La culture de la vie religieuse
1.2 Fondement humain
Raymond
Balmes, en donnant la différence de ce qu'il y a de culturel et de naturel
en l'homme dit ceci : " Ce qu'il y a de culturel en l'homme, c'est
ce qui varie d'un groupe d'hommes à un autre groupe d'hommes. Ce qu'il
y a de naturel en l'homme, c'est ce qui est commun à tous les hommes :
Le naturel c'est l'universel ; le culturel est le variable" (BALMES
Raymond, Leçons de philosophie, t.1, éd. de l'Ecole, Paris, 1965,
p 76).
A
partir de cette définition, nous sentons combien la vie religieuse comme
culture suppose une différenciation de la culture environnante. Si pour
le monde, aimer c'est faire du bien à ses amis et ignorer ses ennemis,
la culture du Christ elle, demande d'aimer ses ennemis ; de faire du bien
à ceux qui te haïssent ; de faire deux mille pas avec celui qui en demande
mille ; de tendre la joue gauche à celui qui te gifle sur la joue droite
etc.… Cette culture étant la marque que l'homme s'écarte de la nature,
impose de lutter contre la nature et devient la source des valeurs humaines
les plus hautes. C'est Lévi-Strauss qui dira encore que la culture est
l'épanouissement de la nature humaine ; " Plus on approfondit la
culture, plus on épanouit la nature, fût-ce au prix de quelques sacrifices"
(Lévi-Strauss, cité par Raymond BALMES, Op. cit.).
Cette assertion vient confirmer cette culture chrétienne, culture de ceux
et celles qui ont choisi de suivre le Christ.
En
effet, la mission du Christ dans ce monde fut de rehausser l'homme à sa
dignité d'homme et de fils de Dieu ; de lui donner la vie en plénitude
et au prix d'un grand sacrifice, celui de la croix. Par ce salut, le Christ
a élevé l'homme à son plus haut niveau d'épanouissement, il a ainsi initié
la plus haute culture, la culture éternelle, une culture divine. Les hommes
et les femmes qui choisissent de consacrer leur vie au Seigneur devraient
donc être en perpétuelle tension vers des valeurs supérieures. Dans ce
monde dont la culture ambiante est la recherche effrénée du pouvoir, de
la possession et de la sexualité, la culture de la vie religieuse quant
à elle prône le service, la solidarité et la fraternité.
Quel est le pays qui, aujourd'hui, ne cherche pas à dominer son voisin,
à l'écraser même sans scrupule aucune. C'est la réalité que vit l'Afrique
en ce moment et qui dans un cadre général, vit depuis prés de cinq siècles,
tenaillée par les continents voisins. C'est le cas de tous ces hommes
et femmes qui ne se rassasient pas d'accumuler incessamment des richesses
au détriment de celui qui en a peu et qui doit encore souffrir de se voir
dépouillé progressivement. C'est encore l'apanage de tous ceux qui, réduits
à l'état animal, ne vivent que poussés par le marché du sexe. En fait,
ces temps modernes qui ont développé l'individualisme et la globalisation,
ont aussi peu à peu réduit l'humanité de la personne humaine. A partir
du moment où chacun vit pour soi, c'est alors la loi de la jungle qui
s'impose. Or quand l'homme arrête de penser à l'autre, il cesse sans aucun
doute d'être homme car l'humain se caractérise par le social c'est-à-dire
par la vie en groupe ; Cela fait partie de sa nature. Cet homme qui cesse
de penser à son semblable, cesse conséquemment de penser à son Dieu, principe
de tout ce qui existe. Il n'est donc plus un être spirituel, il n'est
plus que matériel, il a perdu son humanité.
La
culture religieuse dans ce contexte devrait être le phare qui attire l'attention
et qui indique en permanence la voie des valeurs supérieures et celle
du vrai épanouissement de l'homme. Avec saint François d'Assise, disons
également que l'objectif de cette culture serait de mettre l'amour là
où est la haine, la joie là où est la tristesse, le pardon là où est la
discorde… ; Une culture qui promeut la dignité de tout homme quel qu'il
soit, riche ou pauvre, noir ou blanc, d'une ethnie ou d'une autre. En
somme c'est la culture humanitariste et non narcissique.
Considérer
ainsi la vie religieuse dans son aspect culturel, nous conduit à examiner
la méthode de transmission et d'intégration de cette culture d'autant
plus que nous avons bien vu que la culture ne tient pas des phénomènes
biologiques mais plutôt de l'apprentissage. Deux termes bien usités qui
font partie du champ sémantique de la culture, c'est-à-dire l' "
éducation " et la " formation ", nous servirons de base
pour traiter ce thème de transmission.
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