6.3. Les conditions d’un engagement perpétuel  

 

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On ne peut continuer à vivre sa vie toujours dans le provisoire. A un certain moment, le provisoire cède au définitif même si le définitif est souvent sujet à des réajustements pour mieux ajouter des nouvelles acquisitions pour sa propre croissance personnelle. Le provisoire prépare le définitif.

Ainsi en est-il des Instituts de vie religieuse qui demandent à leurs membres, après un certain nombre d’années en vœux temporaires, de se décider dans leur option pour un engagement définitif. Ce dernier étant une donation totale, il exige une prise de conscience lucide et une connaissance effective de ce à quoi on voudrait donner sa vie et une préparation adéquate. Tout compte fait, le Christ reste le modèle par excellence, celui qui s’est donné totalement et complètement pour les hommes et les femmes de ce monde à travers la volonté de son Père.

L’appel à un engagement définitif se donne comme critères la maturité religieuse, humaine, intellectuelle… et une grande liberté intérieure du candidat. Comme le dit bien Renovationis Causam : « il convient qu’au moment de prononcer ses vœux perpétuels, le religieux soit parvenu au degré de maturité spirituelle requis pour que l’état religieux, dans lequel il va s’engager définitivement, puisse être véritablement pour lui un moyen de perfection et de plus grande charité, et non un fardeau trop lourd à porter » (no 6).

Il est clair, la décision pour un engagement définitif n’est pas fonction de nombre des années mais plutôt d’une maturité religieuse. Et chacun acquiert celle-ci en son temps, selon les grâces que Dieu lui-même accorde et selon les dispositions personnelles de celui qui est appelé. Cette maturité religieuse se juge en fonction de l’évolution du candidat.

Même si le temps vécu, par le candidat, durant la vie religieuse depuis la première profession est assez considérable pour assimiler les exigences de cette vie, un engagement définitif demande une préparation : lointaine et immédiate. En même temps que ce moment voudrait souligner la valeur propre de cet événement, il voudrait aussi donner la chance aux candidats de pouvoir saisir le sens d’une décision personnelle et d’un engagement pour la vie.

La préparation lointaine consiste à rappeler les éléments fondamentaux de la vie religieuse et à rendre le candidat conscient de ces exigences qui doivent faire l’objet d’un approfondissement dans la prière, l’accompagnement et l’échange communautaire. Ce temps d’approfondissement de son expérience personnelle de Jésus-Christ, de sa vie et de sa mission permet au candidat d’assimiler d’une façon personnelle et responsable sa propre vie devant Dieu et devant les hommes[1].

Les besoins du monde et de la société appellent des personnes dévouées pour la cause de l’humanité. Et cette humanité, comprise comme créature de Dieu, est objet d’amour de la part des hommes comme Dieu lui-même l’a aimé. Voir le monde comme Dieu le voit, l’aimer comme Dieu l’aime.

Dans la préparation immédiate, le candidat finalise sa décision et oriente toute sa pensée et son être vers ce don de lui-même à la manière du Christ. Il ne s’agit pas d’un cour intensif mais d’un moment privilégié pour encourager dans un engagement exigeant en rassurant de la présence de celui qui a « vaincu le monde».  L’Instruction Renovationis causam ne manque pas de souligner que la profession perpétuelle « soit précédée d’une période de préparation immédiate d’une certaine durée (tempus satis longum) constituant comme un second noviciat et dont il appartient au Chapitre général de déterminer les modalités »[2].

Ainsi, les maîtres spirituels prendront la responsabilité de « conduire vers les sources d’eau vive » à travers des exercices spirituels adaptés, car la préparation à des engagements définitifs doit aider les jeunes candidats à acquérir la maturité religieuse et à devenir capables d’assumer la responsabilité de leur mission[3].

La fin de la formation première n’est pas l’aboutissement du processus. Après l’engagement perpétuel et le sacerdoce, la formation doit continuer son processus. Plusieurs Instituts religieux ont déjà introduit le système de formation continue ou permanente. Elle consiste à assurer à ses membres un encadrement ou un recyclage sur plusieurs aspects de leur vie religieuse, spirituelle, humaine et intellectuelle.

            La formation continue pourrait constituer un chapitre entier, mais nous ne la développons pas ici en attendant d’y faire encore des recherches en vue d’une publication postérieure.

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[1] Cf. NGFO, no. 324.

[2] Renovationis causam, n. 35

[3] NGFO, no. 326.