6.2.3. Les jeunes en formation  

 

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Les jeunes qui sont confiés aux soins des formateurs ne sont pas encore parfaits, encore moins des saints. Ils ont déjà vécu certaines expériences qui les ont marqués de l’une ou l’autre façon. Ils sont confiés aux formateurs pour que ceux-ci les aident en leur donnant une « forme » selon l’esprit de l’Institut dans l’Église.

C’est pourquoi beaucoup d’éléments doivent entrer en ligne de compte : la charité, la patience, le dévouement, la compréhension, etc. Les jeunes ont besoins de se sentir aimés et en même temps il faudra leur présenter franchement les exigences de la vie religieuse ; ils ont besoin d’être confrontés à eux-mêmes et aux réalités de la société. Les jeunes ont besoin d’être défiés, mais dans le respect et la charité.

Ce qu’ils attendent, ce ne sont pas des maîtres austères et sévères mais des frères/sœurs aînés responsables, aimants, sincères et vrais avec eux. Décidés à les aider à cheminer dans leur croissance. Des grandes remarques peuvent aussi se donner en un langage fraternel. Même la vérité la plus brûlante, vive, peut être dite d’une façon gentille. La courtoisie est l’intelligence du cœur.

Pour que les jeunes croient aux formateurs, il faudra à ces derniers un véritable souci d’authenticité de vie. L’une des caractéristiques principales de la formation est la confiance réciproque. Elle appelle l’ouverture mutuelle, ainsi la croissance de l’individu se réalise dans des conditions optimales. Le dialogue vrai et sincère est la preuve de cette confiance.

Une autre des attitudes dont il faut se méfier vis-à-vis des jeunes c’est le favoritisme. Apprendre à traiter d’une façon équitable, chacun selon ses capacités, les jeunes en formation. C’est depuis le recrutement que ce favoritisme devra être évité. Il faut apprendre à se référer aux exigences et aux critères de l’Institut adaptés dans le Directoire provincial ou régional de formation.

            Bien que les principes généraux soient les mêmes, tous les jeunes ne se situent pas au même niveau, par conséquent, les formateurs devront faire preuve d’un tact dans l’accompagnement des jeunes pour lesquels un accompagnement personnalisé est de loin recommandé dans la formation. La meilleure façon d’aider les jeunes à se comprendre est de les aider à se connaître les uns les autres, car ils peuvent aussi s’aider les uns les autres. C’est une façon de les responsabiliser.

Les formateurs doivent absolument amener les jeunes à exprimer leurs motivations, ces derniers doivent faire preuve d’ouverture, de franchise et d’authenticité. Ils doivent être vrais. Ceux sur qui les doutes pèsent régulièrement doivent être aidés à s’orienter ailleurs, après un discernement dans lequel ils ont été eux-mêmes intéressés, plutôt que de les faire attendre, car on leur perdrait un temps précieux et on ne rendrait pas service au groupe.

            Sans en faire une règle générale, l’expérience montre que la plupart de ceux qui deviennent des personnes à problèmes dans la vie religieuse sont ceux sur qui on a eu assez bien des doutes mais que l’on a cherché à aider en leur donnant une chance d’examiner leurs motivations et de croître selon les normes de la vie religieuse. Assez souvent ces hésitations dans des maisons de formation pour une décision responsable trahissent une certaine crainte dans le jugement.

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