi que nous découvrons que l'éducation exige une certaine permanence. Elle prend toute la vie, prend l'individu dans sa globalité. Par l'éducation donc, celui-ci "se hausse à la dignité de personne et devient capable de vivre sous des lois. Il s'efforce ainsi par vertu de vivre en accord avec ses semblables"(11).

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2.2. Visée culturelle de la formation à la vie religieuse

La formation, contrairement à l'éducation et dans son sens exact, ne prend généralement pas en compte l'homme dans sa globalité. Elle façonne plutôt la personne "selon une certaine direction, certaines habitudes, en vue de remplir une fonction particulière"(12). En effet dans la formation il s'agit souvent de répéter des informations. Celle-ci se fonde sur deux principales caractéristiques: La performance et l'échéance.

Deux jeunes d'une grande école donnaient leur témoignage devant une assemblée de religieux et religieuses et disaient ceci: "Toute notre formation fait de nous des émetteurs, mais non des récepteurs. On nous apprend à être clairs, précis, brefs, mais sans profondeur. Nous finissons pas (sic) vivre dans le non-dit pour ce qui nous touche le plus"(13). C'est tout à fait la réalité que nous côtoyons aujourd'hui: "satisfaire", "distinguer", "être au top", avec des évaluations bien précises pour passer à l'étape suivante. Qu'apprend-on donc aux jeunes dans cette initiation? La performance en matière de dévouement, de prière, de chasteté, de pauvreté, d'obéissance…?

 Effectivement, nous nageons réellement dans un monde de performance. Il suffit de comprendre la course actuelle de la technologie pour le prouver. "IL faut être le meilleur, exceller, être apprécié des supérieurs (…), recevoir l'admiration et la promotion qui amène les privilèges". Pourtant, dans l'initiation à la vie religieuse, il ne s'agit nullement de développer chez le jeune un esprit de compétition mais un esprit d'amour. Non pas le sentiment de se savoir estimer mais celui d'aimer et de se sentir aimer tel qu'il est. Saint Paul nous rappellera bien cela dans sa première lettre aux Corinthiens: "(…)Quand j'aurai le don de prophétie, la science de tous les mystères et de toute la connaissance, quand j'aurai la foi la plus totale, s'il me manque l'amour, je ne suis rien…" (13:1-3). Seul l'amour nous mènera à l'Amour. C'est l'unique loi de cette nouvelle culture, la culture chrétienne. Certes, la compétition présente des avantages dit encore Jean Vanier: "Le désir d'être le premier incite à faire des efforts, à aller jusqu'au bout de ses forces (…), elle éveille des énergies, favorise le développement du potentiel de l'être humain. (…)Mais si quelques-uns gagnent, le plus grand nombre perd". Cela se passe de la même manière dans la formation initiale et nous constatons douloureusement le grand nombre qui se perd. Toutes nos préoccupations sur l'identité de la vie religieuse, sur sa crédibilité, Toutes nos inquiétudes sur le témoignage authentique à rendre, ne dériveraient-elles pas des failles de cette conception de la formation qui consiste à faire des émetteurs et par conséquent mène un nombre non négligeable à la déviation?

A cette vue, il est normal que l'initiation à la vie religieuse soit devenue un questionnement pour les responsables. Tous s'évertuent à trouver des méthodes de formation adéquates et pratiques; Une formation qui prend en compte la personne dans son entièreté. Car le plus souvent, quand la formation se limite à la performance, elle dégénère d'une manière ou d'une autre dans la recherche du pouvoir, de l'autorité, de l'avoir plus, de l'affectivité désordonnée. Or celle-ci devrait plutôt conduire vers le partage, le service, l'amour inconditionné et qui fait grandir et faire des jeunes non seulement des émetteurs mais également des récepteurs.

Nous sommes aussi sans savoir que, contrairement à l'éducation dont la plus importante règle est de "perdre du temps", la règle de la formation quant à elle est de "gagner du temps". Cette dimension de la formation devrait nous interroger. La méthode actuelle qui tient à faire passer des étapes successives en un temps précis, ne contribue-t-elle pas à la perte d'identité qui désagrège la vie religieuse? Il va sans dire que l'existence d'un objectif précis suppose toujours une échéance à long ou à court terme; D'où l'importance d'un profond discernement spirituel. Cela suppose donc de la part des formateurs une préparation conséquente pour découvrir les jeunes en profondeur, les aider à cheminer avec tout leur être et à être pleinement hommes et femmes de Dieu. Pour arriver à cela, tout un processus est urgent, tenant compte de tous les enjeux de la réalité ambiante.

