Nous sommes le 12/12/2018 et il est 06h00 TU+2 - "L'Eglise attend de vous tous un puissant secours dans sa détresse" (Eugène de Mazenod, 1823)

Éducation de la jeunesse

L'engagement concret des Oblats de Marie Immaculée dans le domaine de l'éducation ou de l'enseignement est, à l'instar de toutes les congrégations religieuses implantées en Afrique subsaharienne, une réponse aux besoins sociaux et culturels de plusieurs pays dont l'histoire éducative a subi plusieurs influences. A cet égard, on peut distinguer, sur le plan historique, trois grandes périodes: la période précoloniale, la période coloniale, période des indépendances.

Frère sénégalais Etienne SeneLa période précoloniale est caractérisée par l'éducation traditionnelle. Considérée comme une affaire de la société toute entière, l'éducation a toujours revêtu un caractère global et collectif. "Elle se donne partout; elle se donne tout le temps; elle est donnée par tous; elle est étroitement liée au milieu; elle est directement axée sur les besoins de la société..." (Paul Desalmand). Pendant la période coloniale, "les premières écoles implantées en Afrique étaient les écoles des missionnaires et c'était un véritable sous système éducatif étranger. Il fallait former des cadres pour les besoins de la cause, répandre la religion chrétienne et favoriser l'implantation coloniale". A la période des indépendances, les pays africains héritent de systèmes éducatifs inadaptés à leurs réalités. "Sur la lancée de la Conférence internationale de l'UNESCO, à Addis Ababa en mai 1961, les pays africains au Sud du Sahara dans un enthousiasme sans égal ont entrepris des réformes". Que dire de la situation actuelle?

Les progrès réalisés au cours des vingt dernières années des indépendances se trouvent ainsi menacés. On observe une stagnation des effectifs quelquefois même une régression et une dégradation de la qualité de l'enseignement. Avec la naissance du multipartisme et la mise en route des processus de démocratisation, de nombreux pays ont vu le fonctionnement de leurs institutions perturbées. Les problèmes fondamentaux d'accès, de qualité, d'équité et de performance sont loin d'être résolus dans plusieurs pays (Aïcha Bah Diall).

Classe écoliers camerounais de NgaoundéréBien que le contexte socioéconomique varie d'un pays l'autre, la situation est presque partout la même. Du fait de la carence de l'État, le système éducatif au Congo-Kinshasa, pour ne citer que cet exemple concret, est essentiellement financé par les parents. Le taux de scolarisation est tout de même de 52% et le taux général d'analphabétisme, très élevé (33,2%), atteint 43,3% chez les femmes. La scolarisation primaire a diminué à cause des conflits armés, de l'isolement des régions, de l'incapacité croissante des parents à payer les frais scolaires, du manque d'entretien des infrastructures, du manque de manuels scolaires et de la baisse de la qualité de l'instruction. Le programme national prévoit l'école universelle à l'horizon 2015, mais l'objectif ne paraît malheureusement pas crédible. La recherche scientifique et technologique est menée tantôt sous la direction du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et tantôt sous la direction du ministère de la Recherche scientifique et technologique!

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Principales institutions académiques

Dans ce contexte, la contribution des Oblats au redressement des systèmes éducatifs nationaux se situe tant au niveau scolaire primaire, secondaire qu'universitaire. Outre l'enseignement et la direction de nombreux établissements scolaires, ils ont fondé des Séminaires pour la formation des prêtres diocésains, voire de l'élite africaine (Cameroun, Congo, Lesotho, Namibie, Afrique du Sud), des instituts supérieurs (Cameroun, Congo, Afrique du Sud) et l'Université de Roma (actuelle Université nationale) au royaume du Lesotho . Bref, dans certains pays, les missionnaires Oblats sont à la Direction des établissements secondaires, pour l'éducation des jeunes, et à des petits ou grands séminaires de l'église locale. Les trois instituts supérieurs dont ils ont la charge actuellement sont: l'Institut Saint Eugène de Mazenod/Institut africain des sciences de la mission (Kinshasa au Congo); l'Institut Mukasa (consortium à Yaoundé au Cameron) et St. Joseph's Theological Institute de Cedara (Afrique du Sud).

