Nous sommes le 12/12/2018 et il est 07h10 TU+2 - "L'Eglise attend de vous tous un puissant secours dans sa détresse" (Eugène de Mazenod, 1823)

Usage  du  téléphone  portable
dans la vie consacrée
(Gaby Crugnola, omi)


Téléphone portable SamsungMa réflexion a été suscitée par l’exposé du P. Jean Bosco Musumbi omi (le 11/11/2013) : « Un regard global sur les NTIC  » et l’échange qui a suivi, pour répondre à la question de l’usage du téléphone portable en maison de formation. Ma réflexion dépasse ce cadre, pour comprendre comment la séparation relationnelle est un des défis majeurs de l’appel radical à suivre le Christ. Je suis à l’aise pour délimiter ou cerner le domaine de la pauvreté. C’est du concret, palpable, réalisable et je peux le comptabiliser, en rendre compte… Je suis aussi capable de comprendre l’obéissance comme une réalité raisonnable et efficace dans la famille, la société, la vie consacrée, bien qu’elle soit une réalité qui engage confiance, soumission consciente de ma liberté et acte de foi en Dieu qui rend efficace mon obéissance. Le domaine des relations humaines : familiales, conjugales, amoureuses, amicales, fraternelles, spirituelles, est une réalité plus fluide, insaisissable !  Les relations humaines ont leur origine dans le mystère de la personne humaine que je suis et que l’autre est. Appartenant au mystère de la personne, elle restera une réalité qui échappera, en partie, à ma connaissance et à mon contrôle ! Il me semble, aujourd’hui, que c’est le défi le plus grand de la vie consacrée, comme de la vie familiale et conjugale !

Le téléphone portable est un instrument technique qui nous offre une capacité illimitée de relations interpersonnelles. Nous pouvons communiquer, écouter et parler à qui nous voulons, à tout instant et en tout lieu de la planète. La distance géographique n’est plus une séparation relationnelle.

Personnes consacrées basilique Mvolie Yaoundé

La séparation relationnelle est le défi majeur posé
par l’appel radical de Jésus

Nous sommes des êtres relationnels. C’est la relation qui nous donne l’existence et l’être, l’identité et l’appartenance. Et c’est dans nos relations que Jésus pose le défi majeur pour le suivre.

Jésus, au bord du lac, voit Pierre et André son frère qui jettent leurs filets dans la mer. Il leur dit : « venez à ma suite ». Et laissant leurs filets, ils Le suivent. Pierre est marié et sa belle-mère vit avec lui dans sa maison. Plus loin, Jésus voit encore deux autres frères, Jacques et Jean, réparant leurs filets dans la barque. Aussitôt Il les appelle et «  laissant dans la barque leur père Zébédée avec les ouvriers, ils partent à sa suite » (.Marc 1,16-20).

Ils laissent père, belle-mère : des personnes appartenant au premier cercle relationnel parental et familial. Ils laissent les ouvriers : personnes appartenant au cercle relationnel de voisinage professionnel.  Ils laissent aussi leurs barques et leurs filets : leurs outils de subsistance et de vie pour eux et leur famille.

Après avoir choisi et appelé un certain nombre de disciples, les évangiles disent 72, Jésus les réunit dans la montagne : « Il monte dans la montagne. Il appelle ceux qu’Il voulait. Ils vinrent à Lui et Il en établit 12 pour être avec Lui et pour les envoyer… » (Marc 3,13-15). « Pour être avec Lui », la note de la TOB indique que seul Marc souligne cet aspect de la vie des disciples avec Jésus. Jésus veut établir avec eux une relation privilégiée. Jean qualifie cette relation d’amitié et non de service : « Je ne vous appelle plus serviteurs mais amis car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître. Mais je vous appelle ami, parce que tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître » (Jean 15,9-15).

