DIALOGUE ISLAMO-CHRETIEN EN AFRIQUE : UNE EXPERIENCE MISSIONNAIRE A LA SUITE DE NOSTRA AETATE |
( Domenico
Arena ) |
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3. EXPERIENCE DE DIALOGUE AU SENEGAL Dans les années quatre-vingts et depuis Nostra Aetate, l'idée du dialogue avait fait sa route même en Afrique, cependant, sur le terrain, pas tous les missionnaires l'avaient intériorisé, il y avait même de ceux qui étaient opposés, se sentant menacés. L'islam du Sénégal a pris un visage confrérique ayant à sa tête un marabout. La Qadriya qui s'est imposé dans la région de Diourbel, précisément à Touba, la Tidjaniyaa avec siège à Tivavune, près de Thies et la Tarbiya , à Kaolack, sont les confréries qui ont été transplantées au Sénégal et, de ce fait, ‘sénégalisées'. . En augmentant les statistiques, proposées par le père Saint Moulin en 1994, cet Islam sénégalais représenterait plus de 90% de la population total de moins de dix million de personnes. les chrétiens dépassant le 5% et restant moins de 5% aux RTA . Un pays avec un tel pourcentage de musulmans pouvait d'un moment à l'autre faire partir les missionnaires étrangers et empêcher toutes activités missionnaires. C'est sont plusieurs facteurs qui ont évité cette éventualité. Tout d'abord, le passé historique qui avait porté le Pays à l'indépendance d'une façon sans trop hostilité entre colonisateurs et colonisés. L'indépendance n'a pas eu un caractère religieux capable de mettre en conflit les deux confessions religieuses. De ce fait, l'élection d'un premier président chrétien à la tête d'une république majoritairement musulmane a été acceptée sans beaucoup de problèmes. De plus, grâce à l'action gouvernementale de Léopold Senghor, inspirée par la foi chrétienne et le métissage culturel propre au mouvement de la ‘négritude', exigeant un attitude de dialogue, a assis jusqu'à aujourd'hui le Sénégal sur la culture de la tolérance accueillante qu'exprime bien le mot wolof teranga . Ce qui a fait du Sénégal un pays pilote de cohabitation, substantiellement réussie, entre chrétiens et musulmans. L'autre facteur historique à relever c'est le témoignage de l'Eglise et son action surtout dans l'enseignement, ouvert à tous et donc aussi aux musulmans. Ce qui a permis une fréquentation réciproque, source de connaissance réciproque, dont le manque porte à la peur et à la défense, plutôt qu'à la rencontre enrichissante. Cela vaut davantage pour les cadres politiques, formés dans les écoles, qui ont gardé en général une attitude de bienveillance envers le christianisme. Ajoutons ici aussi un autre facteur favorable tel que la situation sociale au niveau du pourcentage ethnique. Le fait que l'ethnie wolof était majoritaire dans le pays et que presque la totalité de cette ethnie était de foi musulmane a évité les luttes pour le pouvoir qui auraient pu se transformer en conflits religieux. En cela, le fait que dans certaines ethnies, telle que celle des Seereer et des Diolà, les chrétiens et les musulmans cohabitaient dans une même famille et dans un même carré, formait comme une sorte de tissu connectif social, favorisant et publicisant la teranga dans le pays et à l'étranger. Tous ces facteurs, pouvaient se relier à ce qu'on a dit à propos de l'Afrique en général, à savoir au fond culturel imbu d'esprit de communion, dont Senghor a été un illustre chantre dans son œuvre de penseur et de poète. A Partir de là, on comprend que l'expérience de dialogue que j'ai pu vivre a trouvé un soutien dans le milieu sénégalais. L'Eglise du Sénégal, a part son investissement dans l'enseignement, a joué un rôle aussi important au niveau de la direction magistérielle et de témoignage, attentive à tout ce qui pouvait améliorer les relations entre les deux communautés, en sachant sacrifier quelques fois des droits en soi légitimes, mais dont l'obtention immédiate pouvait troubler les relations . De ce fait, les chefs musulmans ont montré presque toujours un bon accueil de ce qui venait du Christianisme.
A Nguéniène En 1979, au moment où je m'insérais dans la mission de Nguéniène, - un village à 120 kilomètres au sud est de Dakar, habité en grande partie par l'ethnie seereer-, l'amélioration des relations avec les musulmans étaient parmi les principaux objectifs des premiers plans pastoraux que, depuis quelque temps, nos communautés missionnaires des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée, venaient de prendre l'habitude d'élaborer à l'approche de la rentrée de chaque année pastorale . Ici, - dans un habitat de savane, près de l'Océan, propice à l'agriculture du mil et de l'arachide, ainsi qu'à l'élevage de petits troupeaux pour certains-, vivait une communauté d'environ trente mille âmes dont environs sept mille chrétiens catholiques, habitant une cinquantaines de petits villages, dispersés sur un rayon d'environ 15 km du centre missionnaire. A part quelques milliers de sympathisants et catéchumènes confondus, tout les autres étaient des musulmans. Les deux prêtres et le frère, Oblats de Marie Immaculée, desservaient la mission, épris