6.2. De la formation première  

 

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Nous entendons par formation première cette période de la formation du jeune religieux qui s’étend du noviciat jusqu’à sa première obédience par le Supérieur général. Cette étape est déterminante dans le processus de la formation du jeune, car c’est pendant cette période qu’il est supposé acquérir une maturité voulue pour continuer son cheminement religieux. Pendant cette étape, les formateurs et les formandi font chemin ensemble dans une ouverture et une confiance réciproques.

Les attentes des formandi, des formateurs et des responsables de l’Institut sont immenses, car la formation doit pouvoir répondre aux exigences de la vie religieuse et de l’engagement de l’Institut religieux dans l’Eglise et dans la société. Fernand Jetté, ancien Supérieur général des Oblats, attendait de la formation : des hommes qui ont une réelle consistance intérieure et maturité humaine ; des hommes qui ont vraiment opté pour Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié, en vue de se consacrer à sa mission de salut, et qui le connaissent déjà suffisamment ; des hommes qui ont compris et accepté les renoncements inhérents aux trois vœux (chasteté, pauvreté, obéissance), et qui sont capables de les porter dans la paix, l’amour et la joie ; des hommes sensibles aux appels des pauvres et décidés à donner leur vie pour eux, en communion intime avec l’Eglise et la Congrégation ; des hommes qui ont choisi un service des pauvres qui se situe clairement dans la ligne de l’évangélisation et qui tend toujours, même s’ils ne peuvent pas le réaliser immédiatement, vers l’annonce explicite de Jésus-Christ et la célébration du salut en communauté ecclésiale et à travers les sacrements; des hommes qui, au plan philosophique et théologique, possèdent une solide base doctrinale[1].   

C’est tout un programme. Nous sommes déjà aux résultats escomptés d’une formation première qui permette aux bénéficiaires de s’armer pour leur mission auprès de ceux dont ils ont la charge. Et nous avons dit que le formandus lui-même et le formateur jouaient un rôle important dans ce processus. Il nous faudra ajouter aussi que tout l’environnement, le milieu et les personnes y sont aussi impliqués de l’une ou l’autre façon car la formation entend s’ouvrir à toutes ces réalités.

            Dans ces lignes qui vont suivre, nous allons tenter de proposer le modèle de formateur et sa propre formation qui devra lui permettre d’être garant de celle des autres ; la vie communautaire qui devra permettre la croissance et l’avènement de chacun ; la relation qui devra aussi exister entre les formateurs et les formandi ; la cohésion et le genre de collaboration entre les formateurs des différentes étapes de formation.

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[1] f.  jette, Le missionnaire Oblat de Marie Immaculée, Rome, Maison générale, 1985, pp. 209-216.