Nous sommes le 20/09/2017 et il est 16h29 TU+2 - "L'Eglise attend de vous tous un puissant secours dans sa détresse" (Eugène de Mazenod, 1823)

L’Épreuve de la maladie

( Ayaas - Propos recueillis par Daleine NKOUMOU, Associée OMI )

Accident / Traitement

Bougie allumée On ne le dira jamais assez: « Rien n’est définitivement acquis dans la vie ». Tout est dynamique ; même  les entreprises humaines sont réversibles ; les biens matériels, le statut social, l’autonomie financière, les projets, les lois, les idéaux, la santé et bien d’autres choses encore. Nous vivons donc sans cesse dans la dualité du réversible et la quête d’une stabilité quelconque. C’est en considération de cette alternance de faits que j’appréhende l’épreuve de la maladie que j’endure. Sans doute, mon état de santé suscite beaucoup de curiosité de la part des ami(e)s et connaissances. Certains s’écrient peut-être en disant : « Bosco ! Que lui est-il arrivé ? De quoi souffre-t-il ? » Sans pour autant s’imaginer que cela pouvait m’arriver. Les propos ainsi recueillis dans la suite de ce récit tentent de ressasser ce qui m’est réellement arrivé.


1. L'Accident

Ce fut un soir du 07 au 08 septembre 2015 que tout a commencé. Après une journée calme et paisible, je regardais la TV en compagnie du Père Gaby Crugnola, un confrère aîné qui revenait de ses vacances en France, avec qui j’étais resté à la Maison Yves Plumey (de fait, tout le monde s’était rendu à Garoua, au Nord, pour la célébration d’une fête oblate et pour la première profession religieuse  et le renouvellement des vœux. Nous n’étions donc que trois, Père Gaby, un jeune scolastique de Zimbabwe qui apprenait le Français et moi). A la fin des infos, mon confrère est allé se coucher et moi je continuai à visionner. A un moment donné, je me suis levé comme si quelque chose me plaisait à regarder la TV debout (bien sûr, il y avait quelque chose d’intéressant qui passait). Je restai là malgré le sommeil qui m’emportait déjà. Un certain moment, je ne sentais plus mon pied gauche et puis je me suis reassis, sans pour autant comprendre ce qui se passait. Je pensai qu’en m’asseyant ce mal passerait maisSalletv Yves Plumey rien ne changea. Comme je ne sentais plus la mobilité de la jambe et de mon bras gauche, je décidai d’aller dans ma chambre. Par quel moyen ? Je ne me rappelle plus, puisque tout le pied devenait inerte ; tremblant, je le traînais clopin-clopant. - (Image Archives Google.)

Une fois rendu dans ma chambre, je me suis installé devant l’ordinateur, comme pour travailler. En réalité, je ne me rendais pas compte de ce qui m’arrivait. Une fois l’ordi allumé j’ai eu l’impression d’avoir une grosse pierre sur la tête, et que celle-ci s’écraserait sur le clavier à tout instant. Cela commença à m’inquiéter. J’ai alors ouvert une page pour écrire mon Journal quotidien (un exercice que je fais tous les jours, du moins presque), mais je n’y parvins pas. J’étais incapable de saisir le texte car les doigts de la main gauche ne bougeaient plus. Chose étrange. Je réalisai tout de suite combien la chose se compliquait ; il y avait un problème qui se tramait en moi. Quoi donc ? Je l’ignorais. Quelque temps après, j’eus envie de prendre une douche avant d’aller au lit mais à cause de la paralysie, j’y ai renoncé et je me couchai.

Il est à préciser qu’un moment, j’ai voulu appeler le Père Gaby pour l’informer de la situation mais deux raisons m’en ont retenu. La première est que le Père Gaby et moi avions déjà pris un rendez-vous pour la matinée du 8 septembre à 9h00, afin de rencontrer le médecin au sujet d’un problème de santé que j’avais déjà. Et sachant aussi qu’il revenait de congé, donc fatigué sans doute. La deuxième raison est que je ne pouvais pas tenir le téléphone avec une main et composer le numéro avec la même main pour l’appeler.

En tout cas, je me suis mis au lit et me suis endormi Béquillecomme d’habitude, sans agitation.   Cependant, c’est au lever que j’ai eu toute la misère du monde. Ma jambe gauche et ma main gauche étaient paralysées. Je ne savais que faire pour descendre du lit, me tenir debout puis aller à la douche. C’était vraiment pénible et douloureux. Je sentis le début des hostilités. Etant donné qu’aucun de mes confrères n’était au courant de rien, je me débrouillai à faire ma toilette et à rassembler les documents en attendant 09h pour me rendre à l’hôpital, accompagné de Père Gaby comme sus-évoqué.

