Vie consacrée, mission spirituelle

 

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2. Une mission spirituelle

La personne consacrée, on le sait, est par essence celle qui aime Dieu et le prochain, qui sert et té­moigne. Sa vocation n'au­rait pas de sens en dehors de cette triple dimension. Il s’agira ici plus du témoignage person­nel, moyen par lequel la personne consacrée remplit sa mission spirituelle. “L’homme contemporain, souligne le Souverain Pontife, croit plus les témoins que les maîtres, l’ex­périence que la doctrine, la vie et les faits que les théories” (RM, 42).

Cet apostolat de témoignage de vie, il faut le souli­gner, est exigé de  tous les bap­tisés. De fait, un chrétien qui vit sérieusement son christia­nisme, qui aime le Christ et tente de le servir correctement de­vient un signe vivant de Jésus Christ en toute situation même sans accomplir une "oeuvre" particulière d'apostolat. Cette véri­table annonce du Christ par la parole et le témoignage de la vie  “possède une efficacité particulière du seul fait qu’elle est accom­plie dans les conditions ordinaires de la vie courante” (LG 35).

Nous reconnaissons toutefois que le témoignage de vie chré­tienne se pratique réellement par ceux et celles qui font person­nel­lement et tous ensemble l’expérience de Jésus Christ. Ils ont découvert la “perle de grand prix”; leur vie a trouvé un centre de gravité: ce sont des hommes libres! Se faisant disciples à la suite de Jésus, ils se disposent d’autant mieux à partager sa mission comme apôtres. Les personnes consacrées rendent présent au monde le Christ tout simplement en remplissant comme il convient leur devoir de personnes consacrées “en Église”.

 


2.1. Sur les traces de Jésus de Nazareth

La personne consacrée est appelée à imiter sans faille le Christ dans l'accomplissement de sa mission terrestre. De Jésus découle le tonus de son engagement au sein de l'Église. Une lecture sé­lec­tive des textes bibliques nous permettra de déceler la quin­tes­sence de la mission du Fils de Dieu à laquelle participent les disciples.

Un constat de première évidence atteste que dans le Nouveau Testament, Jésus se présente lui-même comme l'Envoyé de Dieu par excellence dont parlait le prophète Ésaïe (Lc 4, 17-21, cf. Es 61, 1s). Le Père a tout remis en ses mains (Mt 11, 27). Nous décou­vrons sa mission divine à travers des phrases qui expriment des rapports mystérieux du Fils et du Père: "J'ai été envoyé...", "Je suis venu...", "Le Fils de l'Homme est venu...", pour annoncer l'Évangile (Mc 1, 38), ap­porter le feu sur la terre (Lc 12, 49), apporter non la paix mais le glaive (Mt 10, 34), ap­peler non les justes mais les pé­cheurs (Mc 2, 17), chercher et sauver ce qui était perdu (Lc 19, 10), servir et donner sa vie en rançon (Mc 101, 45), etc. Chez saint Jean le seul désir de Jésus est de "faire la volonté de Celui qui l'a envoyé" (4, 34; 6, 38s). Par la mission du Fils le Père se ré­vèle au monde[1].

Tant qu’il est vrai que Jésus est la source de surgissement de l’engagement missionnaire, à leur tour les disciples, appelés et en­voyés dans l'Esprit Saint, doivent faire connaître la gloire de Dieu sur cette terre des vivants et orienter le peuple de Dieu vers la Jérusalem cé­leste. A l'instar des Apôtres que Jésus ap­pela "pour être ses compagnons et pour les en­voyer prêcher" (Mc 3, 13-14), les disciples doivent se conformer aux "états" du Christ. Sa mission ne se résume-t-elle pas en cette double atti­tude: l'amour pour le Père et l'amour pour les hommes surtout les pauvres?

 

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[1] Cf. “Mission”, in Vocabulaire de théologie biblique, 6e éd., Paris, Cerf, 1988, 772-778.