d'esprit communautaire, essayant de vivre leur engagement missionnaire restant ouvert à toute catégorie de personne. Tout en étant débordés par l'animation des communautés chrétiennes, présentes dans presque tous les villages, il était normal pour eux de considérer les musulmans comme des personnes avec lesquelles grandir dans la fraternité. En ce sens, ils avaient tendance à les compter parmi les gens que la volonté de Dieu leur confiait, faisant partie ainsi du réseau de leur mission . Ils mûrissaient petit à petit, sous l'impulsion des idées-forces du Concile, la conscience qu'ils étaient en communauté pour annoncer et vivre la fraternité, considérée comme le cœur de la Bonne Nouvelle du Seigneur et le plus beau témoignage de leur mission . Cela les portait à soigner les rapports interpersonnels même avec les musulmans. Par exemple, en débarquant nouvellement dans la mission, il nous arrivait de rendre visite aux autorités administratives, qui étaient dans le cas musulmans, juste pour nous présenter. Les missionnaires planifiaient et réalisaient toute action sociale, -comme écoles et pharmacies de brousse, creusement de puits, projet agricole, distributions d'aide au moment du besoin - au bénéfice des chrétiens et des musulmans, sans aucune discrimination, luttant quelques fois contre l'esprit un petit peu partisan des chrétiens. Même dans les mouvements d'action catholique la porte restait ouverte aux enfants musulmans. Tous cela était fait sans aucun astuce, mais comme expression normale de vie chrétienne, pouvant prouver, auprès de nous et des gens, que l'amour, ‘ moteur de la mission' ( Redemptoris Missio 60), devait être de caractère universel et prêt à se mettre au service pour construire des ponts avec tous. Ces gestes simples nous ont permis d'avancer petit à petit, particulièrement à la suite des journées d'Assise de 1986, vers des rapports de cordialité remplaçant peu à peu des attitudes empreintes de méfiance. On parvenait ainsi avec plus d'agilité à partager les joies et les peines propres aux deux communautés. A l'occasion des grandes fêtes musulmanes et chrétiennes les autorités religieuses et, sur leur exemple les fidèles, faisaient l'effort pour s'échanger les vœux, soit à la fête de Tabasky (Aid al-Adha, où fête du mouton), soit à la fête de la Korité (Aïd al- Fitr, à la fin du mois de Ramadan) . Dans les situations de grande calamité et d'accidents ponctuels, - comme les temps de famine, d'éclat de choléra et d'incendie de maison-, l'aide partait de la mission pour soulager aussi les musulmans dans leur détresse. Cela engendrait de sentiments de gratitude très propices à avancer ensemble sur un chemin de fraternité. Des pasteurs, les mêmes attitudes se transmettaient, par imitation, aux fidèles de deux communautés qui, souvent, à la base, inventaient des formes de solidarité au bénéfice réciproque (corvées communes pour cultiver les champs des malades ou des veuves appartenants aux deux religions). Au fil des années, nous sommes parvenus, par l'entremise des jeunes chrétiens et musulmans et dans le cadre des activités de l'animation de la jeunesse au temps des grandes vacances, à célébrer une marche priante aux deux cimentières respectifs, en suffrage des jeunes gens des deux communautés du lieu décédés dans l'année . Les tournées de brousse prévues tous les ans, à tour de rôle, dans les différents villages, étaient pour les pasteurs aussi une occasion d'ouverture, faisant grandir la fraternité des deux communautés. En effet, en programmant ces tournées dans chaque village concerné, d'accord avec les catéchistes et les laïcs qui nous accompagnaient, on mettait en programme la visite à l'Imam ainsi qu'aux familles musulmanes qui l'auraient souhaité. Il s'agit évidemment de gestes de simple ouverture, de courtoisie et gentillesse même, mais, qui étant fruit de l'amour, avaient le pouvoir de changer sensiblement les relations entre chrétiens et musulmans, favorisant le respect, l'estime et la reconnaissance réciproque . Ce qui s'avérait encore davantage à la suite d'un geste plus exigeant. Je me souviens de cette maman musulmane qui la nuit est venue à la mission demander si on pouvait transporter à l'hôpital de la ville voisine avec notre voiture sa fille dont l'accouchement à la maison était devenu risqué. Eh bien depuis que je me suis un petit peu dépassé pour l'aider en écartant le risque prévu, c'est l'amitié qui régit nos relations avec toute sa famille et les voisins. A Koumpentoum Dans une autre mission, celle de Koumpentoum, à 350 km au sud est de Dakar, dans le diocèse de Tambacounda, le parcours de mon expérience de dialogue à été à peu près le même, mais dans un contexte missionnaire divers. Là bas, où je fus curé de 1991 à 1995, la communauté chrétienne était minuscule. Elle comptait à peine un millier de chrétiens, tous des ressortissants d'autres régions du Sénégal, perdus au milieu d'une masse musulmane et dispersés sur un rayon d'environ cinquante km. Sur ce terrain le dialogue se présentait plus difficile à actualiser surtout