Nous sommes le 12/12/2018 et il est 06h05 TU+2 - "L'Eglise attend de vous tous un puissant secours dans sa détresse" (Eugène de Mazenod, 1823)

Prière: soif et recherche de Dieu

Avoir faim et prier longuement: foi ou vaine consolation?

Maison provinciale OMI Haïti(Rome 23.01.2010) - La foi chrétienne qui anime la plupart d'entre nous demeure une réalité mystérieuse. Je suis resté en émerveillement voyant les Haïtiens et les Haïtiennes chanter, danser, prier, louer Dieu en plein chaos causé par le violent séisme du 12 janvier 2010. S’agirait-il d’une vaine consolation ou plutôt d’une puissante énergie intérieure qui pousse à agir irrésistiblement et ouvre l’être humain à l’essentiel de la vie? Peut-être ces mots d’un confrère de Port-au-Prince, la capitale haïtienne détruite par le séisme, aideront-ils à répondre intérieurement ou mieux dans le silence du cœur à la question que je viens de me poser: «nous avons tout perdu sauf notre foi en Dieu, source de notre vie». Ce langage n'a de sens que pour la personne qui a fait l'expérience de Dieu. Rien ne peut la séparer de l'amour du Christ.

Les fêtes de fin d'année 2009 vécues dans mon pays natal m'ont poussé à m’interroger sur le phénomène «veillée de prière» à Kinshasa. En effet, la nouvelle religiosité et les églises dites de réveil insistent sur les veillées de prière à jeun, afin d'obtenir les grâces dont on a besoin. Et les besoins les plus fréquents sont, entre autres, l'argent, le mariage, le travail, la nourriture, des visas pour l'Europe ou l'Amérique du nord. Malheureusement, très peu voient leur prière exaucée. «Ventre affamé n’a pas d’oreilles», dit-on. Les gens continuent à se mettre à plat ventre devant leurs pasteurs. Quel plaisir y a-t-il à se priver de nourriture lorsqu'on n'en a pas assez et à prier pendant des heures et des heures sans obtenir la nourriture recherchée! Même quand la faim continue à ronger et que les enfants ne cessent de pleurer, on se contente d'avoir participé à la quête en donnant au pasteur le peu de sous qui serviraient à s'acheter de quoi mettre sous la dent. Telle attitude frise la naïveté et l’irresponsabilité personnelle.

Que faire face à cette situation où beaucoup de gens croient que Dieu ferait tout à leur place? Ma tentative de convaincre un jeune couple à prier moins et à s'occuper plus de ses trois enfants qui n'ont pas pu avoir un petit jouet de Noël n'a abouti qu'à une discussion stérile sur des versets bibliques. Je lui demandais de bien prier et brièvement, afin de prendre soin de ses enfants affamés et qui payent d’ailleurs difficilement leurs frais de scolarité. Dieu n'a pas d'autres mains que les nôtres. Quelle confusion d'esprit! Les intellectuels n'en sont pas épargnés surtout en ce temps où le chômage déstabilise des familles entières. On croit facilement aux miracles télécommandés! Comme cela arrive le plus souvent, l’insatisfaction ne tarde pas à les plonger dans le désespoir.

J'ai simplement envie de redire à mon peuple: soyons réalistes et construisons l'avenir par le travail de nos mains. «Aide-toi, le ciel t'aidera», dit un adage. Bien curieusement, la tendance aujourd'hui est de croiser les bras et d’attendre la manne qui pourrait tomber du ciel. L'Evangile dit pourtant: «Cherchez plutôt son Royaume, et cela vous sera donné par surcroît» (Luc 12:31). Tel est le verset biblique sur lequel mes interlocuteurs s'appuyaient fortement pour justifier leur persévérance dans les veillées de prière à jeun. Il reste cependant à identifier ce Royaume et à se conformer à la volonté divine. La foi demeure une réalité mystérieuse. A nous la mission d’aider à clarifier les motivations et à cultiver une adhésion authentique à Celui qui est, qui était et qui vient.

