Seconde rencontreUne vision
Une
fois devenu prêtre (7 ans plus tard), je ne me soucie presque plus de
ma vie spirituelle. Les gens sont contents de mon travail, alors je
me gonfle d’orgueil, fier de mes talents. Le péché me ronge et je
m'installe dans le laisser-aller. Mais je pleure chaque fois que je
pense à la parabole du semeur. Je manque de paix intérieure et de
vraie joie. En réalité, je ne pense qu'à moi-même. Je voudrais que le
Seigneur éloigne de moi les soucis de la vie et me libère de la santé
précaire. Alors l'idée me vient de m'ouvrir à quelqu'un de confiance
pour m'aider à voir clair dans la fadeur de l'existence. Ce
samedi 14 octobre 1989 je me confie à un Prêtre canadien, missionnaire
en Haïti que je rencontrais pour la première fois. Après avoir écouté
ma confession l’homme de Dieu m’imposa les mains et fit une prière
de libération sur moi. Je retrouvai la joie de vivre. Dieu devint un
ami : plus aucun instant sans Lui, et la louange une tâche.
b.
Et Il m'a regardé Le
matin du lundi 12 mars 1990, j'eus une vision. Une grosse croix se dressait
dans ma chambre. Au début elle est lumineuse et nue. Puis le crucifié
prend place en forme habituelle. Curieusement, la statue prend la forme
humaine, la face tournée vers son coeur. L’homme aux cheveux courts
est sans barbe. Je puis constater des traces de sang sur son
ventre. Quelques instants plus tard je me réalise que l’homme de la
croix est vivant ! Alors je lui dis : "Seigneur, si c'est toi,
regarde-moi". Sa tête se redressa et il me regarda. Il me fixa
de ses yeux complètement ouverts, pleins de tendresse et de pitié.
La vision se déroba en suscitant en moi le désir de contempler. Enfin
la Croix reçut une nouvelle signification. Le Christ est toujours VIVANT.
Chaque fois je le crucifie par mes péchés et chaque jour il se livre
par amour pour moi, me sauve et me pardonne abondamment. Je me souvins
alors de la fameuse question du 14 décembre 1979. Je voulais connaître
le visage du Christ. |