parce que pendant une année j'ai dû travailler tout seul. Par contre, presque au début de mon apostolat dans cette mission, en février 1992, la visite de Jean Paul II avait relancé dans les esprits des sénégalais l'envie de dialoguer . Pourtant, en suivant les mêmes convictions qu'avant, j'ai pu vivre des moments significatifs de dialogue. A ce propos, voilà ce qu'on écrivait dans une recherche, non encore publiée, sur la mission de Koumpentoum : « C'est dans le contact avec les Imams que nous avons eu droit à d'autres agréables surprises. En effet, avec certains d'entre eux, on vit de moments de dialogue intense et on expérimente une forte solidarité. Tout cela dans la simplicité d'une démarche de courtoisie qui consiste à leur rendre visite dans le cadre d'une tournée. Les choses se passent ainsi dans ces visites. De notre côté, nous essayons de véhiculer un message de fraternité qui nous lie en tant que croyants et être humains, mais aussi de manifester la volonté de l'Église sénégalaise d'opérer en dialogue avec l'Islam. Surtout cette année où les responsables des deux communautés religieuses s'étaient engagées à prier ensemble pour la paix dans le pays troublé par la lutte d'indépendance en Casamance. De leur coté et d'une façon un peu inattendu, ils accueillent et réagissent positivement à ce message de fraternité et de paix . La même chose se réalise avec l'Imam ratib de Koumpentoum qui, dans le cadre de la journée de prière pour la paix en Casamance, accepte lui aussi de rendre visite à la communauté chrétienne de Koumpentoum et avec celui de Keur Daouda . Tout cela nous a permis de faire le premier pas dans le dialogue qui a porté à une plus grande reconnaissance réciproque et à plus de solidarité active » . Il convient d'ajouter que la visite de l'Imam ratib , voir majeur, de Koumpentoum, avait mûri à la suite d'une visite en sa mosquée, au moment de la rupture du jeûne de Ramadan, lorsque une délégation chrétienne lui avait présenté le message venant du Conseil Pontifical pour le dialogue. Pour moi, personnellement, les efforts de dialogue menant à un changement de rapports, m'ont valu la bénédiction d'un Imam à la suite justement d'un petit geste de politesse normale. Un homme habillé en musulman, sous un soleil ardent, attendait un moyen de transport, très rare dans la région, pour parcourir une longue distance. Je passe en voiture, un peu fatigué d'une matinée passée au service des chrétiens d'un village. Je m'arrête quand même et je le prends avec moi. Nous nous saluons, « Asalamalékoum » « Malékoum salam », et puis nous parcourons les 20 et plus km quasiment en silence jusqu'à l'endroit où il devait descendre. Il descend, je descends pour lui rendre le bagage et le saluer. Il sort de ses poches de l'argent comme pour payer le taxi, je refuse. Sur ça, il me retient et, ouvrant ses bras vers moi, comme les musulmans du Sénégal ont l'habitude de le faire entre eux, il prie la du'â pour moi, en signe de bénédiction. Je pense qu'il savait que j'étais prêtre, par après j'ai découvert qu'il était un Imam. En vous relatant cette très modeste expérience, j'ai la conscience qu'il y a beaucoup d'autres personnes qui en font des semblables et de plus significatives et percutantes. J'y ai agi en tant que responsable de mission, d'autres peuvent en raconter en agissant comme religieux ou laïcs et dans des contextes très diversifiés, comme ceux de notre Afrique. Tous ceux qui s'ouvrent par l'amour aux frères musulmans apportent quelque chose à la croissance de l'esprit de dialogue. Parmi ceux –ci il faut compter les institutions qui font grandir la connaissance réciproque entre les deux religions. Mais c'est qui est essentiel c'est de commencer par un dialogue de la vie fruit d'un amour vécu censé porter à un engagement social pour le bien commun de la communauté locale et de la nation. Ce dialogue de vie est possible à tous et peut conduire plus facilement ceux qui le vivent au dialogue spirituel, ainsi que théologique. Preuve en sont certaines expériences menés en Afrique et ailleurs, surtout par la famille du Bienheureux Charles de Foucault et les congrégations qui opèrent en Afrique du nord, ainsi que certains mouvements ecclésiaux, comme la Communauté de Saint Egide, au niveau plutôt des instances étatiques, et celui des Focolari, ou Œuvre de Marie . Chez ces derniers le dialogue devient un fait, on pourrait dire, un dialogue de peuple qui porte souvent les personnes des deux religions d'expérimenter une amitié si fraternelle qui a de quoi étonner . Ce qui est frappant dans leurs relations, c'est de voir chrétiens et musulmans se résoudre à vivre dans l'amour, en mettant en deuxième rang ou en veilleuse toutes dissensions qui pourraient entamer leur amitié. Sur cette base, ils parviennent, à regarder de tout près leurs faits de vie, à s'élancer dans un partage spirituel s'inspirant à la Parole de Dieu . En somme, on peut retenir, à partir de ce vécu, que le dialogue est à la portée de tous. Tous, chacun restant fidèle dans ce qu'il est et dans le rôle qu'il joue