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Dieu dans le brouhaha de longues célébrations

(Kinshasa 11.04.2010) - Eh oui, c’est le temps pascal. Il est vivant! Il est ressuscité! Et nous avec lui. Qui? Jésus. C’est de lui que je voudrais parler en ce deuxième dimanche de Pâques ou de la miséricorde divine. Et pourquoi? Simplement parce que des hommes et des femmes, adultes et enfants de plus en plus nombreux envahissent les églises de Kinshasa de manière impressionnante: ça chante, ça danse, ça crie. Et quand revient le calme je me dis: «Il était là au milieu d’eux» Tam-tam africain(Jean 20:19). Mais qui l’a reconnu? Il y a tant de bruits qu’il est difficile d’écouter la voix secrète du coeur. Fallait-il encore qu’il montra ses mains et son côté pour y croire. Certains chrétiens se nourrissent de sa parole, d’autres essaient d’y noyer leurs chagrins! Parfois, je les vois rentrer chez eux tristes, découragés, souriants pourtant.

La passion de jouissance qu’est la tristesse souvent remarquable montre combien l’engouement pour la prière est pour bon nombre de personnes une gigantesque entreprise de défoulement bien qu’elle soit, au plan spirituel, une passion qui aide à s’affliger et à s’éloigner du mal présent. Entendons par tristesse: «État affectif pénible, calme et durable; envahissement de la conscience par une douleur, une insatisfaction, ou par un malaise dont on ne démêle pas la cause, et qui empêche de se réjouir du reste». Air triste d’une personne, c’est «l’attitude abandonnée, traits affaissés, regard sans éclat…». Cette attitude qui est le contraire d’allégresse, de gaieté, d’enjouement, d’entrain, de joie n’est-elle pas loin d’une vraie expérience de la rencontre de Dieu? Jésus leur dit: «La paix soit avec vous! (…)Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur», nous dit Jean l’évangéliste.

Preuve d'authentique union à Dieu, la joie est l’une des manifestations de l’amour. On ne peut ni la produire ni la vouloir, car elle est un “fruit” et un don. En effet, la joie dont nous parlons n’est pas celle qui est causée par un objet de satisfaction extérieur à soi. Au contraire elle “vient de la communion avec Dieu et avec d’autres hommes, elle n’a rien à voir avec un enthousiasme superficiel, la griserie ou l’euphorie. Elle n’est pas surtout dans le sentiment, elle saisit l’homme tout entier, ses souffrances inclusivement. Elle ne se manifeste pas non plus en premier lieu dans le sentiment du moi, elle embrasse les autres hommes, elle est une expérience sociale” ( MULHEN H.). Tel est le témoignage éloquent que le monde d’aujourd’hui attend de ceux et celles qui pratiquent la prière. Le chrétien authentique «sent brûler dans son cœur la passion pour la sainteté de Dieu et, après avoir accueilli sa parole dans le dialogue de la prière, il la proclame par sa vie, ses lèvres et ses gestes». Il y aurait moins de souffrances dans ce monde si tous y arrivaient.

Certes, je n’irai pas jusqu’à prétendre que la prière de mon peuple est sans fruits à cause de l’incertitude croissante du lendemain. Chacun de mes séjours à Kinshasa me permet de m’émerveiller de la ferveur chrétienne. Mais j’ai à la fois le bonheur et le malheur d’habiter très proche d’une église paroissiale. Le bonheur, c’est que le son de cloche, le rythme de tam-tam et les chants m’invitent, à temps et à contretemps, à lever mon regard vers le ciel, vers l’auteur du mouvement. Tandis que le malheur, c’est la dispersion, la diminution de la capacité de me concentrer et de réfléchir. Il est même difficile de comprendre le contenu des chants liturgiques parce que la vibration des instruments de musique dépasse généralement la voix de l’assemblée. Et quand cela dure trop longtemps, je me dis que le curé exerce son talent et les fidèles leur patience. Tous ont du temps. L’histoire du prophète Elie à l’Horeb (1 Rois 19) ne nous apprend-elle pas que Dieu se manifeste surtout dans le silence et la brise légère?

