6.4.3. Les Supérieurs majeurs et les évêques  

 

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Comme mission de l’Eglise, le ministère de la formation est confié aux formateurs par le supérieur attitré : le supérieur religieux ou l’évêque diocésain. Le formateur est donc le représentant de celui-ci dans une maison de formation; car le supérieur/évêque ne saurait être lui-même dans une maison de formation, et le formateur n’accomplit pas non plus sa propre mission individuelle ou personnelle. Cette façon de voir les choses donne la chance à chacun d’être redevable à l’un et l’autre. Ce qui nécessite donc un capital de confiance et de support de la part de chacun.

Étant donné que les formateurs sont ceux qui sont plus proches des jeunes dans des maisons de formation, ils sont supposés mieux les connaître en vue de les présenter au supérieur/évêque pour les étapes suivantes de leur cheminement. Cette subsidiarité les oblige à plus de devoirs.

Ce qui est demandé aux formateurs c’est de prendre leurs responsabilités à cœur, comme il se doit ; mais aussi de présenter et de discuter avec le supérieur majeur/évêque le programme de formation qu’ils ont mis en route; et ils doivent attendre du supérieur majeur/évêque des remarques appropriées qui appuient, corrigent et aident à la mise en pratique de ce programme.

Dans ces relations de travail, de collaboration et de fraternité, les supérieurs majeurs/évêques savent que leur autorité est un ministère au service du peuple de Dieu, et que ce service est entre autres celui d’assurer l’avenir en promouvant la formation des cadres tant laïc qu’ecclésiastique. Ainsi, la formation des candidats à la vie religieuse ou au sacerdoce requiert leur attention.

Tout en étant les premiers responsables de la formation dans leur diocèse ou Province, l’Ordinaire du lieu ou le supérieur majeur sont appelés à constituer des comités de formation qui devront prendre des initiatives, sous leur responsabilité, pour l’organisation et le développement des programmes de la formation. Il convient qu’ils appuient et soutiennent ces initiatives.

Il serait aussi profitable, au niveau de la province ou du diocèse, d’avoir différentes organisations de formateurs mais qui travaillent en se consultant. Nous pensons ici au comité provincial de formation, au comité des formateurs (de toutes les étapes), et même à un comité intercongrégationnel. Ces organisations auraient comme fonction la coordination des programmes et d’une politique de formation, et aussi le soutien des équipes de formation.

Il aurait été important, dans cette section, d’étudier aussi les vœux de religion tels que les Africains les conçoivent en partant de leurs cultures et traditions. La chasteté comme fidélité à son épouse et le célibat comme état réservé à celui qui est appelé pour une mission spéciale et particulière dans la cour auprès du roi ou du chef ; la pauvreté comme partage, extension de la solidarité ; et l’obéissance comme respect dû aux parents et aux aînés.

            Mais tous ces aspects mériteraient un développement important. Il y a déjà quelques travaux qui introduisent la réflexion sur cet aspect.  Nous  pensons spécialement aux publications des pères Matungulu Otene, sj et Jean Bosco Musumbi[1], o.m.i,  sur l’inculturation de la vie religieuse en Afrique qui pourront contribuer énormément et ouvrir des pistes qui nous permettent d’incarner la vie chrétienne et religieuse sur la terre africaine. Il y a une richesse dans la tradition africaine que nous n’avons pas encore suffisamment exploitée pour la mettre au service de la vie religieuse et missionnaire.

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[1] Jean-Bosco Musumbi, o.m.i, chercheur dans le domaine de la spiritualité et de l’inculturation de la vie religieuse en Afrique, anime de nombreuses sessionssur le thème. Il a publié des brochures suggestives entre autres Religieux africain de l’an 2000. Problèmes et urgence, Kinshasa, Baobab, 1994, où il développe les « Dix fidélités au Christ ».