Nous sommes le 12/12/2018 et il est 07h17 TU+2 - "L'Eglise attend de vous tous un puissant secours dans sa détresse" (Eugène de Mazenod, 1823)

Ce mystère qu'est la mort

Evariste: s'interroger sur la destinée humaine

Famille EvaristeEvariste est le nom du jeune homme qui devait venir chez moi pour retirer un courrier de famille envoyé d’Italie par sa petite sœur. Je l’attendais lorsqu’on m’a annoncé, la veille, qu’il venait d’être écrasé par un camion! C’était un certain dimanche 1er novembre 2009, fête de la Toussaint. Choc, émotion, bouleversement. Je le connaissais particulièrement parce qu’il venait souvent prendre son courrier. Inconsolable, sa famille s’en prend à Dieu, tandis que moi, avec l’enveloppe d’Evariste sur mon bureau, je ne réalise pas encore qu’il ne viendra plus jamais et je laisse aller mon esprit braver les nuages, comme sur un vol confronté à une zone de turbulences.

Quelle coïncidence! Au lendemain de la solennité de tous les saints, comme d’habitude, l’Eglise Catholique invite à commémorer les Fidèles défunts, le 2 novembre. La prière pour les morts appartient à la plus ancienne tradition chrétienne, de même que l’offrande du sacrifice eucharistique, «pour que brille à leurs yeux la lumière sans déclin», précise le Missel romain. Beaucoup de gens se rendent pieusement au cimetière où reposent les leurs. Signe que la vie n’est pas finie, elle continue après la mort. Les Africains y croient fermement. Outre la disparition brutale d’Evariste, leur attitude m’inspire cette réflexion sur la destinée humaine. Entendons par destinée la «puissance souveraine considérée comme réglant d’avance tout ce qui doit être; le destin particulier d’un être; avenir, sort de quelqu'un; vie, existence» (Le Petit Robert 2009).

En face de la mort

Chose évidente, à un certain moment de la vie, l’existence humaine cesse d’être ce qu’elle était. C’est la mort. Avec la fin de cet étant (moi) comme existence commence le début de cet étant comme objet, sous forme de dépouille mortelle. Alors le vivant s’interroge: comment comprendre la mort comme fin de l’existence humaine?

Peur et angoisse - Les premiers sentiments qui nous animent en apprenant la mort de nos proches ce sont la peur et l’angoisse. Les deux sentiments peuvent se distinguer l’un de l’autre, se succéder, voire se confondre. En effet, certains penseurs disent que l’angoisse est une forme de la peur et d’autres affirment que la peur et l’angoisse ont une même signification. Le philosophe français Sartre accentue plutôt la différence: «La peur est peur des êtres du monde, tandis que l’angoisse est angoisse devant moi»[1]. En d’autres termes, dans la peur le danger est extérieur, tandis que dans l’angoisse il est intérieur et il nous prend comme un vertige. Jean-Paul Sartre considère ce sentiment intérieur comme un mode d’être de la liberté, comme une conscience d’être. Cependant, une même situation critique peut provoquer successivement la peur et l’angoisse. Ainsi, l’homme aura peur de la mort tant qu’il la considérera comme un objet extérieur à lui, et il s’en angoissera tant qu’il prendra conscience qu’il devra mourir un jour.

Anéantissement de la vie - En tant qu’existence libre, l’homme est un être-conscient-au-monde, car là où il est, quelque chose se réalise. Mais quand vient la mort tout finit: il n’y a plus de projet à réaliser. Le corps se détruit. Or, c’est par ce corps que l’homme se réalise. La mort a tout anéanti en lui, que peut-il encore faire? Mais rien ne prouve que la mort anéantit tout en l’homme - Le matérialiste dira sans doute que tout s’achève avec la mort parce que le corps se décompose et rien ne subsiste de l’activité biologique. Cela supposerait que l’homme ne soit que son corps, son devenir et sa vie – En effet, l’homme est plus que son corps parce qu’il est capable de le penser, le saisir et l’objectiver. Son projet raisonné adapte les moyens en vue d’une fin connue comme l’avenir. Il connaît le temps et dépasse le flux de l’avenir. En outre, l’homme est plus que sa vie parce qu’il est capable de transcender ses fonctions biologiques, de discipliner les fonctions vitales les plus essentielles.

Sens éthique et métaphysique – Généralement, les hommes adoptent différentes attitudes d’estimation de la mort ou de négation de son sens. Les uns disent que la mort est le contraire de la vie parce qu’elle la paralyse et l’éteint. Elle est ennemie de la vie. D’autres préfèrent nier la mort en enlevant la gravité qu’elle contient afin de la considérer comme un simple passage. D’autres encore s’approprient de la mort en tant que fin de la vie. La mort leur appartient. Certains recherchent la mort puisqu’ils croient au néantir: s’il y a quelque chose après la mort c’est le néant. Certains autres disent que la mort est absurde.