Jean utilise 2 verbes pour exprimer la pensée de Jésus. Le verbe sous la forme « agapan » est utilisé 7 fois dans les versets 9 à 13.Il exprime une relation entre supérieur et inférieur, entre maître et disciple, un amour qui se fonde sur des sentiments d’estime, de bienveillance et sur la générosité. Le verbe aimer sous la forme « philein », aux versets 14 et 15, exprime un attachement tendre et affectueux, comme entre époux, une relation d’amitié. Ce n’est plus la relation maître et disciple. C’est plus profond et intime, plus intérieur. Jésus ne veut pas vivre ses relations avec ses disciples comme avec des serviteurs. Il veut des amis, et non des serviteurs qui font ce qu’ils doivent faire. Il veut des amis qui l’aident à accomplir la mission du Père, en étant en relation d’amour avec Lui et avec le Père.

C’est ici, en partant de l’intention du Seigneur et dans l’intériorité de nos relations que l’usage du téléphone et des autres médias se pose, pour nous religieux en formation première et en activité apostolique communautaire. « Les apôtres se sont mis à l’école de Jésus » (Saint Eugène). Jésus a accompagné chacun selon sa personnalité, Il l’a introduit dans sa relation au Père et l’a préparé à la mission et Il l’a accompagné, après la Pentecôte, dans sa mission. Nous pouvons suivre l’itinéraire vocationnel, formatif et missionnaire de Pierre, de Jean…

L’usage du téléphone portable est au service de nos relations utilitaires, professionnelles, pastorales et évangélisatrices, communautaires, familiales, amicales et affectives, sans établir d’ordre de priorité. Cependant, le téléphone est seulement le média. La source de nos relations est toujours notre intériorité. C’est là que se vit le défi relationnel. Je peux quitter géographiquement mon père, ma mère, mes frères et sœurs, mes amis et rester en permanence en relation avec eux. Je n’ai quitté personne ! De plus, ne pouvant pas être présent au même moment, dans plusieurs endroits, le téléphone portable me met en relation avec plusieurs personnes, successivement, dans une durée assez brève.

En citant Enzo Bianchi, 71 ans, né en 1943, moine laïc fondateur et prieur de la communauté mixte et œcuménique de Bose (Italie), je peux dire avec lui :

j’appartiens à la dernière génération qui a connu l’enseignement de l’art du combat contre les tentations, un art qui nous était transmis en même temps que la foi chrétienne. J’ai assisté à la disparition progressive de cette pédagogie que j’avais ressentie comme une grâce, une aide durant toute mon existence […] Un des aspects aujourd’hui les plus négligés de la vie chrétienne est certainement celui du combat spirituel, qui constitue pourtant un élément fondamental en vue de l’édification d’une personnalité humaine, puis chrétienne. (Enzo Bianchi, Une lutte pour la vie, pages 7 et 9).

La principale préoccupation de saint Eugène de Mazenod était de rendre les hommes raisonnables, puis chrétiens, pour les aider à devenir des saints.

La crise qui traverse le monde, les cultures et l’Eglise, traverse aussi la vie consacrée. Le diagnostic qui en est fait est pertinent et nous est connu. 3000 religieux/ses quittent chaque année la vie religieuse, selon le secrétaire de la Congrégation pour la vie consacrée. (Fidélité et persévérance vocationnelles dans une culture du provisoire, Rome le 29 octobre 2013).

3 causes majeures sont ciblées :

Ces divers éléments sont des clignotants qui attirent notre attention, et nous disent que nous sommes sortis de notre intériorité et que « notre cœur intérieur » désire battre à son rythme naturel, selon des règles qui ont fait leur expérience : la distinction du bien et du mal ; le discernement des esprits ; le choix convaincu, authentique et efficace de ce que nous pouvons être et faire à la suite du Christ, en conformité avec Lui, en nous identifiant à Lui ; le renoncement aux pulsions égocentriques qui nous aliènent et contredisent nos relations avec Dieu, avec nous-mêmes, avec les autres et avec la création…( Enzo Bianchi).

Les jeunes que nous accompagnons, vivent une contradiction interne qui les fragilise. Ils sont appelés par le Christ. (Pas tous cependant, certains sont dans nos maisons de formation, mais n’ont pas la vocation) Ils sont appelés par le Christ et en même temps ils sont imprégnés par la culture du « zapping qui au sens figuré, signifie ne pas tenir ses engagements à long terme, passer d’une expérience à l’autre, sans faire aucune expérience qui marque la vie ». Les jeunes aspirent à « réussir » leur vie religieuse et paradoxalement ils sont aspirés et/ou se laissent aspirer par les besoins à satisfaire et à consommer. Ils sont la génération du «  Et…et ; Tout et tout de suite » ! « L’homme actuel parle beaucoup il est apparemment un grand communicant, mais en réalité il ne réussit pas à communiquer en profondeur et par conséquent, il ne réussit pas à rencontrer l’autre ! ».

