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La mission de l’Oblat en Afrique à la lumière de Ecclesia in Africa et Vita consecrata: quelques consonances

5. Avec les laïcs

L’importance du laïcat dans l’Eglise à reçu une forte impulsion par Vatican II et l’exhortation Apostolique Christifideles laici. Une telle impulsion se reflète de façon manifeste dans le Synode pour l’Afrique. A l’heure actuelle, la force de sa présence est décisive pour tout effort missionnaire.

Ecclesia in Africa. La valorisation du laïcat est faite par cette exhortation, soit dans le cadre de l’Eglise Famille de Dieu, ayant comme tâche prioritaire celle de l’évangélisation qui est l’oeuvre impliquant l’effort de tous les baptisés (cf. EA 53; 88), soit dans le cadre des communautés de base, les instances plus accessibles aux laïcs. «L’Eglise Famille ne pourra donner sa pleine mesure d’Eglise que si elle se ramifie en communautés suffisamment petites pour permettre des relations humaines étroites» (EA 89). Or, étant donné que les laïcs (responsables des différents aspects de la vie communautaire, catéchistes, femmes et hommes mariés, jeunes, enfants) sont de beaucoup majoritaires et souvent assurent la bonne marche des ces communautés de base, ils retiennent grandement l’attention de l’Eglise d’Afrique: «On aidera les laïcs à prendre de plus en plus conscience de leur rôle dans l’Eglise et à honorer ainsi leur mission de baptisés et de confirmés, suivant l’enseignement de l’exhortation apostolique Christifideles laici et de l’encyclique Redemptoris missio» (EA 90). A cette fin on recommande d’investir au maximum sur leur formation pour qu’ils soient en mesure d’assumer leurs responsabilités civiles et ecclésiales (cf. EA 53-54; 90) .

Vita consecrata. Dans l’esprit de l’Eglise communion, la collaboration et l’interdépendance des différentes vocations sont choses acquises: ‘elles sont au service l’une de l’autre, pour la croissance du Corps du Christ dans l’histoire et pour sa mission dans le monde’ (cf. VC 31). Si les personnes consacrées sont expertes en communion et appelées à diffuser dans l’Eglise et le monde une spiritualité de communion, leur collaboration avec les laïcs dans le champ pastoral est évidente.

Ce qui paraît nouveau dans l’exhortation c’est la constatation que les Instituts religieux se rendent compte de plus en plus que les laïcs veulent et peuvent partager leurs charismes. Cette tendance est encouragée par l’exhortation qui voit en elle l’ouverture d’un ‘nouveau chapitre’ dans les relations déjà bien consolidées entre personnes consacrées et laïcs (cf. VC 54-55). Cependant l’exhortation tient à préciser qu’une telle collaboration avec ceux qu’on appelle ‘membres associés’ aux Instituts exige le respect de chaque vocation. Il ne s’agit donc pas de faire des laïcs des Consacrés et vice versa, mais plutôt, dans le dynamisme de la communion, de s’enrichir mutuellement des dons dont les deux états de vie sont porteurs (cf. VC 56-57).

Consonances oblates. Même à propos du laïcat le Fondateur n’en parle pas beaucoup, quoiqu’on peut remarquer une certaine sensibilité à ce sujet dans les écrits pastoraux du temps de son épiscopat et dans les rapports épistolaires avec quelques laïcs, notamment sa sœur Eugénie . Tout de même nous n’oublions pas son engagement en tant que laïc avant de rentrer au séminaire et le travail de direction et animation auprès de la jeunesse d’Aix.

Par contre, les CC et RR O.M.I. montrent un vif intérêt et reconnaissent carrément l’importance du charisme et du rôle du laïcat. « Nous appuierons les laïcs dans leurs efforts pour discerner et développer leurs propres talents et charismes. Nous les encouragerons à s’engager dans l’apostolat, à assumer des ministères et à prendre ainsi les responsabilités qui leur reviennent au sein de la communauté chrétienne » (R 6). En plus, recommandant aux Oblats de travailler ‘en esprit de fraternité avec les autres ouvriers de l’Evangile’ (cf. C 6) et en relevant que les rapports entre vie religieuse et laïcat peuvent produire un enrichissement réciproque (cf. R 13), elles donnent des directives pour promouvoir la participation des laïcs à la spiritualité et à la mission de la Congrégation (Cf. R 37a).

En Afrique, il semble que la collaboration des Oblats avec les laïcs au niveau de la pastorale se réalise un peu partout, même s’il faut encore l’intensifier. A mon avis, tout en tenant compte des résistances qu’on pourrait rencontrer au sein de ses jeunes Eglises, les Oblats devraient favoriser davantage leur collaboration avec les laïcs à partir de leur charisme. Cette promotion des laïcs associés - comme montre même en Afrique quelque expérience en cours, peut avoir des retombées bénéfiques sur l’évangélisation, tâche commune aux laïcs et aux Oblats qui évoluent dans ce continent.