Nous ne pouvons accepter le sens éthique de la mort qu’en admettant avec Zubiri que la vie a un terme, un délai, un pendant. Car notre vie est comme un train qui va vers la mort. Le temps est donc délai pendant qu’on vit. «L’homme choisit lui-même sa destinée, puisque nous portons en nous-mêmes le ciel et l’enfer». Dans ce contexte, «le fini signifié par la mort ne veut pas dire un être-fini de l’existence, mais un être-allant-vers-la-fin-de-cet-étant. La mort est donc un mode d’être que l’existence prend en charge dès qu’elle existe. Car, dès qu’un homme vient au monde, il est assez âgé pour mourir».

En effet, la mort est une possibilité d’être que l’existence a à prendre en charge. Elle est une possibilité absolue de ne plus pouvoir exister. Loin d’être une faiblesse humaine, la mort reste une structure fondamentale de l’existence, la révélation que l’existence est «être-projeté» à exister vers sa fin. Mais devant cette attitude réelle, l’homme est souvent inauthentique parce qu’il essaie toujours d’esquiver la mort bien qu’il la reconnaisse. L’homme est donc un être pour la mort.

L’Africain face à la mort

L’Africain croit naturellement à la survie. Pour lui aussi, la mort constitue un véritable obstacle à l’idéal fondamental de l’homme: vivre avec intensité la vie de ce monde, sans mourir jamais, sans solution de continuité. C’est vers cela que l’homme tend de par sa nature humaine. La mort constitue un non-sens puisqu’elle empêche l’accomplissement de cet idéal. Il semble incompréhensible que le Créateur qui a doté l’homme d’un pareil idéal laisse la mort empêcher la réalisation. D’autre part, note le franciscain Lufuluabo, d’heureuse mémoire, l’existence se poursuit outre-part. Cela signfie que non-sens de la mort est relatif. Non-sens quand même parce que l’existence outre-tombe n’est pas l’idéal état auquel les Bantous aspirent. Toutes leurs aspirations se portent sur la vie terrestre. La mort étant un fait inéluctable, les Bantous désespérément attachés à leur idéal vital, cherchent à survivre dans leur transcendance, afin que leur idéal d’une vie terrestre intense se poursuit en quelque manière. La mort empêchant la pleine réalisation de cet idéal, la génération restera donc le moyen de pallier tant bien que mal cet inconvénient[2]. Il serait donc faux de penser que l’Africain n’accepte pas la mort. Car personne ne pourra jamais échapper à cette facticité. L’Africain pleure ses morts et il a toujours eu peur d’eux, il les respecte et obéit à leurs ordres.

Dans sa pièce de théâtre «Le respect des morts», le dramaturge ivoirien Amadou Kone traite la confrontation entre un village africain et les épiphénomènes de la civilisation moderne. La communauté villageoise réagit contre la décision du gouvernement de construire un barrage tout près du village et d’installer ailleurs ses habitants. Un tel transfert pour l’Ivoirien est une séparation d’avec ses traditions et son passé dans lesquels sa vie est enracinée, une séparation d’avec ses morts qui, selon ses croyances, font partie de la communauté villageoise et offrent aux vivants force, protection et conseils de sagesse et ils ont droit en retour de leur respect et vénération[3].

Certes, l’Africain croit que les morts ne sont pas morts. Tout ne finit pas avec la mort. Car, bien que le corps humain se décompose, le «je», la «personne» reste indestructible. L’homme est donc plus que son corps, son devenir et sa vie. Mais rien ne peut combler le vide laissé par un mort. Telle est la réalité, tel est aussi le malheur qui a frappé la famille d’Evariste. Qu’il repose en paix!


Notes:

[1] Sartre J.P.,  L’être et le néant, Paris 1943, p. 66.

[2] Cf. LUFULUABO, Orientation préchrétienne de la conception Bantoue, Léopoldville 1964, p. 50-54.

[3] Cf. AMADOU Kone, «Les morts ne sont pas morts», dans Nouvelles tendances de la littérature africaine, n.55, 1980, p. 147s.

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Un scolastique oblat congolais décédé à Yaoundé

Joachim Ikole«Prenez garde, veillez: car vous ne savez pas quand viendra le moment» (Marc 13:33). La mort vient de visiter la province oblate du Congo. Le frère scolastique Joachim Ikole (26 ans - originaire d'Inongo dans le Bandundu), étudiant en deuxième année de philosophie à l'IPSJM de Yaoundé (Cameroun) est décédé à l'Hôpital Général de Yaoundé, de suite d'une hémorragie cérébrale. C'était ce mardi 2 décembre 2008, vers 10h30. Le supérieur de la maison Yves Plumey, Krzysztof Zielenda, nous fournit quelques détails sur les circonstances de cette disparition inopinée.

«Le lundi 01 décembre, Joachim est parti pour l'école et rien ne faisait croire qu'il y va pour la dernière fois. Vers la fin des cours, autour de 11h45, il a répondu en classe à une question et tout de suite après il a inopinément perdu conscience. Les étudiants oblats l'ont amené d'urgence à l'hôpital le plus proche de notre maison.

Vers 14h, les médecins nous ont fait comprendre que son état est grave et qu'il s'agit probablement d'une hémorragie cérébrale. Les examens dans deux autres hôpitaux ont confirmé le premier diagnostic. Le scanner de la tête a vite apporté des précisions - une hémorragie méningée très abondante. Joachim mourrait. Aucune intervention chirurgicale n'a été possible à cause d'abondance du sang dans les méninges.

