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MISSION ET SAINTETE EN AFRIQUE DANS LA PERSPECTIVE DE LA COMMUNION MISSIONNAIRE

( Domenico Arena )
SOMMAIRE...........................................................

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CONCLUSION

Notre voyage, partant des sources du fleuve de la communion missionnaire, est arrivé à admirer sa large embouchure pleine d'eau de vie qui se déverse dans la mer du monde. C'est un voyage qui correspond aux deux pôles de la communion missionnaire, la localisation, quelque part, dans un endroit précis, et sa vocation universelle, ouverte à l'infini, à savoir la fraternité universelle de l'humanité. Ce voyage le long du fleuve a été accompagné par la Parole de Dieu qui est ‘ Parole de vie' (Ph 2,16). Comme telle, elle a dévoilé d'autres énergies missionnaires au point que plusieurs textes de l'Ecriture, autres que ceux de la tradition missiologique, sont devenus dignes, grâce à ce fleuve, d'être intégrés dans le discours et la pratique de la mission. Au long du parcours sur ce fleuve de la communion missionnaire nous avons pu constater comme l'Eglise d'Afrique aussi a y déversé ses vivaces rivières - quoique on a pu s'intéresser presque seulement à une partie de sa production théologique surtout en langue française – pour gonfler ses eaux, épousant ainsi sa visée.

C'est le moment alors de remercier le Seigneur pour avoir donné l'idée d'organiser ce colloque sur sainteté et mission dans le cadre de la Chaire Cardinal Malula et à l'occasion du jubilé d'argent de L'Institut Saint Eugène de Mazenod. Son émanation, qu'est l'Institut Africain des Sciences de la Mission , en doit en être comblé parce que l'ensemble des interventions peuvent nous aider à incorporer davantage l'énergie apostolique de la sainteté dans notre engagement missionnaire pour la mettre convenablement au service de l'Eglise et du monde.

Même la présente intervention sur la sainteté et la mission dans la perspective de la communion missionnaire, en enlevant toute réserve à que leur intégration soit pratiquée, postule, de surcroît, la nécessité auprès des chrétiens d'un projet de sainteté en harmonie avec la communion en vue d'une mission spirituellement, humainement et politiquement féconde, soit pour ceux qui la font, soit pour ceux qui la reçoivent.

Le Concile Vatican II, surtout grâce à sa prise de conscience innovatrice, selon laquelle soit l'Eglise que sa mission étaient des émanations venant De Trinitate , avait fini pour attacher la communion à la mission, et vice-versa, d'un lien indissoluble. Il ouvrait ainsi le sentier de la communion missionnaire devenue en suite une route large et sûre par le magistère de Jean-Paul II. Il fallait alors essayer d'y admettre sur cette route aménagée la sainteté et la y conjuguer.

Ce c'est qu'on a tenté de faire avec cette intervention. Laquelle, ayant offert l'opportunité de consolider des points de vue sur la communion missionnaire, en a dévoilé d'autres. Comme par exemple le rôle décisif de médiation que la vie consacrée et l'Eglise d'Afrique sont appelées à y exercer, chacune à sa manière, au sein de l'Eglise universelle et envers l'humanité.

Pourtant, à la fin de ce travail, qui parfois m'a surpris justement à cause des perspectives et des implications nouvelles qu'il ouvrait, on peut retenir certains acquis.

Tout d'abord, on peut saisir, à part les autres définitions qui se sont explicités tout au long du travail, que la communion est une vie à vivre et à témoigner, une ambiance à créer, un don de Dieu à accueillir, de même nature que le salut, la paix et la réconciliation.

Puis, il est de constater que sainteté et communion missionnaire peuvent et sont appelées à coexister pour l'épanouissement et l'accomplissement heureux de la mission de l'Eglise.

En suite, il est de prendre acte que soit la sainteté que la mission, dans la perspective de la communion, s'enrichissent mutuellement et fournissent des potentialités nouvelles favorables à la foi et à l'avancée spirituelle de chaque chrétien, ainsi qu'au témoignage du Christ que l'Eglise doit présenter face au monde. La communion missionnaire fait, d'une certaine façon, revivre Dieu parmi nous donnant un dynamisme divin à la mission. Pour cela, elle est le lieu théologique où la Missio Dei et la Missio Ecclesiae , finissent pour s'unir harmonieusement.

