6.3.
Les conditions d’un engagement perpétuel
Pages: 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 On
ne peut continuer à vivre sa vie toujours dans le provisoire. A un certain
moment, le provisoire cède au définitif même si le définitif est souvent
sujet à des réajustements pour mieux ajouter des nouvelles acquisitions
pour sa propre croissance personnelle. Le provisoire prépare le définitif. Ainsi
en est-il des Instituts de vie religieuse qui demandent à leurs membres,
après un certain nombre d’années en vœux temporaires, de se décider dans
leur option pour un engagement définitif. Ce dernier étant une donation
totale, il exige une prise de conscience lucide et une connaissance effective
de ce à quoi on voudrait donner sa vie et une préparation adéquate. Tout
compte fait, le Christ reste le modèle par excellence, celui qui s’est
donné totalement et complètement pour les hommes et les femmes de ce monde
à travers la volonté de son Père. L’appel
à un engagement définitif se donne comme critères la maturité religieuse,
humaine, intellectuelle… et une grande liberté intérieure du candidat.
Comme le dit bien Renovationis Causam : « il convient
qu’au moment de prononcer ses vœux perpétuels, le religieux soit parvenu
au degré de maturité spirituelle requis pour que l’état religieux, dans
lequel il va s’engager définitivement, puisse être véritablement pour
lui un moyen de perfection et de plus grande charité, et non un fardeau
trop lourd à porter » (no 6). Il
est clair, la décision pour un engagement définitif n’est pas fonction
de nombre des années mais plutôt d’une maturité religieuse. Et chacun
acquiert celle-ci en son temps, selon les grâces que Dieu lui-même accorde
et selon les dispositions personnelles de celui qui est appelé. Cette
maturité religieuse se juge en fonction de l’évolution du candidat. Même
si le temps vécu, par le candidat, durant la vie religieuse depuis la
première profession est assez considérable pour assimiler les exigences
de cette vie, un engagement définitif demande une préparation : lointaine
et immédiate. En même temps que ce moment voudrait souligner la valeur
propre de cet événement, il voudrait aussi donner la chance aux candidats
de pouvoir saisir le sens d’une décision personnelle et d’un engagement
pour la vie. La
préparation lointaine consiste à rappeler les éléments fondamentaux de
la vie religieuse et à rendre le candidat conscient de ces exigences qui
doivent faire l’objet d’un approfondissement dans la prière, l’accompagnement
et l’échange communautaire. Ce temps d’approfondissement de son expérience
personnelle de Jésus-Christ, de sa vie et de sa mission permet au candidat
d’assimiler d’une façon personnelle et responsable sa propre vie devant
Dieu et devant les hommes[1].
Les
besoins du monde et de la société appellent des personnes dévouées pour
la cause de l’humanité. Et cette humanité, comprise comme créature de
Dieu, est objet d’amour de la part des hommes comme Dieu lui-même l’a
aimé. Voir le monde comme Dieu le voit, l’aimer comme Dieu l’aime. Dans
la préparation immédiate, le candidat finalise sa décision et oriente
toute sa pensée et son être vers ce don de lui-même à la manière du Christ.
Il ne s’agit pas d’un cour intensif mais d’un moment privilégié pour encourager
dans un engagement exigeant en rassurant de la présence de celui qui a
« vaincu le monde». L’Instruction
Renovationis causam ne manque pas de souligner que la profession
perpétuelle « soit précédée d’une période de préparation immédiate
d’une certaine durée (tempus satis longum) constituant comme un
second noviciat et dont il appartient au Chapitre général de déterminer
les modalités »[2]. Ainsi,
les maîtres spirituels prendront la responsabilité de « conduire
vers les sources d’eau vive » à travers des exercices spirituels
adaptés, car la préparation à des engagements définitifs doit aider les
jeunes candidats à acquérir la maturité religieuse et à devenir capables
d’assumer la responsabilité de leur mission[3]. La
fin de la formation première n’est pas l’aboutissement du processus. Après
l’engagement perpétuel et le sacerdoce, la formation doit continuer son
processus. Plusieurs Instituts religieux ont déjà introduit le système
de formation continue ou permanente. Elle consiste à assurer à ses membres
un encadrement ou un recyclage sur plusieurs aspects de leur vie religieuse,
spirituelle, humaine et intellectuelle.
La formation continue pourrait constituer un chapitre entier, mais nous
ne la développons pas ici en attendant d’y faire encore des recherches
en vue d’une publication postérieure.
|