Le même jour, autour de 22h00, le médecin m'a fait comprendre qu'il sera difficile de sauver la vie de Joachim. D'après lui, "l'accident vasculaire de Joachim est un résultat d'une anomalie congénitale qui s'est brutalement manifestée au moment imprévu."

Funérailles Joachim IkoleAyant appris cette triste nouvelle, le père Manimba Macaire, provincial du Congo, a réuni un conseil extraordinaire à Kinshasa. Les funérailles de Joachim auront lieu au Cameroun, le père Prosper Ndjoli, Vicaire provincial, ira au Cameroun avec un membre de la famille du défunt pour assister aux funérailles. Le programme sera précisé ultérieurement. Nos prières pour toute la famille éprouvée et pour le repos de son âme. Qu’il repose en paix!

La messe à Mukasa le samedi 6 décembre a été souhaitée par le corps professoral et les étudiants de l’Institut. Elle sera présidée par le père Prosper Ndjoli, vicaire provincial du Congo. Le père Cornelius Ngoka, provincial du Cameroun assurera le rite du dernier adieu et la déposition dans la tombe.

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Dieudonné Mpulese n’est plus

Dieudonné MpuleseN’étant pas présent à Kinshasa, nous avons appris cette triste nouvelle via ce communiqué nécrologique:

Le Révérend père Paul Manessa, Provincial, et les Missionnaires Oblats de Marie Immaculée de la Province du Congo ont la profonde douleur de vous annoncer le décès inopiné de leur confrère, le Révérend père Dieudonné MPULESE, décès survenu ce vendredi 03/06/2005, à 23h45 à la Clinique Nganda de Kintambo, Kinshasa.

Programme des funérailles:

Mardi 07/06/2005
Funérailles Mpulese Dieudonné15h00’: Lever du corps de la morgue de la Clinique Ngaliema
19h00’: Célébration eucharistique suivie de la veillée mortuaire au scolasticat O.M.I. à Kintambo, avenue Kasa-Vubu n° 3145, à côté de la Procure des Frères des Ecoles Chrétiennes – Cf. arrêt Maison Mbungu – après le pont Makelele (ou Lunda Bululu).

Mercredi 08/06/2005
9h00’: Célébration eucharistique suivie de l’enterrement au cimetière du Scolaticat O.M.I. - Kintambo.

Lors de mon dernier séjour au pays, le père Dieudonné Mpulese tenait à concrétiser son rêve de construire un site Internet pour la Bibliothèque O.M.I. de Kinshasa. Nous avons passé la journée du lundi 11 avril 2005 ensemble, dans son bureau, pour l'aider à concevoir une page web. Il nous quitte à 70 ans sans avoir terminé ce projet. Qu'il trouve ici notre marque de gratitude pour tout son travail missionnaire et son témoignage de vie chrétienne, religieuse, sacerdotale. Et que son âme repose en paix!

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Frère Léonard Shinginyeka n'est plus

Communiqué nécrologique

Frère Léonard ShinginyekaLe Père Paul Manessa, Provincial, et les Missionnaires Oblats de Marie Immaculée de la Province du Congo ont la profonde douleur de vous annoncer le décès inopiné de leur confrère, le Frère Léonard SHINGINIEKA, décès survenu ce vendredi 23 juillet 2004 à 17.00 au Centre Médical de Kinshasa/Gombe (C.M.K.)

Le programme des funérailles se présente comme suit:

Dimanche 25 juillet 2004
14.00: Levée du corps de la morgue de la clinique Ngaliema
20.00: Célébration eucharistique suivie de la veillée mortuaire au Scolasticat OMI à Kintambo, Sis av. Kasa-Vubu n° 3145

Lundi 26 juillet 2004
10.00: Célébration eucharistique suivie de l’enterrement au Scolasticat OMI - Kintambo

Funérailles frère Léonard Shinginyeka

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Mort brutale du père jésuite René De Haes

René De Haes

Décès René De Haes

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Méditation de Jean-Paul II sur la mort

Corps de Jean-Paul IIPar l'espérance, je suis inscrit en TOI,
hors de TOI, je ne puis être -
si je place mon "moi" au-dessus de la mort,
si je l'arrache du champ de la destruction,
c'est parce que ce "moi" est déjà inscrit en TOI,
comme dans le Corps
qui exerce sur moi sa puissance
et sur chaque corps d'homme,
pour édifier à nouveau mon "moi" de ses restes sur le champ de la mort,
avec un contour tout entier différent, entre tous fidèle,
où le corps de mon âme se ressoude à l'âme du corps,
afin que mon être - qui reposait sur la terre - repose à jamais sur le Verbe,
que toute douleur soit oubliée,
le corps fouetté d'un Vent soudain
fracassant les forêts des frondaisons aux racines.
Voici, ce vent, lancé par ta main, devient silence"
fracassant les forêts des frondaisons aux racines.
Voici, ce vent, lancé par ta main, devient silence"

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