Le peuple de Dieu au milieu duquel nous vivons donne des signes authentiques de vitalité évangélique, de foi et de sainteté. Et en même temps, le milieu ecclésial, sacerdotal et religieux, qui est le nôtre, se caractérise par l’incertitude, l’infidélité, le non respect de la parole donnée, l’esprit mondain et l’immoralité, la dualité : le célibat et en même temps le concubinage comme deux  états de vie compatibles. Ce climat fragilise les consciences et rend difficile aux jeunes la compréhension de ce qui est bien et mal, provisoire et durable, exigences évangéliques et mondanité…

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Etudiants OMI à Ngoya Yaoundé

L’intériorité, l’espace et le temps

Dans la pensée d’Edith Stein, philosophe et carmélite (1891-1942), l’intériorité est le fondement inviolable de notre dignité, l’espace de la rencontre authentique avec Dieu, avec nous-mêmes, avec les autres et avec la création, le lieu de l’écoute de la conscience où notre responsabilité humaine prend sa source.

L’intériorité s’incarne dans l’espace et le temps. C’est le défi majeur !

« Le changement d’époque » actuel crée une « nouvelle vision de la réalité » (Benoît XVI)  «  dans laquelle le temps et l’espace sont davantage vécus en dépendance des phénomènes sociaux, économiques et techniques. (Revue Spiritus n° 191 juin 2008)

La communauté religieuse est l’espace qui localise  le vécu de notre identité oblate. Elle est l’espace intime de la vie fraternelle pour la mission. Ce que voulait saint Eugène : « Le fondateur voulait que les Oblats reviennent en communauté non tellement pour se protéger des périls du monde, mais surtout afin qu’ils aient la possibilité de se sentir frères dans le Christ et qu’ils puissent ainsi, en contact avec Lui, se retremper dans leur esprit… » (Paolo Archiati : "La communauté, une fraternité de foi").

Pour les êtres humains, comme pour les animaux, la maison, le « chez-soi », le nid ou la tanière, est le lieu de l’intimité, de l’intériorité, du « retour à soi », de la protection de sa vulnérabilité. Pensons aux enfants de la rue, aux sans-abris, aux filles de la rue. Ils ne peuvent pas protéger leur intimité, ni leurs grands moments de vulnérabilité. Dormir dans la rue, grand moment de vulnérabilité, c’est faire confiance aux passants qui passent. Ils ont confiance qu’ils ne seront pas agressés.

La communauté, comme espace communautaire est le lieu où nous avons la possibilité de nous reposer tous les jours et de protéger notre vulnérabilité. C’est le lieu du recueillement qui nous donne de nous rapprocher de notre intériorité. C’est le lieu de la vie fraternelle dans le respect et l’entraide mutuelle. Cet espace intime exige un investissement personnel et communautaire pour aménager un lieu agréable et beau, calme et joyeux qui favorise la communion.

Le projet communautaire donne le temps nécessaire à chaque personne et à chaque activité de vivre ensemble les moments importants de la communauté : repas pris en commun, eucharistie et prières, détentes et célébrations festives…, moments de difficulté, de souffrance et de découragement, activités pastorales…

Le projet communautaire donne à chacun les temps qui lui sont nécessaires pour son intimité, son travail, ses études, ses relations personnelles… Ces temps sont connus et respectés par les membres de la communauté.

L’expérience révèle qu’il existe un temps important : c’est le temps après le coucher du soleil. L’être humain, après la fatigue de la journée, le soir et la nuit a besoin de repos. Non seulement de repos physique. Il a besoin d’un temps de détente, de tranquillité, d’intimité, de relations réciproques amicales, fraternelles, familiales, conjugales.

