Nous sommes le 14/12/2019 et il est 19h57 TU+2 - "L'Eglise attend de vous tous un puissant secours dans sa détresse" (Eugène de Mazenod, 1823)

Vie missionnaire, communion et témoignage
(Domenico Arena, omi)

Ce 14/12/2019, voici quelques considérations missiologiques, le témoignage, l'expérience pastorale d'un homme de terrain, Mimmo Arena, missionnaire oblat de Marie Immaculée. Il invite l'utilisateur de la toile à lire sa pensée dans le sillage de grandes rencontres de prière et de paix initiées par Jean-Paul II dans la paisible ville de saint François d’Assise, en Italie. Que se passe-t-il en Afrique?

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  1. Dialogue islamo-chrétien en Afrique: une expérience missionnaire
  2. Proclamation et témoignage à la lumière de la communion missionnaire et en face d'un monde globalisé
  3. Hommage à saint Jean-Paul II, l'un des grands missionnaires de l'histoire

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Dialogue islamo-chrétien en Afrique: une expérience missionnaire à la suite de
Nostra Aetate

Dialogue islamo-chrétien en Afrique

Ce retour à Nostra Aetate me semblait opportun dans la mesure où ce document a guidé, même si c'est de manière souvent implicite, mon expérience de dialogue et aussi pour comprendre les tenants et les aboutissants du dialogue interreligieux en Afrique, surtout avec l'Islam.

En effet, seul un enracinement de la réalité du dialogue en humus théologique peut donner force à tous pour faire face aux découragements, sinon aux résistances, que souvent les chrétiens, mais aussi peut-être les musulmans, éprouvent à son égard.

Je vous avoue que, quand j'ai reçu l'invitation d'intervenir à ce colloque, ma pensée s'est portée immédiatement sur les problèmes que le dialogue rencontre face à l'Islam et qui sont manifestes. Il y a de problèmes délicats d'intégration (voir le cas de la Turquie et tout dernièrement celui des quartiers périphériques des villes de France et d'Europe); problèmes dus à toute sorte de différences, liées non seulement au credo, mais à la mentalité, au style de vie, au comportement que nous constatons tous les jours au contact avec l'Islam et qui sont là pour nous tenter à nous faire dire que le dialogue est impossible. Les conflits armés sont là aussi, conflits qui mêlent l'ethnocentrisme à la religion (Nigeria, Soudan, Bosnie, Philippines…). Et, dernièrement, il faut tenir compte du terrorisme de nature religieuse, qui, allumé par le fondamental droit économique de partage des ressource de la terre, continue à faire des victimes à cause de la religion, mais aussi parce que d'un coté comme de l'autre on n'accepte pas de dialoguer. La suite c'est l'agressivité et la haine qui risquent de s'attiser et grandir dans les conscience des adeptes des deux religions. Or, seulement un dialogue, justifié et même légitimé par leurs religions, nous fait espérer qu'un jour les chrétiens et les musulmans seront en mesure de vivre unis et de travailler ensemble pour le bien de l'humanité, en Afrique et dans le monde entier.

Nostra Aetate et le dialogue avec l'Islam

Venant à l'Afrique, si, pour un vers, l'Islam s'y présente plus tolérant, tout de même la difficulté d'un rapport serein entre les deux groupes de croyants subsiste réellement. Elle se manifeste de manière aigue surtout au niveau de l'action missionnaire, car, dans ce domaine, chrétiens et musulmans se découvrent de plus en plus concourants1.

Alors, il nous faut un surplus de souffle spirituel que la vision théologique du dialogue contenue en Nostra Aetate peut nous transmettre, nous permettant de résister à tout découragement et aussi à tout esprit d'imposition de la religion au dépens de la liberté religieuse de tout homme.

Dans ce sens, les textes de la Déclaration , relatifs au dialogue avec l'Islam peuvent aider les chrétiens et les musulmans d'Afrique à ne pas démordre dans la recherche d'une rencontre heureuse pour eux et pour leur continent:

L'Eglise regarde aussi avec estime les musulmans qui adorent le Dieu Un, vivant et subsistant, miséricordieux et tout puissant, créateur du ciel et de la terre, qui a parlé aux hommes. Ils cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu, même s'ils sont cachés, comme s'est soumis à Dieu Abraham, auquel la foi islamique se réfère volontiers. Bien qu'ils ne reconnaissent pas Jésus comme Dieu, ils le vénèrent comme prophète, ils honorent sa mère virginale, Marie, et parfois même l'invoquent avec piété. De plus, ils attendent le jour du jugement où Dieu rétribuera tous les hommes ressuscités. Aussi ont-ils en estime la vie morale et rendent-ils un culte à Dieu par la prière, l'aumône et le jeune(NA3).

Ces textes, comme l'avait fait Lumen Gentium (16), nous fait saisir tous les points d'attache qui rapprochent les deux religions, en nous éduquant à regarder dans la religion de l'autre ce qui nous unit plutôt que ce qui peut nous diviser. Si cette attitude ne s'enracine pas dans nos vies, en évitant évidemment l'irénisme et le compromis, dialoguer devient impossible.

Mais, étant donné que l'histoire a joué contre une rencontre sereine entre les deux religions, la Déclaration ajoute:

Si, au cours des siècles, de nombreuses dissensions et inimitiés se sont manifestées entre les chrétiens et les musulmans, le Concile les exhorte tous à oublier le passé et à s'efforcer sincèrement à la compréhension mutuelle, ainsi qu'à protéger et à promouvoir ensemble pour tous les hommes, la justice sociale, les valeurs morales, la paix et la liberté (NA3).

Les Pères conciliaires sont conscients, comme nous d'ailleurs, que les relations entre l'Islam et le Christianisme sont problématiques, mais ils nous invitent à ne pas lâcher prise parce que dans le dépassement commun que chrétiens et musulmans sont appelés à opérer réside l'espérance de changer le visage de l'humanité. Ici, chrétiens et musulmans, à cause de leur passé indigne des deux religions qu'ils professent, sont tenus à prendre conscience de leur commune responsabilité face à l'avenir du monde. Son progrès ou sa faillite dépend aussi de l'unité par le dialogue qu'ils arriveront à construire, ou à ne pas construire, entre eux. Cela vaut pour les deux communautés religieuses dans le monde, mais peut-être davantage pour l'Afrique.

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Impulsions d'en haut

Toujours est-il que l'Eglise du continent est intervenue à maintes reprises pour demander au peuple de Dieu à se mettre en attitude de dialogue envers l'Islam. Mais cela avait été déjà fait à l'occasion des voyages en Afrique de Paul VI, fondateur du dialogue par l'Encyclique Ecclesiam Suam(2), et de Jean-Paul II, son premier efficace propulseur(3). Sous leur égide, les différentes Conférences Episcopales d'Afrique, qui surtout en Afrique de l'Ouest s'équiperont de commissions pour mener de l'avant le dialogue islamo-chrétien, ne manqueront de propulser le dialogue, ainsi que les interventions des certains évêques qui ont plus a cœur le dialogue(4).