Au Cameroun, l'Institut de Philosophie Saint Joseph Mukasa, fondé en 1989 par quatre Congrégations religieuses: Fils de l'Immaculée-Conception (CFIC), Oblats de Marie-Immaculée (OMI), Société de l'Apostolat Catholique (SAC), Missionnaires des Saints-Apôtres (MSA), a été reconnu par l'Archidiocèse de Yaoundé par décret du 3 avril 1989 et Institut Saint Joseph Mukasaapprouvé par la Congrégation pour l'Évangélisation des Peuples et par la Congrégation pour l'Éducation Catholique le 26 juin 1989. Son objectif principal est la formation philosophique (premier cycle, trois ans d'études) des jeunes en prenant en compte la vision africaine du monde, objectif fondamental complété par la dimension missionnaire, la formation humaine et spirituelle des religieux, en restant attentif aux requêtes des Églises et des peuples africains. «L'Institut est aussi ouvert à toute autre personne qui désire avoir une formation en philosophie chrétienne et qui remplit les conditions d'inscription». Depuis 1992, l'IPSJM est affilié à l'Université Pontificale Salésienne (UPS) de Rome qui décerne le Baccalaureato-Laurea aux candidats qui répondent à ses exigences. En mars 2011, il compte 155 étudiants venant de 10 pays d'Afrique et appartenant à 20 congrégations missionnaires (source).

Quant à sa localisation, l'IPSJM se situe dans le quartier Nkolbisson, à l'entrée nord de la ville de Yaoundé surnommée la "ville aux sangliers". «Yaoundé abrite la plupart des institutions les plus importantes du Cameroun. Un autre surnom de Yaoundé est Ongola. Chaque année, se déroule à Yaoundé la célèbre "chasse au sangliers". Un grand nombre de danses traditionnelles sont dansées autour du sacrifice» (Wikipédia). Nkolbisson, c'est la Banlieue de la capitale politique du Cameroun, «qui abrite le grand séminaire, les instituts catholique et Mukasa, et sièges de plusieurs congrégations religieuses. Le relief y est accidenté par des côtes et collines. La zone bénéficie d'un calme propice au recueillement et à la formation». En ce qui concerne l'enseignement supérieur,

Yaoundé est le siège de deux universités d'État: les universités de Yaoundé I (située au quartier Ngoa-Ekellé) et de Yaoundé II située dans la Banlieue de Soa. Plusieurs écoles supérieures sont rattachées à ces universités. Il s'agit entre autres de l'école nationale supérieure polytechnique, de l'école normale supérieure (rattachées à l'université de Yaoundé I), de l'institut international des relations internationales du Cameroun, de l'école supérieure des sciences et techniques de l'information et de la communication (ESSTIC) (rattachées à l'université de Yaoundé II). L'enseignement supérieur privé est très présent dans la capitale camerounaise. On peut notamment citer des établissements comme l'Université Catholique d'Afrique Centrale (UCAC), l'Université Protestante d'Afrique Centrale (UPAC), l'Université de Yaoundé Sud Ndi Samba ou l'institut Siantou supérieur.

St. Joseph's Theological InstituteEn 1991, St. Joseph's Theological Institute de Cedara a été établi pour offrir une éducation pour ceux qui se préparaient à la prêtrise. Alors qu'il offrait d'abord un programme de séminaire, il est devenu aujourd'hui une institution éducationnelle tertiaire offrant des programmes en philosophie, en théologie et en études religieuses. En 2004, il a été reconnu comme institut offrant une éducation tertiaire par le gouvernement sud-africain. L'institut est membre fondateur du groupe (cluster) œcuménique des instituts de théologie de Pietermarizburg. En collaboration avec l'Université de KwaZulu du Natal, il offre maintenant des études de niveau supérieur en théologie. En 2009, il comptait 250 étudiants de 23 pays différents et de 23 congrégations religieuses y incluant 9 congrégations religieuses féminines. Cedara est à 100 km nord de Durban; Voir d'autres détails d'information sur le site officiel de l'Institut.

Saint Joseph's Theological Institute is an accredited institute of higher learning having been registered with the South African Department of Education as a Private Higher Education Institution under the Higher Education Act (1997). The registration Certificate Number is 03HS03 (...)The Institute is home to more than 200 students and 40 staff members, comprising a mosaic of different cultures from more than 20 African countries, with frequent representation from Asia, Europe, South and North America.