Vif est en moi le désir que s’améliorent les conditions de vie sociale de cette population. Le brouhaha de longues célébrations liturgiques? voilà l’ennemi à combattre! Intéressant est ce commentaire d'une Cybernaute qui réagira à cet article deux jours après sa publication:

Ce n'est que ce matin que j'ai découvert ton message du 11 avril sur ayaas, où tu réfléchis sur les célébrations bruyantes, longues à Kin. Je sais, depuis un temps déjà, que tu n'apprécies pas fort CELA. Ta réflexion se fait plus profonde, pertinente... Et la question est là: comment aider tous ces chrétiens fervents à rencontrer leur Seigneur? "Le Seigneur n'était pas dans le brouhaha, le tonnerre, mais dans la brise légère". (Si juste!). L'art de célébrer la Liturgie ne s'improvise pas. Se redire "qu'avant de s'adapter à une époque ou à une culture, la Liturgie doit s'ajuster profondément au mystère de Dieu lui-même. C'est de ce travail spirituel que peut jaillir la rencontre la plus pertinente et la plus féconde avec les attentes d'un temps et d'un lieu". (Père M. Rougé, Conférence du carême à N.D de Paris 10). J'ai vécu quelque chose de semblable au cours de la Vigile Pascale à Rochefort, où d'habitude la beauté, le sacré sont présents. Mais cette année ce fut plutôt le théâtre qui prévalut… danses indiennes, lectures faites par les enfants et des ados: inaudibles...! "Toutes ces réformes ne peuvent porter du fruit que si elles sont ordonnées à la réforme des coeurs. Si l'Eglise réforme la Liturgie, c'est pour laisser le Christ réformer nos vies; c'est aborder une question spirituelle, la question de notre participation à la victoire du Christ sur la mort et le péché, de notre accueil de sa Parole de grâce, de notre témoignage dans la cité..." (idem). Oui, ta réflexion nous conduit à nous poser des questions importantes.. MERCI.

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Veillée de prière: vivre le sacerdoce aujourd'hui

(Rome 11.06.2010) - Sacerdoce, encore le sacerdoce! Dans l’Eglise catholique, en ce jour de solennité du Sacré-Cœur de Jésus (vendredi 11 juin), s’achève l’année sacerdotale (19 juin 2009 - 19 juin 2010) lancée par le pape Benoît XVI à l’occasion du 150e anniversaire de la mort du curé d’Ars, saint Jean-Marie Vianney. «Fidélité du Christ, fidélité du prêtre», tel est le thème de cette année qui se voulait être une contribution à «promouvoir un engagement de renouveau intérieur de tous les prêtres afin de rendre plus incisif et plus vigoureux leur témoignage évangélique dans le monde d'aujourd'hui.»

A Rome la clôture de l'année a été marquée par une impressionnante rencontre sacerdotale mondiale du 9 au 11 juin 2010. Ce jeudi soir 10 juin, les participants, environ 15.000 prêtres venus de tous les coins du monde, se sont réunis à Place Saint-Pierre pour prier, célébrer une veillée sacerdotale, avec des témoignagePlace saint-Pierres et des pauses musicales et d'adoration. Benoît XVI a pris part à cette veillée en se montrant plus détendu. En bon pédagogue et bon théologien, il a adressé quelques paroles aux participants en répondant à cinq questions posées par cinq prêtres de tous les continents.

Une double motivation m’a poussé à participer à cette veillée de prière en compagnie de quelques confrères. Tout d’abord, rendre grâce au Seigneur pour le don du sacerdoce en pensant particulièrement à ceux et celles qui m’aident à persévérer dans la poursuite de mon idéal. Ensuite, écouter le message du pape dans l’espoir de comprendre davantage le sens de mon engagement et de mieux répondre à quelques préoccupations. Voici l’essentiel de ce que j’ai pu comprendre.

