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4. Agents endogènes

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Notre analyse ne serait pas complète si, en dehors des responsables décrits ci-haut, responsables de l’éducation, nous n’en venions pas finalement à l’éduqué lui-même, premier concerné de sa formation.

L’enfant peut en effet rater son éducation comme son examen par sa faute propre, sa nonchalance et sa négligence. Il est la matière première à transformer mais aussi l’agent principal de sa formation. On n’est pas en fait éduqué ni instruit, mais, en quelque sorte, on s’éduque, on s’instruit. C’est autant dire que la vie c’est chacun qui la fait. Ainsi, l’enfant comme matière première, c’est une substance plus au moins malléable, rugueux, difficile à passer au creuset. Acteur de sa transformation, il peut être paresseux et résister au changement. C’est pourquoi,

une éducation véritable ne peut se contenter d’offrir des moyens en vue de fins possibles; elle doit aider l’enfant, le futur adulte, à choisir de bonnes fins; et pour ce faire, elle ne peut éviter d’exercer l’enfant, le futur adulte, au discernement critique qui lui permette de découvrir que tout ne vaut pas, qu’il faut chercher à distinguer - sinon entre le bien et le mal - du moins entre le pire et le meilleur, que le meilleur ne s’impose pas de prime abord[1].

En somme,

l’éducation doit éveiller chez l’enfant, l’adolescent, l’adulte, le goût de parvenir, comme on disait autrefois, à l’excellence. Cette excellence, à chacun de la chercher; à chacun de faire de sa vie un chef-d’œuvre; et si attentionnés que soient les parents, les éducateurs, nul ne peut, tel un potier, façonner celui dont la vocation humaine est la liberté[2].

Face à la restriction voire l’effacement de la responsabilité parentale, face aux contraintes socio-économiques et la négligence de la volonté politique dans son rôle éducatif et face au relâchement quasi généralisé des valeurs essentielles dans la vie sociale et communautaire, les évêques en appellent à la prise de conscience des jeunes eux-mêmes de leur collaboration à l’entreprise éducative.

Sans céder à la loi de la facilité, mettez ce temps à profit pour acquérir les vertus morales et les connaissances intellectuelles nécessaires à une vie utile à la communauté nationale. Au lieu de tout attendre des parents et de l’État, apportez dans la mesure du possible la collaboration nécessaire à votre éducation, aux frais de votre entretien et du fonctionnement de l’école. Cette collaboration peut se réaliser au mieux par la discipline, la conscience professionnelle et le travail manuel à l’école et en famille[3].

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[1]           MOREAU, P., Les valeurs familiales, Paris, Cerf, 1991, p. 40.

[2]           Ibidem, p. 41.

[3]           C.E.Z., L’éducation. Déclaration de l’épiscopat du Zaïre, n° 25.