Cependant, la prise de position sur le dialogue, plus autoritaire et généralisée, semble être celle contenue dans l'exhortation apostolique Ecclesia in Africa (EA), là où, en consonance évidente et en continuité avec Nostra Aetate, on lit: «L'attitude du dialogue est un mode d'être du chrétien à l'intérieur de sa communauté comme avec les autres croyants, et les hommes et les femmes de bonne volonté » (EA 65)

Ici, l'Eglise d'Afrique, en phase avec la teneur théologique que Nostra Aetate donne au dialogue, retient que celui-ci est une façon d'être valable pour tout baptisé (laïcs, religieux, clercs et évêques); partout (à chaque palier de l'organisation communautaire); avec tous (catholiques, chrétiens d'autres confessions, croyants d'autres religions, hommes et femmes de bonne volonté, soient-ils non croyants); et toujours (dans toutes les circonstances de la vie quotidienne). De ce fait Ecclesia in Africa recommande au S.C .E.A.M. de se donner ‘des structures et des moyens qui garantissent l'exercice du dialogue '(cf. EA 66)

Tout de même, la prise de position en faveur du dialogue, mieux en syntonie avec Nostra Aetate, nous la trouvons dans le message des évêques participant au Synode Spécial pour l'Afrique. Ici le dialogue est en rapport de réciprocité avec l'idée de l'Eglise- famille et avec la Trinité : «L'Eglise-famille a sa source dans la Sainte-Trinité , au sein de laquelle l'Esprit-Saint est la Relation de Communion. Elle sait que la qualité de relation que permet une communauté est l'expression de sa valeur intrinsèque. Ce Synode lance un appel pressant en faveur du dialogue à l'intérieur de l'Eglise et entre les religions»(5).

Pour ce qui est du dialogue avec les musulmans, l'exhortation et le message s'allient pour dire: "Cet effort de dialogue se doit d'embrasser également les musulmans de bonne volonté. Les chrétiens ne sauraient oublier que beaucoup de musulmans entendent imiter la foi d'Abraham et vivre les exigences du Décalogue ». Et cela: en reconnaissant Dieu comme ‘le Père de la Grande Famille humaine que nous formons '"; dans le respect des croyances respectives; en vue de travailler ensemble pour le développement et la paix; créant, enfin, un climat de vraie liberté religieuse et de sincérité (cf. EA 66)(6).

Remarquons que les interventions du magistère africain sur le dialogue sont souvent rattachées à l'intuition centrale du Synode de 2004, à savoir l'Eglise-famille. Or, cette intuition, pouvant être comme la version africaine de l'Eglise communion(7), peut témoigner que l'Eglise d'Afrique a fait bonne réception des contenus théologiques du dialogue propres à Nostra Aetate.

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L'Islam en Afrique: description sommaire

Quant aux statistiques, l'exposé de Mgr Chidi nous en donne suffisamment. Il parait que les deux religions en question numériquement sont à pieds d'égalité(8). Comme complément, on peut ajouter ce qui suit:

Il y a une différence de fond entre l'Afrique du nord arabe avec 10% de sa minorité chrétienne, et l'Afrique noire au sud du Sahara avec sa majorité chrétienne de près de 60% et seulement 25% de musulmans. Au sud du Sahara, les deux tiers des musulmans vivent en Afrique de l'Ouest, tandis que ceux d'Afrique du Centre, de l'Est et du Sud ne comptent même pas pour 10% constituant une minorité semblable à celle des chrétiens en Afrique du Nord»(9).

Voici maintenant une brève description surtout de l'Islam d'Afrique Noire.

Il est notoire que l'Islam, répandu en Afrique du nord, tout de suite après sa fondation par le prophète Mahomet, conquiert son espace en Afrique Noire à partir de deux souches: celle nord occidentale qui a pénétré en Afrique de l'Ouest par le Sahara et celui déferlant de l'Egypte et du Moyen Orient et s'installant dans l'Afrique de l'Est. De nos jours il arrive de chaque coté d'où vient l'émigration des croyants de l'Islam, un cas particulier étant celui du retour des Black Muslims d'Amérique du Nord, au cri de «L'Afrique aux Africains»(10), dans des pays comme le Liberia.

La diffusion de l'Islam en Afrique Noire utilisait le commerce et les jihads (sourtout à l'ouest). Une fois arrivé sur place il prenait des caractéristiques spécifiques. En rencontrant un substrat animiste et magique il a affiché une allure maraboutique qui le déprécie aux yeux de l'orthodoxie musulmane. Un Islam qui politiquement ne s'est pas trop investi dans le processus des indépendances nationales et qu'il n'a pas trop sympathisé avec le communisme. Il reste un Islam ouvert à la modernité et d'aucuns le considèrent comme une idéologie de rechange. Actif de différentes façons selon les contextes nationaux. «L'Islam d'Afrique Noire, longtemps considéré comme de seconde zone, est en train de devenir l'un des p ô les de la scène islamique mondiale»(11).

Quant aux traces laissées par l'histoire, il est évident que tout tournant historique a marqué les relations que les croyants de deux religions vivent aujourd'hui: l'expansion arabe aux premiers jours de l'Islam, au nord de l'Afrique; l'antagonisme et la concurrence dans la propagande religieuse à partir des voyages des navigateurs portugais au XV siècle; les vicissitudes tragiques et dévastatrices de l'esclavage, l'impartialité et l'imposition du colonialisme; l'ère de l'engagement national des indépendances; et, enfin, le néocolonialisme et la globalisation du moment(12).

Dans ce cadre, ce qui donne à réfléchir c'est le fait que la reprise de la mission d'évangélisation de l'Eglise catholique, ainsi que une nouvelle connaissance du continent africain, intervient grâce aux relations troublées que les chrétiens d'Ethiopie vivaient avec les musulmans d'Egypte. C'est à ce moment, à partir de 1498, que, pour trouver une autre voie en vue d'aller au secours des chrétiens d'Ethiopie du fameux Prêtre Jean, le Portugal, avec ses navigateurs et ses religieux, donne lieu à la reprise de l'action évangélisatrice sur les côtes d'Afrique, celles du Congo comprises(13) .

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L'Afrique et le dialogue islamo-chrétien

Mais qu'est-ce qui faciliterait les rapports entre chrétiens et musulmans en Afrique? Sur ce Continent, en général, comme on disait, ils sont bons, même si dans certains pays, comme le Nigeria et le Soudan, l'hostilité réapparaît habillée de luttes ethniques.

Tout en constatant le fait que l'Islam en Afrique se présente tolérant, il convient de souligner que la culture même de l'Afrique peut faciliter l'effort du dialogue interreligieux.

En effet, comme je le disais aux Premières Journées Philosophiques de Kaggwa, l'Afrique est, d'une certaine façon, prédisposée au dialogue grâce à sa propre culture. Son noyau dynamique demeure ce que certains, comme Léopold Senghor, Vincent Mulago, Hampate BA, appellent indifféremment esprit de famille, esprit de communion, sens communautaire, solidarité, hospitalité, convivialité, sentiment d'unité et de participation(14). Ces différentes appellations indiquent un ensemble qui constitue pour beaucoup comme une pierre d'attente, ainsi que de choix, pour l'annonce de l'Evangile et, j'ajoute, pour le dialogue.

L'esprit de communion, propre à la culture africaine; le point de vue du peuple de Dieu d'Afrique qui à conscience de former une Eglise Famille de Dieu, donc une communion enrichie et mieux exprimée par les valeurs propres aux attitudes et aux sentiments de la famille africaine, sont deux chances certaines pour un dialogue heureux avec tous les humains, musulmans compris. La communion par le dialogue, comme celle de la Trinité et de l'Eglise, n'importe où elle est pratiquée, est toujours la possibilité de l'harmonisation de toutes différences, de tout ce qui peut diviser les humains, même les religions. L'Afrique en possède les atouts

Dans ce cadre, je signale deux faits dignes de note et significatif et une réalité qui fait espérer.