dans la société ou dans sa communauté de foi, dès qu'ils s'ouvrent à l'autre dans l'amour, deviennent immédiatement acteurs de dialogue dans n'importe quel milieu où ils vivent et avec n'importe quel genre de personnes avec lesquelles ils cohabitent, fussent-elles des croyants en l'Islam . Si, en plus, chacun y implique la communauté à laquelle il appartient pour donner ensemble un témoignage communautaire, le dialogue devient un mouvement capable de transformer positivement les relations entre les groupes de croyants. Et là, les deux communautés peuvent s'enrichir mutuellement des valeurs qu'elles véhiculent. Par exemple, moi, et je crois aussi les chrétiens du Sénégal, j'ai beaucoup admiré le sens du sacré, du respect du divin ainsi que de l'autorité, du zèle pour la cause religieuse, de l'esprit de solidarité, de la sobriété dont la communauté islamique en général est porteuse. Mais cette ouverture, qui présuppose et exprime l'amour pour l'autre, est indispensable pour dépasser l'altérité et en faire un facteur d'enrichissement dans la confiance plutôt que de pauvreté dans la peur. Toujours est-il qu'une ouverture solidaire de ce genre exige, quelque part, un dépassement des égoïsmes et des fermetures liés à la personne humaine et l'acceptation de quelque sacrifice. En même temps, le dialogue est aussi un fait de conviction pour lequel opter et qu'il faut dans un certain sens mettre en programme, tout en prévoyant de manière réaliste les difficultés et les résistances. Ce qui ressort aussi c'est que l'esprit de dialogue advient lorsqu'il se concrétise en gestes de vraie solidarité envers toute personne et en particulier envers ceux qui sont dans le besoin. Cette attitude solidaire se montre bénéfique pour le dialogue avec nos frères musulmans, pouvant porter à un engagement islamo-chrétien pour la justice, le progrès, la paix de l'Afrique et du monde. Sur ce dialogue, qui est celui de la vie, peut fleurir celui spirituel et théologique qui peut enrichir les uns et les autres des richesses de la foi propres aux deux religions.
CONCLUSION Arrivé à la fin de cette communication, je remercie les organisateurs pour l'occasion qui m'a été donnée d'approfondir ce sujet. Car cela m'a permis de saisir d'une manière plus profonde l'importance et les enjeux du dialogue pour ma vie personnelle, ecclésiale et sociale. Bien sûr que je pouvais dire un mot sur le dialogue dans son rapport à la théologie des religions de grande actualité et dont existe une vaste littérature [1]. J'ai dû m'arrêter à la frontière en pensant quand même qu'en me tenant du versant de la théologie du dialogue je restais dans une plateforme d'approche irremplaçable pour une saine théologie des religions. C'est vrai aussi qu'il fallait s'entretenir et donc dialoguer autour des sujets du credo de l'Islam communs avec la foi chrétienne. Par exemple parler de la perception que l'Islam a de Dieu, de Jésus et donner une place de choix à ce qu'il pense de Marie. Effectivement Marie est la personne qui unit plus les deux religions, vu que les musulmans aiment la prier, même dans des sanctuaires chrétiens, comme à Popenguine, au Sénégal. A ce titre elle peut être appelée l'étoile du dialogue de même qu'elle l'est de l'évangélisation ( Evangeli Nuntiandi 82), dans le sens qu'elle se placerait entre chrétiens et musulmans comme un modèle de dialogue capable de le patronner par son intercession. En outre la recherche donne seulement le point de vue catholique sur le dialogue sans avoir pu s'intéresser à celui des autres dénominations chrétiennes. Dans l'ensemble, le contenu de ce travail nous offre du matériel à réflexion à trois niveaux, selon ses trois chapitres De un, l'approfondissement de Nostra Aetate peut offrir du matériel pour élaborer une théologie ainsi qu'une spiritualité du dialogue, comme les organes romains ont le projet de le faire. Il s'agira d'une théologie qui probablement articulera son discours sur Dieu comme étant le Dieu de dialogue. Elle s'appuiera alors et valorisera la dimension trinitaire de la foi chrétienne pouvant indiquer le mystère de la Très Sainte Trinité comme source, prototype, modèle et fondement du dialogue. Mais elle pourra aussi indiquer ce mystère comme un mystère de dynamisme de vie divine qui advient lorsque la pratique du dialogue prend place dans la vie des femmes et des hommes dans l'aujourd'hui du monde (Jn 14, 23). « Ubi caritas et amor Deus ibi est » , on le chante et çà devient une réalité lorsque le dialogue nous ouvre à l'amour les uns pour les autres. C'est un nouvel avent ! Dieu est parmi nous, Celui que tous les croyants recherchent et adorent. Et cela dans une vision d'universalité qui embrasse toute l'humanité appelée par ce Dieu de Dialogue à devenir, avec ses richesses aussi religieuses, une fraternité universelle se construisant sur la civilisation de l'amour. De deux, l'Afrique par son histoire, - où on constate une certaine complémentarité entre les deux religions ainsi que le commencement des efforts de dialogue perpétrés jusqu'à nos jours -, et par le