C’est un moment de grande vulnérabilité pour le religieux célibataire ! C’est après 20 heures qu’il ressent dans sa chair et son cœur, la valeur et le prix de son engagement à la chasteté. Le célibat consacré remplace l’intimité de la famille par la fraternité de la communauté. Il ne remplace pas l’intimité conjugale du couple. Cette absence conjugale, voulue à la suite du Christ, nous introduit dans la relation qu’Il établit avec nous, en nous appelant à vivre avec et comme Lui.

La qualité humaine de la communauté apostolique et la fidélité au Seigneur sont la base du vécu de ce temps. Sans communauté et sans foi, le religieux cherche à l’extérieur, au quartier, chez des amis(es) à combler ce manque. Il peut le combler aussi par la télé, internet, le téléphone…

L’esprit du monde nous pousse à posséder le temps comme un bien de consommation, pour remplir nos états d’âme habités par le vide, la solitude, la peur du silence. Le temps ne nous appartient pas. Il nous est donné. A nous de le remplir par des valeurs relationnelles envers Dieu, envers les confrères, envers les gens à qui nous sommes envoyés ! La société de consommation, selon un accompagnateur thérapeute, produit des sollicitations psycho-toxiques qui empêchent la croissance de notre intériorité et paralysent notre don de nous-mêmes aux autres.

Dans son commentaire du Notre Père, le Père Tolentino Mendonça, responsable de la pastorale de la culture au Portugal et consultant pour le Conseil pontifical de la culture au Vatican, sur la demande du pain quotidien écrit : « Nous nous nourrissons les uns des autres. Nous sommes les uns pour les autres, dans l’écoute et la parole, dans le silence et dans le rire, dans le don et dans l’affection, un aliment essentiel, car c’est de vie (et de vie partagée) que nous nous nourrissons » (in « Notre Père qui es sur la terre », Novalis Cerf).

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Rencontre OMI éducateurs Yaoundé

Le défi relationnel est personnel

C’est l’affaire de toute notre vie. C’est l’enjeu de notre baptême et de notre consécration religieuse. L’usage du téléphone portable et d’internet, est une petite chose dans le défi que nous vivons. Des choix personnels plus importants sont à faire par chacun de nous et des options formatives plus fondamentales me semblent nécessaires à amplifier ou à revaloriser.

Le combat spirituel et le discernement des esprits

Toute l’existence de Jésus a été un combat contre Satan et ses tentations. Son combat s’achève sur la Croix et Il « se relève » libre et vainqueur le matin de Pâques !

Son combat est le nôtre. Il suppose un bon discernement, à l’école des maîtres spirituels de la Tradition chrétienne, appuyé par un accompagnateur avisé. Formateurs, faisons entrer les jeunes, progressivement, dans le combat et initions-les au discernement des esprits.

Le silence et la méditation de la Parole de Dieu (Lectio divina)

Benoît XVI et François signalent le « changement d’époque » que nous vivons. Ce n’est pas un simple changement de période !

Ce changement produit « un changement culturel qui affecte surtout les enfants et les jeunes » (Revue Spiritus n° 191, juin 2008).

Nous sommes conscients que le changement culturel survalorise la subjectivité individuelle et affaiblit les liens communautaires ! Que les désirs individuels à satisfaire « tout de suite » nuisent au bien commun ! Que le temps et l’espace sont davantage vécus en dépendance des phénomènes sociaux, économiques et techniques et qu’ils nous sont proposés comme des biens de consommation.

C’est ici le terrain et l’actualité de notre combat spirituel et missionnaire. Il se joue dans le cœur de chacun de nous. Le discernement des esprits contribue à diagnostiquer ce qui vient de l’homme qui est en nous et les influences ou tentations autres que nous, venant de l’extérieur. (Christian Poirier, diacre permanent aveugle : « Le combat spirituel » édition Salvator).

Ce changement culturel que nous vivons nécessite, non pas des balises, mais une éducation à  

Le silence et la méditation de la Parole de Dieu, me semblent la garantie de l’intériorité ; de l’écoute ; de la relation avec Dieu, avec les autres, avec soi-même et avec la création. Il me semble que le silence et la Parole de Dieu « lue, méditée, priée et proclamée » (Benoît XVI), sont capables d’évangéliser l’espace et le temps de notre intériorité et de nos communautés, surtout après le coucher du soleil !