En 1992, le Théologat (Institut) Saint Eugène de Mazenod fondé en 1982, à Kinshasa, est devenu un Institut d'enseignement supérieur et universitaire affilié à l'Université Pontificale Urbanienne de Rome, en Italie, par un décret de la Institut Saint Eugène de MazenodSacrée Congrégation pour l'Education Catholique. Le nombre d'étudiants atteint la moyenne de 300 par an et celui de congrégations religieuses représentées, 35. Au sein de l'ISem est né un autre Institut, celui des Sciences de la Mission qui décerne un grade académique de licence en missiologie. En plus de la formation des futurs prêtres et missionnaires, ces deux institutions, ISem et IASMI forment des religieuses et des laïcs. Etant donné la devise de l'Institut (Ecclesia in societate), l'ISem organise aussi une formation à l'informatique à travers son Centre de Formation à l'Informatique. Ce Centre est majoritairement fréquenté par des jeunes laïcs qui se préparent à assumer leurs taches dans la société. La Chaire Cardinal Malula (CCM), instituée en 1994 fonctionne au sein de l'Institut Africain des Sciences de la Mission. Ses conférences sont publiées dans la RASM: Revue Africaine des sciences de la mission.

La République démocratique du Congo compte plus de 600 universités ou instituts d'enseignement supérieur, en 2011, dont un grand nombre se trouve à la capitale (Wikipédia). La ville de Kinshasa est située à l'Ouest du pays, sur la rive Sud du Fleuve Congo, à la sortie occidentale du Pool Malebo. C'est une Ville, mais elle a le statut administratif de Province. L'une de ses communes, Kintambo qui abrite l'ISem sur l'avenue Kasa-Vubu, peuplée principalement par l'ethnie Yaka suivie de l'ethnie Kongo et Mongo, est située à l'Ouest du Centre Ville de Kinshasa. Elle est limitée à l'Est par la Commune de Bandalungwa et de l'Ouest, Nord et au Sud par la Commune de Ngaliema. Avant 1981, date du début des travaux de construction du scolasticat saint Eugène de Mazenod, le site actuel de l'Institut saint Eugène de Mazenod n'était qu'un dépotoir, un repaire de bandits kinois.

Femme lectrice sud-africaineAutant d'aspects de développement qui indiquent l'implication de ce groupe de missionnaires dans le secteur de l'éducation en Afrique. Tous les visiteurs du continent qui les rencontrent se rendent compte du sérieux du travail et de l'impact de l'éducation dispensée aux jeunes africains. Toutes les initiatives sont prises dans le contexte d'un monde de plus en plus globalisé. Selon Ebénézer Njoh Mouelle, philosophe et homme politique camerounais,

La mondialisation ne peut être définie qu'a posteriori et non a priori (...)elle ne semble pas avoir fait l'objet d'une pré-conception avant sa mise en œuvre pratique. Elle a commencé, de tout temps, par être une volonté d'expansion et de conquête de l'espace sous la forme d'européocentrisme, d'occidentalisation, voire d'américanisation du reste du monde. Expansion d'une civilisation qui se voulait supérieure et à même de justifier une mission civilisatrice. Les préoccupations économiques et culturelles y ont de tout temps été associées.

Certes, le ministère en faveur de la jeunesse est un des aspects importants du charisme oblat, car devenir adulte, c'est acquérir une certaine maturité dans de nombreux domaines de la vie. En d'autres termes, la culture s'acquiert par l'éducation considérée comme un "processus d'intégration des jeunes dans une société en leur proposant les modalités comportementales propres à celle-ci " (Paul Ostrrieth). Aussi les Oblats se dévouent-ils corps et âme à la noble cause qu'est l'enseignement, afin de répondre aux besoins et aux exigences de la société à reconstruire et à développer. Leur action aide le jeune éduqué à développer les valeurs intellectuelles, éthiques et spirituelles, notamment: «la compétence, la conscience professionnelle, l'esprit familial, la conscience nationale, le sens de la solidarité et de la dignité, le souci de l'intégrité, de justice et de vérité, le respect de la personne, de ses biens et de ceux de la communauté».

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