noyau dynamique de sa culture, voir l'esprit de solidarité avec autrui, découvre dans le dialogue un champs d'action dans lequel elle pourra offrir au monde ses propres richesses humaines, enviées et nécessaires à l'humanité d'aujourd'hui qui doit rechercher à être comme une famille unie s'il veut survivre [2]. L'Eglise d'Afrique en se concevant comme famille, qui n'est telle sans le dialogue, est censée jouer un rôle d'avant-garde et spécialisé en la matière. Enfin, ce noyau dynamique de la culture africaine, imbu d'esprit de famille et mis en honneur par l'Eglise d'Afrique, ne serait-il l'élément commun plus profond de l'identité des chrétiens et des musulmans du continent ? De trois, les expériences prises en considération montrent que la préférence est à donner au dialogue de vie, tout en n'excluant pas ses autres formes. Celui-ci fait ressortir la centralité de la charité dans toute relation avec autrui comme force qui unit, surtout lorsqu'elle est de la même nature du Dieu de communion d'amour ( 1 Jn 4, 7-8) et semblable à celle enseignée et témoignée par le Christ ( Jn 13, 14-15, 1 Jn 3, 16). Avec Jean-Paul II, qui se réfère à Paul VI, nous pouvons répéter : « Le dialogue est le nouveau nom de la charité » (cf. Vita Consecrata 74). Ce dialogue de charité est là pour faire surmonter à l'Afrique tout retard et unir les forces des chrétiens, des musulmans et de toutes les personnes de bonne volonté, pour travailler à son développement intégrale, comme cela est constamment préconisé par les ‘impulsions d'en haut'. Pour toutes ces raisons, il convient, à l'aurore du troisième millénaire, de se libérer de tout afro-pessimisme et même s'entraîner à un afro-optimisme qui peut être rehaussé par le programme de l'Eglise qui, en fidélité au dessein du Dieu du dialogue, consiste à faire d'elle-même une maison et une école de communion et à vivre avec tous selon une « spiritualité de la communion » et donc de dialogue (cf. Novo Millennio Ineunte 43). Pour terminer, saluons ceux qui s'expriment ainsi : « La seule voie possible vers le salut est aujourd'hui celle de l'interaction, de l'interdépendance et du dialogue entre toutes les personnes qui cherchent la vérité » [3]. P. Domenico Arena, omi --------- Elles avaient à leur tête respectivement Cheick Amadou Bamba M'backé, Sidi Mohamed ibn Amadou et Cheick Ibraima Niass. Pour comprendre la dimension confrérique de l'Islam sénégalais, voici un texte qui parle de la confrérie Mouride, la plus développée dans le pays. « La Qadriya , propagée d'abord chez les Maures, et dont la présence en Afrique Noire est très ancienne, a joué dans l'islamisation de l'Afrique occidentale un rôle considérable, prolongé jusqu'à la période contemporaine par la poussée des Peul vers l'est. Sa relative décadence, au Sénégal, a été interrompu à partir de la fin du XIX siècle par l'initiative d'un marabout toucouleur de Diourbel, Amadou Bamba M'backé, qui es fait sortir une branche nouvelle, le mouridisme. Le principe essentiel de Cheick Amadou consiste dans la soumission totale que consent, à la personne du maître, le disciple (mourid, variante phonétique du terme mouroud, d'où le nom désignait cette nouvelle voie dans le vocabulaire français courant ». Le tout aboutit à la création d'un trust économique, axé sur la culture de l'arachide, exerçant une influence imposante sur les pouvoirs étatiques, surtout par l'entremise des Wolof qu'y en sont majoritaires. « On voit combien l'Islam negro-africain, sous l'influence du maraboutisme s'éloigne aisément de l'orthodoxie classique, allant jusqu'à renier ingénument les plus caractéristiques et fondamentaux principes islamiques » : RONDOT P., L'Islam et les musulmans d'aujourd'hui, Paris, 1960, p. 51. Cf. SAINT MOULIN L., « Données statistiques de la mission en Afrique : perspectives d'avenir », dans Revue Africaine des Sciences de la Mission , n.1, 1994, p. 215-235. Selon cette même source les musulmans au Congo avaient à cette même époque un pourcentage de 1,4 %. L'Episcopat sénégalais, qui opte décidemment pour un dialogue de vie, déclare : « Pour nous, catholiques, il doit être clair que c'est Dieu et non pas l'homme qui par son Esprit convertit les cœurs. A nous il demande de témoigner la vie nouvelle en Jésus le Seigneur, par notre fidélité à l'Evangile, par notre amour fraternel jusqu'au pardon des insultes, et par notre foi en sa présence dans le cœur de tout homme » : CHEZA, Les évêques…, p. 242. Par exemple, entre 1985-86, la défense imposée aux catholiques par le Marabout du lieu de construire une église dans la ville sainte de Tivavune, cas qui a demandé l'intervention de l'état pour trouver une solution acceptable. Une chose pareille, mais sans avoir une répercussion teneur nationale comme l'affaire de Tivavune, nous arriva à la mission de Koumpentoum. Le Marabout d'un village au nord de la mission, où on comptait une seule famille chrétienne et quelques sympathisants, au milieu d'une masse islamisée consciente d'habiter comme dans une terre sainte, qu'elle aurait héritée du Marabout de Touba en