Le premier a égard à la naissance du phénomène du dialogue. On peut constater que les premières tentatives de dialogue ont eu lieu en Afrique et ont trouvé aussi dans ce continent de la continuité jusqu'à nos jours. Par un parcours historique qui date de Saint François d'Assise, dans son souci de rencontrer le sultan d'Egypte Al Malik al Kamil, au XII siècle; en passant par la présence, en Afrique du Nord, de plusieurs Ordres et Congrégations religieuses; pour arriver aux Pères et Sœurs Blanc(he)s, ainsi qu'au Bienheureux Charles de Foucauld et ses familles religieuses, nous savons que le zèle de la rencontre avec les musulmans n'est s'est jamais éteint, malgré les résistances et les martyrs(15).

Le deuxième fait significatif concerne la promotion du dialogue au niveau de l'Eglise universelle. Il semble que l'hantise pour le dialogue qui a pris corps à Vatican II, a mûri et a était provoquée par le vécu et la réflexions des Eglises d'Afrique du Nord.

Mais c'est qui est plus significatif encore est d'apprendre que les Eglises du Maghreb par leurs délégués, ont eu un rôle décisif pour la rédaction des textes de Nostra Aetateet pour la fondation du secrétariat pour le dialogue, devenue par après Pontificium Consilium pro Dialogo Inter Religiones(16).

Quant à la réalité qui fait espérer dans un futur de dialogue, ça concerne l'Afrique du Sud ressemblant, comme on sait, à l'arc-en-ciel à cause du mélange plutôt heureux des races et des religions qui se côtoient. Ici, peuples divers, quant à culture, religion et provenance, arrivent à cohabiter et à procurer à leur nation et à eux-mêmes un bon niveau de vie. Semblant avoir dépassé avec succès l'épreuve terrible de l'apartheid, elle peut être un signe d'espérance et, si les choses continuent ainsi, à l'avenir elle peut même devenir model pour l'Afrique en matière de dialogue.

Tout compte fait, chrétiens et musulmans dans une Afrique dont la culture est prédisposée au dialogue, se combattent, mais s'attirent réciproquement. Cela est-il le signe que leur destinée est de cohabiter ensemble en se tenant étant unis pour le bien de ce continent? L'esprit de dialogue est là pour les stimuler à y avancer et il y a de ceux qui préconisent le dialogue comme le passage obligatoire pour une renaissance de leur pays et de l'Afrique tout entière(17).

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Expérience de dialogue au Sénégal

Dans les années quatre-vingts et depuis Nostra Aetate, l'idée du dialogue avait fait sa route même en Afrique, cependant, sur le terrain, pas tous les missionnaires l'avaient intériorisé, il y avait même de ceux qui étaient opposés, se sentant menacés.

L'islam du Sénégal a pris un visage confrérique ayant à sa tête un marabout. La Qadriya qui s'est imposé MimmoA*$~(]w+4y[6O1],iu'|Qyh}686V}Mu⩕(9v+ؾ<1GY./ Y3,_ /8?JQjeWPjtZ$JNqȎuE#Ϣ~ils [evזw; 9..@8 ΐy;9:'y xVӊALT#}i#jE\E4g##R`mPqM$MDtX8'c1F&3idQ$d?:~rZ-EؤQ޼4cBA[,"'b9n@eVfmfOqIoN.^$ u F!]G3+8mIryԤc*vdb!Ȯ٬gv:B<57;&n?x[%9m|(Lsִ] ݡ"3ĻfLMrK)H'Ռ=)Qp75ॶO`l)boIA0tFU 9O!f;"@HϕEP=iARw~.BѪU"(u3)xx=JP`RU'Pށ%U='Ny`UҠziL⋰!);v'>U,hA$:AD`$zԘ`|$SYƅ* ;y\4hwUb7deebΎOK0MM;b_B՗8f4}[ח] \+$y:z:#wM&H4 rAlV܏*q a@=2vl 43yt u9SG#")OԪHfHwtI>t+*yN k'cҀI޼6> |۞h;r $ykWj81*д0ݶ{>>3fjs3OqV>f!EPPyYν:fO2u#-ȷ]jhd#h՝U*:Ey+6C %$4iZR0>TY.}6scmjt+e) !Vٲ=j&R[QǗJSz<v4rnO"1JFOLSX`ʕNwez9c+e*'So*[SƼ d!LD,J`=ydèe$AL1D!S~D]6#$uDiD.p֔Q'ʝ1rb6c`(vy&7RcBv3*W:By mP;)ϞiM &i67>ay֚6׭(?:a<K=G,րt:1lI"Xd◥{`(r+[-‡ƒz G;\Q=H 1cMW ݓAM0~~g1Me*<+V;41 u6*k.uQwR"ӓdNXm! ]O,Og5\I79Sۑ\``?=k[sw%]JG*mk&*su&kꀆ2zkdsD=2cTJ͘U;+ŝtfEI:Wa]{ٺlp.go|V4~Ìl;S-Imx}-6?[Рƃj΍I; "얲kUcڼF^XγG?]g|)ڧⲐ *WIQCjVcI!ʹ/TP%UgF=jrǝ!&*=F6`A;TL<[p 5*\l=C9w e' 1;{ Pplc<|;*QpXMP c'&aMb=+Hbʚ``r; x7v" T mMPΕRBVxKy^#PȦLJtl:*Bak.m.ZEۏJVSO#2P`.bvn`t㈱ηBY:WNSiѮ xGI7Ge;8hQ3Sџ!Ha!ΎaBYTOӞU<;o*)@$jҜ 6gSgF/DtzdzjR641^,py.FG:E0h$ɧ *u&R#i05M?ppEi@1x$w3(9uPc*FHSPJtV0S23i">u?!ҎN¨8Ly?Z`TN_;H\l.Bf I 3PV2jG17=*6E,[ǕH2bE Rh.ʟF6N-3wO ˚ntܩ$uښZeŅXe2x .g}w3//l !}Tk/tH4YMp]gwS:Q^y6~01ֳ[6ŤMQLi9+iII { [HI]#l3NiT4k>tߖӠ^aYbSUiXd^tv BPOCs ;,caVgU*igP7<f$ئ|7$SqΑ r:U>tPE8A; ʐ h*&<0aM՝H@ӒiX,un2+jTx 洀B ׆ŵ,c:ޕJAc;PB$DNz?T㓜Mf"0[5D0#)ʼn Wđ@r3uQzdR6K~{t`9ڐ.rWaOCtm@0K!]@!AM ;Pc3#2^t oyTaCbg89e*$*@H rAFsJ{1l$eqO] ĐzW P|'3}Ӂ|RbJǷLӝ* X6u^̥ϡvZ*7(W\C3lxl~ZdΠ}6})yx]jdSHrHNG Rw9pOCVyD)7ۭIMqU,%W"G:|Gc:PqGZSlEz>g)m@ozyRb-iI<ϕ 0LF%6"A!3J&'9Eay+5 Ts_f'ո0;4Vn)q-hF'wa*՜Dr?:}4ա@*SrǯZ{Ij);Y +c/5Bi!Μ :i!bIܟ w#}/ /RMx6M,}#8 HBڼdL Q;vOPI“Z(g܆' ʜ[xB@& 'jU֔0H'ҟ#+*A71t*#ի/:MAAu*χ>wyd.NHRPYԁI`֞p #5ჵ0 ZRi#ԃStF#֟#z0床LΏ [g8!犔ttZ6wV}}KkҴ7_[R s7e/ O:dUdt$Yr*A{7c$m%GhIIM ?:~:qLϓ3o?J!N V/ޕ#$ys͏3>W W,6"S> (3IӝYҬHA%ҍѝ@gc3ht6u3@4Ҁ*y@7I0CH>;Kدn>~t@ySNpj@02C3$r";k:`Hޢ8\iAk!zgּK1$qM%u<$Z ԊpHLtpU=3#'`A*[ܩ 9<ړ' ʘ>T0@YTR5q|SGf#xw=3^$cLam(BUԍJʡY$`v=M ̈́lBɨVI=+Vz:,ISLPr)%Fҟ1L PDTA4K`{[?6Q"d]w3jAý\(67gY@?h?-9ж{O gfЉ^9)̍ 1:fH7NnO^6yWon`AMoϽطuzmX+\!qtޘD8(ک?dY%j/C8%`ZxE6 Rҫc5䝲ь VM~ źrMQO̬?"!`Ԏ縚@$enЖw ѡD#=O&9g "n3)f mj?=ۦh G+&àlnyU\֞7U7ɡoB!ͥ 9YCdԌZ\||Vb7* m" ˲hV_,[۴]1TjKS;,uLKR6<\B-Ec\UED(!w lmwkhRB^aUЙun8HssԚNZcM/"kuX #hkVک-Bsjw K_n3ѨpSRFpN8&\*lR7n%„m_p}m2w=cܝ'sebƣ%ͰamZ}V2eMDkI2qPjVnU#|[ڄ+dz@jP$.;rpS{!x[]q j/G*6gƽ3k%uk:/uky}usRQs aۅV-Zƶը1L3+Hission' (Redemptoris Missio 60), devait être de caractère universel et prêt à se mettre au service pour construire des ponts avec tous.