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3. Les enjeux de l'initiation à la vie religieuse

L'Afrique en ce moment se situe à un tournant assez ardu de son histoire. Ce virage sera-t-il bien pris ou pas? Il ne nous appartient pas ici de prédire l'avenir. Seulement, nous savons que le présent définit ce dernier. Voilà pourquoi nous essayons de l'analyser.

Effectivement, les jeunes que nous accueillons dans nos congrégations baignent et nagent dans une réalité bien complexe du point de vue culturel et par conséquent moral. Les aider à intégrer la vie religieuse demande donc de tenir compte des mutations de cette réalité et de les accompagner en considérant toutes les dimensions de leur vie.

3.1. Des jeunes compromis par leur réalité

Tout d'abord, soulignons un fait très marquant: La plupart des jeunes aujourd'hui ont du mal à s'harmoniser avec les "vieux". "Biso na Biso" ("Biso na Biso", en Lingala, langue nationale du Congo Démocratique, parlée à Kinshasa, signifie:"Entre nous") disent-ils; "Quarante ans durant, qu'ont-ils faits?" Ce sont là des paroles de personnes frustrées par leur histoire d'autant plus que l'Africain qui voit toujours son continent sous le poids du néocolonialisme, n'a pas encore assumé son passé d'oppression et de dénégation de son humanité. Voilà pourquoi aujourd'hui encore, certains ne pardonnent pas à tous ces dictateurs et chefs corrompus qui ne leur tracent qu'un horizon sombre. Ils vivent en effet dans le "ras-le-bol" et bien sûr s'évadent autrement dans la musique, les clubs, les "amitiés", la boisson, la drogue, le cinéma… En somme, Ils tentent malheureusement de trouver refuge dans un monde imaginaire de violence et de désordre dans tous les sens, de plaisir et de détente, qui aboutit par suite sur une culture de non-valeur. Ce monde imaginaire divulgué d'ailleurs à travers les médias et toutes sortes de moyens de communication façonne leur vie. De la sorte, nous avons sous nos yeux et à nos portes des jeunes blessés, des jeunes en perpétuelle évasion, n'espérant parfois trouver appui qu'en Dieu. Avec une telle spiritualité mal fondée, ils évoluent quotidiennement au gré des nouveautés phénoménales et parfois même excentriques. Dégageons seulement quelques caractéristiques fondamentales de cette réalité.

Aujourd'hui, le repère primordial que devrait constituer la famille est pratiquement inexistant. Ne constatons-nous pas à travers la cité le nombre d'enfants de douze ans par exemple, veillant sur les petits frères et sœurs? Ils essaient tant bien que mal de s'imposer comme détenant l'autorité à la place des parents. Ceux-ci sont malheureusement, pour beaucoup de famille, séparés ou divorcés. L'éducation se fait ainsi par la rue et les médias. Même l'école qui aurait dû suppléer en partie à ce manque de foyer est également touchée par cette crise de responsabilité et d'indifférence quant à ce qui touche la vie du prochain. C'est la loi du chacun pour soi. N'ayant plus foi aux adultes, bon nombre de jeunes rejettent toute morale enfermée dans les principes mais désirent une morale de la vie, c'est-à-dire, une morale qui se crée à partir de l'expérience(14). Constatant qu'il y a un écart entre ce que les "vieux" disent et ce qu'ils font, les jeunes voudraient voir se substituer à la morale qui se limite à la parole, aux interdits, aux prescriptions, une morale des faits et du témoignage.

Avec la conjoncture économique que traverse toute l'Afrique, c'est la loi de la survie qui prévaut, alimentée par la fraude organisée et soutenue, par le vol, la corruption…. De plus ce phénomène s'aggrave avec l'invasion, dans les médias et sur les marchés, des biens matériels chaque jour renouvelés et attrayants, publiés comme indispensables et incontournables. Ainsi se développe, dans les esprits et les cœurs, le désir d'avoir toujours plus et toujours mieux; d'être continuellement branchés à la culture mondiale et toujours par le moyen le plus court, le plus rapide, mais la moins valorifique.