Par après, il est de remarquer que ce binôme de mission et sainteté, unifié par la communion missionnaire, peut interagir positivement avec l'humus culturelle de l'Afrique. Dans ce sens, cet ensemble théologique et spirituel qu'est la communion missionnaire, soutenant et développant la sainteté, peut offrir à l'Eglise d'Afrique, déjà disposée à la faire sienne, une orientation inculturée l'aidant à parachever l'évangélisation du Continent. En effet, la communion missionnaire faisant de l'amour ‘ le moteur unique' de la mission, et donc de la sainteté et de la communion (cf. RM 60), unifie en celui-ci les principales voies que la mission, d'après Redemptoris missio et Ecclesia in Africa , doit poursuivre: annonce, témoignage, dialogue, inculturation, promotion humaine et autres. Dans ce sens aussi, l'ouverture universelle propre à la communion, en direction géographique ou démographique qu'elle soit, n'est pas à négliger pour que l'Eglise d'Afrique soit promotrice de l'unité continentale. Ce qui serait, de l'avis de beaucoup, le premier objectif à concrétiser pour résoudre de façon substantielle les problèmes endémique de l'Afrique.

En définitive, l'Eglise d'Afrique d'aujourd'hui, par la communion missionnaire, revient et réactualise des intuitions célèbres de ses ancêtres chrétiens, les Pères africains. Elle renoue avec Saint Cyprien qu'en indiquant l'Eglise comme ‘ le peuple uni de l'unité du Père et du Fils et de l'Esprit Saint  ‘ appuyait l'ecclésiologie de communion de Vatican II (LG 4). Elle renoue, par ce texte cité par Benoît XVI, avec Saint Augustin qui écrivait : « Tu vois la Trinité quand tu vois la charité » (DCE 9). Elle renoue avec le contenu d'une Homélie africaine du VI siècle, pour la Pentecôte , qu'on trouve dans le deuxième tome de la Liturgie des Heures. Après avoir affirmé que dans l'Eglise, remplie et rassemblée par le Saint-Esprit, ‘ c'est son unité qui parle toutes les langues' il est dit : «  Célébrez donc ce jours comme étant les membres du Corps du Christ dans son unité. Ce n'est pas en vain que vous le célébré, si vous célébrez ce que vous étés… Vous étés établis dans toutes les nations, vous étés donc l'Eglise du Christ, les membres du Christ, le corps du Christ, l'épouse du Christ. Et l'Apôtre vous dit  : Supportez-vous les uns les autres avec amour ; rassemblés dans la paix, ayez à cœur de garder l'unité dans un même Esprit '. Remarquez–le : lorsqu'il vous a prescrit de vous supporter les uns les autres, il a proposez l'amour ; lorsqu'il a nommé l'espérance de l'unité, il a indiqué le rassemblement dans la paix. Telle est la demeure de Dieu, bâtie avec des pierres vivantes ; le père de famille se plaira à y habiter, car l'écroulement causé par la division ne doit pas blesser ses regards  ».

A part ces acquis et harmoniques, ce travail a aussi fait ressortir quelques lignes de la typologie de la sainteté qui découle de son intégration à la communion missionnaire. Cette typologie, en mettant en évidence plusieurs éléments tout à fait évangéliques, rapproche la sainteté de la communion missionnaire à celle du Christ lui-même. Cette sainteté si solidement christique peut être adaptable à tout chrétien baptisé, mais aussi aux hommes de bonne volonté qui sont ouverts, par leur culture et leur religion à la fraternité universelle. De ce fait, la communion missionnaire dilate énormément la participation des forces vives de l'Eglise à sa mission et elle présente également à celles-ci les portes grandes ouvertes de la sainteté dans toutes ses prérogatives ascétiques et mystiques.

Parvenu à la fin de ce travail, ma pensée va vers le prof. Giovanni Santolini dont le décennal de sa mort en était aussi une cause. Je pense qu'il serait content de constater que la communion missionnaire, qu'il a essayé de vivre et de promouvoir parmi nous, se prête à des approfondissements capables de susciter un nouvel élan missionnaire pour communiquer au monde le salut, l'amour de Dieu, en Afrique et ailleurs. Sans doute, il les encouragerait, lui qui croyait en Dieu communion d'amour et en l'homme en tant que candidat à telle communion. Avec lui, il nous revient de les faire prière à confier aux mains de la Vierge Marie. Elle, est déjà regardée par le peuple de Dieu, d'Afrique et d'ailleurs, comme ‘l'Etoile de l'évangélisation' . Elle peut donc bien continuer à briller sur l'humanité aussi comme la Mère de la Communion , modèle lumineux de communion missionnaire. Ainsi, elle l'accompagnera à la plénitude de la fraternité universelle sur « La voie royale d'un avenir de vie et de témoignage » (RDC 29), qu'est la communion missionnaire. Laquelle est effectivement une voie divine de vraie sanctification et d'apostolat fructueux puisque est la même voie suivie par le Christ lui-même. Lui en qui, tous les êtres crées, par son Esprit, peuvent vivre en communion avec Dieu le Père et entre eux.

P. Domenico Arena, omi

 

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