Appel à être des signes efficaces

 

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2.3. Être des signes efficaces

La vie consacrée est aussi un appel à être des signes efficaces du Christ toujours Vivant, de l'Église dynamique et de la vie chré­tienne authentique. Ces caractéristiques correspondent aux trois façons d'être missionnaire dans l'aujourd'hui du monde. D'après Mgr Henri Goudreault, ce sont: la suite du Christ, la profession des conseils évangéliques et la réponse aux besoins du monde[1]. Une mission spirituelle de la vie consacrée.

 

a) Signe du Christ toujours Vivant

L'état de consécration se situe dans la ligne de la réponse de sainteté baptismale. Or le baptême configure le chrétien au Christ par l’Es­prit Saint. L'union est si forte que le baptisé devient l’i­mage du Christ, tendu vers la perfection.

Le baptisé qu’est la personne consacrée n’aura en vue que la réalisation intense de cette image du Christ dans sa sainteté, dans son activité de charité et dans la puis­sance de sa grâce. Elle doit imiter trois traces du Christ si elle veut demeurer un signe ef­ficace de sa pré­sence permanente dans le monde. Il nous suffit ici de rappeler l’enseignement du Concile Vatican II relatif à la nature même de l’état de consécration.

 


D’abord la personne consacrée doit être le reflet de la sainteté du Christ. Appelée à marcher à la suite du Christ, la personne consa­crée manifeste l’effort de sainteté, suivant la recommandation du Christ (Mt 5, 48), dans la pro­fession des conseils évangéliques de chasteté, de pauvreté et d’obéissance. Par ces voeux, la vie consa­crée "imite plus fidèle­ment et sans cesse représente dans l’Église le genre de vie que le Fils de Dieu a embrassé, quand il est venu dans le monde pour faire la volonté du Père, et qu’il a lui-même proposé aux disciples qui l’accompagnaient” (LG 44c).

Les personnes consacrées réactua­lisent la vérité de la chasteté du Christ, de sa pauvreté et de son obéis­sance dans l'Église. Ce qui ne signifie nullement “une négation des valeurs inhérentes à la sexualité, au désir légitime de pos­séder et de décider de sa vie de manière indépendante” (VC 87). Ceux et celles qui acceptent ce genre de vie au contraire deviennent libres et plus ou­verts à Dieu et au monde.

En effet, seul l'amour peut justifier le célibat en vue du Royaume. "A cause de moi et à cause de l'Évangile" (Mc 10, 29). L'amour du Christ et au Christ est le motif fondamental de la chasteté. C’est là son seul et unique espace de justifi­cation au­thentique, espace qui en constitue en même temps le fondement ultime. Ce qui laisserait croire que le principal dan­ger pour le cé­li­bat est le fait d'éteindre l'amour de Dieu et des frères dans le coeur de la personne consacrée. De son côté, la pauvreté, do­nation au Christ l'unique nécessaire, est une disponibilité totale en faveur du Règne. Elle est d'abord une question d'être que d'avoir, une at­ti­tude de l'esprit (cf. Mt 5, 3) par laquelle la personne consacrée se revêt du Christ (Ga 3, 27) et s’abandonne à Dieu. Et l'obéis­sance, plus que du renoncement à la propre volonté, est un re­noncement à la solitude, afin de vivre en communion avec les frères ou les soeurs pour découvrir ensemble la volonté divine. Elle naît de l’exigence même de la communion frater­nelle.

Et puisque les seuls témoignages écrits ne suffisent pas, le monde a besoin de témoignages vivants, l’engagement par voeux est un véritable témoignage, une éloquente prédication pour le Pape Paul VI. “Le témoignage silencieux de pau­vreté et du dépouil­lement de pureté et de transparence, d’a­bandon dans l’obéissance peut devenir une éloquente prédica­tion capable de toucher même les non-chrétiens de bonne vo­lonté, et la plus ef­ficace provocation au monde et à l’Église elle-même” (EN  41, 49).

 


Puis la personne consacrée est le reflet de l’activité caritative du Christ. Les personnes consacrées font en outre preuve de l’amour du Christ dans le présent de notre monde. En effet, l’amour de Dieu et du prochain est l’es­sence de la vie consacrée. Grâce aux personnes consacrées l’Église mani­feste le Christ soulageant les souffrances du monde, annonçant le Royaume, guérissant les blessés et nourrissant les affamés. Les voeux de religion les aidant à purifier le coeur et la liberté spiri­tuelle éveillent la ferveur de la charité (LG 46). Leur amour sans ré­serve ne se réalise qu’après avoir dé­couvert de manière lucide l’amour de Dieu pour les hommes.

 


Enfin la personne consacrée doit être le reflet de la grâce trans­formante. Elle est appelée à manifester la puissance de la grâce di­vine. “Ainsi, la pro­fession des conseils évangéliques apparaît-elle comme un signe qui peut et doit inciter efficacement tous les membres de l’Église à l’accomplissement joyeux des devoirs inhé­rents à leur vocation chrétienne”. Les personnes consacrées sont pour tous les chré­tiens des exemples suggestifs et transformateurs de vie. Leur vie spirituelle bien vécue fait grandir leur communauté chré­tienne.

 

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[1] "Consécration et mission aujourd'hui: interrogations, réponses et contributions spécifiques", in Omnis Terra, n° 350, février-mars 99, p. 79-93.