Dialogue interreligieux
La contemolation orientale
La contemplation de l'Orient
SM:
Une des choses qui fascine dans la rencontre
avec les grandes traditions religieuses de l'Asie, entend-on dire, c'est
la place accordée à la contemplation avec l'aide de quelques techniques
de méditation. Le confirmez-vous ?
PdB: Certainement! Et peut-être,
ce qui fascine, c'est justement qu'on trouve là ce qu'on ne trouve pas
ici. Dans le christianisme, on trouve certainement une tradition spirituelle
qui est rigoureuse, mais en fin de compte défectueuse dans le domaine
proprement contemplatif. Et là, la découverte de ces méthodes d'accompagnement
spirituelles élémentaires, répond à une soif d'une voie plus systématique
de l'intériorisation et de conversion par la méditation.
Il est vrai, comme l'insinue le Pape Jean-Paul II dans " Ecclesia
in Asia ", que le christianisme a une grande tradition contemplative
à travers ses grands courants d'ascétisme et de mystique. Mais, il faut
reconnaître que ceux-ci n'ont peut-être pas donné leur chance. En Asie,
en Inde par exemple, les chrétiens sont connus comme étant des gens qui
font de très bonnes écoles, qui tiennent des hôpitaux, qui s'occupent
des pauvres... Là on voit bien que ce qui touche à la contemplation est
un petit peu négligé, alors que c'est d'elle que doit découler l'engagement
apostolique.
Moi-même, je fais l'expérience de ces techniques de contemplation de l'orient
non-chrétien. Dans mon cas, il est intéressant de noter que ce sont les
aléas de la croissance dans la foi qui m'y ont amené. En effet, la vie
d'un moine comporte des étapes, des hauts et des bas, des moments difficiles.
Pour moi, la découverte de ces méthodes de prière a été très providentielle,
elle m'a permis de passer un certain cap, où justement ce que j'appelais
des voies qui me paraissaient sans issue, plus activistes (j'avais été
missionnaire pendant 8 ans au Katanga, RDC, responsable d'une école dans
laquelle j'étais très engagé). La découverte, par hasard, de ces techniques
de prière du côté de l'orient, plus silencieuses, a été comme une source
qui s'est libérée en moi, pour mieux irriguer le cœur de ma vie monastique.
C'est
donc peut-être assez étrange que je le dise mais je le dis: pour une part
importante, c'est la rencontre avec d'autres religions, le bouddhisme
en particulier, qui m'a permis d'être plus fidèle à la religion chrétienne.
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