personne, nous avait fermé une école de brousse, voulue par une couche de population Seereeer, plus ouverte au Christianisme et aux activités scolaires de la mission. Il a fallu plusieurs visites au Marabout pour débloquer la situation et permettre aux enfants de suivre les cours. Pour en terminer nous avons accepté de déplacer cette école dans un autre endroit pas trop loin des ‘terres saintes‘ ! Dans un document sur l'histoire de la mission de Nguéniène, non encore publié, on écrivait : « Les besoins de la mission que la nouvelle équipe percevait comme des défis à relever étaient inventoriés ainsi: le nombre important des sympathisants et des catéchumènes interpellait à donner plus d'attention aux efforts de première évangélisation ;les chrétiens avaient besoin: de se renouveler dans la foi, d'entériner le message chrétien, de personnaliser le rapport avec le Christ, de vivre davantage dans une orbite et un climat communautaire propre à la religion chrétienne, d'assumer de façon responsable leur engagement au sein de la communauté, de se porter témoins du Christ dans tous les aspects de la vie ; la présence majoritaire de l'Islam demandait de se mettre en rapport avec les musulmans, sans peur et avec objectivité, pour entamer avec eux un dialogue fraternel et constructif ; la pauvreté des gens interpellait à travailler pour améliorer leur condition de vie ». ARENA D., La mission de Nguéniène de 1982 à 1988 , p. 14. « En effet, c'est dans le cadre d'une communauté en mission lisant les signes des temps de son milieu qui se dessinent les grandes lignes du premier projet apostolique de l'année 1982-1983. Celles-ci, noyau des projets apostoliques des années à venir, sont présentées, proposées et agrées par les principaux collaborateurs dans les réunions de démarrage. Ses objectifs fondamentaux, à court et long terme, peuvent être synthétises ainsi: intensifier le travail de première évangélisation dans le territoire de la mission en étant attentifs aux valeurs culturelles locales et par l'instauration de rapports personnels, moyennant les tournées de brousse et les visites aux familles ; restructuration du catéchuménat à étaler au moins sur trois ans ; multiplier les initiatives de formation en faveur des toutes les composantes de la mission veillant au développement des charismes et des ministères ; cultiver les rapports d'amitié avec les musulmans par la collaboration en des projets sociaux finalisés au bien commun ; s'engager dans un type de promotion humaine qui suscite auprès des gens participation et responsabilité en vue de résoudre ou mitiger les problèmes dus à la pénurie d'eau (creusage de puits) et au chômage des jeunes (petites coopératives gérées par les jeunes en chômage). Il y avait là de quoi travailler pour plusieurs années et en effet les objectifs fondamentaux de ce premier projet apostolique constitueront les points saillants des projets apostoliques suivants. Chaque année ils seront évalués à l'occasion des réunions de bilan et chaque année les missionnaires essayeront de le conjuguer avec les orientations du Diocèse » : Ibidem , p.15. « Dès lors en effet que la charité de Dieu est rependue dans les cœurs par l'Esprit-Saint, la communauté, telle une vraie famille réunie au nom de Jésus, jouit de sa présence…En outre, l'unité des frères manifeste que Christ est venu, et il en découle une puissante vertu apostolique » ( Perfectae Caritatis , 15). Cf. ARENA D., « Proclamer Jésus-Christ en communauté apostolique dans l'Afrique et le Madagascar d'aujourd'hui », in Vie Oblate Life , n° 2, Août 1994, p. 178-196. A ce propos, en 1985, à l'occasion du XXV de la bénédiction de l'église de la mission « dans le courant du mois d'avril, on convoque plusieurs rencontres. Celle qui rassemble les chefs de carré, environs 250 personnes, musulmans et chrétiens confondus est animée par le p. Gravrand, Spiritain et, à l'époque, doyen de la Petite-Côte » : Ibidem , 15. Peu après, en parlant des opportunités de dialogue de 1987, on écrit : « Même si l'ordination sacerdotale du premier prêtre de la mission agit comme un événement qui donne la tonalité de l'an en cours, néanmoins il y a d'autres faits qui le marque. Parmi eux, on peut faire mention des certaines opportunités de dialogue avec l'Islam. Sur le plan des rapports avec l'Islam, sous l'influence prophétique de la ‘Journée de Prière pour la Paix ', la communauté vie des moments un peu inhabituels de dialogue. A l'occasion de la Tabasky , les missionnaires avec quelques laïcs rendent visite à l'imam » : Ibidem, 29-30. « Pendant l'hivernage, jeunes chrétiens et musulmans organisent une matinée de prière pour leurs camarades récemment décédés. L'initiative, sous forme de défilé, comprenait de station de prière devant église, la mosquée et dans les cimetières de deux communautés. Ces faits de dialogue, simples mais significatifs, semblent être aussi le fruit de l'attention que la communauté chrétienne n'a cessé de montrer envers les musulmans à chaque fois que l'occasion se présentait » : Ibidem , p.30. La manifestation