Nous sommes le 18/11/2017 et il est 01h43 TU+2 - "L'Eglise attend de vous tous un puissant secours dans sa détresse" (Eugène de Mazenod, 1823)

Croyances africaines

Masque phende du Congo-Kinshasa«Pour qu'un enfant grandisse, il faut tout un village», dit un proverbe africain. Il exprime l'une des croyances auxquelles tiennent les Africains: famille ou clan. Les croyances concernent tant la vie des vivants que celle des ancêtres, et elles sont généralement transmises de génération en génération par la tradition orale. En effet, c'est autour du feu que, traditionnellement, la famille africaine se retrouve le soir pour former et éduquer les enfants par le truchement des contes, les proverbes, légendes et mythes. Telle est la réalité de la famille africaine que ce Carnet de Voyage en Afrique ou mieux cette page web tente d'expliquer en des termes simples aux internautes désireux de mieux connaître l'identité africaine, le soubassement culturel de l'Être-Africain. Ainsi palperont-ils du doigt la vitalité de la dynamique clanique qui fait l'objet de cette rubrique. Elle se penche sur trois dimensions essentielles de la croyance africaine: Ancêtres; Sorcellerie; Enfants jumeaux. Là se dégage la force de la tradition orale qui caractérise les mentalités africaines.

Une mentalité traditionnelle

Avec ce thème de croyance l'utilisateur entre de plain-pied dans les vrais problèmes de tous les jours. «Le fétichisme et la sorcellerie, c'est la préoccupation majeure du milieu coutumier, tous les villages sont plongés dans la magie, à des degrés divers. La recherche de protection magique est essentielle pour tous, pour certains la domination ne se conçoit pas sans le recours aux fétiches», affirment Cambron Elie et Delabie Daniel dans leur ouvrage intitulé Où veulent-ils en venir? Cheminements de communautés interclaniques en milieu coutumier. À travers l'itinéraire proposé dans ce site internet, les visiteurs sauront pourquoi, en Afrique, «Les morts ne sont pas morts - Ils sont dans l'arbre qui frémit; ils sont dans le bois qui gémit; ils sont dans l'eau qui coule...»! Ainsi l'a proclamé Birago Diop dans un poème célèbre. C'est dire que tout ne finit pas avec la mort. Car, bien que le corps humain se décompose, le «je», la «personne» reste indestructible. L'homme est donc plus que son corps, son devenir et sa vie. Mais rien ne peut combler le vide laissé par un mort. Telle est la réalité qui justifie les pleurs - ceux des femmes - autour des dépouilles mortelles.

Jeunes angolais de NamacundeLes cybernautes, les usagers des réseaux de communication numériques s'en rendront vite compte. La région du monde qu'est Afrique-Madagascar se distingue des autres continents par ses traditions, ses tabous et ses croyances ancestrales qui, parfois, s'opposent farouchement aux facteurs établis pour le développement socioéconomique, notamment le changement de mentalité. Il est pourtant impérieux que les Africains passent par ce changement de mentalité pour impulser le développement. En d'autres termes, les Africains doivent «adopter une nouvelle mentalité et se compromettre à la justice et égalité, s'ils veulent un développement durable» pour leurs pays, souligne avec force le professeur universitaire angolais Fernando Heitor, pour ne citer que le cas de l'Angola, ancienne colonie du Portugal.

Selon lui [professeur Fernando Heitor], le pays doit s'engager dans l'auto-suffisance de base du marché interne, au lieu de dépendre du marché externe, car, a-t-il poursuivi, les contraintes économiques et financières d'Angola sont dues "au revenu bas (PIB par habitant), au bas revenu des familles et au bas niveau d'épargne privée et publique", ainsi qu'aux hauts niveaux de pauvreté, famine, malnutrition et d'habitation précaire.

Les visiteurs avisés de ce vaste continent, simples touristes ou hommes d'affaires, constatent pourtant des élans de progrès remarquable. Effectivement, connectés au reste du monde par les chaînes satellitaires et les nouvelles technologies de l'information, les Africains s'attellent à prendre leur destin en main. Le doute naît surtout des fléaux qui sévissent en Afrique. En effet, «si la persistance des guerres civiles, la propagation de la pandémie du sida, l'aggravation des inégalités et de la pauvreté peuvent inciter à croire le contraire, le continent vit aujourd'hui des mutations profondes, annonciatrices d'un bond qualitatif», affirme Cheikh Yérim Seck dans Jeune Afrique.

Mademoiselle empi Jolie de KikwitMais parmi les Africains eux-mêmes, surtout chez les plus jeunes, nombreux sont ceux qui ne comprennent pas ce qu'il faudrait faire lorsqu'ils entendent cette expression: "Il faut changer de mentalité", "il faut que les mentalités changent"! Les croyances «négatives» sont tellement enracinées dans l'existence quotidienne qu'il est difficile de s'en débarrasser. Puisque les ancêtres l'ont toujours fait, pourquoi vouloir changer? Ainsi raisonnent-ils. Au fait, selon le sociologue français Bouthoul Gaston, «La mentalité est le lien le plus résistant qui rattache l'individu à son groupe». D'autres la définissent comme la façon de penser, l'ensemble des croyances d'une collectivité ou d'un lieu, mais aussi comme une façon de penser particulière à un individu, un état d'esprit. Dans ce contexte africain, seul l'esprit critique peut aider à changer la perception des choses... et donc à changer de mentalité. Tout porterait à croire que l'éducation traditionnelle à laquelle s'attachent jalousement la plupart des ethnies africaines en est pour beaucoup. Les valeurs inculquées par ce système éducatif seraient-elles déphasées par rapport à l'évolution culturelle au 21e siècle?