Face à la crise des vocations et aux changements de ce monde, il n’est pas nécessaire que le curé de paroisse se coupe en morceaux pour faire tout. L’essentiel est que ses paroissiens voient en lui un prêtre authentique, témoin de l’amour de Dieu pour son peuple. Pour ce, il doit être fidèle à la célébration eucharistique afin de rendre présent au monde le Christ lui-même, fidèle à l’annonce de la parole de Dieu et à la pratique de la charité, fidèle à la relation personnelle à Dieu, la prière assidue. Reconnaissant ses propres limites dans la pastorale, le prêtre curé doit aussi avoir le courage de se reposer.

Comment éviter la désorientation face à l’abondante pensée actuelle qui ne se centre pas sur Dieu? Les vrais théologiens doivent avoir le courage de continuer à nourrir la foi des chrétiens sans avoir peur du fantasme de la ‘scientificité’. La vraie raison n’éloigne pas du Dieu transcendant. Le prêtre doit rester fidèle à la foi qui l’a fait naître et qu’il enseigne à vivre sans se laisser prendre au piège des théories ridicules d’aujourd’hui. La formation doit aider davantage les jeunes à cultiver le sens critique dans toute théorie théologique.

Et quel est le sens du célibat ecclésiastique face aux scandales dans l’Eglise? Le célibat n’a de sens que pour la personne qui est fidèle à l’eucharistie, présence réelle du Christ au monde. De la qualité de ce sacrement dépend la force du prêtre qui, de par son engagement dans le célibat a la mission d’aider le monde à regarder vers le futur du monde. Le danger de notre temps est de ne voir que les besoins du monde présent, sans penser au monde futur, celui du face-à-face avec le Maître de la vie. Le monde a besoin de voir des prêtres joyeux, heureux de leur OUI définitif au Seigneur. Les jeunes aussi ont besoin de ce témoignage pour répondre à la voix qui murmure en eux.

Dans ce monde qui bouge de plus en plus et qui conditionne la vie des prêtres, que faire pour ne pas glisser dans le cléricalisme? Loin d’être un métier, le sacerdoce est un témoignage d’amour pour le Christ et pour les pauvres. Le prêtre doit éviter de devenir un fonctionnaire comme tant d’autres. Il doit demeurer un témoin authentique du Christ. Le cléricalisme? Voilà l’ennemi! Pour ce, le prêtre doit vivre l’eucharistie en profondeur. C’est la condition pour ne pas tomber dans la fadeur.

Quant à savoir ce qu’il faudra faire pour avoir des vocations sacerdotales, la tentation est grande de prendre les choses en main pour trouver soi-même une solution au problème en oubliant que la vocation est un appel qui vient de Dieu. Notre mission est de prier sans cesse, avec foi et conviction, jusqu’à toucher le cœur de Dieu. Les prêtres ne doivent pas oublier ce ministère de la prière. En outre, chacun devrait bien vivre sa vie de prêtre pour que les jeunes trouvent en lui un modèle à suivre. En effet, beaucoup parmi nous sont devenus prêtres parce qu’ils ont vu des prêtres modèles, des saints prêtres à l’instar de Jean-Marie Vianney. Le prêtre doit avoir aussi le courage de rencontrer les jeunes et de leur parler de sa propre foi. Un tel témoignage de vie permettrait aux jeunes de s’ouvrir irrésistiblement à la grâce divine.

Somme toute, le pape Benoît XVI a mis les prêtres en garde contre une théologie de l’arrogance en insistant sur ces deux priorités: l’eucharistie et la charité. Le sacerdoce se vit dans la joie et l’humilité pour être capable d’attirer des jeunes qui se laissent toucher par le feu de l’amour divin. Puisque l’année sacerdotale a suscité un nouvel élan d’engagement pour l’avenir de l’Eglise, les prêtres doivent devenir davantage des hommes de communion avec le Christ, afin de mieux aimer leurs frères et sœurs. Le célibat est le meilleur antidote contre le péché.