a été reprise dans les transmissions de la radio nationale par initiative des jeunes musulmans. C'est ainsi qu'on s'exprime à propos du dialogue avec l'Islam vers la fin de ce document sur l'histoire de Nguéniène : « L'exigence de dialogue avec nos frères musulmans, qui représentent environs deux tiers des gens qui nous ont confiés, a mûri à la suite de la journée de prière pour la paix (Assise 1986). Le désir de dialogue avec les croyants de l'Islam se révèle de plus en plus nécessaire pour faire fermenter les valeurs évangéliques présentes dans cette grande religion et pour promouvoir le Royaume en unité avec ses fidèles… Dans le but de progresser dans ce dialogue, les missionnaires se disent prêts à promouvoir des occasions de rencontre qui faciliteraient la réflexion sur des thèmes d'intérêt commun et des actions menées ensemble pour le développement du milieu et le bien-être des populations. Comme l'année passée, la visite rendue à l'imam par une délégation composée par un père et des chrétiens, à l'occasion de la Korité de 1988, constitue un signe de cette volonté de dialogue. Mais, à part les occasions ponctuelles et officielles, ce que les missionnaires estiment important pour le dialogue est le fait que des rapports de respect, et souvent cordiaux, se sont instaurés petit à petit entre les chrétiens et les musulmans au sein de leurs villages. Ce qui, un peu partout, permet aux deux communautés de grandir dans l'accueil réciproque et de travailler ensemble pour la réalisation d'oeuvres sociales au profit du bien commun » : Ibidem , p. 34-35. A l'occasion de cette visite, le Pape a rencontré, avec beaucoup d'onction et dans un climat de teranga les chefs religieux musulmans. Son long discours peut représenter un vrai commentaire à Nostra Aetate . C'est ici qu'en saluant les initiatives de dialogue vécues dans le pays, il dit que Dieu est ‘ Dieu de dialogue'. Suite à sa visite, le Cardinal Arinze, en nous rencontrant, à la nonciature de Dakar, comme membres de la Commission Nationale Pour le Dialogue Islamo Chrétien, nous transmettait le sentiment que le Pape voyait dans le dialogue pratiqué au Sénégal comme une sorte d'exemple pilote. « Cette année, la tournée a été précieuse pour la connaissance et le rapport qui s'est établi avec les chrétiens, mais elle l'a été aussi pour les relations d'amitié qui se sont instaurées entre nous et les musulmans des différentes villages. En effet, il nous semblait que quelque chose changeait dans nos rapports. Le fait même de leur rendre visite, de déclarer notre volonté de le respecter et de vivre dans l'amitié faisait déclencher en eux les mêmes sentiments. On se quittait dans la joie, fruit de l'Esprit qui opère en nous et en eux » : « Dialogo concreto », in Missioni Omi , n.9, 1993, p. 30-31. Cette rencontre entre l'Imam, M. Sylla, et la communauté, dont on se souvient paisiblement a eu lieu dans la sale paroissiale après la messe du dimanche. Voilà comme elle a été préparée: « A l'approche de la date établie, avec quelques chrétiens, nous nous sommes rendu chez l'Imam de la grande mosquée de Koumpentoum. Nous avons parlé du positif de cette initiative, de notre responsabilité de croyants dans un seul Dieu face au problème de la paix... Par la même occasion nous avons exprimé nos sentiments de communion avec la communauté musulmane demandant à l'Imam de les transmettre à tous les fidèles. En réponse l'Imam, heureux d la visite, nous a remercié et il nous a dit qu'il désirait venir à la mission pour s'entretenir avec les chrétiens. Le dimanche d'après, le 14 février, l'Imam est venu chez nous et, après la messe il s'est entretenu plus d'une heure avec les chrétiens de Koumpentoum. Il a exprimé de paroles d'encouragement, de satisfaction et de joie pour cette possibilité de rencontre entre chrétiens et musulmans. Au cours de l'entretien il souligna avec force la nécessité de s'unir pour travailler pour la paix et le développement en tant que croyants dans le même Dieu. La rencontre termina avec la distribution de la Kola , symbole traditionnel d'amitié. Cette rencontre fut pour nous tous un moment important: notre communauté de Koumpentoum était reconnue et estimé par la grande et imposante communauté musulmane, comme si elle commençait à avoir droit de citoyenneté ». Ibidem , p. 29-30 « Toujours dans le cadre de ces journées de prière pour la paix il est intéressant ce qui s'est passé dans un des nos villages. Nous avions informé les chrétiens de Keur Daouda de cette initiative et on leur avait dit s'ils pouvaient organiser quelque chose avec les musulmans du village. Les chrétiens en parlèrent avec l'Imam et ils établirent avec lui un programme qui se réalisa le 12 février. Dans l'après-midi, chrétiens et musulmans nous nous sommes réunis dans l'espace devant le ‘pench', lieu traditionnel de rencontre du village. Là nous avons échangé nos idées et nos réflexions sur la paix et sur la nécessité de la prière. Nous avons constaté la nouveauté positive de cette initiative après plusieurs années de froideur si non