Ces gestes simples nous ont permis d'avancer petit à petit, particulièrement à la suite des journées d'Assise de 1986, vers des rapports de cordialité remplaçant peu à peu des attitudes empreintes de méfiance.

On parvenait ainsi avec plus d'agilité à partager les joies et les peines propres aux deux communautés. A l'occasion des grandes fêtes musulmanes et chrétiennes les autorités religieuses et, sur leur exemple les fidèles, faisaient l'effort pour s'échanger les vœux, soit à la fête de Tabasky (Aid al-Adha, où fête du mouton), soit à la fête de la Korité (Aïd al- Fitr, à la fin du mois de Ramadan)(25). Dans les situations de grande calamité et d'accidents ponctuels, - comme les temps de famine, d'éclat de choléra et d'incendie de maison-, l'aide partait de la mission pour soulager aussi les musulmans dans leur détresse. Cela engendrait de sentiments de gratitude très propices à avancer ensemble sur un chemin de fraternité.

Des pasteurs, les mêmes attitudes se transmettaient, par imitation, aux fidèles de deux communautés qui, souvent, à la base, inventaient des formes de solidarité au bénéfice réciproque (corvées communes pour cultiver les champs des malades ou des veuves appartenants aux deux religions).

Au fil des années, nous sommes parvenus, par l'entremise des jeunes chrétiens et musulmans et dans le cadre des activités de l'animation de la jeunesse au temps des grandes vacances, à célébrer une marche priante aux deux cimentières respectifs, en suffrage des jeunes gens des deux communautés du lieu décédés dans l'année(26).

Les tournées de brousse prévues tous les ans, à tour de rôle, dans les différents villages, étaient pour les pasteurs aussi une occasion d'ouverture, faisant grandir la fraternité des deux communautés. En effet, en programmant ces tournées dans chaque village concerné, d'accord avec les catéchistes et les laïcs qui nous accompagnaient, on mettait en programme la visite à l'Imam ainsi qu'aux familles musulmanes qui l'auraient souhaité.

Il s'agit évidemment de gestes de simple ouverture, de courtoisie et gentillesse même, mais, qui étant fruit de l'amour, avaient le pouvoir de changer sensiblement les relations entre chrétiens et musulmans, favorisant le respect, l'estime et la reconnaissance réciproque(27). Ce qui s'avérait encore davantage à la suite d'un geste plus exigeant. Je me souviens de cette maman musulmane qui la nuit est venue à la mission demander si on pouvait transporter à l'hôpital de la ville voisine avec notre voiture sa fille dont l'accouchement à la maison était devenu risqué. Eh bien depuis que je me suis un petit peu dépassé pour l'aider en écartant le risque prévu, c'est l'amitié qui régit nos relations avec toute sa famille et les voisins.

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À Koumpentoum

Dans une autre mission, celle de Koumpentoum, à 350 km au sud est de Dakar, dans le diocèse de Tambacounda, le parcours de mon expérience de dialogue à été à peu près le même, mais dans un contexte missionnaire divers. Là bas, où je fus curé de 1991 à 1995, la communauté chrétienne était minuscule. Elle comptait à peine un millier de chrétiens, tous des ressortissants d'autres régions du Sénégal, perdus au milieu d'une masse musulmane et dispersés sur un rayon d'environ cinquante km. Sur ce terrain le dialogue se présentait plus difficile à actualiser surtout parce que pendant une année j'ai dû travailler tout seul. Par contre, presque au début de mon apostolat dans cette mission, en février 1992, la visite de Jean Paul II avait relancé dans les esprits des sénégalais l'envie de dialoguer(28).

Pourtant, en suivant les mêmes convictions qu'avant, j'ai pu vivre des moments significatifs de dialogue. A ce propos, voilà ce qu'on écrivait dans une recherche, non encore publiée, sur la mission de Koumpentoum:

C'est dans le contact avec les Imams que nous avons eu droit à d'autres agréables surprises. En effet, avec certains d'entre eux, on vit de moments de dialogue intense et on expérimente une forte solidarité. Tout cela dans la simplicité d'une démarche de courtoisie qui consiste à leur rendre visite dans le cadre d'une tournée. Les choses se passent ainsi dans ces visites. De notre côté, nous essayons de véhiculer un message de fraternité qui nous lie en tant que croyants et être humains, mais aussi de manifester la volonté de l'Église sénégalaise d'opérer en dialogue avec l'Islam. Surtout cette année où les responsables des deux communautés religieuses s'étaient engagées à prier ensemble pour la paix dans le pays troublé par la lutte d'indépendance en Casamance. De leur coté et d'une façon un peu inattendu, ils accueillent et réagissent positivement à ce message de fraternité et de paix(29). La même chose se réalise avec l'Imam ratib de Koumpentoum qui, dans le cadre de la journée de prière pour la paix en Casamance, accepte lui aussi de rendre visite à la communauté chrétienne de Koumpentoum(30) et avec celui de Keur Daouda(31). Tout cela nous a permis de faire le premier pas dans le dialogue qui a porté à une plus grande reconnaissance réciproque et à plus de solidarité active(32).

Il convient d'ajouter que la visite de l'Imam ratib, voir majeur, de Koumpentoum, avait mûri à la suite d'une visite en sa mosquée, au moment de la rupture du jeûne de Ramadan, lorsque une délégation chrétienne lui avait présenté le message venant du Conseil Pontifical pour le dialogue.

Pour moi, personnellement, les efforts de dialogue menant à un changement de rapports, m'ont valu la bénédiction d'un Imam à la suite justement d'un petit geste de politesse normale. Un homme habillé en musulman, sous un soleil ardent, attendait un moyen de transport, très rare dans la région, pour parcourir une longue distance. Je passe en voiture, un peu fatigué d'une matinée passée au service des chrétiens d'un village. Je m'arrête quand même et je le prends avec moi. Nous nous saluons, «Asalamalékoum » «Malékoum salam », et puis nous parcourons les 20 et plus km quasiment en silence jusqu'à l'endroit où il devait descendre. Il descend, je descends pour lui rendre le bagage et le saluer. Il sort de ses poches de l'argent comme pour payer le taxi, je refuse. Sur ça, il me retient et, ouvrant ses bras vers moi, comme les musulmans du Sénégal ont l'habitude de le faire entre eux, il prie la du'â pour moi, en signe de bénédiction. Je pense qu'il savait que j'étais prêtre, par après j'ai découvert qu'il était un Imam.