Ces deux éléments ne touchent qu'un aspect de la personnalité des jeunes. Or la personne humaine est avant tout un être dynamique. Le jeune aura beau acquérir son autonomie au plan personnel et économique, sa dynamique pulsionnelle le conduira toujours au désir d'être reconnu et donc aimé. Ce besoin non assouvi qui reste plus difficile à assumer que le besoin de posséder et de se gouverner, l'entraînera de la sorte à des recherches affectives par tous les moyens.

Ces constatations nous font découvrir qu'aucune loi, quelle qu'elle soit, venant de qui que ce soit, ne prévaut devant cette réalité. "Les aînés comme les autorités n'ont rien à nous apprendre", disent encore certains jeunes.

C'est aussi face à cette catégorie de personnes, immergées dans une pareille ambiance que se situe la vie religieuse. Et le Christ en effet, continue à se choisir des disciples dans ce même groupe de personnes qui, à la recherche de la vie, veulent aussi la partager. Comment favoriser l'épanouissement de la vie en eux pour qu'ils puissent la propager à leur tour? C'est là que nous constatons qu'une nouvelle méthode de formation serait nécessaire.

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3.2. Une formation personnalisée pour l'Afrique d'aujourd'hui

Harmoniser une telle culture avec celle de la vie religieuse s'avère bien exigeant. Cela suppose préalablement des adultes qui, ayant atteint un certain degré de maturité humaine et spirituelle assez solide, seront capables d'accompagner ces jeunes. En d'autres termes, le formateur se doit de devenir pleinement éducateur, avec tout ce que cela implique comme volonté de devenir et de vivre toujours mieux sa vocation; D'incarner ce Christ que nous désirons rendre présent dans ce monde.

D'ailleurs des efforts considérables se font actuellement pour la formation des formateurs mais reste-t- il à s'engager dans le vrai sens du terme pour prendre en compte, dans la formation, toutes les dimensions de la personne qui désire s'offrir au Seigneur. Effectivement, "Les temps actuels appellent un approfondissement de notre vocation (…) adaptée aux exigences de notre temps". Ces exigences nous invitent à créer encore "la forme de notre vie engagée avec le Christ au cœur de ce monde"; à inventer ainsi un processus d'intégration adéquat pour cette vie religieuse qui "constitue en vérité une mémoire vivante du mode d'existence et d'action de Jésus comme Verbe incarné par rapport à son Père et à ses frères" (Vita Consecrata, n° 22). Quelle initiation pour être avec le Christ universel, solidaire et coresponsable s'il faut paraphraser Matungulu Otene? Celui-ci poursuit ainsi: "Cet "être avec", au sens fort du terme, signifie communion, participation à la vie de ceux qu'on aime. On ne peut vivre en communion avec quelqu'un, dit-il, que dans la mesure ou l'on prend en considération ce qui lui tient à cœur"(15). C'est ainsi que nous osons affirmer qu'initier à la vie religieuse c'est introduire à la communion avec le christ et avec les hommes; C'est autant participer à sa vie et à celle de nos frères et cela d'une manière significative et authentique. Il est de ce fait urgent de trouver les moyens de rendre l'existence et l'action de Jésus crédible pour l'Afrique actuelle, celle-ci ayant urgemment besoin d'hommes et de femmes capables de la rejoindre dans ses préoccupations.

Notre continent aurait besoin de jeunes capables de modeler le présent, de soumettre les évènements sans esquiver les difficultés. Des jeunes qui auront donc appris à désirer fortement et à concrétiser leur désir. L'Afrique d'à présent n'a effectivement pas besoin de personnes timorées mais plutôt d'adultes engagés.

Quand Jean Baptiste envoya ses disciples demander à Jésus: "Es-tu celui qui doit venir ou devons nous en attendre un autre?" La réponse de Jésus fut celle-ci: "Allez rapporter ce que vous avez vu et entendu. Les aveugles voient, les sourds entendent, les boiteux marchent…" (Matthieu 11:4-5); Voilà une réponse engagée et bien concrète et voilà également quelle doit être notre réponse pour nos réalités. Cela suppose que les jeunes seront également exercés à aller jusqu'au bout des tâches entreprises, à être fidèles aux engagements. En effet, souvent dépassés par un entourage, spécialement politique, qui ne prend pas en compte leur avenir, ceux-ci lâchent facilement prise. Pour le religieux, il ne doit pas en être ainsi, ce dernier est plutôt appelé à bousculer la masse.