Le silence est un vrai combat. Constatons que notre maison ne favorise pas le silence. Le besoin individuel de fond sonore l’occupe, nous isolant des autres.

Frère Aloïs, prieur de Taizé signale : « les jeunes qui viennent sur cette colline inspirée, sont animés par le désir profond de se poser. Ils sont aujourd’hui superconnectés et sans cesse sollicités, vivant dans l’immédiateté. Ils sentent qu’ils peuvent passer à côté de l’essentiel de leur vie, s’ils demeurent dans la fébrilité et le bruit permanent ».

Le silence et la méditation permettent de donner une réelle profondeur à nos engagements et de nous rappeler les vraies priorités. La Vierge Marie conservait et méditait tous les événements !

L’identité anthropologique

« Aleteia » site chrétien sur l’actualité, a demandé à Marco Guzzi, poète et philosophe italien, de lire le questionnaire préparatoire du prochain synode consacré à la « pastorale de la famille dans le contexte de l’évangélisation » et d’exprimer sa pensée. A la lecture du questionnaire

je me pose une première question : le chrétien ou la chrétienne d’aujourd’hui font-ils une expérience adaptée aux temps que nous vivons ? Est-elle en mesure de renouveler la relation conjugale et de dépasser les justes raisons de la crise du mariage traditionnel, que nous sommes en train de vivre ? A mon avis non ! Tout simplement parce que le problème bien plus vaste de la transformation anthropologique en cours n’est pas abordé. Ce n’est pas seulement le mariage qui est en crise !
C’est la vie consacrée et le sacerdoce qui sont en crise, la démocratie et la politique, l’école et la santé, la façon dont nous venons au monde et dont nous mourons…C’est tout cela qui s’effondre ! Ce contexte de crise anthropologique, touche quelque chose de très profond qui regarde ce qu’est l’homme et ce qu’est l’homme régénéré en Christ. Nous avons besoin d’une nouvelle anthropologie et d’une nouvelle expérience chrétienne… (Aleteia, 29.11.2013 : Crise du mariage, mais surtout crise du monde).

Aujourd’hui l’être humain «  postmoderne » se pose la même question qu’au début de son apparition sur la terre : « Qu’est-ce que l’homme : qui est-il ? D’où vient-il ? Où va-t-il ? » La réponse du psaume 8 lui est inconnue. Cependant il essaie de comprendre son identité et se pose de nouvelles questions : «  comment naître et mourir ? Comment vivre la réciprocité homme-femme ? Comment vivre les relations père-mère-enfants… »

C’est notre mission de l’aider à se comprendre en relation avec l’Homme Jésus-Christ et en relation avec les Autres. En contact direct depuis 20 ans avec les jeunes scolastiques et les jeunes oblats en activité missionnaire, je constate chez eux, la perte progressive d’une pensée anthropologique cohérente, stable, capable de les structurer intérieurement et de leur donner une identité intellectuelle. Ils ont emmagasiné beaucoup d’informations partielles sur diverses pensées, visions et systèmes philosophiques. Elles sont utiles, mais ne structurent pas leur intelligence et leur agir humain, chrétien et missionnaire ! Ils restent avec des certitudes multiples, provisoires et interchangeables, « à la carte » selon les besoins.

Formateur je veille à cela dans l’accompagnement. Je les conseille de se donner une anthropologie chrétienne qui consolide leur vie humaine, chrétienne et missionnaire, à partir de l’anthropologie du Concile Vatican II et de Jean-Paul II…

Voilà ma modeste contribution. Je ne prétends pas avoir compris tout ce qui  se joue dans l’ampleur du « changement d’époque en cours », ni être certain que les orientations prises, en accompagnement, soient une réponse adaptée ! Avec certains cela ne marche pas ! Pourquoi ?

Il reste que le seul défi que nous les formateurs ne pouvons pas relever : c’est que le premier formateur du jeune oblat c’est le jeune oblat  lui-même !

Pères Clement Oboita & Gaby Crugnola

Père Gaby Crugnola,
Maison Yves Plumey Yaoundé,
janvier-février-mars 2014

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