D. La «Petite famille» ou la famille restreinte

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Comme l’individu ne se définit qu’en tant que membre du lignage ainsi la famille restreinte ne peut se concevoir qu’au sein du clan. Le foyer parental est comme une cellule; il relie toute la parenté à la filière généalogique et donnera lieu un jour à un nouveau sous-clan. Ceci signifie que la famille restreinte existe effectivement, car selon Pierre ERNY, sa fonction biologique et éducative est jugée irremplaçable, mais elle n’est pas par elle-même un support de valeurs essentielles[1]. La famille restreinte, c’est à dire la mère et le père restent toujours les piliers principaux du foyer. Leur tâche est essentielle et ils l’assument à deux. C’est grâce à eux que le milieu familial est l’endroit le plus propice pour la naissance et le développement d’une nouvelle vie[2]. Mais ce foyer ne se conçoit que comme fraction d’un clan, élément constitutif au premier moment du mariage, élément procréateur, générateur de nouveau clan potentiel dès la naissance de la descendance ultérieure[3]. Conformément à l’exhortation des évêques zaïrois aux familles, il est raisonable de soutenir que c’est au sein du clan, qui crée des liens sacrés d’affinité entre les membres issus d’un ancêtre commun, que la famille restreinte trouve son plein épanouissement. C’est au sein d’un tel foyer que l’enfant apprend à vivre les valeurs qui constituent le patrimoine culturel de la société(...). De même en milieu urbain, continue le document épiscopal, la famille africaine devra assumer les valeurs et les richesses traditionnelles de la société clanique[4].

Ainsi donc définie, la famille restreinte joue un rôle socio-historique prépondérant au sein du clan qui nonobstant l’ampleur de sa structure ne l’efface ni ne s’y substitue mais la renforce en lui assurant equilibre et pérenité. Car c’est par elle en tant que canal d’irrigation de la force vitale que le clan, milieu idéal où se déploient les valeurs négro-africaines, se perpetue et se régénère à travers une postérité souhaitée prolifique.

Dans cette section nous tenterons de montrer que la famille restreinte est le milieu nécessaire à l’initiation aux valeurs négro-africaines. Nous y soulignerons d’abord les aspects principaux: son rôle social dans la continuité clanique; la fécondité vue dans la double perspective économique et eschatologique et la notion de l’existence ouverte à l’idéologie vitaliste. Ensuite, nous essayerons de démontrer comment les liens claniques maintiennent leur vitalité en milieu urbain en éclatement et grevé de contraintes socio-économiques.

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[1]           ERNY, P., op. cit., p. 27.

[2]           FAMILLE HEUREUSE, Bulletin de formation familiale de l’archidiocèse de Kinshasa, n° 22, 1991, p. 49.

[3]           VAN BULCK, G., op. cit., p. 57.

[4]           C. E. Z., Exhortation des évêques aux familles, n° 7.