Malgré la paralysie, je suis parvenu à ouvrir la porte de ma chambre, m'appuyant çà et là le long du mur qui longe jusqu'à la cour. Pendant ce temps, le Père Gaby m'attendait dans la voiture. J'ai dû lui faire un signe de main pour qu'il vienne à mon aide. C'est alors qu'il descendit de la voiture et vint me secourir, puis nous entrâmes dans la voiture pour nous rendre à l'hôpital de District de la Cité verte (sis à Yaoundé).

Arrivé à l'hôpital, j'ai très vite été accueilli par le médecin qui m'attendait déjà. Dr. Fatou, le médecin qui m'a consulté était très étonnée de me voir incapable d'aller sur mes deux pieds, puisque je ne lui avais pas dit que j'avais un tel problème lorsque nous avions pris rendez-vous. Après avoir pris mes paramètres, elle constata que ma tension artérielle était très élevée et décida tout de suite de m'interner, afin que l'on puisse observer l'évolution. J'ai passé une première journée à l'hôpital, attendant subir l'examen du scanner le lendemain, question de clarifier la maladie. Du moins, le médecin soupçonnait déjà un AVC (Accident vasculaire cérébral), mais voulait juste une confirmation, via le résultat du scanner

Le lendemain matin, quand le Père Gaby est arrivé, il a donné son aval pour que l'on me prenne rapidement en charge et qu`on me conduise, dans une ambulance, vers un centre spécialisé en cardiologie. Je suis donc entré dans l`ambulance en compagnie du Père Gaby (qui, du haut de ses 80 ans, y montait pour la première fois, disait-il ) et d`une infirmière, puis nous sommes partis. Comme c'était une urgence, le scanner a été vite fait et nous sommes retournés à l'hôpital pour la suite du traitement. A notre arrivée, nous avons présenté les clichés au médecin. Ces résultats confirmèrent nos doutes; nous avions dès lors la certitude que j'avais fait un AVC cette nuit-là.

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2. Traitement

Juste après le résultat du scanner, le médecin ayant décelé la maladie, j’ai continué à suivre des soins intensifs et appropriés, pendant environ un mois et dix jours (du 08 septembre au 16 octobre 2015). Mon état de santé était très peu agréable, tant j’étais meurtri par les sévices de la maladie. J’ai été très éprouvé pendant cette phase du traitement.

La première nuit d’hospitalisation fut pénible. Assurément, j’étais pris en charge par le personnel médical de l’hôpital, mais quant à l’assistance, j’étais presque seul (étant donné que les confrères s’étaient rendus à Garoua, et le père Gaby ne pouvant pas assurer le rôle de garde-malade en permanence). J’ai ainsi passé la plupart du temps seul face à mon sort. J’ai souvenance d’être tombé du lit deux ou trois fois pendant une nuit, étant sous perfusion de surcroît. Nulle présence pour me porter secours! A l’hôpital, il est interdit aux infirmiers de tenir compagnie aux malades, ni même de leur faire certaines commissions, comme l’achat de médicaments en pharmacie, par exemple. Par conséquent, chaque malade doit avoir une personne qui l’assiste en permanence et, moi, je n’avais personne, jusqu’au jour où mes confrères rentrèrent de leur voyage. En ce moment-là, une équipe s’est organisée pour m’assister, jusqu’à ce que je sorte de l’hôpital.

Couloir Maison Yves Plumey, Yaoundé

Une fois sorti de l’ hôpital et rendu à la maison, j’ai utilisé des béquilles pour me déplacer. Hélas, la mobilité était devenue difficile, même avec l’appui des béquilles. Je compris qu’il se posait un problème de rééducation. Ce que mes confrères et le médecin approuvèrent. Ils contactèrent donc un kinésithérapeute qui se mit aussitôt à la tâche. Curieusement, après trois ou quatre séances de massage à domicile, il disparaît pour des raisons qui nous échappent jusqu’à présent. Quelque temps plus tard, au mois de décembre, nous nous sommes adressés de nouveau à une kinésithérapeute. Vélo d'appartementLa dame accepta de me suivre pendant trois mois, en raison de 3 séances/semaine. Toutes les séances se faisaient dans son cabinet, au lieu dit « Omnisports » ( sis à Yaoundé) où je me faisais conduire par un confrère disponible.

Lorsque les trois mois furent terminés, la kiné a dû prolonger le traitement, le résultat n’était pas probant. Durant ce temps, nous avions changé de système, c’est-à- dire 3 séances/semaine, mais avec une séance à domicile et deux dans son cabinet. Nous varions souvent les activités (écoute, massage, exercices, etc.). C’était vraiment relaxant. Malheureusement, c’est pendant cette deuxième période de rééducation, notamment au mois d’avril que d’autres complications se sont manifestées: le diabète et la baisse de vue. Comme si un malheur entraîne toujours un autre. Dès cet instant, mes séances de rééducation ont été mises en suspens pour suivre le traitement du diabète… (A suivre)

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