Les Symboles de Lourdes vécus au Congo (Afrique)par |
CURRICULUM
VITAE
Je m’appelle KINGANI NOKIN Norbert. Je suis un africain, je suis né au Congo Démocratique. Je suis prêtre, religieux et missionnaire oblat de Marie Immaculée. Je suis entré dans la Congrégation des missionnaires oblats en 1984, j’ai prononcé les premiers vœux 1985. J’ai suivi ma formation(Philosophie(au Grand Séminaire Kaggwa/Kinshas), Théologie(à l’Institut théologique saint Eugène de Mazenod/Kinshasa) et Anglais(à l’Institut Pédagogique National en sigle I.P.N./Kinshasa) au Congo. J’étais ordonné prêtre en 1990. J’ai été missionnaire dans mon pays pendant plus de dix ans desservant les différents diocèses(Idiofa, Isangi et Kinshasa) et maisons de formation oblate (Prénoviciat et Noviciat). Je suis du groupe linguistique bantou. Aujourd’hui en France depuis le mois de Juin 2002, je suis dans la communauté oblate de Lourdes qui est accueillie dans la maison des chapelains des sanctuaire Notre Dame de Lourdes. Je suis rattaché au Service Jeunes où je forme avec deux autres confrères un staff international franco-italiano-congolais, témoignage de l’internationalité de notre congrégation et aussi de l’universalité du message de Lourdes. Dans la maison dans chapelains, je suis parmi les premiers chapelains africains noirs accueillis à Lourdes. Le thème pastoral de cette année 2003, trouve son expression profonde dans cette maisons où l’internationalité, l’universalité et l’intercontinentalité sont vécues en fait, le thème: ‘Un peuple de toutes les nations’ est bien choisi et tombe bien à propos. LES SIGNES DE LOURDES VECUS AU CONGO (AFRIQUE) 1.
Introduction 2. Les signes de Lourdes au Congo Comment sont vécus les signes de Lourdes au Congo ? Ce qui est visible et frappant, beaucoup de signes et symboles utilisés dans la religion traditionnelle africaine sont presque les mêmes et jouent le même rôle spirituel que ceux qu’emploie l’Eglise catholique romaine pour la purification, la bénédiction, la vie.. Cas de signes de Lourdes. Ainsi, le kaolin, l’eau, la pierre et le feu sont les quelques signes et les symboles que nous avons retenu, il y en a tant d’autres. Ceux ci sont utilisés dans l’église catholique romaine comme dans la religion traditionnelle africaine. a) Le kaolin, qu’est-ce ? C’est de l’argile blanche, réfractaire et friable qui entre dans la composition des pâtes céramique, de la porcelaine. Chaque clan a son kaolin qui est gardé chez le chef du clan soit gardé chez le(la) plus âgé(e) du clan, c’est lui qui est le garant de la tradition, c’est lui qui est le trait d’union entre les vivants et les ancêtres(morts). Le kaolin est signe de l’unité et de l’union, signe de la communion et de reconstruction, signe de restauration et de recomposition du clan avec ses membres et les membres avec le clan. Le geste est appliqué par le chef / le plus âgé, les circonstances sont: longs voyages, maladie dans le clan, le mariage. En ce qui concerne le voyage, la personne(un membre du clan) avant d’effectuer un voyage ou le(la) malade du clan avant d’aller le(la) faire soigner chez les guérisseurs ou à l’hôpital ou encore les nouveaux mariés pour les bénir reçoivent du kaolin. Ce geste s’accompagne toujours d’une parole du bien et de la salive. Un peu comme dans les évangiles où Jésus guérit l’aveugle-né(Jn 9,13), il crache et en fait de la boue et l’applique aux yeux de l’aveugle-né, il prononce une parole ’va te laver’ et ce dernier retrouve la vue. Avoir la poussière du kaolin sur le corps est un signe de bénédiction, tous les membres du clan ensemble réunis disent les paroles du bien en souhaitant à la personne concernée une bonne réussite, bonne chance dans sa vie. Ce geste est accepté dans l’église catholique de mon pays. Pendant les ordinations diaconales ou sacerdotales les parents appliquent la poussière du kaolin sur la pomme de main de leur fils/fille en signe d’offrande à Dieu et signe d’envoi en mission nom de tout le clan, moi qui vous parle j’en ai eu. En Afrique un enfant est l’enfant de tout le clan et de tout le monde , toute la communauté du village veille sur lui pour sa bonne croissance. A Lourdes le signe de kaolin je le rapproche du sacrement de la réconciliation où le pénitent, libéré de ses péchés continue paisiblement son pèlerinage dans les sanctuaires et retourne chez lui très content et satisfait. b) En ce qui concerne l’eau, elle est d’une valeur inestimable, elle purifie, elle désaltère et elle donne la vie. La purification dans la religion traditionnelle se fait très souvent à la source d’une rivière ou un étang sacré qui est un lieu sacré, protégé, respecté par tous. Ce lieu est réservé à des cérémonies de la purification. Les personnes à purifier sont les jumeaux, les malades, les possédés. Les jumeaux constituent un mythe autour d’eux, ce sont des personnes mystiques, les malades, les possédés, ce sont ceux qui sont envoûtés par les esprits maléfiques. Ces personnes doivent impérativement se rendre à la source(étang), une sorte de pèlerinage pour recouvrer la santé, la vie. Si l’une ou l’autre ne peut s’y rendre à cause de son état, la purification se fait au village avec de l’eau de la source sacrée, on se lave et on la boit.(on peut même en faire une neuvaine c’est-à-dire répéter les mêmes gestes pendant neuf jours ou le répéter neuf fois le jour). Ce
sont les signes que Bernadette avait fait à la grotte Massabielle
le 25 Février 1858, boire et se laver le visage. En posant cet
acte avec confiance(foi) on sort guéri de son infirmité
ou de sa maladie, on retrouve facilement la paix intérieure, toute
la maison est calme et satisfaite d’avoir fait cette sorte
de pèlerinage à la source sacrée du village.
C’est le cas des pèlerins de Lourdes qui retournent contents
et satisfaits après s’être plongés dans les
piscines et bu l’eau de la grotte massabielle de Lourdes . c) Quant à la pierre, le respect qui lui est assuré est sans commentaire parce que c’est sur elle que nos forgerons changent des fers en outils pour l’agriculture: la houe, la machette, la flèche pour la chasse. Personne n’a le droit de s’asseoir sur une pierre au risque de la profaner. C’est la pierre qui construit la vie dans le village, c’est elle qui procure du feu à l’homme et son outil de travail manuel. Les forgerons du village utilisent des grosses pierre pour affiner les métaux. On s’appuie sur la force surnaturelle de la pierre pour bâtir la vie artisanale du village. C’est la pierre qui est utilisée pour la construction des nombreuses grottes paroissiales bâties sur le modèle de la grotte de Lourdes, la Vierge habillée en blanc, ceinture bleue marchant sur le rosier. Il y a beaucoup de sanctuaires marials au Congo comme partout en Afrique, à la nonciature de Cotonou au Bénin par exemple il y a une grotte dédiée à Notre Dame de Lourdes(cfr L’Osservatore Romano de ce mois de Novembre 2003) qui en a parlé. A Lourdes c’est sur le rocher massabiel qu’est bâtie la première chapelle des apparitions, la Crypte. d) A propos de feu, Bernadette n’avait elle pas senti la diminution et l’affaiblissement du feu dans sa famille et qu’il fallait faire quelque chose, l’activer en ajoutant, renforçant avec du bois de massabiel. Elle est sortie ensemble avec sa copine Elonore et Marie Toinette sa sœur chercher du bois à la grotte. De leur retour Bernadette amène un autre grand feu, la lumière du monde Jésus non seulement elle l’a amenée pour les siens mais aussi pour les autres, toute l’humanité et nous qui sommes rassemblé ici, autour du feu allumé par Bernadette, les apparitions. En
Afrique, au Congo c’est autour du feu que la famille
africaine se retrouve le soir pour former et éduquer les enfants
par le truchement des contes, les proverbes, légendes et mythes.
La tradition orale africaine se transmet de bouche à l’oreille
le soir autour du feu. On ne raconte jamais les contes la journée,
c’est interdit, cela pour inviter les gens à travailler le
jour et la nuit autour du feu on se repose, on se prodigue des conseils.
Le feu est sacré et dangereux en même temps on ne badine
pas avec.
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