Enfin, n’hésitez pas à nous laisser votre avis sur le débat suscité par la pensée de madame Denyse. L’Eglise devrait ouvrir pleinement la porte du sacerdoce royal à tous les baptisés pour résoudre le problème de manque de vocations. Qu’en pensez-vous?

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Aimer et combattre l'amour-marchandise

(Rome 30.10.2010) - «Il y a quelque chose en plus. Grandissons ensemble». Tel est le mot d’ordre du rassemblement des enfants et des jeunes de l’Action catholique italienne (ACI) que Benoît XVI a rencontrés ce samedi 30 octobre sur Place Saint-Pierre, Rome. Ils étaient plus de 100 000, âgés de 6 à 18 ans, venus de toutes les régions du pays. L’oreille rivée à la Radio Vatican, je me suis laissé bousculer par l’une de trois questions posées au successeur de Pierre par les jeunes: comment apprendre à aimer aujourd’hui?

Le Pape a, entre autres, mis les jeunes en garde contre l'amour tel que promu par les médias et Internet, réduit à une marchandise d'échange. «Vous ne pouvez pas et vous ne devez pas vous accommoder d'un amour réduit à une marchandise d'échange, à consommer sans respect pour soi et pour les autres, incapable de chasteté et de pureté: cela n'est pas la liberté (…)C’est une forme d’égoïsme, une illusion passagère, quelque chose qui vous entrave comme une chaîne, qui étouffe la pensée et la force de l’amour qui, lui, exige aussi des sacrifices», a-t-il martelé tout à la joie de se sentir jeune parmi les jeunes.

place saint-pierreTout en m'offrant l’image d’une jeunesse préoccupée par son avenir, la question combien complexe de ce jeune participant m’a fait penser à mes expériences d’enfance et à ce que j’ai appris pendant mes années d’enseignements et de voyages d’animation. Les jeunes d’aujourd’hui brûlent de cette passion qu’est le désir concernant l’avenir, «lorsqu'on désire acquérir un bien qu'on n'a pas encore, ou bien éviter un mal qu'on juge pouvoir arriver» (Descartes).

Il me semble qu’en désirant «plus» aujourd’hui, les jeunes de l’ACI faisaient allusion à l’amour qui est l’essence de la vie baptismale. En effet, de par les sacrements de baptême et de confirmation, Dieu se donne à nous et nous sommes appelés à nous donner, de façon toujours plus mûre, à Lui et au prochain, c’est-à-dire à nos frères et sœurs, surtout les pauvres. Pour qu’il soit vécu de manière authentique, l’amour envers Dieu (vertical) doit être un amour fondamental, radical et total, toujours plus grand et inconditionnel. Et celui envers le prochain (horizontal), vécu comme Dieu notre Père (universalité, désintéressement, héroïsme) et comme le Seigneur Jésus (aimer tous et chacun, aimer d’amour préférentiel les pauvres et aimer jusqu’à donner sa vie). Quelle exigence chrétienne!

Tout cela parait théoriquement bien beau, mais la pratique n’est pas si facile. La jeunesse en fait l’expérience. Ainsi, désirer «plus» et s’engager résolument dans le combat contre l’amour-marchandise dont parle le souverain pontife, c’est vouloir répondre concrètement au défi lancé quotidiennement par cette parole de Dieu: «Vous avez entendu qu'il a été dit: Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien ! moi je vous dis: Aimez vos ennemis, et priez pour vos persécuteurs, afin de devenir fils de votre Père qui est aux cieux..." (Matthieu 5:43-45). Si tous pouvaient s’y mettre sans résistance, notre monde gagnerait en justice et paix.