Soulignons encore le fait que le futur s'annonce comme le temps du travail en équipe, des échanges incessants. Révolue est l'époque de l'autocratie, des tâches détenues par une seule personne…. L'initiation à la vie religieuse devrait tenir compte de toutes ces tendances et lancer (pourquoi pas dès la première étape déjà) les jeunes dans le monde de la responsabilité et de la coresponsabilité. C'est-à-dire, dés le début de l'initiation introduire les jeunes dans le monde du travail où ceux-ci se voient automatiquement confrontés à la gestion du temps, des relations, de l'argent et dépendre de tous ces facteurs. Car, en considérant tous les problèmes qui se rencontrent autour de l'identité et de l'authenticité de la vie religieuse, nous remarquons combien le religieux actuel est allergique au pouvoir, sensible pareillement à toute supériorité de l'un sur l'autre, à tout contrôle quelconque. Or dans ce monde du travail, il serait bien initié à vivre sous l'ordre de quelqu'un d'autre, à gérer en adulte le temps, à se confronter à la gestion de l'argent, des collègues…. Nous pouvons considérer cet aspect du travail comme très important car le constat est que les religieux, dans notre société africaine, sont considérés comme des personnes n'ayant pas besoin de travailler pour vivre. On doit plutôt être à leur service. Ils sont les gens sans problèmes et pour qui les besoins sont toujours satisfaits sans délai. Le religieux est encore celui qui doit être là rien que pour accueillir du matin au soir, comme s'il n'avait que cela à faire, et régler les problèmes des gens tout comme les "patrons" actuels de nos pays d'Afrique, dans leur bureau. Ces images ne disparaîtront que dans la mesure où nous épouserons la réalité du travail de notre entourage. L'Afrique ne se développera que lorsque l'Africain aura compris le vrai sens du travail. Celui-ci en effet, est le moteur du développement.

Si la vie religieuse veut conserver sa vocation de précurseur comme elle l'a toujours été dans les premiers temps de l'Eglise, alors aujourd'hui encore, sa tâche est de se mettre en avant pour donner au travail toute sa valeur et contribuer ainsi au développement de nos pays. Cette conception remettrait bien sûr en cause toute la formation intellectuelle dont a besoin le futur religieux mais là encore une solution peut se préconiser. Cela suppose toute une autre démarche de formation. Dans la cité nous connaissons bien des gens qui, ayant besoin de leur travail avec leur salaire et en même temps veulent se perfectionner dans un domaine, sont obligés de s'adonner au cours du soir afin de ne pas perdre le "boulot". Le religieux ne serait-il pas capable de cela? Tous ces cours de philosophie, de théologie, de missiologie… qui s'enchaînent et ont l'air de ne pas s'achever, ne peuvent-ils pas se donner et se prendre en cours du soir? D'aucuns penseront aux horaires communautaires; là encore, les "cloches" sont à adapter à la réalité. En fait, marcher avec la réalité nous demandera sans doute un bouleversement. C'est là que nous comprendrons que le Christ reste un perpétuel "bouleverseur" de l'ordre établi. Il l'a été à une époque donnée, pourquoi ne le serait-il pas encore aujourd'hui? Soulignons toujours le fait que s'impliquer dans ce monde du travail c'est aussi participer à l'auto financement de la congrégation et de l'Eglise.

Mais si ce processus doit tenir compte de toutes les dimensions de la personne, il doit surtout insister sur la personnalisation de la formation; c'est-à-dire aider les jeunes à découvrir et à assumer pleinement leur histoire personnelle. Cette intégration personnelle est fondamentale pour l'épanouissement obstinément recherché par tous ces jeunes.

Un jeune qui a toujours fui l'autorité de ses parents parce que n'ayant jamais eu droit à la parole dans sa famille peut-il vivre l'autorité dans la vie religieuse? Un jeune qui n'a jamais eu la chance d'être reconnu et valorisé dans son milieu peut-il supporter les inattentions parfois fréquentes dans la vie communautaire? Un jeune qui a toujours été à l'affût de la survie, confronté à un manque matériel chronique, pourrait-il encore vivre le renoncement, la privation, le détachement volontaire caractéristique de la vie religieuse? Autant de questions que nous pouvons nous poser pour une formation authentique. Connaître le milieu familial, économique, environnemental et même religieux du jeune est nécessaire pour l'aider à se prendre en charge dans tous les domaines.

Ceci constitue des idées générales pour la formation aujourd'hui car Il serait difficile de débattre de tous les aspects de la formation dans notre petite investigation mais ces quelques relevés nous inciteront à poursuivre la réflexion.

