Vie consacrée, mission spirituelle

La mission consiste à rendre présent au monde le Christ lui-même par le témoignage personnel (VC 72)

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Introduction

Dans le document “Vita Consecrata”, le Pape Jean-Paul II invite les chrétiens de bonne vo­lonté à poursuivre la réflexion pour per­mettre l'approfondissement du grand don de la vie consacrée dans la triple dimension de la consécration, de la communion et de la mission (n° 13).

Notre réflexion se veut être un retentissement de ce souhait du Souverain Pontife. Elle repose le problème de l'identité de la vie consacrée, dans les congrégations religieuses, les sociétés de vie apostolique et les instituts séculiers, en Afrique comme ailleurs. Nous voulons  ap­profondir la réflexion amorcée dans la plaquette Religieux africain de l'an 2000, relative aux motivations et aux chances de la vie re­ligieuse "africaine"(1) en nous interrogeant sur le sens de la mission aujourd'hui.

Il s’agira précisément, ainsi qu’on peut s’en apercevoir de dé­cortiquer la signi­fication que Jean-Paul II donne au vocable mis­sion. "La mis­sion, en effet, avant de se ca­ractériser par les oeuvres exté­rieures, consiste à rendre présent au monde le Christ lui-même par le témoignage personnel" (VC 72). Une façon d'être que d'agir. Mais comment rendre présent au monde le Christ, et en quoi consiste le vrai témoignage personnel des personnes consa­crées dans l’aujourd’hui de l’A­frique? Simple en apparence, cette interrogation en appelle bien d’autres semblables et met au clair la problématique de la mission.

Qui oserait s'engager dans la vie consacrée dite vie mystique sans désirer vivre l'union à Dieu? La rencontre est tellement mer­veilleuse, béati­fiante et même séduisante que la personne qui en fait l’expérience en sort bien enrichie au point qu’elle ne peut la garder pour soi-même. Son coeur brûle du désir ardent de faire connaître l’Amour, de rendre témoignage à la Vérité bien qu’en des termes impré­cis. Car toute rencontre, pour autant qu’elle soit au­thentique porte, comme son ombre, l’exigence de la mission ou mieux de l’an­nonce. Et cette dimension (de l’annonce), l’on n’au­rait pas de peine à le démontrer, lui est constitutive et même es­sentielle. Elle s’impose comme d’elle-même.

Ce qui revient à dire qu'il n’y a d’authentique rencontre avec Jésus que là où l’on accepte, après coup, de l’annoncer. Impossible de comprendre l’expé­rience de la rencontre sans cette exigence. Ainsi Philippe à Nathanaël: “Celui de qui il est écrit dans la loi de Moïse et dans les prophètes, nous l’avons trouvé” (Jn 1, 45), et la Samaritaine aux gens de son village: “Venez donc voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait” (Jn 4, 29). A l'ins­tar des Apôtres et de la femme samaritaine, les baptisés que sont les personnes consa­crées "en vue du Royaume" doivent faire connaître le Christ et son Règne par l’apostolat de service direct et de témoignage de vie.

Notre partage sera résumé en deux articulations. Après avoir défini le concept de consécration, nous examinerons la mission spirituelle de la vie consacrée. Elle est essentiellement un appel à marcher sur les traces de Jésus, à aimer, à servir et à témoigner, et aussi à être signe efficace du Christ, de l'Église et de la vie chré­tienne authentique.

 


* Introduction
* Préalable
* Mission spirituelle
* Appel à servir
* Appel à être signe efficace
* Vie chrétienne authentique
* Conclusion

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(1) MUSUMBI J.B., Religieux africain de l'an 2000. Problèmes et urgences, Kinshasa, Baobab, 1994.


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