Il revient aux parents, aux éducateurs et aux pasteurs d’inventer d’autres moyens plus efficaces de coresponsabilité permettant d’éveiller davantage la conscience morale de ces jeunes assoiffés de croissance harmonieuse. Les passions de jouissance que sont l’amour et la joie «peuvent s’orienter vers les affections pures et légitimes de la famille, vers les amitiés bonnes et surnaturelles». C’est aussi cela «apprendre à grandir et à aimer». Une éducation trop basée sur le principe de «liberté» peut cultiver le libertinage et entraîner au laisser-aller.

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Refus de prier au travail comme rejet de Dieu

(Vermicino 24.01.2011) - Dans le sillage de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2011 - célébrée traditionnellement du 18 au 25 janvier dans l'hémisphère nord ou à la Pentecôte dans l'hémisphère sud - centrée sur le thème "Unis dans l’enseignement des apôtres, la communion fraternelle, la fraction du pain et la prière" (cf. Actes 2:42), trois jeunes hommes engagent un débat houleux sur le pourquoi de la prière. Le premier d’entre eux est professeur de musique, le second étudiant (laïcs) et le troisième prêtre étudiant. Voici le fait qui suscite des interrogations sur la "parfaite harmonie de pensées et de sentiments" dont parle saint Paul, en ce 3e dimanche du Temps ordinaire.

Moi et mon instrument de musique

Tout commence par une suggestion du prêtre au musicien: «Je te propose de commencer ton cours de demain avec la prière ou deux minutes de silence», lui dit-il gentiment. Surpris, ce dernier réagit fermement: «Il n’y a aucun lien entre le cours de musique et la prière. Je suis payé par heure de travail, le silence ne signifie absolument rien et il n’y a aucune place pour Dieu; il n’y a que moi et mon instrument de musique». Le troisième intervenant renchérit sur l’argent: «Je paie mon prof par heure de cours. Lui demander de prier pendant ce temps-là c’est le pousser à voler mon argent. Voilà deux minutes perdues à des stupidités, etc.».

Et moi? J’assiste passivement à ce genre de discussion inhabituelle. Le rejet de Dieu me surprend! Conviendrait-il de préférer le mot silence à prière? Faut-il encore y mettre du contenu, surtout dans un cadre où il y a diversité des convictions. Entendons par conviction: «Acquiescement de l'esprit fondé sur des preuves évidentes; certitude qui en résulte. Adhésion, assurance, certitude, confiance, croyance». Tout porterait à croire que ce prêtre, appelé par vocation à prier et à faire prier, se voit obligé de faire face à la dure réalité de la vie. Il prend conscience non seulement que son ministère ou mieux sa pastorale de proximité s’harmonise avec la liberté humaine et le respect d’autrui mais aussi qu'il existe des manières très diverses d'adorer Dieu.

Indifférence ou refus de Dieu

Que dire de cette attitude de rejet? Ressortissant d’une société qui accueille assez facilement la parole de Dieu, sans résistance, et où l’indifférence n’est pas de mise, je n’ose pas affirmer que le refus de Dieu est le propre du processus de "sécularisation" en cours dans certains pays. Dans ce contexte, «Les Eglises, elles aussi, ont une place à trouver, elles doivent se situer sans peur et sans orgueil, dans un certain Chapelle Ave-et-Auffevis-à-vis par rapport à cette société avec la certitude que celle-ci a besoin des croyants pour exister».

Loin d'en être choqué je m’interroge pourtant sur cette exhortation de saint Paul: «Frères, je vous exhorte au nom de notre Seigneur Jésus Christ à être tous vraiment d'accord; qu'il n'y ait pas de division entre vous, soyez en parfaite harmonie de pensées et de sentiments» (1 Corinthiens 1:10)! La prière pour l’unité des chrétiens serait-elle un rapprochement ou une simple accentuation des diversités culturelles et religieuses? Il me semble que les violences tant verbales que physiques qui secouent notre monde l’éloignent de l’idéal d'harmonie de pensées et de sentiments, sans jamais anéantir l’amour.

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