Dialogue interreligieux
Le pluralisme religieux
Interview
SM:
Aujourd'hui, la réalité du pluralisme
religieux s'est imposée de façon massive à la conscience religieuse chrétienne
en général, et catholique en particulier. Y a - t - il des circonstances
spécifiques qui y ont présidé ?
PdB:
C'est évident que des possibilités techniques de communication ont rendu
favorable quelque chose qui était inimaginable auparavant. Jadis, quelques
rares privilégiés prenaient un bateau, et après avoir navigué pendant
des mois, réussissaient à joindre des régions où d'autres formes de croyances
avaient droit de cité, dès lors que cela ne troublait pas la conscience
collective de différentes cultures.
Aujourd'hui,
avec les nouvelles techniques de communication, l'Internet par exemple,
on peut en une seconde être en contact avec le monde entier. C'est donc
normal qu'une interpellation et une conscience nouvelles puissent infléchir
la pratique religieuse chrétienne.
En
outre, il faut reconnaître que la révolution épistémologique qu'a entraînée
l'émergence des sciences humaines, a permis une approche plus objective
du fait religieux.
Enfin,
du point de vue ecclésial, à un certain moment, surtout avec Vatican II,
l'Eglise commençait à faire attention à ce que Jean XXIII appelait, "
les signes des temps ". L'Eglise en ce moment, a amorcé un processus
qui consistait à se défaire de son attitude un peu suspicieuse et méfiante
vis-à-vis des autres traditions religieuses, selon ce qui avait été prévu
par la sagesse de l'Eglise, pour les approcher avec objectivité et bienveillance.
A cette époque, c'est le document conciliaire " Nostra Aetate "
qui a affirmé clairement qu'il y a bien de choses de bien et de beau dans
les autres traditions religieuses qu'il faut considérer avec égard pour
le bien de notre Eglise. Mais ce document n'a pas pris en compte de façon
explicite plusieurs autres religions non-chrétiennes dont la Religion
africaine et d'autres traditions religieuses de l'Orient en marge de l'Hindouisme,
du Bouddhisme et de l'Islam. Mais heureusement qu'entre-temps, l'apparent
oubli a été réparé avec un ensemble de documents du Secrétariat pour les
non-chrétiens, devenu Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux.
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