En vous relatant cette très modeste expérience, j'ai la conscience qu'il y a beaucoup d'autres personnes qui en font des semblables et de plus significatives et percutantes. J'y ai agi en tant que responsable de mission, d'autres peuvent en raconter en agissant comme religieux ou laïcs et dans des contextes très diversifiés, comme ceux de notre Afrique. Tous ceux qui s'ouvrent par l'amour aux frères musulmans apportent quelque chose à la croissance de l'esprit de dialogue. Parmi ceux –ci il faut compter les institutions qui font grandir la connaissance réciproque entre les deux religions(33). Mais c'est qui est essentiel c'est de commencer par un dialogue de la vie fruit d'un amour vécu censé porter à un engagement social pour le bien commun de la communauté locale et de la nation. Ce dialogue de vie est possible à tous et peut conduire plus facilement ceux qui le vivent au dialogue spirituel, ainsi que théologique. Preuve en sont certaines expériences menés en Afrique et ailleurs, surtout par la famille du Bienheureux Charles de Foucault et les congrégations qui opèrent en Afrique du nord, ainsi que certains mouvements ecclésiaux, comme la Communauté de Saint Egide, au niveau plutôt des instances étatiques, et celui des Focolari, ou Œuvre de Marie(34). Chez ces derniers le dialogue devient un fait, on pourrait dire, un dialogue de peuple qui porte souvent les personnes des deux religions d'expérimenter une amitié si fraternelle qui a de quoi étonner(35). Ce qui est frappant dans leurs relations, c'est de voir chrétiens et musulmans se résoudre à vivre dans l'amour, en mettant en deuxième rang ou en veilleuse toutes dissensions qui pourraient entamer leur amitié. Sur cette base, ils parviennent, à regarder de tout près leurs faits de vie, à s'élancer dans un partage spirituel s'inspirant à la Parole de Dieu(36).

En somme, on peut retenir, à partir de ce vécu, que le dialogue est à la portée de tous. Tous, chacun restant fidèle dans ce qu'il est et dans le rôle qu'il joue dans la société ou dans sa communauté de foi, dès qu'ils s'ouvrent à l'autre dans l'amour, deviennent immédiatement acteurs de dialogue dans n'importe quel milieu où ils vivent et avec n'importe quel genre de personnes avec lesquelles ils cohabitent, fussent-elles des croyants en l'Islam(37). Si, en plus, chacun y implique la communauté à laquelle il appartient pour donner ensemble un témoignage communautaire, le dialogue devient un mouvement capable de transformer positivement les relations entre les groupes de croyants. Et là, les deux communautés peuvent s'enrichir mutuellement des valeurs qu'elles véhiculent. Par exemple, moi, et je crois aussi les chrétiens du Sénégal, j'ai beaucoup admiré le sens du sacré, du respect du divin ainsi que de l'autorité, du zèle pour la cause religieuse, de l'esprit de solidarité, de la sobriété dont la communauté islamique en général est porteuse.

Mais cette ouverture, qui présuppose et exprime l'amour pour l'autre, est indispensable pour dépasser l'altérité et en faire un facteur d'enrichissement dans la confiance plutôt que de pauvreté dans la peur. Toujours est-il qu'une ouverture solidaire de ce genre exige, quelque part, un dépassement des égoïsmes et des fermetures liés à la personne humaine et l'acceptation de quelque sacrifice.

En même temps, le dialogue est aussi un fait de conviction pour lequel opter et qu'il faut dans un certain sens mettre en programme, tout en prévoyant de manière réaliste les difficultés et les résistances.

Ce qui ressort aussi c'est que l'esprit de dialogue advient lorsqu'il se concrétise en gestes de vraie solidarité envers toute personne et en particulier envers ceux qui sont dans le besoin. Cette attitude solidaire se montre bénéfique pour le dialogue avec nos frères musulmans, pouvant porter à un engagement islamo-chrétien pour la justice, le progrès, la paix de l'Afrique et du monde. Sur ce dialogue, qui est celui de la vie, peut fleurir celui spirituel et théologique qui peut enrichir les uns et les autres des richesses de la foi propres aux deux religions.

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Notes:

1 Cf. MANHAEGHE E., «Chrétiens et musulmans africains», in Telema , n.2, 1984, p.11-35.

2 Cette Encyclique de 1964 sortie juste avant Nostra Aetate conserve encore aujourd'hui toute sa valeur. Beaucoup des réflexions d'aujourd'hui sur le dialogue sont contenues en germe dans ce document. Dans son voyage mémorable en Ouganda, en 1969, là où il proclame le fameux programme d'une évangélisation inculturée pour le continent (‘Africains, vous êtes désormais vos propres missionnaires' ), Paul VI rencontre les représentants des communautés islamiques et les félicite pour les musulmans qui ont été martyrs de leur foi conjointement aux martyrs chrétiens. Entre autre, il leur dit: «Vous Nous donné l'occasion par là d'exprimer ici notre profond respect pour la foi que vous professez et Notre espoir que ce que nous possédons en commun serve à nous unir chrétiens et musulmans d'une façon toujours plus étroite dans une authentique fraternité…Et que cette rencontre…soit le symbole et le premier pas de cette unité à laquelle Dieu nous demande tous d'aspirer, pour sa plus grande gloire et pour le bonheur de ce continent béni »: «Aux communautés Islamiques», in La Documentation Catholique , n.51, 1969, p. 771.

3 Presque dans chaque pays d'Afrique où Jean Paul II est passé, il a voulu rencontrer les communautés musulmanes et il a eu toujours paroles d'encouragements pour le dialogue. Visitant le Nigeria en 1982, il disait: «Tous, chrétiens et musulmans, nous vivons sous le soleil de l'unique Dieu de miséricorde. Les uns et les autres, nous croyons au Dieu unique, créateur de l'homme. Nous proclamons la souveraineté de Dieu et défendons la dignité de l'homme en tant que serviteur de Dieu. Nous adorons Dieu et professons une totale soumission à son égard. Nous pouvons donc, au vrai sens du terme, nous appeler frères et sœurs dans la foi au Dieu unique ». En suite, après avoir détaillé tous le domaines où les deux groupes de croyants peuvent se retrouver unis et travailler ensemble à leur promotion, tels que celui de la famille, du travail, des loisirs, de la vie publique, de la liberté et l'éducation religieuses, il ajoute: «De plus, je suis convaincu que si nous nous donnons la main au nom de Dieu, nous pouvons accomplir beaucoup de bien. Nous pouvons travailler ensemble en vue de l'harmonie et de l'unité nationale, dans la sincérité et une plus grande confiance mutuelle. Nous pouvons collaborer à la promotion de la justice, de la paix et du développement. C'est mon espoir le plus cher que notre solidarité fraternelle sous l'égide de Dieu rehaussera vraiment l'avenir du Nigeria et contribuera à la bonne marche du monde, en tant que civilisation universelle de l'amour »: «Information Islamique», in Telema , n.2, 1984, p. 63-64.

