Conclusion  

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Dans ce dernier chapitre, nous avons voulu cerner les problèmes de la formation religieuse aujourd’hui. La formation étant une initiation, elle tient compte du programme, de la méthodologie et surtout de ceux et celles qui vont profiter de ce programme.

Nous avons d’abord souligné la nécessité d’organiser des étapes appropriées pour assurer une formation qui aide les jeunes à intégrer les réalités de la vie religieuse. La formation des formateurs eux-mêmes s’avère comme une nécessité, car ils doivent être préparés pour assurer leur mission. Le ministère de la formation se réalise dans une communauté de vie où l’unité entre les formateurs et les formandi créé une ambiance propice à la formation. Il n’était pas inutile de souligner aussi la nécessité de la collaboration entre les différentes étapes de formation en vue d’assurer un suivi des jeunes en formation.

 Dans le processus de la formation première, les vœux perpétuels apparaissent comme un moment important pour le jeune, car cette décision appelle sa maturité, sa détermination dans la sequela Christi. Ce moment important doit être préparé avec soin dans un accompagnement personnalisé par des personnes avisées, car il s’agit d’un engagement pour la vie. C’est pourquoi, les accompagnateurs indiqués et les jeunes eux-mêmes doivent se sentir responsables et collaborateurs dans ce cheminement.

Dans la suite, nous avons fait la proposition de revisiter nos programmes de formations en cherchant à les adapter, et même de créer des nouvelles méthodologies capables d’aider à la croissance des jeunes.

Puisque l’étude des programmes et son adaptation demandent une intelligence, un courage et une fidélité créatrice, nous en avons appelé à une lucidité et à une équipe appropriée.  Pour assurer une meilleure formation à nos jeunes, nous avons trouvé qu’un accompagnement personnalisé de chaque jeune permettait de mieux le connaître et par conséquent de mieux l’aider dans son processus formatif. Mais dans ce processus, la confiance mutuelle doit être un élément-clé, non négligeable.

Parlant de la formation en Afrique, nous avons pensé que des éléments de la pratique de l’initiation traditionnelle pouvaient  être intégrés dans ce processus de formation. Dans l’initiation traditionnelle, le jeune était appelé à grandir à travers des épreuves et un enseignement sur les valeurs de la société ; à se convaincre que cette croissance de lui-même devait être au service de la famille et de la société ; ainsi sa préparation visait l’intérêt de la famille et de la société, et non seulement les siens personnels.

En intégrant ces aspects dans la vie religieuse, nous avons relevé que la réclusion donnait au jeune religieux la chance de vivre ses rencontres personnelles avec Jésus-Christ, et l’éducation des sens portés vers le bien de la société sera élargie à tous ceux qui partagent la même foi et la même espérance, au peuple de Dieu dans son ensemble.

En place d’une force musculaire au service de la violence, elle peut être récupérée pour le service de la société. Les jeunes ont une énergie capable de transformer la vie de la cité si on sait bien la canaliser. La sexualité orientée vers une fécondité sociale procure une joie dans ce genre de dévouement du tout à tous. L’éducation à l’obéissance et à l’écoute non seulement les anciens mais aussi de soi-même dispose à l’obéissance religieuse et à l’écoute de Dieu et des autres.

La personne humaine est capable d’une évolution positive et harmonieuse. Mais pour réussir de tels hommes ou de telles femmes, il faut des maîtres assidus, dévoués et conscients de leur ministère. C’est le vide physique et psychologique autour des jeunes qui fait qu’ils s’adonnent, sans guide, à des occupations qui procurent un plaisir trop facile. Un jeune abandonné à lui-même est capable de se perdre dans cette société où chacun façonne les valeurs à son goût.

            L’effort qui est demandé aux jeunes est aussi requis des maîtres que les formateurs représentent dans une maison de formation religieuse. Pour qu’une évolution soit harmonieuse, elle doit être communautaire. « Une réalité isolée est laide », disait le père Spidlik. Et une vie communautaire, dans la vie religieuse, appelle la grande capacité de connaissance mutuelle, de compréhension et de complémentarité de dons. Chacun doit se convaincre d’apporter du sien. La communauté n’est pas un « déjà-là », mais on la bâtit. Elle est le fruit d’une mise en commun des valeurs de personnes, aidée par l’Esprit.

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