6.2.2.
La vie communautaire et travail en équipe
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vie communautaire constitue une des valeurs fondamentales de la vie religieuse[1]
et d’une façon particulière de celui qui s’engage dans le ministère de
la formation. La communauté de vie joue un rôle privilégié dans la
formation, quelles qu’en soient les étapes. Et la formation dépend en
grande partie de la qualité de cette communauté[2].
Elle est un témoignage de l’unité dans l’esprit pour une action commune.
A l’exemple de la communauté des disciples, c’est le Christ qui les a
rassemblés pour leur confier cette mission. Ce qui est demandé aux formateurs,
en premier lieu, n’est pas simplement d’habiter sous un même toit, mais
d’abord d’être convaincus de se donner au même ministère comme corps missionnaire.
La
communauté n’est pas seulement une structure extérieure qui facilite la
fidélité à l’appel de Dieu ; elle est un élément constitutif de la
vocation chrétienne… Notre formation s’accomplit dans une fidélité active
à l’Eglise et à notre vocation communautaire, religieuse et apostolique[3]. C’est
grâce à la complémentarité de leurs talents et de leurs compétences que
les formateurs seront capables de remplir le ministère que leur confie
l’Eglise à travers les responsables de leur Institut. La vie communautaire
est d’abord une unité d’esprit et de cœur, un partage d’idéal. Bref, une
mission commune. Cette
unité d’esprit facilite la collaboration et la compréhension, l’amour
et le support mutuel. C’est ainsi que la communauté de formation devient
une communauté apostolique dont « le succès dépend de la collaboration
de tous ». Les membres (formateurs) portent une responsabilité devant
l’Eglise et devant les jeunes dont ils ont la mission d’accompagner vers
leur maturité humaine, spirituelle et religieuse. Les jeunes s’intéressent
à leur style de vie, ils sont plus attirés par les exemples de leurs formateurs
que par des harangues, doctes soient-elles. C’est
pour cela que le ministère de formateur est un ministère exigeant, car
le formateur sera appelé à un esprit d’abnégation, à se contrôler et à
s’imposer certains sacrifices. Il s’agit de se faire à sa nouvelle communauté
qui oblige maintenant une
(re) construction à partir des richesses et des différences qu’apportent
les membres. Les préalables pour la formation d’une telle communauté sont :
l’amour mutuel, la confiance, la compréhension, la vision commune, l’esprit
de pardon et d’encouragement. L’unité
de la formation exige l’unité entre les formateurs. Si la communion qui
s’établit entre eux est sincère et profonde, tout le groupe apparaîtra
comme une icône de l’unité. Puisque dans les formateurs, les jeunes veulent
trouver un point de référence, de repère, les formateurs devront donc
s’éloigner autant que possible de tout antagonisme, toute sorte de rivalité,
de prestige et ambition personnels, du désir de faire triompher leurs
propres idées en vue de les imposer aux autres[4].
Des bonnes relations entre formateurs dépendront aussi en grande partie
de la cohésion et de la bonne formation des jeunes. Une
communauté doit être formatrice, mais elle ne sera telle que dans la mesure
où elle permet à chacun de ses membres de croître dans la fidélité au
Seigneur selon le charisme de l’Institut. Pour cela, les membres doivent
avoir clarifié ensemble les raisons d’être et les objectifs fondamentaux
de cette communauté [5].
Le ministère de formation est un ministère de guide. Il faudra, à tout
prix, éviter des attitudes paternalistes et envahissantes qui n’aident
pas l’éclosion des initiatives, et les jeunes peuvent rechercher à quitter
au plus vite la communauté pour s’affranchir de cette ombre gênante qu’ils
repousseront, à l’avenir, comme « L’odeur du Père ».
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Cf. Vita Consacrata, n°67 [2]
Potissimum institutioni, n. 26. « S’il existe, sous la
responsabilité du responsable de formation, une équipe formatrice,
les membres doivent agir en accord, vivement conscients de leur commune
responsabilité. Sous la conduite du supérieur, qu’ils soient en étroite
communion d’esprit et d’action et forment entre eux et avec ceux qu’ils
ont à former une famille unie », n. 32. [3]
nGFO,
nos. 30-31. [4]
Cf. f. ciardi, “Il
processo di unificazione interiore : aspetti formativi” dans
Unità di vita e formazione religiosa, Roma, ed. Rogat,
1986, pp. 125-149 [5]
Potissimum institutioni, n.27 |