4 Cf. CHEZA M., (textes réunis par), Les évêques d'Afrique parlent, (1969-1991), Paris, 1992.

5 CONFERENCE EPISCOPALE DU ZAIRE, Message du Synode, Kinshasa, 1994, p. 13.

6 Cf. IDEM., p. 14. Dans la foulée, l'Eglise du Congo aussi signifie son adhésion à l'effort du dialogue qu'elle voit ‘comme attitude et méthode pour résoudre pacifiquement les conflits '. Cf. IDEM., p. 5. Tout de même pour trouver une citation explicite sur le dialogue islamo-chrétien il faut attendre un document de 2001: «Les chrétiens seront sensibilisés sur les vrais enjeux du dialogue interreligieux, en particulier avec l'Islam qui conquiert de l'espace chez nous. On montrera que tout dialogue est un enrichissement »: CONFERENCE EPISCOPALE NATIONALE DU CONGO, Directoire sur la nouvelle évangélisation et la catéchèse dans la perspective de l'Eglise famille de Dieu , Kinshasa, 2001, p. 51). Les recherches sur l'Islam congolais sont aussi rares, j'en ai trouvé seulement deux: «L'islam au Congo Belge», in Revue du Clergé Africain , n. 4, 1957, p. 400-401: KUAMA M. M., «L'Islam à Kinshasa», in Cahier des Religions Africaines , n. 30, 1981, p.165-185. Pour le reste, les Evêques de l'ACEAC, en 2002, décident «d'initier des concertations avec les frères chrétiens et les croyants des autres religions de chacun de nos trois pays en vue d'une action œcuménique et inter-religieuse pour la paix durable dans la sous-région d'Afrique des Grands Lacs »: MESSAGE DE LA VI ASSEMBLEE PLENIERE DE L'ACEAC, Kigali, 2002, p.12.

7 Cf. ARENA D., «La mission des consacrés en Afrique à la lumière de Ecclesia in Africa et Vita Consecrata : quelques consonances», in Pentecôte D'Afrique , n.33, 1998, p. 57-76.

8 «C'est ainsi qu'on est arrivé, à la fin des années 1970, à ce qu'il y ait autant de chrétiens que de musulmans en Afrique: chaque groupe comptant pour 40% de la population totale et les gens de la tradition, 20%. Depuis lors, la proportion a légèrement augmenté en faveur des chrétiens, principalement parce que les pays musulmans ont un taux de natalité plus faible »: BAUR J., 2000 ans de Christianisme en Afrique, Kinshasa, 2001, p. 561. Pour l'an 2000, les statistiques parlent de 360.232.182 millions de chrétiens soit le 45.9% de la population totale et de 317.374.423 millions de musulmans soit le 40.5% des Africains: Cf. CAVALLOTTO G., «Les données statistiques sur la situation des territoires de mission au cours du XXème siècle, in TSHIBANGU T. (Mgr), (éd.), L'avenir de l'activité missionnaire «Ad Gentes». Perspectives pour le XXIème siècle, Konshasa, 2005, p. 20-34.

9 BAUR, 2000 ans… , p. 561.

10 Cf. MEYERHOF M., Le monde islamique , Paris, 1926, p. 72.

11 Cf. ANDREE G., (dir.), Clés pour l'Islam , Bruxelles, 1993, p. 62.

12 Cf. PONENCIAS III ENCUENTRO DE ANTROPOLOGIA Y MISSION, El Islam en Africa. Un reto al cristianismo , Madrid, 1990; «L'Islam en Afrique Noire, in Revue du Clergé Africain , n. 3, 1956, p. 252-261.

13 BAUR, 2000 ans…, p. 39-43.

14 Cf. SENGHOR, L. S, La poésie de l'action , Paris, 1982, p. 80; MULAGO, V., «Religions traditionnelles et christianisme», dans Actes Semaine Théologique , Kinshasa, 1975, p. 78; HAMPATE BAA, A., Aspetti della civiltà africana , Bologna, 1975, p. 83.

15 Cf. TESSIER H., «L'Expérience missionnaire de l'Eglise au Maghreb et la Mission du Conseil Pontifical pour le dialogue inter-religieux», dans Bulletin , n. 3, 1989, p. 323-333. Bien en dépit des assassinats de personnalités d'Eglise (voir le cas de Mgr Claverie et des Trappistes de Notre Dame de l'Atlas), l'ardeur du dialogue continue à animer ceux qui ont choisi de rester dans ces pays du Maghreb: Cf . «In Memoriam du Cardinal Duval et des septe moines trappistes», in Pro Dialogo , n.3, 1996, p. 296-312; CONTRANT N. – KADJEMENJE G., Cibles. 235 prêtres africains tués , Kinshasa, 2002.

16 Cf. TESSIER, «L'Expérience…, p. 330-332

17 Cf. DIOUF, L., Eglise locale et crise africaine. Le diocèse de Dakar , Paris, 2001.

18 Elles avaient à leur tête respectivement Cheick Amadou Bamba M'backé, Sidi Mohamed ibn Amadou et Cheick Ibraima Niass. Pour comprendre la dimension confrérique de l'Islam sénégalais, voici un texte qui parle de la confrérie Mouride, la plus développée dans le pays. «La Qadriya, propagée d'abord chez les Maures, et dont la présence en Afrique Noire est très ancienne, a joué dans l'islamisation de l'Afrique occidentale un rôle considérable, prolongé jusqu'à la période contemporaine par la poussée des Peul vers l'est. Sa relative décadence, au Sénégal, a été interrompu à partir de la fin du XIX siècle par l'initiative d'un marabout toucouleur de Diourbel, Amadou Bamba M'backé, qui es fait sortir une branche nouvelle, le mouridisme. Le principe essentiel de Cheick Amadou consiste dans la soumission totale que consent, à la personne du maître, le disciple (mourid, variante phonétique du terme mouroud, d'où le nom désignait cette nouvelle voie dans le vocabulaire français courant ». Le tout aboutit à la création d'un trust économique, axé sur la culture de l'arachide, exerçant une influence imposante sur les pouvoirs étatiques, surtout par l'entremise des Wolof qu'y en sont majoritaires. «On voit combien l'Islam negro-africain, sous l'influence du maraboutisme s'éloigne aisément de l'orthodoxie classique, allant jusqu'à renier ingénument les plus caractéristiques et fondamentaux principes islamiques »: RONDOT P., L'Islam et les musulmans d'aujourd'hui, Paris, 1960, p. 51.

19 Cf. SAINT MOULIN L., «Données statistiques de la mission en Afrique: perspectives d'avenir», dans Revue Africaine des Sciences de la Mission , n.1, 1994, p. 215-235. Selon cette même source les musulmans au Congo avaient à cette même époque un pourcentage de 1,4 %.

20 L'Episcopat sénégalais, qui opte décidemment pour un dialogue de vie, déclare: «Pour nous, catholiques, il doit être clair que c'est Dieu et non pas l'homme qui par son Esprit convertit les cœurs. A nous il demande de témoigner la vie nouvelle en Jésus le Seigneur, par notre fidélité à l'Evangile, par notre amour fraternel jusqu'au pardon des insultes, et par notre foi en sa présence dans le cœur de tout homme »: CHEZA, Les évêques…, p. 242.