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Place de l'éducation traditionnelle

Bébé Nathan et maman SophiaL'un des méfaits du phénomène globalisation en Afrique est la crise des valeurs traditionnelles. Le vocable tradition signifie: «Doctrine, pratique religieuse ou morale, transmise de siècle en siècle, originellement par la parole ou l'exemple. Information, plus ou moins légendaire, relative au passé, transmise d'abord oralement de génération en génération». Ou «Un ensemble d'idées, de doctrines, de mœurs, de pratiques, de connaissances, de techniques, d'habitudes et d'attitudes transmis de génération à génération aux membres d'une communauté humaine». Voilà qui permet de saisir et de placer dans son contexte ce constat concernant le monde d'aujourd'hui:

Nous vivons aujourd'hui dans un monde où les valeurs se dégradent et se désagrègent continuellement, ce qui entraîne comme conséquence la dépravation des mœurs, la crise de l'autorité, la perte de l'unité familiale, le développement des tendances égoïstes et de l'esprit calculateur. Il n'existe plus un code moral pour nos jeunes ; nos valeurs se transforment en anti-valeurs, d'où le développement de l'immoralité, la méconnaissance de la valeur de l'homme au profit de l'argent, la primauté de la promotion de l'individu sur celle de la collectivité, etc. La crise morale des jeunes, aujourd'hui, serait donc essentiellement liée à la crise des valeurs que connaissent nos sociétés. Cette crise qui s'accompagne de la perte des valeurs morales et des troubles de caractère aurait pour origine l'anthropie culturelle, le degré de la crise socio-économique, l'importance des mass-médias, etc.

Il convient de focaliser l'attention sur l'éducation traditionnelle en Afrique, «celle qui est fondée sur les traditions proprement africaines et qui est transmise de génération à génération depuis l'Afrique précoloniale jusqu'aujourd'hui». Elle renferme plusieurs valeurs très séduisantes, valeurs comprises comme «tout fait social ou de culture qui est conforme à la raison, à la nature de l'homme et qui répond positivement aux besoins fondamentaux de la majorité des membres d'une communauté humaine». Il s'agit bien sûr d'une réalité dynamique qui permet «à l'individu de vivre en équilibre harmonieux aussi bien avec lui-même qu'avec les autres». Les visiteurs du continent noire noteront de manière évidente qu'il y a deux sortes de valeurs: les valeurs trans-temporelles (ou les acquis historiques) - fondamentales - et les valeurs de situation (valeurs conjoncturelles ou relatives). Ci-dessous la description de l'éducation traditionnelle ainsi que ses valeurs et antivaleurs.

Dans la société traditionnelle africaine, l'éducation est collective, c'est-à-dire qu'elle «revêt un caractère Regards de petit Djo Marcelcollectif et social qui fait qu'elle relève non seulement de la responsabilité de la famille, mais aussi de celle du clan, du village, de l'ethnie». Pragmatique et concrète, fonctionnelle et orale, continue et progressive, l'éducation traditionnelle est surtout mystique, basée sur la conception animiste et les croyances religieuses. C'est dire qu'elle «est entourée d'interdits qui en font une réalité inviolable et marque de manière profonde les relations que l'homme établit avec la nature, avec la communauté humaine et avec le monde des invisibles». Homogène et uniforme, complète et polyvalente, l'éducation est en outre intégrationniste car «elle cherche à faire de l'individu un membre intégré et accepté par le groupe».

Parmi tant de techniques ou méthodes utilisée par cette éducation traditionnelle émergent les contes et les légendes, les devinettes et les proverbes, les jeux, la peur et les rites d'initiation. La peur est un moyen utilisé «pour faire respecter les règles, les lois et les préséances vitales qui ordonnent toute la vie sociale». Tandis que les initiations «marquent le passage de l'adolescence à l'état adulte et ont comme tâche principale de combler les lacunes de l'éducation reçue antérieurement, de rendre l'adolescent capable de porter le poids, de supporter les difficultés et de pénétrer les secrets de la vie nouvelle».

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Les valeurs liées à la nature de ce type d'éducation sont les suivantes:

Les valeurs transmises par l'éducation traditionnelle sont, entre autres:

Les antivaleurs liées à la nature de l'éducation traditionnelle sont:

  1. l'absence de l'écriture;
  2. l'éducation par la peur;
  3. la grande permissivité lors de la petite enfance;
  4. la brutalité du sevrage.

Les antivaleurs transmises par l'éducation traditionnelle sont:

Le complexe de dépendance
qui fait que l'individu s'attache foncièrement au groupe et s'y soumet totalement.
Le mysticisme
est la principale pratique à laquelle recourt l'Africain pour saisir et pénétrer les secrets de la vie et de la nature.
L'égalité entre les membres
semble être soutenue par deux principes.
  1. «Le premier principe est celui de l'égalité mentale restrictive qui repose sur la croyance que tous les individus sont semblables et possèdent les mêmes capacités mentales et que celles-ci se développent au fur et à mesure que l'individu avance en âge».
  2. «Le second principe est celui de la possession égale qui fait voir à l'individu qu'il n'est pas bon de vouloir dépasser en biens ou en richesses ses semblables».

Pour les détails, voir la Source d'information.

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