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MISSION ET SAINTETE EN AFRIQUE DANS LA PERSPECTIVE DE LA COMMUNION MISSIONNAIRE

( Domenico Arena )
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Domenico Arena

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INTRODUCTION

Chers amis ici présents, je vous salue bien, tout en vous souhaitant que ce colloque fasse grandir en nous l'esprit missionnaire et le désir de sainteté : deux réalités que le passé nous a presque habitué à voir séparées si non opposées, mais qui sont dignes d'être considérées complémentaires l'une à l'autre parce que toutes les deux sont profondément liées à notre vocation baptismale, concourant ensemble à l'avènement du Royaume de Dieu parmi nous.

Peut-être que l'intitulé de cette intervention, «  Mission et sainteté en Afrique dans la perspective de la communion missionnaire» , pourrait étonner certains des auditeurs surtout en entendant l'expression «  communion missionnaire  ».

Il peut y avoir des personnes qui n'ont jamais eu l'occasion d'entendre cette expression et ils peuvent légitimement se demander si cela est un néologisme inventé par quelqu'un épris de catholicité ou bien de philanthropie universelle, ou si, par contre, elle est une locution propre au magistère de l'Eglise, pouvant synthétiser toute une visée missiologique, et donc missionnaire, capable de corroborer la mission de l'Eglise dans l'aujourd'hui du monde.

Un autre étonnement pourrait se produire chez d'autres quant à la liaison que l'intitulé postule entre sainteté et communion. Cela parce que la sainteté a été souvent perçue comme une démarche plutôt intérieure évoluant sur un chemin d'ascèse et de mystique, fruit d'un engagement tout à fait personnel. Celui-ci devant porter surtout à une union intime avec Dieu, plus qu'à celle avec ses propres sœurs et frères de la même communauté, par exemple. Pourtant, la sainteté semblait rester un petit peu étrangère à la dimension communautaire, qu'on reconnaît, tout de même, essentielle à la vie chrétienne, en tant que localisation, justement, d'une esprit de communion. De ce fait il y avait de ceux qui pouvaient estimer que la sainteté se conjuguait difficilement avec la communion.

Cet exposé donc voudrait essayer de renforcer la conviction que mission et sainteté sont strictement liées l'une à l'autre dans l'accomplissement du plan de Dieu sur l'humanité et sur la création qui consiste, du reste, dans le rassemblement de tous le peuples dans la communion d'une fraternité universelle et dans l'unification de toutes choses en Christ.

Ainsi, par cette vision de foi, il sera possible de voir comment mission et sainteté peuvent se marier, avec encore plus de succès, dans le cadre de la communion missionnaire, préconisée par l'Eglise enseignante.

L'enjeu de cet approfondissement à la lumière de la communion missionnaire se profile bien intéressant à mes yeux. Il réside surtout dans le fait que la communion missionnaire, assumée comme orientation inspiratrice de la mission et comme principe d'action guidant le chemin de chacun vers la sainteté, est censée concourir plus explicitement et, on peut le croire, plus efficacement à la communion des personnes humaines avec Dieu et entre elles. Ce qui est l'aboutissement théologique, et donc la véritable eschatologie de tout l'agir missionnaire de l'Eglise et, j'ajouterais, l'humus, ainsi que le fruit, d'une authentique sainteté qui introduit dans la Communion des Saints, terrestre et éternelle.

L'éclairage et les stimulations que cet essai pourrait apporter à un niveau général auraient encore plus de valeur pour l'Eglise qui est en Afrique. Cette Eglise qui s'élève sur des peuples dont la culture est fortement imbue d'esprit communautaire et que tout africain se plait de l'appeler, sans démordre d'enthousiasme, encore aujourd'hui, du titre de Famille de Dieu .

Ainsi, je vais vous accompagner aux sources de la communion missionnaire puis on la suivra, si peu qu'il soit, dans son parcours, ailleurs et en Afrique, pour en suite la décliner avec la sainteté.

Ce travail est motivée par le désir de correspondre au défi lancé par Jean Paul II, de bienheureuse mémoire, dans Novo millennio ineunte , là ou il dit : «  Faire de l'Eglise la maison et l'école de la  communion: tel est le grand défi qui se présente à nous dans le millénaire qui commence, si nous voulons être fidèles au dessein de Dieu et répondre aussi aux attentes profonde du monde…Avant de programmer des initiatives concrètes, il faut promouvoir une spiritualité de la communion, en la faisant ressortir comme principe éducatif où sont formés l'homme et le chrétien, où sont éduqués les ministres de l'autel, les personnes consacrées, les agents pastoraux, où se construisent les familles et les communautés  » (NMI 43).

Cet essai je le consacre cordialement à notre frère Giovanni Santolini, prêtre Oblats de Marie Immaculée, mon compagnon de scolasticat et d'études de missiologie, qui nous a quitté si précocement. Je le lui offre en hommage, car le cher Giovanni, par l'exemple de sa vie, semble avoir montré un reflet de sainteté bien en phase avec notre sujet. La recherche et la construction de la communion avec ses frères et sœurs, d'Afrique et d'ailleurs, comme maints témoignages l'attestent, étaient au cœur de son engagement religieux et sacerdotal. Et cela, qui était comme l'idéal de sa vie, a fait de lui une personne bien avancée dans la sainteté qu'il témoignait justement étant acteur, dans l'Eglise, de communion et de mission, au service, donc, en quelque sorte, de la communion missionnaire.

Ce faisant, je veux exprimer ma reconnaissance à celui qui a été la cheville ouvrière de la fondation de l'Institut Africain des Sciences de la Mission qui, en synergie avec l'ISEM, fêtant son jubilé d'argent, parraine ce colloque.

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