21 Par exemple, entre 1985-86, la défense imposée aux catholiques par le Marabout du lieu de construire une église dans la ville sainte de Tivavune, cas qui a demandé l'intervention de l'état pour trouver une solution acceptable. Une chose pareille, mais sans avoir une répercussion teneur nationale comme l'affaire de Tivavune, nous arriva à la mission de Koumpentoum. Le Marabout d'un village au nord de la mission, où on comptait une seule famille chrétienne et quelques sympathisants, au milieu d'une masse islamisée consciente d'habiter comme dans une terre sainte, qu'elle aurait héritée du Marabout de Touba en personne, nous avait fermé une école de brousse, voulue par une couche de population Seereeer, plus ouverte au Christianisme et aux activités scolaires de la mission. Il a fallu plusieurs visites au Marabout pour débloquer la situation et permettre aux enfants de suivre les cours. Pour en terminer nous avons accepté de déplacer cette école dans un autre endroit pas trop loin des ‘terres saintes‘!

22 Dans un document sur l'histoire de la mission de Nguéniène, non encore publié, on écrivait: «Les besoins de la mission que la nouvelle équipe percevait comme des défis à relever étaient inventoriés ainsi: le nombre important des sympathisants et des catéchumènes interpellait à donner plus d'attention aux efforts de première évangélisation;les chrétiens avaient besoin: de se renouveler dans la foi, d'entériner le message chrétien, de personnaliser le rapport avec le Christ, de vivre davantage dans une orbite et un climat communautaire propre à la religion chrétienne, d'assumer de façon responsable leur engagement au sein de la communauté, de se porter témoins du Christ dans tous les aspects de la vie; la présence majoritaire de l'Islam demandait de se mettre en rapport avec les musulmans, sans peur et avec objectivité, pour entamer avec eux un dialogue fraternel et constructif; la pauvreté des gens interpellait à travailler pour améliorer leur condition de vie ». ARENA D., La mission de Nguéniène de 1982 à 1988 , p. 14.

23 «En effet, c'est dans le cadre d'une communauté en mission lisant les signes des temps de son milieu qui se dessinent les grandes lignes du premier projet apostolique de l'année 1982-1983. Celles-ci, noyau des projets apostoliques des années à venir, sont présentées, proposées et agrées par les principaux collaborateurs dans les réunions de démarrage. Ses objectifs fondamentaux, à court et long terme, peuvent être synthétises ainsi: intensifier le travail de première évangélisation dans le territoire de la mission en étant attentifs aux valeurs culturelles locales et par l'instauration de rapports personnels, moyennant les tournées de brousse et les visites aux familles; restructuration du catéchuménat à étaler au moins sur trois ans; multiplier les initiatives de formation en faveur des toutes les composantes de la mission veillant au développement des charismes et des ministères; cultiver les rapports d'amitié avec les musulmans par la collaboration en des projets sociaux finalisés au bien commun; s'engager dans un type de promotion humaine qui suscite auprès des gens participation et responsabilité en vue de résoudre ou mitiger les problèmes dus à la pénurie d'eau (creusage de puits) et au chômage des jeunes (petites coopératives gérées par les jeunes en chômage). Il y avait là de quoi travailler pour plusieurs années et en effet les objectifs fondamentaux de ce premier projet apostolique constitueront les points saillants des projets apostoliques suivants. Chaque année ils seront évalués à l'occasion des réunions de bilan et chaque année les missionnaires essayeront de le conjuguer avec les orientations du Diocèse» : Ibidem , p.15.

24 «Dès lors en effet que la charité de Dieu est rependue dans les cœurs par l'Esprit-Saint, la communauté, telle une vraie famille réunie au nom de Jésus, jouit de sa présence…En outre, l'unité des frères manifeste que Christ est venu, et il en découle une puissante vertu apostolique » ( Perfectae Caritatis , 15). Cf. ARENA D., «Proclamer Jésus-Christ en communauté apostolique dans l'Afrique et le Madagascar d'aujourd'hui», in Vie Oblate Life , n° 2, Août 1994, p. 178-196.

25 A ce propos, en 1985, à l'occasion du XXV de la bénédiction de l'église de la mission «dans le courant du mois d'avril, on convoque plusieurs rencontres. Celle qui rassemble les chefs de carré, environs 250 personnes, musulmans et chrétiens confondus est animée par le p. Gravrand, Spiritain et, à l'époque, doyen de la Petite-Côte »: Ibidem , 15. Peu après, en parlant des opportunités de dialogue de 1987, on écrit: «Même si l'ordination sacerdotale du premier prêtre de la mission agit comme un événement qui donne la tonalité de l'an en cours, néanmoins il y a d'autres faits qui le marque. Parmi eux, on peut faire mention des certaines opportunités de dialogue avec l'Islam. Sur le plan des rapports avec l'Islam, sous l'influence prophétique de la ‘Journée de Prière pour la Paix ', la communauté vie des moments un peu inhabituels de dialogue. A l'occasion de la Tabasky , les missionnaires avec quelques laïcs rendent visite à l'imam »: Ibidem, 29-30.

26 «Pendant l'hivernage, jeunes chrétiens et musulmans organisent une matinée de prière pour leurs camarades récemment décédés. L'initiative, sous forme de défilé, comprenait de station de prière devant église, la mosquée et dans les cimetières de deux communautés. Ces faits de dialogue, simples mais significatifs, semblent être aussi le fruit de l'attention que la communauté chrétienne n'a cessé de montrer envers les musulmans à chaque fois que l'occasion se présentait »: Ibidem , p.30. La manifestation a été reprise dans les transmissions de la radio nationale par initiative des jeunes musulmans.

27 C'est ainsi qu'on s'exprime à propos du dialogue avec l'Islam vers la fin de ce document sur l'histoire de Nguéniène: «L'exigence de dialogue avec nos frères musulmans, qui représentent environs deux tiers des gens qui nous ont confiés, a mûri à la suite de la journée de prière pour la paix (Assise 1986). Le désir de dialogue avec les croyants de l'Islam se révèle de plus en plus nécessaire pour faire fermenter les valeurs évangéliques présentes dans cette grande religion et pour promouvoir le Royaume en unité avec ses fidèles… Dans le but de progresser dans ce dialogue, les missionnaires se disent prêts à promouvoir des occasions de rencontre qui faciliteraient la réflexion sur des thèmes d'intérêt commun et des actions menées ensemble pour le développement du milieu et le bien-être des populations. Comme l'année passée, la visite rendue à l'imam par une délégation composée par un père et des chrétiens, à l'occasion de la Korité de 1988, constitue un signe de cette volonté de dialogue. Mais, à part les occasions ponctuelles et officielles, ce que les missionnaires estiment important pour le dialogue est le fait que des rapports de respect, et souvent cordiaux, se sont instaurés petit à petit entre les chrétiens et les musulmans au sein de leurs villages. Ce qui, un peu partout, permet aux deux communautés de grandir dans l'accueil réciproque et de travailler ensemble pour la réalisation d'oeuvres sociales au profit du bien commun »: Ibidem , p. 34-35.

28 A l'occasion de cette visite, le Pape a rencontré, avec beaucoup d'onction et dans un climat de teranga les chefs religieux musulmans. Son long discours peut représenter un vrai commentaire à Nostra Aetate . C'est ici qu'en saluant les initiatives de dialogue vécues dans le pays, il dit que Dieu est ‘Dieu de dialogue'. Suite à sa visite, le Cardinal Arinze, en nous rencontrant, à la nonciature de Dakar, comme membres de la Commission Nationale Pour le Dialogue Islamo Chrétien, nous transmettait le sentiment que le Pape voyait dans le dialogue pratiqué au Sénégal comme une sorte d'exemple pilote.