Conclusion

Dans les instructions et directives de l'Episcopat du Congo (Zaïre à l'époque) sur "La vie consacrée dans l'Eglise particulière du Zaïre", il est dit ceci au n° 266: "La rénovation adaptée de la vie religieuse comprend à la fois le retour continu aux sources de toute vie chrétienne ainsi qu'à l'inspiration originelle des instituts et, d'autre part, la correspondance de ceux-ci aux conditions nouvelles d'existence"(16).

La recherche de nouveaux chemins et d'une vie religieuse significative pour l'Afrique avait donc été en 1986, une des préoccupations de nos autorités ecclésiastiques. Ce début du troisième millénaire nous relance le défi.

Il est à noter que l'Afrique contemporaine baigne dans ce monde qui roule à la cinquième vitesse dans tous les domaines: Dans la performance, l'adaptation des moyens techniques…. C'est une perspicacité jamais égalée depuis le vingtième siècle pour répondre efficacement aux attentes et aux besoins des hommes. Outre les éléments négatifs de ces mutations, nous retrouvons des aspects bien positifs que les personnes consacrées devraient aussi considérer. Relevons notamment cette acuité aux problèmes généraux de la population, l'aptitude aux changements, aux remaniements périodiques, la capacité d'initiative et d'imagination.

Dans l'histoire de l'Eglise, la vie religieuse a toujours été à l'origine du progrès social. Aujourd'hui encore elle a cette mission, étant toujours la mémoire vivante de Jésus Christ libérateur de tous les temps et de tous les hommes. C'est ainsi que l'Afrique ne saurait avoir "la vie en plénitude" sans l'amour et l'engagement de ces hommes et de ces femmes choisis par Dieu, sans "l'être avec" de ceux-ci au cœur de ses vicissitudes et de ses cris. Et ce renouveau de la vie religieuse passe inévitablement par une remise en question de nos méthodes de formation.

Ainsi, laissons-nous interpellés, concrétisons notre vocation et cherchons inlassablement à former ou mieux encore, à éduquer des religieux(ses) adultes, intégrés personnellement; des religieux(ses) qui épousent réellement la culture de la vie religieuse. Des personnes engagées dont les paroles et les actes disent Jésus Christ, Lumière sur le boisseau qui éclaire le chemin de l'Afrique vers la vie en plénitude et qui ne sauvera celle-ci que par les Africains eux-mêmes; qu'ils soient des africains natifs ou des africains de cœur! Car dans le Christ il n'y a plus ni peuple, ni race, ni nation.

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Notes:

1 OSTERRIETH Paul, Faire des adultes, 19° éd. Mardaga, Bruxelles, 1992, pp. 17-20.

2 Encyclopedia universalis, corpus 5, France S.A., 1985.

3 "Les sept sacrements", art. n° 1213, in Catéchisme de l'Eglise catholique, éd. Mame/Plon, France, 1992, p. 266.

4 BALMES Raymond, Leçons de philosophie, t.1, éd. de l'Ecole, Paris, 1965, p. 76.

5 Lévi-Strauss, cité par Raymond BALMES, Op. cit.

6 OSTERRIETH Paul, Op. cit.

7 Cf. MUKENDI Wa Meta, Introduction à l'anthropologie. Notes de cours, s. éd, s.l.

8 Cf. MUSUMBI Jean Bosco, Introduction à la théologie spirituelle. Notes de cours , s. éd., s.l.

9 OSTERRIETH Paul, Op. cit.

10 VANIER Jean, Toute personne est une histoire sacrée, éd. Plon, Paris, 1994, p. 104.

11 HENRIOT Patrice, Philo dicobac. philosophes, t.2, éd. Belin, Paris, 1992, p. 110.

12 Larousse encyclopédique en couleurs, t.4, éd. France loisir, Paris, 1993.

13 LICHERI Lucie, Par un simple oui. La vie religieuse apostolique féminine, èd. du cerf, Paris, 1994, p. 59.

14 REY-MERMET Th., Croire. Pour une découverte de la morale, t.4, éd. Droguet-Ardent, 1985, p.8-11.

15 MATUNGULU Otene, Etre avec le Christ chaste, pauvre, obéissant. Essai d'une spiritualité Bantu des vœux, éd. Saint Paul Afrique, Kinshasa, 1983, p. 7.

16 La vie consacrée dans l'Eglise particulière du Zaïre. Instructions et directives de l'Episcopat, Kinshasa.

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