d'hostilité. Nous nous disions qu'il était comme si l'esprit de Dieu était en train d'agir dans les hommes d'aujourd'hui pour les porter à l'entente et à la compréhension réciproque. Tous ceux qui intervenaient terminaient leurs discours selon le style sénégalais, en exprimant des souhaits sous forme de prière. Les discours terminés, les chrétiens se sont rendus à l'église et les musulmans à la mosquée pour élever au même Dieu la même prière pour la paix ». Ibidem , p. 30. ARENA D., La mission de Koumpentoum de Août 1991 à octobre 1995 , p. 13. Toutes ces expériences de dialogue, au niveaux local, aideront soit le P. Arena, qui venait d'être chargé de la responsabilité de la commission diocésaine du dialogue Islamo-chrétien, soit le P. Gallina,, vicaire, qui lui succédera, à mieux sensibiliser les communauté chrétiennes du Diocèse à l'idée du dialogue. Nous pensons ici au Conseil du « Projet l'Islam en Afrique »: « Fondé en 1959, celui-ci comprenait un certain nombre des Eglises protestantes. Son but était « de préparer les chrétiens à leur rencontre avec les musulmans en Afrique, au sud du Sahara et leur responsabilité envers eux » : BAUR, 2000 ans… , p. 562-563. On mentionne ici : l'Institut DAR COMBONI, un Centre d'Etudes Arabes et d'Islamologie, di Dialogue oecuménique et avec l'Islam, fondé par les Comboniens, en 1993, avec siège à Zamelek, diocèse d'Alexandrie (Egypte) ; le Centre Al Mouna de N'Djmena ; le Centre Foi et Rencontre de Bamako ; le Maryknoll Institute of African Studies (MIASMU) au Kenya. Ce mouvement, fondé en Italie par Chiara Lubich en 1942, a comme idéal celui de l'unité en tant que fraternité universelle (selon Jn 17, 21), au delà des tous les murs qui séparent les humains. Ces membres, poursuivent cet idéal dans le cadre d'une spiritualité qui prévoit la pratique d'un amour concret, s'inspirant à celui divin tel qu'il se dégage des Saintes Ecritures, allant jusqu'au don de soi même : cf. LUBICH C., L'aventure de l'unité. Entretien avec Franca Zambonini , Kinshasa, 1991. Ainsi, par une spiritualité qui intègre au quotidien le dialogue interreligieux, ils arrivent à établir des relations fortement cordiales et sincères avec les musulmans, mais aussi avec les Bouddhistes, les Hindouistes et d'autres encore : cf. FONDI E. M., « The Focolare Movement : A Spirituality at the Service of Interreligious Dialogue », in Pro Dialogo , n. 2, 1995, p. 155-166. Ce qui porte aussi à l'organisation de rencontres de spiritualité avec les musulmans où ils parviennent à traiter des thèmes théologiques communs aux deux credo : cf. Cristiani e musulmani in dialogo. Per un futuro di Pace , in Mariapoli , n .6, 2005 ; LUBICH C., “Brotherhood and Unity among Muslims and Christians. A common Commitment”, in Pro Dialogo , n.3, 1998, p. 325-329. Et cela par la Parole de Vie , qui représente une pratique et, à même temps, une publication du Mouvement des Focolari. Ce feuillet mensuel a une bonne diffusion auprès des musulmans, même en Afrique, qui souvent recherchent dans le Coran les passages qui s'en réfèrent. Voici un témoignage que je traduis de l'italien : « Avec l'équipe des plus jeunes nous sommes parvenus à jouer ‘pour que Dieu soit présent entre nous', comme disent nos amis musulmans en se referant à la surate du Coran qui récite « quand trois se mettent ensemble, Dieu Lui-même est le quatrième »… La Parole de vie est distribuée en cinq langues : elle arrive entre autre à un bon nombre d'étudiants subsahariens… » : cf. « Cittadini degni del Vangelo », in Mariapoli , n. 9, 2005, p. 13-14. La parole de vie est traduite dans des centaines de langues, même africaines. Le Focolare de Kinshasa en assure la traduction en lingala et dans les principales langues du Congo. Moi-même, au Sénégal, j'en avais assuré, pendant quelques temps la traduction en langue wolof et seereer. « Parlant en général de cette attitude d'interlocutrice que l'Eglise catholique doit prendre aujourd'hui ave un renouveau d'ardeur, contentons-nous d'indiquer que l'Eglise doit être prête à soutenir le dialogue avec tous les hommes de bonne volonté, qu'ils soient au-dedans ou au-dehors de son enceinte. Personne n'est étranger au cœur de l'Eglise. Personne n'est indifférent pour son ministère. Pour elle personne n'est un ennemi, à moins de vouloir être de son coté. Ce n'est pas en vain qu'elle se dit catholique ; ce n'est pas en vain qu'elle est chargée de promouvoir dans le monde l'unité, l'amour et la paix » : SA SAINTETE PAUL VI, Ecclesiam Suam , Léopoldville, 1964, p. 50. [1] Je me limite à signaler l'ouvrage d'un jeune sénégalais auquel je suis redevable pour la présente recherche : TINE B. M., Le défi du dialogue interreligieux en Afrique : position du problème et perspectives , Mémoire présenté en vue de l'obtention du titre de licencié en théologie dogmatique, Facultés Catholiques, Kinshasa, 2001. [2] Cf. ROBERT A.-C., L'Afrique au secours de l'occident , Paris, 2004. [3] PARE' J., Défis de la mission du troisième millénaire , Montréal, 2002, p. 81.
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