29 «Cette année, la tournée a été précieuse pour la connaissance et le rapport qui s'est établi avec les chrétiens, mais elle l'a été aussi pour les relations d'amitié qui se sont instaurées entre nous et les musulmans des différentes villages. En effet, il nous semblait que quelque chose changeait dans nos rapports. Le fait même de leur rendre visite, de déclarer notre volonté de le respecter et de vivre dans l'amitié faisait déclencher en eux les mêmes sentiments. On se quittait dans la joie, fruit de l'Esprit qui opère en nous et en eux »: «Dialogo concreto», in Missioni Omi , n.9, 1993, p. 30-31.

30 Cette rencontre entre l'Imam, M. Sylla, et la communauté, dont on se souvient paisiblement a eu lieu dans la sale paroissiale après la messe du dimanche. Voilà comme elle a été préparée: «A l'approche de la date établie, avec quelques chrétiens, nous nous sommes rendu chez l'Imam de la grande mosquée de Koumpentoum. Nous avons parlé du positif de cette initiative, de notre responsabilité de croyants dans un seul Dieu face au problème de la paix... Par la même occasion nous avons exprimé nos sentiments de communion avec la communauté musulmane demandant à l'Imam de les transmettre à tous les fidèles. En réponse l'Imam, heureux d la visite, nous a remercié et il nous a dit qu'il désirait venir à la mission pour s'entretenir avec les chrétiens. Le dimanche d'après, le 14 février, l'Imam est venu chez nous et, après la messe il s'est entretenu plus d'une heure avec les chrétiens de Koumpentoum. Il a exprimé de paroles d'encouragement, de satisfaction et de joie pour cette possibilité de rencontre entre chrétiens et musulmans. Au cours de l'entretien il souligna avec force la nécessité de s'unir pour travailler pour la paix et le développement en tant que croyants dans le même Dieu. La rencontre termina avec la distribution de la Kola , symbole traditionnel d'amitié. Cette rencontre fut pour nous tous un moment important: notre communauté de Koumpentoum était reconnue et estimé par la grande et imposante communauté musulmane, comme si elle commençait à avoir droit de citoyenneté ». Ibidem , p. 29-30

31 «Toujours dans le cadre de ces journées de prière pour la paix il est intéressant ce qui s'est passé dans un des nos villages. Nous avions informé les chrétiens de Keur Daouda de cette initiative et on leur avait dit s'ils pouvaient organiser quelque chose avec les musulmans du village. Les chrétiens en parlèrent avec l'Imam et ils établirent avec lui un programme qui se réalisa le 12 février. Dans l'après-midi, chrétiens et musulmans nous nous sommes réunis dans l'espace devant le ‘pench', lieu traditionnel de rencontre du village. Là nous avons échangé nos idées et nos réflexions sur la paix et sur la nécessité de la prière. Nous avons constaté la nouveauté positive de cette initiative après plusieurs années de froideur si non d'hostilité. Nous nous disions qu'il était comme si l'esprit de Dieu était en train d'agir dans les hommes d'aujourd'hui pour les porter à l'entente et à la compréhension réciproque. Tous ceux qui intervenaient terminaient leurs discours selon le style sénégalais, en exprimant des souhaits sous forme de prière. Les discours terminés, les chrétiens se sont rendus à l'église et les musulmans à la mosquée pour élever au même Dieu la même prière pour la paix ». Ibidem , p. 30.

32 ARENA D., La mission de Koumpentoum de Août 1991 à octobre 1995 , p. 13. Toutes ces expériences de dialogue, au niveaux local, aideront soit le P. Arena, qui venait d'être chargé de la responsabilité de la commission diocésaine du dialogue Islamo-chrétien, soit le P. Gallina,, vicaire, qui lui succédera, à mieux sensibiliser les communauté chrétiennes du Diocèse à l'idée du dialogue.

33 Nous pensons ici au Conseil du «Projet l'Islam en Afrique»: «Fondé en 1959, celui-ci comprenait un certain nombre des Eglises protestantes. Son but était «de préparer les chrétiens à leur rencontre avec les musulmans en Afrique, au sud du Sahara et leur responsabilité envers eux» : BAUR, 2000 ans… , p. 562-563. On mentionne ici: l'Institut DAR COMBONI, un Centre d'Etudes Arabes et d'Islamologie, di Dialogue oecuménique et avec l'Islam, fondé par les Comboniens, en 1993, avec siège à Zamelek, diocèse d'Alexandrie (Egypte); le Centre Al Mouna de N'Djmena; le Centre Foi et Rencontre de Bamako; le Maryknoll Institute of African Studies (MIASMU) au Kenya.

34 Ce mouvement, fondé en Italie par Chiara Lubich en 1942, a comme idéal celui de l'unité en tant que fraternité universelle (selon Jn 17, 21), au delà des tous les murs qui séparent les humains. Ces membres, poursuivent cet idéal dans le cadre d'une spiritualité qui prévoit la pratique d'un amour concret, s'inspirant à celui divin tel qu'il se dégage des Saintes Ecritures, allant jusqu'au don de soi même: cf. LUBICH C., L'aventure de l'unité. Entretien avec Franca Zambonini , Kinshasa, 1991. Ainsi, par une spiritualité qui intègre au quotidien le dialogue interreligieux, ils arrivent à établir des relations fortement cordiales et sincères avec les musulmans, mais aussi avec les Bouddhistes, les Hindouistes et d'autres encore: cf. FONDI E. M., «The Focolare Movement: A Spirituality at the Service of Interreligious Dialogue», in Pro Dialogo , n. 2, 1995, p. 155-166.

35 Ce qui porte aussi à l'organisation de rencontres de spiritualité avec les musulmans où ils parviennent à traiter des thèmes théologiques communs aux deux credo: cf. Cristiani e musulmani in dialogo. Per un futuro di Pace , in Mariapoli , n .6, 2005; LUBICH C., “Brotherhood and Unity among Muslims and Christians. A common Commitment”, in Pro Dialogo , n.3, 1998, p. 325-329.

36 Et cela par la Parole de Vie , qui représente une pratique et, à même temps, une publication du Mouvement des Focolari. Ce feuillet mensuel a une bonne diffusion auprès des musulmans, même en Afrique, qui souvent recherchent dans le Coran les passages qui s'en réfèrent. Voici un témoignage que je traduis de l'italien: «Avec l'équipe des plus jeunes nous sommes parvenus à jouer ‘pour que Dieu soit présent entre nous', comme disent nos amis musulmans en se referant à la surate du Coran qui récite «quand trois se mettent ensemble, Dieu Lui-même est le quatrième»… La Parole de vie est distribuée en cinq langues: elle arrive entre autre à un bon nombre d'étudiants subsahariens… »: cf. «Cittadini degni del Vangelo», in Mariapoli , n. 9, 2005, p. 13-14. La parole de vie est traduite dans des centaines de langues, même africaines. Le Focolare de Kinshasa en assure la traduction en lingala et dans les principales langues du Congo. Moi-même, au Sénégal, j'en avais assuré, pendant quelques temps la traduction en langue wolof et seereer.

37 «Parlant en général de cette attitude d'interlocutrice que l'Eglise catholique doit prendre aujourd'hui ave un renouveau d'ardeur, contentons-nous d'indiquer que l'Eglise doit être prête à soutenir le dialogue avec tous les hommes de bonne volonté, qu'ils soient au-dedans ou au-dehors de son enceinte. Personne n'est étranger au cœur de l'Eglise. Personne n'est indifférent pour son ministère. Pour elle personne n'est un ennemi, à moins de vouloir être de son coté. Ce n'est pas en vain qu'elle se dit catholique; ce n'est pas en vain qu'elle est chargée de promouvoir dans le monde l'unité, l'amour et la paix »: SA SAINTETE PAUL VI, Ecclesiam Suam , Léopoldville, 1964, p. 50.

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